‹ L'Université d'Avignon aux xviie et xviiie sièclesChapitre 8 sur 145 · Bref de Pie VI du 18 juin 1784. Laval · texte numérisé non relu

Bref de Pie VI du 18 juin 1784. Laval

inutilement « passé leur vie à attendre la maladie et les malades » ^

Bien qu'un enseignement théologique existât à Avignon avant la fondation de TUniversité, la Faculté de théologie ne fut créée quen 1413, par Jean XXIII et elle n'eut pendant deux siècles qu'une existence assez obscure. Les maîtres qui appartenaient aux divers ordres religieux établis dans la ville ne sortaient guère de leurs couvents ; ils se mêlaient peu à la vie universitaire ; on perd à peu près leurs traces pendant les guerres civiles. Mais les statuts de 1605, rédigés par le doyen, Firmin Girard, prieur du couvent des Augustins, reconstituèrent la compagnie et depuis lors elle devint un membre actif et influent de l'Université.

L'une des préoccupations principales des auteurs de ces statuts, c'est l'accroissement du nombre des maîtres « car, disent-ils, le nombre des agrégés est l'honneur des Facultés », On ouvre donc la porte toute grande aux docteurs étrangers, qu'on dispense de tout examen. Ces docteurs, pourvu qu'ils aient régulièrement conquis leurs grades dans une autre Faculté, seront agrégés sur leur simple demande. Le doyen leur parlera seul, brièvement et en présence du primicier et des autres maîtres, de la paix que les docteurs doivent garder

1. V. délib. du Coll. des docteurs du 18 mars 1782. Dans le mëmoire précité les docteurs agrt^gés en médecine se plai^çnent vivement de la dictature des juristes qui inflige une tache à leur faculté et éloigne les étudiants et les professeurs. Le Collège des docteurs en droit avait émis la prétention de nommer un • premier professeur malgré lui : ce fut l'origine du débat. La faculté de médecine envoya des délégués au pape. Les juristes répondirent vivement; ils s'indignaient que huit médecins dont deux seulement avaient une clientèle prétendissent bouleverser les traditions de l'Université. Néanmoins le pape décida que deux médecins prendraient part à l'élection du Primicier, savoir le doyen, et, à son défaut, le plus ancien agrégé et le premier professeur ou régent ordinaire et, à son défaut, un autre professeur. (A. V. D 35, f** 220 à 227.)

CONSTITUTION DE LA COKPOllATION LNIVEHSITAIUE 17

entre eux, de la conservation de la Faculté et de la poursuite des erreurs * .

La Faculté vit ses désirs réalisés. Pendant un demi-siècle, le nombre des agrégés ne cessa de croître. Il était seulement de douze en 1597 * ; il s'élève à dix-sept en 1665, h vingt-six en 1675, à trente en 1683 ^. On n'avait fait que cinquante-six agrégés de U60 à 1600; on en fit cent un de 1600 à 1700 ^. Pendant le xvui® siècle, il est vrai, ces chiffres s abaissent et on ne compte guère qu'une vingtaine de maîtres jusqu'en 1780; mais, à cette époque, l'agrégation à l'Université des séminaires de Saint-Charles de la Croix et de Notre-Dame de Sainte-Garde vint notablement augmenter le nombre des agrégés ; il était de trente-un à la veille de la Révolution ^.

La corporation des théologiens manquait d'ailleurs d'homogénéité et d*unité. Plusieurs éléments y entrèrent, qui ne vécurent pas toujours d'accord : les prêtres séculiers d'une part ; de l'autre, les religieux des divers ordres parmi lesquels l'entente n'était pas parfaite. Les statuts de 1605 insistent à plusieurs reprises, — et non sans motif apparemment, — sur la paix et la concorde sans lesquelles aucune société ne peut subsister ; ils investissent le doyen des pouvoirs nécessaires pour les maintenir ou les rétablir, lui permettant, après trois avertissements restés inutiles, de priver de leurs émoluments,

1. Statuts de 1605. Art. 23. A. V. D 9. Les droits d'agré|;ation se confondaient avec ceux du doctorat ; ceux que devaient payer les docteurs qui voulaient s'agréger étaient les mêmes sauf le droit de sceau et ceux des promoteurs et examinateurs (mêmes Statuts, art. 26 et 28).

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