‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 8 sur 130 · GH. I. DIEU DÉSIRE ÊTRE COMPRIS · texte numérisé non relu

GH. I. DIEU DÉSIRE ÊTRE COMPRIS

dons-nous pas à son appel? Ce n'est pas lai qai met des bornes à ses dons, c'est nous qui les méprisons.

Nous lui demandons la nourriture de notre corps, demandons aussi la nourriture de notre intelligence; nous lui demandons la force et la santé du corps, demandons-lui aussi la force et la santé de notre intelligence ; demandons-lui qu'il dessille nos yeux afin que nous puissions admirer et comprendre ses merveilles ; demandons-lui des sens pour voir que la terre est remplie de sa gloire et les deux de sa majesté. Demandons-lui ces dons précieux, et il se manifestera à noiiSy et nous révélera les choses cachées dès la fondation du monde. Il nous expliquera lui-même les mystères de son œuvre et les merveilles de sa création. — Oui, ô Dieu, accorde-nous ces choses afin que nous puissions te rendre les louanges et la gloire qui te sont dues.

L'homme est de sa nature ennemi de Dieu et ne le cherche pas; aussi ne cherche-t-il point ces vérités, et elles ne lui viennent point naturellement à la pensée. Ce sont des choses^ dit St. Paul, que l'œil n'a point vues, que toreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l'homme, mais qne Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. Il nous les a révélées par son Esprit ; car l'Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu. L'homme naturel ne comprend point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, car elles lui sont une folie; et Une peut même les entendre, parce qtic c'est spirituellement qu'on en Juge. Mais l'hotnme qui a reçu cet Esprit discerne toutes choses ; et il a connu la pensée de^ Christ. Le Seigneur annonce solennellement à ses disciples avant de les quitter qu'il ne les appellera plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait le maître; mais, ditril^ je vous ai appelé mes amis, car je vous ai fait connaître tout ce que j'ai entendu de mon Père.

Ce n'est donc pas une présomption de chercher à le comprendre, il nous y appelle lui-même, il nous l'ordonne de la manière la plus positive^ quand il nous commande d'être saints commeil est saint, d'être parfaits comme il est parfait, et d'imiter en toutes choses Christ notre modèle. Il veut donc que nous fassions tous nos efforts pour lui être semblables, que nous aimionsce qu'il aime, que nous haïssions ce qu'il hait, que nous^ pensions, jugions et agissions en toutes choses comme il pensev JQge et agit. Quel est l'homme qui ne recule d'épouvante de«-

vant une demande semblable? Quel est Thomme qui ne se sent complètement impuissant à accomplir une pareille tâche, En effet, faible comme il Test, il lui est aussi impossible d'entrer dans cette voie que de quitter le grain de sable auquel il est attaché. Mais si son Créateur lui accorde une portion de son Esprit, tout devient possible; il reçoit alors une nouvelle vie, et sent se développer dans son cœur le désir et la faculté de se conformer aux lois divines.

Mais avant de faire les premiers pas pour accomplir ces choses, ne devons-nous pas essayer d'étudier et de comprendre ? Il est vrai que pour obéir à ces prescriptions, il n'est pas nécessaire d'étudier Dieu dans les œuvres de la nature : ce n'est qu'une faible partie des biens qu'il a préparés pour nous. Mais, d'un autre côté, il est tout aussi vrai que nous sommes en harmonie avec ses commandements si nous cherchons à comprendre ses intentions et ses buts, manifestés dans cette nature qu'il présente continuellement à nos regards. ^

Nous demanderons donc quel peut avoir été le plan du Créateur, quand il a donné à ce monde l'arrangement que nous lui connaissons. Pourquoi la terre, les plantes, les animaux sontils ainsi organisés? Pourquoi les règnes supérieurs doivent-ils se nourrir des règnes inférieurs? Pourquoi les animaux carnassiers? Pourquoi les reptiles malfaisants? Pourquoi l'homme est-il soumis à la nécessité de tout détruire pour subvenir à sa nourriture? Pourquoi, en un mot, tout l'ordre actuel de la nature? Un seul instant de réflexion suffit pour nous faire comprendre que toutes les choses qui nous entourent, ainsi que l'homme lui-même, eussent pu être créés de manière à ne ressembler en rien à l'organisation actuelle, tout comme un artiste peut varier à l'infini la composition d'un tableau.

Si donc l'intelligence omnipotente et souverainement sage a choisi cet ordre de choses, de préférence à tout autre, nous devons supposer qu'elle a eu un plan bien arrêté, nous dirons même une raison bien impérieuse pour imposer à ses créatures une si grande mesure d'angoisses et de peines. Car quel est l'être vivant qui ne soit pas appelé à souffrir? Même la plante, qui est sans le moindre sentiment, présente l'image de la souffrance, tellement celle-ci a imprimé son triste cachet sur toutes Jes œuvres de la nature. N'avons-nous pas tous eu occasion de reconnaître l'expression de langueur d'une plante qui a reçu 4ine grave blessure, ou que le manque de nourriture et d'eau

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