‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 44 sur 130 · CH. VII. PLURALITÉ DES VIES DANS UN MÊME CORPS · texte numérisé non relu

CH. VII. PLURALITÉ DES VIES DANS UN MÊME CORPS

Les vies Tégétales et animales sont détruites en entrant dans d'autres corps.

Les règnes orgcuiiques sont inorganisables pour l'homme.

Les vies inorganiques ne perdent aucune de leurs forces en passant dans un règne supérieur.

Les règnes inorganiques sont organisables pour l'homme. (Nous le verrons prochainement.)

Les différences caractéristiques entre les vies organiques et les vies inorganiques proviennent de rinfériorité de ces dernières, qui jouent vis-à-vis des premières le rôle de la matière à regard des vies ; car la stabilité et Tindestructibilité sont les caractères de Fimperfection (ou de la matière), le changement et la fragilité de vie sont les signes de la perfection.

C'est une condition absolue pour les vies organiques d'être soumises à la mort. Il est évident que si les vies végétales et les vies animales étaient aussi indestructibles que les vies minérales, une nutrition continue serait impossible; car sans cela un animal, en se nourrissant de végétaux ou d'animaux, concentrerait au dedans de son corps un grand nombre de vies diL férentes, qui finiraient par refouler sa vie particulière. Par la même raison chaque animal doit avoir sa vie végétative spéciale, qu'il n'a pu emprunter à aucune plante, et qui, indissolublement liée à sa vie animale, doit périr ave^ celle-ci.

Ainsi la mortalité des vies de la nature organique est la condition essentielle de leur individualité et de leur perfectionnement; sans cette condition elles ne seraient pas supérieures aux vies minérales.

Combien les idées courantes sur ce qui caractérise le parfait ou l'imparfait, le supérieur ou l'inférieur, sont différentes de ce que la nature nous enseigne à cet égard ! Qui se serait imaginé que la perfection des vies supérieures dépend de leur mortalité, et que plus l'organisation d'un corps est parfaite, plus sa vie doit être fragile î

L'organisation de l'homme devient ainsi de plus en plus compliquée à nos yeux. Nous avons vu (ch. IV) que l'âme de l'homme est la résultante de l'action simultanée de billions de petites vies cellulaires ; nous venons de voir que chacune de ces cellules renferme encore quatre vies différentes, dont la supérieure subjugue toujours l'inférieure et la rend tributaire. C'est une merveilleuse organisation, et en. même temps une singulière économie de travail, car la vie supérieure est ainsi dis. pensée d'exécuter tout ce .qui peut s'accomplir par une vie in-

férieure. Cette disposition permet au supérieur de vouer toutes ses forces au travail important auquel il est destiné, et qui ne peut être fait par ses inférieurs. C'est là une économie de temps et de travail qui est nécessaire dans chaque organisation. En se servant à volonté des vies inférieures, les vies plus élevées multiplient leurs forces, comme les forces d'un général sont multipliées par celles de ses soldats. Nous reconnaissons ici un nouveau côté du grand principe de la division de travail : le moins élevé doit concourir de toutes ses forces au support et au développement du plus élevé. L'existence des vies supérieures est liée à celle des vies inférieures, tandis que les vies inférieur res sont indépendantes des supérieures. La dépendance ici est donc une supériorité.

L'âme psychique est, à l'égard de son corps, ce qu'est un cavalier à l'égard de sa monture. Elle domine sur les vies inférieures et a le pouvoir de leur commander. Ainsi le mouvement n'est pas une action immédiate de l'âme animale, mais l'effet de la vie éthérique exécutant les ordres de l'âme. Beaucoup de plantes inférieures ont des mouvements oscillatoires tellement semblables à ceux des animaux que longtemps on les a regardées comme des animaux. Or, si le mouvement était un pouvoir immédiat de l'âme, les végétaux et les astres devraient avoir des âmes^ puisqu'ils possèdent le mouvement.

Les résultats obtenus jusqu'ici nous donnent pour la construction de la nature le tableau suivant, qu'il faut lire de bas en haut.

L'homme

Règne animal.

Règne végétal.

Règne minéral.

Règne éthérique.

Matière morte.

Les vies supérieures renferment toutes les vies inférieures, mais les inférieures ne renferment pas les supérieures. En vertu de cette organisation^ il faut que Tinférieur ait été créé avant le supérieur> puisque celui-ci ne peut exister sans l'infé-

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