‹ L'univers visible et invisible; ou, Le plan de la création. Essai de philosophieChapitre 95 sur 130 · LA SUBSTANCE DIVINE · texte numérisé non relu

LA SUBSTANCE DIVINE

Si les hommes ont été créés à la ressemblance de leur Dieu, celui-ci doit avoir, comme tout être humain, un corps et une àme. Son corps est composé d*une substance divine, tandis que son âme est insubsiantielle. L'Etre suprême constitue un monde à lui. C'est dire qu'il possède une substance qui lui est particulière, différente de celle des esprits ou du monde spirituel. Si la substance de Dieu était identique à cette substance spirituelle dont l'homme et les anges sont formés, le monde spirituel et le monde divin ne formeraient qu'un même monde, ce qui pour bien des raisons n'est pas admissible. Nous ne jugeons pas qu'il soit nécessaire de développer ces raisons, chaque lecteur pouvant facilement s'en rendre compte. Ainsi il existe entre le monde spirituel et le monde divin la môme différence qu'entre le monde matériel et le monde spirituel. Il y a analogie, non identité, image, non passage. Le monde divin a donc sa substance particulière, et il est aussi nécessaire de posséder une partie de cette substance pour appartenir au monde divin, ou au royaume des cieux, que de posséder la substance terrestre pour appartenir à ce monde. L'analogie nous enseigne encore que la substance divine n'augmente ni ne diminue de quantité, selon la loi du monde matériel. Car il est impossible aux hommes d'augmenter ou de diminuer la substance terres^ tre d'un atome. Quand Dieu donne de sa substance, il est par conséquent forcé de la prendre de lui-même ou de son propre corps ; il ne peut la créer.

Nous avons déjà dit que dans le monde divin il n'y a pas de subdivisions, car il est l'unité. Il n'y a pas non plus de mort, car il n'y entrera que ceux dont Dieu sait d'avance qu'ils ne pécheront pas, et qui par conséquent ne pourront mourir.

En consultant le type terrestre que Dieu nous a donné de lui-môme en la personne de l'homme, nous devons nécessairement appliquer à Dieu les mêmes lois que nous avons trouvées

Page 1