‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 9 sur 130 · CH. I. DIEU DÉSIRE ÊTRE 001CPRI · texte numérisé non relu

CH. I. DIEU DÉSIRE ÊTRE 001CPRI

fait dépérir? Ses feuilles se fanent et jaunissent, ses branches se dessèchent et se brisent.

En rejetant bien loin de nous l'idée injurieuse que le divin mécanicien n'aurait pas prévu tous les résultats de son œuvre, nous nous hasarderons à examiner, avec les faibles lumières qu'il nous a prêtées, la construction de cet ouvrage si merveilleux. Cette étude nous amènera peut-être, à discerner partiellement les plans de l'Auteur céleste; car, pour un être intelligent, toute œuvre doit témoigner de son auteur.

Etudier les lois du mécanisme de la nature, c'est étudier le plan de construction que Dieu a adopté dans sa création; étudier les effets de ces lois, c'est étudier la pensée et les buts du Créateur. Il est donc évident que presque toutes les recherches scientifiques de l'homme, si elles sont faites avec intelligence, doivent aboutir à la connaissance de l'Auteur divin. En nous élevant à un point de vue général, nous comprendrons que, même en étudiant les œuvres humaines comme l'histoire, l'architecture, la poésie, la littérature, on étudie les instincts, les facultés, les passions, les désirs, les besoins et les goûts dont Dieu a doué les hommes.

Notre méthode de raisonnement sera simple. Dans nos jugements sur les œuvres de Dieu, nous ne nous écarterons pas des règles ordinaires, adoptées dans l'appréciation des œuvres humaines. Désirant nous conformer à la plus stricte logique, nous n'acepterons aucun raisonnement qui ne serait pas fondé sur les axiomes acceptés parmi les hommes, quand ils se jugent entre eux.

Quiconque fait appel à son intelligence doit reconnaître que la nature est une œuvre intelligente. Il y voit une liaison évidente entre la conformation d'un animal et ses besoins. Au premier coup d'œil jeté sur un animal, on discerne son caractère prédominant. L'inspection de ses formes et de sa bouche nous apprend s'il est Carnivore ou herbivore. Les petites ailes et les fortes jambes d'une autruche nous annoncent qu'elle est faite pour courir et non pour voler. Les jambes de derrière repliées d'une sauterelle ou d'un bouquetin font reconnaître la faculté qu'ils ont de sauter; les longues ailes du condor et de l'hirondelle l'habitude de séjourner dans les airs. U en est, sous ce rapport, des classes comme des individus, et du tout comme de la partie.

Si donc il nous est permis de tirer des conclusions de la for-

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me individuelle d'un animal, nous pourrons, avec la même facilité, tirer des conclusions aussi simples et aussi certaines d'une -classe, d'un règne ou de toute la nature.

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