CB, I. LA NATURE
ter un jugement sur leurs propres œuvres, les hommes sachent employer leur intelligence d'une manière juste et logique, mais que, dès qu'il s*agit des œuvres de Dieu, ils soient comme frappés d'aveuglement. Ils sont toujours enclins à croire qu'il agit sans plan et sa^s but, et ils subordonnent constamment le but au moyen, et Tefifet à Faction qui doit le produire. Ne tombons pas dans cette faute. Rendons au souverain Créateur Thonneur et la gloire qui lui sont dus; admettons que son intelligence n'est pas au-dessous de sa puissance, et qu'il a dû prévoir dans tous leurs détails les effets d'un mécanisme si admirable. Rappelons-nous de plus qu'une machine n'est jamais qu'un moyen, et ne peut à elle seule constituer un but. Le mécanisme de la nature, tout merveilleux qu'il est, n'est qu'un moyen pour obtenir un résultats mais ne peut être considéré comme le but lui-même.
Avant que Dieu ait jeté les fondements de notre monde, il a dû prévoir et calculer avec une précision mathématique et infinie, embrassant jusqu'au moindre détail, tous les effets de cette merveilleuse machine.
Bientôt après avoir été témoin des scènes qu'il vient de retracer, le jeune voyageur fut appelé à déposer son bâton de pèlerin. Un laps de temps très considérable s'écoula avant que les événements le poussassent à reprendre ses occupations favorites. Plusieurs années de travail et de méditation lui ont fait voir dès lors la réalité des prévisions de sa jeunesse. Il se hasarde à communiquer à ses amis ses observations sur la nature; il essayera d'en faire une courte analyse, selon que ses faibles lumières le lui permettront, s'attachant surtout à étudier le but que le grand Créateur peut s'être proposé dans son œuvre admirable.