Délib. du 7 nov. 1680. A. V. D 31, f
Les comptes des primiciers ne distinguent pas assez nettement les sommes qui proviennent des pensions, celles qu'ils ont perçues sur les gradués, enfin le produit des emprunts. Toutes ces recettes figurent dans leurs livres ensemble et dans Tordre chronologique. D'où l'impossibilité à peu près complète où Ton se trouve de faire exactement le départ entre la partie ordinaire et la partie extraordinaire du budget de chaque année et de donner le chiffre même approximatif des recettes et des dépenses annuelles de chaque ordre. En ne tenant compte que des recettes assurées et en prenant pour base la somme de 500 livres comme chiffre du produit des grades, on obtient, pour le xvui® siècle, une recette totale annuelle d'environ 2.500 livres, à laquelle s'ajoute le reliquat de Tannée précédente. Mais que le nombre des gradués s'élève, qu'une ou plusieurs agrégations soient abonnées, enfin qu'un emprunt soit contracté et le chiffre des recettes s'enfle sans mesure. Année moyenne, il est de 3.000 livres vers 1780: il s'élève ensuite à 5 et 6.000 livres; entre temps et par suite de circonstances exceptionnelles, il est monté, en 1783-84, jusqu'à 18.247 livres 12 sols et 6 deniers *.
1. Budgets des recettes : 1730-31, 16531. 2 s. ; 1739-40, 29641. 11 s. 5 d. y compris un reliquat de 1428 1. 18 s. 9d. provenant de l'exercice précédent); 1740-41, 4457 1. 10 s. 2 d. ; (dont un emprunt de 1000 1. roy. et un abonnement à Tagrégatien); 1741-42, 1977, 1. 8 s. 6 d. ; 1749-50, 3478 1. 19 s. 1 d.; 1766-67, 2143 1. 7 s. 3 d. ; 1770-71, 2467 1. 15 s. (y compris 1500 1. pour un abonnement à Fagrégation); 1772-73, 1563 1. 17 s. 10 d. ; 1773-74, 2414 1. 10 s. 5 d. (y compris la componende du greffe de Monteux, 350 1.); 1775-76, 1018 1. 15 s. 2 d. ; 1777-78, 4178 l. 10 8. (y compris une agrégation à 1500 1.); 1778-79, 8728 1. 2 s. 10 d. (y compris quatre agrégations); 1780-81, 3264 1. 4 s. 2. ; 1782-83, 6381 1. 13 s. (y compris une agrégation) ; 1783-84, 18247 1. 12 s. 6 d. (dont 7 agrégations et un reliquat du précédent primicériat de 1870 1. 10 s. 11 d.); 1784-85, 5208 1. 9 s. 10 d.; 1785-86, 58H9 1. 10 s. 2 d. ; 1786-87, 5959 1. 13 s. 8 d. ; 1787-88, 5506 1. 18 s. 2 d. ; 1788-89, 8364 1. 19 s. 1 d. (y compris une agrégation); 1789-90, 11190 1. 19 s. 9 d. Le total du budget est donné en livres patas qui valent un septième de moins que les livres royales françaises. Par exemple, les agrégations fixées A 1500 1. royales produisaient dans le budget total 1750 1. Un budget de 3500 1. ne devrait donc être compté, en monnaie française, que pour 3000 1.
Mêmes fluctuations dans les chiffres des dépenses, car l'Université ne capitalise guère et vit au jour le jour. Aux divers articles de recettes correspondent d'ailleurs des dépenses équivalentes; enfin d'exercice, le reliquat, s'il y a lieu, est partagé entre les agrégés en droit.
Le revenu des greffes reste affecté au traitement des professeurs ou du moins aux honoraires de quelques-uns d'entre eux. Sur les 1.081 livres auxquelles il se monte, les quatre régents ordinaires de droit canon et civil reçoivent chacun 137 livres 5 sous à titre de traitement fixe; le doyen et régent ordinaire de théologie, 30 livres ; le premier professeur de médecine aussi 30 livres; le professeur des Institutes, 30 livres ; le primicier et le secrétaire-bedeau reçoivent pour la confection des comptes, l'un 13 livres, l'autre 6 livres 10 sous; le reste, soit 422 livres 10 sous, est partagé entre les quatre régents ordinaires à raison pour chacun de 105 livres environ K
Certaines pensions servies à l'Université par la communauté d'Avignon avaient aussi, on l'a vu, une affectation spéciale. Les 315 livres provenant des fondations de l'archevêque de Marinis étaient intégralement versées, en trois échéances, au prieur des Dominicains, pour le traitement des régents appartenant à cet ordre. De même le revenu de la rente de 1.000 livres acquise en 1722 était versé au régent institutaire. Le reste servait, avec l'argent des gradués, aux dépenses générales de l'Université 2.
Ces dépenses sont de plusieurs sortes : traitement ou complément de traitement de deux régents ; honoraires de divers
1. A. V. D 184 à 187. Comptes des grefTes et notamment D 186, ^' 1 et 147 ; D 187, ^• 1 à 13, etc.
2. A. V. D 194 et 195. Livres des comptes du Collège des docteurs (1730- 1790).
22i l'université d*avignox
agents de TUniversité; paiement des droits de présence ou testons pour les cérémonies publiques et frais matériels de ces cérémonies; entretien des bâtiments, frais de procès, service des emprunts, distribution de reliquats aux docteurs agrégés, ces trois derniers articles constituant une sorte de budget extraordinaire, bien que les primiciers, dans leurs comptes, ne les séparent pas des autres dépenses.
Le professeur des Institutes ne recevait que 30 livres sur le produit des greffes ; on lui payait sur les fonds de l'Université un supplément de 70 livres, en deux échéances inégales, Tune de 20 livres, l'autre de 50. Le professeur de droit français recevait sur les ressources générales du corps un traitement de 100 livres 1.
L'acteur ouïes acteurs de l'Université recevaient 10 livres royales; le bedeau-secrétaire, pour avoir dressé les comptes, 10 livres également. On payait au chapitre de Saint-Didier, pour « l'emplacement » de la cloche de l'Université, 18 livres 3 sous; le salaire du sonneur était de 3 livres. Ajoutons que les orateurs chargés de prononcer les discours solennels à la rentrée des cours et à la fête de l'Annonciation, recevaient pour ce service 24 livres royales 2.
Des jetons de présence ou, comme on disait, des « testons » étaient distribués aux agrégés en droit qui assistaient aux neuf cérémonies suivantes : procession de la Fête-Dieu; messe aux Cordeliers, le jour de Saint-Luc; messe à Saint-Martial, le lendemain de la Saint-Luc; messe à la même église, le lendemain des Rois; messe aux Cordeliers, k la fête de l'Annonciation ; grand'messe des morts, à Saint-Didier, le lendemain
i. A. V. D194 et 195.
2. Ces discours étaient, en général, prononcés par un docteur agrégé en droit. Les programmes de T Université mentionnent Torateur qui prendra la parole pour la rentrée des cours. A. V. D 73.
de cette même fête; messe à Saint-Martial, le lendemain de Quasimodo ; procession de la veille de FAscension ; élection du primicier. Ces distributions, qui du reste ne paraissent pas avoir été très régulièrement faites, — sans doute parce que les docteurs ne se rendaient pas exactement aux solennités qui y donnaient lieu, —coûtèrent, en 1739,228 livres 15 sous et, en 1788-89, 207 livres, 15 sous 8 deniers, non comprise la distribution relative à l'élection du primicier *.
Les cérémonies universitaires entraînaient encore d'autres dépenses. Il fallait payer les messes, qui ne se disaient pas toujours gratuitement, indemniser les sacristains qui faisaient garnir les églises de chaises et de fauteuils, rétribuer les suisses qui escortaient les docteurs, les valets qui les précédaient portant les insignes de l'Université, les hautbois et les joueurs de flûte, qui égayaient le cortège des nouveaux docteurs, enfin les voituriers qui conduisaient les représentants de l'Université à l'archevêché et au palais du vice-légat, les jours de visites ofScielles. Les processions nécessitaient une consommation considérable de cierges. Les mémoires du cirier montent parfois à 60 ou 70 livres par an. Ajoutons quelques menues dépenses, consciencieusement énumérées dans les comptes annuels : achat de registres pour les délibérations, pour les comptes et les matricules, cire et pains à cacheter, port des lettres adressées au primicier 2, enfin, en 1782, 3S livres payées
1. Ces testons étaient de la valeur uniforme de 13 sous, à la fin du xviii* siëclef soit, pour l'année, 5 livres 17 sous. Il y avait, en 1739, 60 agrégés et en 1788, 48; mais tous les agrégés n'assistaient pas à toutes les cérémonies. Â ces distributions, il faut ajouter celles qui étaient faites aux « jeunes » agrégés, c'est-à-dire à tous les membres du Collège des agrégés en droit, sauf les douze plus anciens appelés « vieux », le jour de la procession de l'Ascension et lors de l'élection du primicier. Une « part déjeune » variait, à la fin du xvni* siècle, entre 14 et 17 livres. Elle atteignit même 30 et 34 livres en 1789 et 1790. A. V. D 196.
2. Nous relevons, par exemple, dans le compte des dépenses de l'année 1788-89, les articles suivants :
Marchand. LUnivenité d'Avignon. 15
226 l'cniversité o^avignon
àrimprimeur pourrimpression, à deux mille exemplaires, des lettres patentes rendues par Louis XIV et confirmant les privilèges de l'Université.
L'entretien et parfois la réfection des bâtiments grèvent assez lourdement le budget universitaire. On a vu déjà que plusieurs emprunts avaient été effectués pour cet objet : emprunt de 800 li\Tres en 1718 «, de 1000 livres en 1750 5. Dans la dernière moitié du xviu* siècle, le Collège des docteurs, devenu plus riche, pourvoit, en général, avec ses ressources ordinaires, aux réparations nécessaires. Souvent d'ailleurs les sommes dépensées de ce chef sont peu considérables ^. Pour quelques exercices
Au sacristain de Saint-Eutrope, préparatifs pour uue messe. 11. 8 s.
Au prieur de Saint-Martial pour une messe célébrée dans réalise 3 1.
Au sacristain des P. Mineurs, pour port de chaises dans réplise 1 1. 15 s.
Au même, pour un objet semblable 1 1. 15 a.
Aux 4 suisses, qui accompagnèrent les docteurs à la procession de TAscension 5 1. 13 s.
Aux 3 hommes qui portaient les insignes de TUniversité, revêtus de robes rouges 2 I. 16 s.
Aux 4 suisses qui accompagnèrent les docteurs â la messe dite A réglise de Saint^Didier 5 1. 13 s.
Aux ser\'i leurs à pied de T Archevêque, qui préparèrent la salle pour rélection du primicier nouveau 2 1. 16 s.
Aux honmics qui portaient des rameaux, lorsqu'on reconduisit chez lui le primicier nouveau 6 1.
Aux voituriers qui nous conduisirent visiter Tarchevêque. .. 7 1.
Au s' Descotes, cire fournie en 1787 et 1788 55 1. 17 s. 1 d.
Achat d'un livre pour les inscriptions 12 1. 16 s.
Pains à cacheter 1* 14 s.
Port de lettres (en tout) 41 1, 10 d.
Divers budgets, notamment celui de 1787, portent la mention suivante :
Aux violons et hautbois qui accompagnèrent le primicier, le jour de son élection 9 1.
A. V. D 193, f- 367 et suiv.)