CH. XVII. LA PATERNITÉ DE DIEL
peut exister en lui ni pluralité, ni division de travail. Ainsi il n'a pu engendrer que d'après le premier mode, préliguré dans la génération de la cellule isolée. En conséquence Christ, le Fils preinier-né de Dieu, a été engendré par son Père céleste comme une cellule engendre une autre cellule, c'est-à-dire par section. Dieu a partagé «a substance ou son Saint-Esprit, et ainsi il a engendré son Fils. Ils ont donc une substance identique, mais non la môme àme.
Toute la substance du Fils est tirée du Père, car il n*y a pas de substance divine hors de Dieu.
C'est ce dont nous avons le type dans la génération des règnes inorganiques, où la molécule génératrice doit fournir la substance nécessaire à la nouvelle molécule qui sort d'elle (voyez page 123). Mais l'Eternel ne s'arrête pas à une seule génération, celle de son Fils premier-né : il veut encore d'autres enfants qui devront être engendrés de la môme manière. Le Père céleste détachera de la substance de son coi-ps, qui selon la loi des substances est divisible, diverses parties de son Saint- Esprit, et il en douera ceux qu'il destine à être ses enfants ; ainsi ils seront engendrés de Dieu. Ceux qui reçoivent cette substance divine entrent par la naissance dans le monde divin, et y prennent rang en qualité d'enfants de Dieu et de frères du Seigneur Jésus selon la chair. Cette élévation de l'homme ne changera rien à la gloire et à la dignité du Sauveur. Il conservera toujours son rang et ses droits de frère aîné. Il demeure l'héritier présomptif, et par cette raison sa portion est bien plus grande que celle de ses frères ; elle lui est assignée par le double droit de sa naissance et de son travail, afin qu'en toutes choses Dieu soit glorifié.
Les relations de père et de fils ici-bas ne sont qu'une image de la réalité divine au ciel. A ce point de vue, Christ recommande à ses disciples de ne donner le nom de Père qu'à Dieu seul. Le chrétien n'a réellement pas d'autre père ; la paternité terrestre n'est qu'une figure passagère. Par une raison analogue, Christ ne donne jamais le nom de mère à sa mère, mais se contente de la nommer « femme. »
Les relations entre les hommes ne sont que le reflet de celles qui existeront au ciel, afin qu'en toutes choses l'homme soit l'image de son Créateur. Ainsi les relations de père, de fils, d'époux, d'épouse, existent au ciel comme sur la terre, seulement elles ne se répètent pas comme l'image ; car si l'image
est multiple, Toriginal est unique. Il s'ensuit que nous retrouvons en Dieu des sentiments absolument analogues à ceux des hommes; dans sa sphère, Dieu est comme un homme, mais comme un homme sans péché, comme un homme parfaitement saint. Ce que Dieu est au ciel, c'est ce que Christ a été sur la terre ; ceux qui ont vu Christ ont vu Dieu, ceux qui comprennent sa manière d'agir comprennent Dieu.
Le rang suprême d'enfant de Dieu, qui est offert à l'homme, est peu estimé par les chrétiens, la plupart ne voyant là qu'une figure. Semblables à l'enfant nouveau-né, ils ignorent les privilèges, le rang et les richesses que leur procure cette naissance. De fait, il ne reste à l'homme qu'une alternative : ou croire à la parole de Dieu, qui lui dit qu'il est destiné à être fils de Dieu ; ou rejeter cette parole, ainsi que les témoignages de la nature, et faire Dieu menteur. En rejetant les témoignages de la parole et des œuvres divines, il s'élève au dessus de Dieu. L'athée, qui fait des atomes son Dieu, se croit le plus intelligent, le plus clairvoyant, le plus puissant de tous les êtres qui existent; il se croit supérieur aux atomes qui l'ont engendré, et se place ainsi au-dessus de celui qui Ta fait. Il est facile déjuger lequel des deux est le plus humble, celui qui admet que l'homme est appelé à être l'enfant de Dieu, ou celui qui s'élève au-dessus de Dieu et de la nature.
La grandeur de Dieu se manifeste dans son humilité. En s'appelant le premier et le dernier, l'alpha et l'oméga, il ne veut pas seulement exprimer sa toute-puissance, mais il indique par là qu'il s'est abaissé au dernier rang. En déposant sou Esprit dans le sein de l'homme, il a choisi pour sa substance la demeure la plus humble qui existe dans Tunivers, et s'est abaissé au dernier rang dans l'échelle des êtres. Pour les anges ce devait être un étrange spectacle que cet abaissement volontaire de Dieu ; et ils devaient ti'ouver encore plus étrange que le Saint des Saints, celui qui a horreur de tout mal et de toute impureté, ait pu confier son Saint-Esprit à des vases aussi fragiles et aussi impurs que nous le sommes. Si nos premiers parents n'avaient point péché, c'eût été pour lui non une honte, mais un simple acte d'humilité, de nous confier son Saint-Esprit . Après la chute de l'homme, il devenait honteux pour un être saint et pur, tel que Dieu, de déposer sa substance dans un vase aussi souillé. Cette honte a pour type chez Adam et Eve lesen-