LA NUTRITION
Quelle est la mère qui n'est saisie d'émotion en serrant son enfant nouveau-né contre le sein qui doit le nourrir? Si la douleur, les peines et les soucis lui arrachent d'abondantes larmes, le cœur d'une mère est néanmoins rempli d'amour et d'espérance ; elle aimerait mieux se priver du nécessaire que de refuser à ce frêle enfant la nourriture qu'il demande. La demandet-il ? Non ! ce ne sont que des cris qu'il fait entendre, mais l'instinct d'une mère les comprend, et elle a reçu de quoi l'apaiser. Cet enfant, destiné à devenir un être intelligent, est néanmoins, en ce moment, sans connaissance de lui-même, et parait dépourvu de toute faculté intellectuelle. Il suce avec avidité le lait qui lui est présenté. Il croit; son besoin de nourriture croit avec lui, et devient un des puissants moteurs qui le poussent en avant et le jettent dans une vie active et laborieuse.
Tout être vivant est soumis à la nécessité de se nourrir ; il n'y a pas de vie sans nutrition ; c'est une loi de la nature. Cette nécessité, toute dure qu'elle parait au premier abord, est néanmoins pour l'homme une source d'activité, de jouissances et de plaisir. Cause primitive de tout travail, elle devient plus tard un mobile puissant qui le pousse à l'émulation et à l'étude dans les métiers, les arts et les sciences. Mais, en développant ses fa-