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et lorsqu’il dépose ses fonctions, il prononce un discours d'apparat.

Après le recteur vient le doyen de chaque faculté, dont les fonctions sont aussi ambulatoires et ne durent également que six mois. Il est chargé de diriger les études de la faculté, de faire au consistoire tous les rapports

2ui leconcernent, d’examiner les thèses, ’y apposer son approbation ou son improbation.

C'est au chancelier qu’il appartient de décerner les honneurs academiques, qui sont au nombre de deux : le doctorat et la maîtrise ès arts (doclores et magistri philosophiæ). Il y a des docteurs pour la théologie, la jurisprudence, la médecine et la philosophie.

Ces derniers portent aussi le titre de mattres ès arts. C'est le roi qui nomme les docteurs en théologie. Le nombre des maîtres ès arts est limité à 75, et la décision royale de 1831, dont j'ai déjà parle, a rendu fort difficiles les trois epreuves successives que les candidats subissent (pro exercitio, examen rigorosttm , pro gradu). Les (bcultcs peuvent cependant avec la permission du roi accorder le brevet de docteurs à des savants d'une érudition célèbre, sans qu'ils soient tenus de passer par ces épreuves ; mais de telles faveurs sont rares. Du reste , quiconque quitte l’université pour entrer dans les fonctions publiques, de quelque genre qi/elles soient, est tenu de subir un examen préalable. Ces examens sont publics et ont lieu deux fois l’an.

Les bâtiments de l’université sont considérables; mais je renvoie, {tour en parler, a la description que je donnerai plus tard de la ville d'Upsal.

L’université de Lund, fondée en 1866 par Charles IX, pour retenir la jeunesse scanienne, qui, jusque-là, avait fréquenté l’université de Copenhague, a une organisation analogue à celle de 1 université d’Upsal, et a, comme elle, le prince royal pour chancelier. Elle doit des améliorations nombreuses et des agrandissements considérables à la

£oteetion du roi régnant, qui vient, utrécemment encore (octobre 1837),

de la visiter, et d’y signaler sa présence par de nouveaux bienfaits.

ADMiniSTRATIOH ït EMC IEUSE. CULTES.

Le christianisme, comme on l’a vu plus haut , n’a été introduit en Suède que vers l’an 830 de notre ère (*). Pour célébrer cette époque mémorable , Charles XIV, en 1830, ordonna un jubilé solennel. A cet anniversaire se rattachait aussi l'adoption, par leclergé suédois, de la confession d’Augsbourg en 1530 , et sa participation à la grande lutte soutenue en 1630 sur le sol allemand pour le maintien de la foi protestante.

La religion de l’État est , comme le dit la constitution , la pure doctrine évangélique telle qu'elle est interprétée dans la confession d'Augsoaurg et qu'elle a été renie par le decret du synode d’Vpsal (le l année 1593. Un seul point essentiel dans lequel elle diffère du luthéranisme , c’est qu’elle admet la hiérarchie ecclésiastique , et que cette hiérarchie aboutit au roi. Ainsi la Suède a un archevêque , celui d’Upsal, et onze évêques, qui sont nommés par le roi, sur une liste de trois candidats présentée, pour l’archevêque, parle clergé du royaume, et pour les évêques, par les curés du diocèse. Bien plus, Ips cures royales elles- mêmes, c’est-àdire celles des villes et de quelques communes, sontà la nomination du roi.

Pour les seules cures consistoriales, les naroisses ont le droit d’élection , et c'est la voix du peuple qui décide entre les candidats. Quelques cures sont à la nomination des propriétaires de certains fiefs.

Les affaires de la religion ont été pour les deux derniers souverains de in Suède l’objet d'une constante sollicitude. Afin de faire disparaître le schisme qui s’était manifeste dans quelques diocèses, Charles XIII, en 1811, chargea un comité de rédiger un nouveau psautier. I.a même année, un

(*) F.n 18Ï4 le roi à areordé les fonds nécessaires pour élever dans l'ile de Bjàrkô un monument A la mémoire d’Anscliaire (Angarhis), qui introduisit le christianisme en Suède.

nouveau rituel fut publié par ordre du roi , et, peu de temps après, une ordonnance régla les dispositions à observer pour les examens religieux.

En 1824, une divergence d’opinions s'étant manifestée au sujet d’un nouveau livre d’évangiles rédigé par un comité ecclésiastique , le roi décida que l’on continuerait à se servir de l'ancien jusqu'à nouvel ordre.

La législation ecclésiastique réclamait depuis longtemps une révision qui la mît en harmonie avec les progrès de l'esprit humain. Le roi, pour appeler l’attention du clergé sur ce, point, ordonna, en 1813, la publication des lois et ordonnances en vigueur qui modifient ou expliquent le code ecclésiastique de 1880. Plus tard, en 1823 , une ordonnance royale chargea trois ecclésiastiques versés dans la jurisprudence cléricale de reviser les lois et ordonnances ecclésiastiques , et de présenter un projet sur les améliorations dont elle était susceptible.

Apres un travail de dix ans, cette commission a présenté, en 1833, un projet de code ecclésiastique. Mais les consistoires ayant adressé au roi un grand nombre d'observations contre ce travail , ce prince les a remises à la commission , en lui prescrivant de dresser, avant tout, un recueil complet des arrêts et résolutions d’après lesquels les changements dans les lois religieuses ont été déterminés , et de rédiger ensuite le code en question , de manière à ce que tout ce qui concerne la discipline soit séparé de la loi ecclésiastique proprement dite.

Neanmoins , quelques réformes importantes ont été opérées. Ainsi un ancien usage voulait que les conseils d’administration des églises pussent, en expiation de certains délits jugés par elle , infliger la peine de l’exposition à la porte du temple. Cette pénalité ecclésiastique ne pouvait être maintenue sous le. régime cohstitutionnel , où l’on ne reconnaît qu’à la loi civile le droit de punir les citovens. Le roi , en 1831 , prononça l’abolition de cette peine.

Le clergé jouit en Suède d’une exis-

tence honorable et d’une grande aisance. Le revenu de l’archevêque dUpsal et celui des évêques se composent de leurs bostællen, ou propriétés affeotées à leur entretien, lis prélèvent en outre la dîme sur les habitants de quatre ou cinq paroisses situées dans le voisinage de la résidence épiscopale, et cette dîme est désignée sous le nom de prébende. Quoique curés de ces paroisses, les prélats y exercent rarement les fonctions curiales , et se font remplacer par des vicaires. La totalité des revenus de l’archevêque d’Upsal n’excède pas vingt mille francs. Le plus riche des évêchés, celui de Linkôping, peut rapporter quatorze mille francs, et le plus pauvre, celui d'Hernôsand , environ six mille trancs.

«Les curés , à Stockholm , reçoivent du gouvernement de modiques honoraires; le surplus de leur traitement dépend de la générosité de leurs paroissiens, et il paraît que, sous ce rapport , ils n’ont pas beaucoup à s’en plaindre. Il y a cependant peu de convenance dans la manière dont ils opèrent la perception de cette partie de leurs revenus. D’abord le casuel n’est fixé par aucun tarif : la quotité en est abandonnée à la discrétion des paroissiens; pour le surplus, voici comment on procède : dans le premier mois de chaque année, le chantre de l’église parcourt successivement toutes les maisons de sa paroisse ; il est porteur d’un registre qu’il présente , et sur lequel chaque habitant inscrit la somme qu’il consent à payer pendant l’année pour l’entretien du curé , et ensuite séparément pour celui du vicaire et du chantre. Il y a dans cette manière de solliciter une juste rémunération quelque chose de dégradant pour le caractère sacerdotal ; neanmoins, il paraît que les curés ne s’en trouvent pas trop mal , car, par ce moyen, ils parviennent à se former un” revenu qui varie de six à dix mille francs , et celui du curé de la cathédrale s’élève au double de cette somme.

» Le revenu des curés de campagne se compose de leurs bostelles, qui forment leurs presbytères; du casuel,

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SUEDE

toujours payé volontairement , et enfin du produit de la dîme, qui se prélève uniquement sur les céréales , les autres productions de la terre en étant exemptes. Les presbytères sont entretenus avec un soin remarquable ; les curés ne négligent rien pourlaculturede leurs terres : ils y vivent avec leur famille, ordinairement nombreuse, et y vieillissent entourés des respects des habitants. Cette douce et paisible existence attire dans cet état une foule de jeunes

fens qui , en sortant d’achever leurs tudes , embrassent cetfe carrière.

Après la mort d’un curé, sa veuve peut, si elle le désire , résider pendant deux ans au presbytère ; et les habitants regardent ordinairement comme un devoir sacré de la soigner, de manière au moins à la préserver des nécessités les plus absolues; mais elle doit ensuite pourvoir elle-même à ses besoins. Cet avenir serait bien désolant , et peu de femmes se décideraient , avec une aussi triste perspective , à unir leur sort à celui o’un ecclésiastique. Aussi la plupart des jeunes curés , qui ont calculé les avantages et les inconvénients de leur position , se gardent bien de s'engager légèrement dans les liens du mariage, et, avant de rechercher la main d’une femme , ils ont bien soin de s'assurer qu’elle possède des moyens suffisants pour garantir l’avenir de leurs enfants. Lorsqu’ils ont une fortune indépendante du revenu de leur cure , alors c’est différent ; ils peuvent se marier comme ils le veulent, il u’y a plus d’inconvénients ; mais si ni l’une ni l'autre de ces conditions ne se rencontrent, il n’y a pas à balancer: le curé doit chercher, par la plus sévère économie , à conserver quelques ressources à sa famille. Au résume , les ecclésiastiques font ordinairement de fort bons mariages ; une vie tranquille et le presbvtère , de la considération et les dîmes, du respect et le casuel, tout cela promet des jours heureux, une existence très-sortable.

« Il y a descuresde campagne dont le revenu est beaucoup plus considérable que celui des évêchés : quelques paroisses de la belle province d'Ostrogothie payent

28' Livraison. (Suède.)

à leurs curés plus de quatorze mille francs par an. La cure de Vingaker, en Sudermanie, rapporte douze mille francs. Cependant le terme moyen du produit des cures de campagne est -évalué entre seize cents et deux mille quatre cents francs (*). »

Le roi s’est efforcé de faire disparaître cette inégalité, par une répartition plus judicieuse des biens ecclésiastiques, soit en apportant quelques changements dans la délimitation de certaines cures, soit en faisant intervenir le gouvernement dans les démêlés entre les paroisses et leurs pasteurs , au sujet de l’acquittement des dîmes et autres droits ecclésiastiques.

Les ecclésiastiques chargés de la direction des paroisses ne sont pas les seuls qui excitent la sollicitude du gouvernement. Une décision royale de 1830 statue que les prédicateurs des prisons de Stockholm et de Carlscrona, ainsi que ceux des hôpitaux de Malmô, de Wadstena et d’Upsal, sont admis à faire valoir comme doubles les années pendant lesquelles ils auront été chargés de ce service. Mais les prédicateurs des autres prisons , dont. les devoirs sont moins pénibles , ne pourront faire admettre chaque année de service que pour dix-huit mois.

L’année suivante, les ecclésiastiques remplissant les fonctions d’instituteurs adjoints dans les écoles publiques, ont été admis à la même faveur que les prédicateurs de Stockholm et de Carlscrona , en récompense des fonctions laborieuses qu’ils ont à exercer.

Du reste , des garanties sont prises pour que les fonctions ecclésiastiques soient remplies par des hommes dignes par leur caractère et par leurs connaissances d’une aussi importante mission. Une circulaire du gouvernement , adressée, en 1813, aux consistoires, a réglé le mode d’examen des citoyens qui entrent dans les ordres, et des ecclésiastiques déjà ordinés qui sollicitent des cures.

Aux termesd’undécret royal de 1820, nul ne peut entrer dans les ordres sa-

(*) Daumont , Voyage en Suède.

crés avant l’âge de vingt-trois ans.

Par cette sage mesure , les ministres du culte, avant de commencer leur apostolat , ont appris à connaître et à pratiquer les devoirs de citoyen.

Une circulaire du roi , adressée , en 1824 , aux consistoires , leur prescrit de veiller scrupuleusement à ce que les membres du clergé remplissent leurs devoirs avec exactitude.

D’après un rapport du comité d'instruction publique , le roi étant autorisé à croire que l'érudition des jeunes gens destinés à la prêtrise manquait uelquefois de profondeur , par suite u système d'enseignement qui leur était appliqué, a décidé, en 1831 , que certains changements seraient apportés aux règlements en vigueur dans les universités; et, pour donner à ces améliorations toute l’extension désirable, il a décrété que le nombre des chaires théologiques à l’université de Lund serait , à l’avenir, égal à celui des chaires du même genre à l’université d’Upsal.

Le gouvernement suédois n’a également négligé aucune des mesures propres à favoriser la propagation du christianisme dans les provinces septentrionales des deux royaumes. En 1815 , l’établissement d'une société biblique a été autorisé à Stockholm , et le roi lui a accordé le règlement qu’elle désirait.

En 1825, le roi a publié une instruction relative aux inspections annuelles qui doivent être faites chaque année en Laponie, pour y observer les progrès du christianisme. Un règlement a été établi à la même époque pour l’administration des fonds alloués aux églises de la Laponie , et pour faciliter l’enseignement religieux dans cette contrée ; enfin Charles XIV a ordonné, en 182G , que le catéchisme suédois fût traduit en lapon.

C’est également dans le but de propager l’instruction religieuse que le roi a fait construire deux chapelles sur la frontière du Vermland et de la Norvège , afin de faire jouir du service divin les paysans finlandais qui habitent cette frontière. Des fonds ont été

faits pour l’établissement d’une école , et le catéchisme suédois a été traduit en finlandais pour être enseigné dans cet établissement.

La liberté des cultes existe en Suède , avec cette restriction que nul ne peut obtenir meme le plus mince emploi s’il ne professe le culte luthérien. Ce n’est que depuis 1781 que l’exercice de la religion catholique a été autorisé. Le nombre des personnes qui appartiennent à ce culte n’excède pas 1 800. Ce sont , pour la plupart , des étrangers allemands , français et italiens; il n’y a parmi eux aucun Suédois. On en compte SG!) à Stockholm , 329 a Gothembourg; le surplus est reparti dans le reste de la Suède. La reine et la princesse royale professent publiquement la religion catholique, et elles ont à Stockholm une chapelle desservie par un vicaire apostolique.

Les juifs ne sont admis en Suède que depuis cinquante ans. Ils ont maintenant des synagogues à Stockholm, à Gothembourg , à Norkcrping , et à Carlskrona. Leur nombre n'est que de 867 dans la première de ees villes, de 156 dans la seconde , et de 100 environ dans chacune des deux autres.

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