Les vies (y compris les forces) sont immatérielles
2. Les vies sont multiples, infiniment variées, d'origine diverse ; elles ne peuvent tirer leur origine de la matière, qui est uniforme et incapable de variation.
3. Lés différentes vies ne tirent pas leur origine d'une source commune, car alors elles devraient présenter, comme un caléidoscope, toutes les combinaisons imaginables, toutes les monstruosités et toutes les transitions, sans s'arrêter à aucune forme spéciale. Or la nature ne présente aucune confusion semblable. Les formes primitives sont peu nombreuses et simples. Les passages d'une espèce à l'autre ne sont pas aussi graduels que quelques naturalistes se plaisent à le représenter, mais saccadés et par gradins , avec impossibilité d'un croisement au delà de limites très restreintes. Si le bœuf et le cheval, le chameau et l'éléphant, le lion et le tigre royal tiraient leur origine d'une même souche, pourquoi ne trouverait-on pas nombre d'espèces intermédiaires, reliant ensemble les extrémités comme les anneaux d'une chaîne ? S'il y avait passage d'une espèce à l'autre, les espèces mêmes disparaîtraient complètement et on ne connaîtrait que des individus. Tous les faits que la nature présente sont trop caractéristiques pour que nous puissions admettre un instant une idée aussi absurde que la communauté d'origine de toutes les vies et de toutes les forces. La pluralité d'origine des vies est donc évidente, et les archées vitales sont innombrables.
Si l'idée d'une communauté d'origine de toutes les vies est absurde, la supposition d'une communauté d'origine des forces (ou vies inférieures) Test tout particulièrement; car plus une
^) L'idée que les forces sont de nature immatérielle est déjà ancienne.