CHAPITRE I
INTRODUCTION
§ 1. Résultats de la métaphysîqzie. — Notre but.
L'homme ne semble-t-il pas avoir deux natures? L'une l'enchaîne à la terre, l'autre l'élève vers les deux. Son regard embrasse avec un doux plaisir ces régions pures et éthérées d'où descendent la chaleur et la lumière. Il contemple avec admiration ces objets étincelants parsemés dans l'étendue. Ses aspirations les plus.nobles l'attirent vers ces sphères célestes, il semble entendre une voix qui l'appelle à monter. Son imagination s'élance dans ces espaces sans bornes, il essaye de dévoiler les mystères qui y sont cachés, et de découvrir le secret des mouvements qu'il y aperçoit. Les premiers efforts scientifiques de la jeune humanité ont été dirigés de ce côté. Mais ses désirs ne se bornent pas là : il peuple ce vaste et lumineux royaume d'êtres invisibles avec lesquels il aimerait à communiquer ; il souhaite surtout d'apprendre à connaître le Roi tout-puissant qui y domine et dont les œuvres l'entourent de toutes parts, œuvres dont lui-même est la plus inconcevable et la plus mystérieuse.
Le souvenir des premières tentatives faites par les hommes pour franchir les bornes du monde matériel et visible remonte à plus de vingt-cinq siècles. Depuis cette époque si reculée, les efforts de notre race pour pénétrer jusqu'aux vastes domaines du monde spirituel ont sans cesse été renouvelés. Des hommes d'élite, qu'on a désignés sous le nom de philosophes et de sages, n'ont épargné ni peines ni travaux pour atteindre un si noble but. Tandis que le reste de leurs frères étaient absorbés dans une guerre continuelle contre la nature et leurs semblables, ils ont porté leurs regards investigateurs sur le monde qui