NOS RAPPORTS AVEC DIEU
§ 1. Lapaternità de Dieu. *)
Vous n'arez qu'un Père, celai qui est aux cieax.
Matth, XYm, 9.
On n'a jamais confondu sur cette terre l'œuvre des mains d'un homme et l'enfant qu'il engendre; pourquoi le fait-on pour Dieu? La différence entre une œuvre de Dieu et un enfant de Dieu serait-elle moins grande que celle qui existe entre l'œuvre d'un homme et l'enfant qu'il engendre? L'ignorance la plus absolue oserait seule prétendre une pareille chose. Car plus un être est élevé, plus la distance est grande entre son œuvre et son enfant; moins il est élevé, moins cette distance est sensible. Ainsi dans le règne végétal le produit et la génération se confondent presque ; dans le règne minéral le produit et la génération sont identiques. C'est donc dégrader le Créateur au rang d'une pierre que de ne pas vouloir admettre de distinction entre l'œuvre de ses mains et le fils qu'il engendre.
Un homme prend une substance quelconque et en façonne un objet, c'est son œuvre, tandis que l'enfant auquel il a donné la vie est tiré de sa propre substance. La différence la plus saillante entre l'œuvre et l'enfant, c'est que l'œuvre n'a pas de vie ou d'âme, tandis que l'enfant en a une ; secondement l'œuvre est prise d'une substance étrangère, tandis que Tenfant est de la même substance que le père ; troisièmement l'œuvre appartient à un autre empire que celui qui l'a façonnée, tandis que le fils est du môme règne et de la même famille que son père.
Une loi absolument identique existe pour Dieu, puisque l'homme est à son image. Quand Dieu façonne une œuvre, il prend une substance qui lui est étrangère, c'est-à-dire une substance qui n'appartient pas au monde divin, tandis que pour engendrer un enfant il prend de sa propre substance. Pour être enfant de Dieu , il faut être de la même substance que lui.
*) Voyez à ce sujet l'ouvrage du D' R.-S. Candlish, The FatherhoodofGod, Edinburgh. En partant d'un point de vue purement théologique , l'auteur arrive à plusieurs conclusions analogues aux nôtres.