CH. I. LES LOIS DE L' ANALOGIE
Les lois de l'Analogie sont les lois dn raisonnement» ou l'Analogie est la base de la raison.
Conclure ou agir contre l'analogie, c'est conclure ou agir contre la vraisemblance et l'expérience de la vie. L'homme qui se rend coupable de cette erreur sera considéré comme insensé, à moins qu'il ne puisse motiver la justesse de son raisonnement par des preuves irréfutables.
Les hypothèses ou les systèmes qui ne sont pas fondés sur les lois de la nature ne peuvent pas avoir plus de valeur pour nous que les songes capricieux d'une imagination échauffée ou un conte des Mille-e^une Nuits. L'homme est trop borné pour pouvoir inventer les mêmes choses que Dieu ; or raisonner en dehors des lois de la nature, c'est vouloir deviner la structure d'une machine sans l'avoir examinée. Il serait possible qu'un homme supérieur pût agir ainsi à l'égard d'un autre homme ; mais vouloir le faire à l'égard de Dieu, ce serait pure folie. Le TTai seul doit être vraisemblable. Si cela ne nous parait pas ainsi, ce sont nos préjugés qui voilent notre intelligence.
Nous espérons que ces quelques observations feront sentir au lecteur l'immense importance des lois de l'analogie. Il comprendra dès lors que nous serons en droit d'en faire un constant usage, et d'examiner, par les nouvelles lumières qu'elles nous prêteront, l'harmonie mystérieuse qui règne dans la création.
Qui voudrait blâmer un procédé qu'il est lui-même obligé d'employer dans chacun de ses raisonnements ? Si cet homme se trouve et nous condamne, il faudra qu'il prouve en premier lieu que son propre raisonnement n'est pas fondé sur les données que fournissent les lois de la nature ; et par là même il montrera qu'il est dans le domaine des chimères.
Un des premiers principes, pour un homme instruit, consiste à n'avoir pas peur des résultats de la science. La vérité doit nous être chè^e avant tout, lors même qu'elle nous donnerait tort Dieu ne peut se contredire dans ses œuvres et ses paroles. Il est absurde de craindre qu'aucune loi de la nature, tout extraordinaire qu'elle nous- paraisse, puisse témoigner contre son Auteur. Nous prions donc le lecteur de ne pas s'effrayer des questions que nous soulevons, mais d'examiner avec impai*tialité si les faits que nous avançons sont vrais ou faux. Qu'il laisse de côté toute arrière-pensée sur la manière dont ces faits
cadreront avec ses propres théories^ sinon il les examinera avec prévention et son jugement en sera troublé.