‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 101 sur 351 · FUT · texte numérisé non relu

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avec une pureté rare, et nous l’avons eonnu parlant six langues avec une facilité presque égale. Sa mémoire prodigieuse, au surplus, lui venait singulièrement en aide : les tours de force lui étaient familiers ; il eiïl récité Virgile, Horace et peut-être Homère d’un bout à l’autre; les poètes secondaires, ceux mêmes delà décadence, lui étaient familiers, et il savait par cœur de longs chapitres d’histoire et jusqu’à des traités de médecine : tout Celse était dans sa tête, et pour peu qu’on l’en priât, il en donnait volontiers ce qu'on pourrait appeler une édition verbale.

Il ne s’engagea cependant point dans la carrière des lettres : ses humanités achevées, il alla suivre à l'Université de Leyde les cours de médecine, et en revint porteur, à 18 ans, d’un diplôme de docteur obtenu avec le plus grand succès. U termina ses éludes à l’Université de Liège, où il subit d’une manière très-distinguée, devant la Faculté de médecine, les examens de docteur en chirurgie et en accouchements. Etabli comme praticien dansson village natal, il s’y acquit, grâce à son zèle et à son dévouement pour les malades indigents, l’estime et la reconnaissance de tout le monde ; mais les nombreux amis qu’il s'était faits à Liège lui firent comprendre qu’il était appelé à rendre des services sur un plus grand théâtre, et il se rendit â leurs conseils. II fut bientôt en réputation dans la ville universitaire; il devint entr’autres le médecin ordinaire de l'évêque van Bommel, fonctions qu’il conserva jusqu’à la mort de ce prélat. Lors de la réorganisation de 183;i, Boyer fut nommé agrégé à la Faculté de médecine de l’Université; il obtint le titre de pro fesseur extraordinaire environ douze ans après, le 5 août 1837, et enfin l'ordinariat le 20 août 1811. II fut chargé pendant plusieurs années du cours de pathologie et de thérapeutique générales, en remplacement de M. Sauveur; ce cours a été postérieurement

f) Sauf une interruption : le cours de médecine légale, a été donné par M. Borlée, de 1 85ÎÎ à 1861.

(*) Au lit do mort, il exprima formelle-

dédoublë et partagé entre MM. Spring et Vausi. Boyer professa ensuite la pathologie et la thérapeutique spéciales des maladies internes, y compris les maladies des femmes et des enfants, celles de la peau et les maladies syphilitiques, cours de deux ans, confié actuellement â M. Heuse (v. ci-dessus).

En outre, il resta titulaire (*), jusqu’à sa mort, du cours de médecine légale (y compris la toxicologie;, et du cours facultatif vl encyclopédie et d’histoire de la médecine. D’un caractère bienveillant et affable, Boyer s'était acquis l’affection aussi bien que la considération de ses élèves. Son zèle ne se démentit jamais; il s’obstina même, quoique déjà très-souffrant, à continuer sans interruption son cours de pathologie spéciale jusqu'à la fin de l’année 1800- 1 807. Peut-être se faisait-il illusion sur son état; en tous cas il ne voulut suivre aucun traitement jusqu'à ce que, peu après l’ouverture de la session du jury, il dut enfin se rendre à l’évidence (*). — Boyer a été secrétaire académique en 1857-1858. Nous ne connaissons de lui aucune publication, à part quelques pièces de vers latins, pour la plupart consacrées à la mémoire de ses anciens collègues et disséminées dans les journaux de Liège.

ituiii (Ignace -Antoine) naquit à Luxembourg le 4* jour complémentaire de l’an X <21 septembre 1802), et mourut à Liège, d’une attaque «le choléra, le 31 juillet 1819, presque en même temps que son compatriote et ami Molitor, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Gand. Ils avaient fait leurs études ensemble, débuté ensemble ai; barreau, quitté ensemble, en 1830, leur ville natale pour venir servir la cause de l'indépendance nationale ; ils s’étaient ensuite trouvés réunis au tribunal d'Arlon, en qualité de substituts; enfin ils avaient quitté l’un et l'autre la magistrature pour l’enseignement : il n’y

ment la volonté de ne pas recevoir les honneurs universitaires. — Son corps a été transporté à Munsterbilsen.

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