‹ L'Université d'Avignon aux xviie et xviiie sièclesChapitre 129 sur 145 · Art · texte numérisé non relu

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l'université et la ville D AVIGNON 291

En résumé, l'Université était mise à même, conjointement avec le Clergé, de contrôler les finances municipales et par elles l'administration entière de la ville. Emprunts et impôts, dépenses, travaux publics, adjudications et traités, nomination des officiers, rien de ce qui constitue la vie municipale n'échappait à ses députés. Seules les affaires relatives aux corps de métiers — qui ne l'intéressaient pas directement, — étaient traitées sans leur concours. Il est peu d'exemples, croyons-nous, sous l'ancien régime, de municipalités aussi limitées dans leur action et « blessées », comme on disait, dans leur indépendance par les prérogatives d'un corps , somme toute, aussi peu nombreux que celui des docteurs d'Avignon et représentant des intérêts si particuliers.

Quoi qu'il en soit, les règlements de 1706 rétablirent, ou à peu près, le bon accord entre l'Université et le Conseil de Ville. Les docteurs choisirent soigneusement, chaque année, parmi les membres « les plus irréprochables )> de la bourgeoisie, voire de la noblesse de robe, leur « député à l'entrée du vin * ». Leur vigilance en matière d'administration municipale fut rarement prise en défaut; mais il3 éprouvèrent encore quelques déboires. En 1750, par exemple, une ordonnance du vice-légat décida, contrairement à la coutume, que les consuls, au lieu d'être élus par le Conseil entier, le seraient chacun par la « main » ou ordre, auquel il devait appartenir. Les docteurs « qui ne pouvaient aspirer à la première main » dédaignèrent de voter avec la seconde et désormais ne donnèrent plus leur suffrage pour l'élection dont il s'agit-. Puis,

1. Délib. du Collège des docteurs des 3 oct. 1708, 9 cet. 1710, 7 oci. 1718, 14 oct. 1719, 9 oct. 1724. A. V. D 32, f" 250, 280 ; D 33, f" 6, 25 ; D 33, f 98. — En 1723, à la suite de la peste, Timpôt sur les gabelles fut augmenté de moitié; celui que payait le vin, d'un quart (délib. du 19 fév. 1723). A. V. D33, f- 72.

2. Délib. du 21 juin 1750. A. V. D 34, M33. — On sait quelle était la constitu-

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ce furent de nouvelles tentatives des consuls pour échapper au contrôle des corps privilégiés. En 1759, ne les vit-on pas adjuger & un prix excessif — sans vouloir accepter des offres plus avantageuses et cela en dehors de la présence des députés de rUniversité et du Clergé, — la construction d'une digue sur le Rhône ? L'Université, qui avait déjà « dissimulé bien des attentats momentanés et qui n'engageaient pas Ta venir », s'émeut de celui-ci, qu'elle juge « très important et déclare faire opposition ». Déboutée par le vice-légat, elle en appelle d'un arrêt, « sans doute obtenu par surprise ». Et quelques mois après, intervient un accord qui réserve tous ses droits*. Plus d'une fois, au cours du xvm* siècle, de pareils différends se reproduisirent, suivis d'un semblable dénouement. Les droits de l'Université furent, en fait, plus d'une fois méconnus; mais, en revanche, à toute occasion, on les proclama solennellement.

Ce rôle important qu'elle jouait dans les conseils de la ville.

tion municipale d'Avignon. Elle comprenait deux Conseils; le Conseil ordinaire composé de 48 membres, 16 de chaque main (1" nobles; 2** bourgeois; 3* négociants, marchands et petits rentiers) et le Conseil extraordinaire composé des membres précédents et de 48 autres membres choisis par les premiers, 16 dans chaque main. Les deux Conseils étaient renouvelables par moitié chaque année. Le prévôt de la métropole et quatre députés du Clergé, le primicier et quatre députés de l'Université étaient adjoints à ces Conseils avec voix délibérative. Il y avait encore « l'Assemblée des trois corps », sorte de commission executive où entraient, avec les délégués du Clergé et de l'Université, les trois consuls, l'assesseur et six députés du Conseil. Les consuls étaient élus par le Conseil extraordinaire, un par chaque main (depuis 1750); l'assesseur était élu parle Conseil tout entier. Depuis 1750, les docteurs ne votèrent que pour la nomination de l'assesseur. A moins d'avoir la noblesse personnelle, ils ne pouvaient figurer que dans la deuxième main, mais c'était pour eux une question d'amourpropre de n'y accepter aucune fonction. On avait même exclu du primicériat les docteurs qui dérogeaient à cette tradition. Le primicier votait immédiatement après les consuls et l'assesseur. Le viguier, qui présidait l'assemblëef ne votait pas.

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