‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 103 sur 351 · XXIII · texte numérisé non relu

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Examen d'une formule donnée par Poisson, et qui a également occupé MM. Dirichlel et Caucliy ; Schaar cherche à simplifier ses calculs cl à en déduire quelques conséquences qui avaient échappé à ces habiles géomètres. M. Quclelel lui reproche une brièveté excessive : Gehaar ne songe qu'au but de ses recherches, et « compte peut-être trop que le lecteur est, ainsi que lui, initié à tous les

qu’il lit exécuter d’après scs plans et sous sa direction fut un cutter de G5 tonneaux belges, lequel, au dire do plusieurs hommes compétents, est, sous beaucoup de rapports, d’une coupe et d’une construction irréprochables. (yole communiquée à .11. Quetelei par il. Henri Schaar JH*).

(V Ibid.

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faits et a l'ensemble des lectures qui l'ont inspiré. »

8° Sur le développement de (l — i xz + 3 *) — J suivant les puissances de z (Bull de l'Acad., première série, t. XV, 2 p. 1 8-48, p, H5).

9Ü Sur la réduction d'une intégrale multiple (Ibid., p. 500).

Démonstration nouvelle d'une formule d'intégration très-simple, à laquelle était déjà parvenu Diriclilel.

10° Sur les propriétés dont jouissent les produits infinis qui expriment les racines des nombres entiers (lb., t. XVI, 2* p. 1819, p. 580;.

11° Sur la théorie des résidus quadratiques (Mém. des membres de l’Ac., t. XXIV, in-4°, 1849).

Timmermans rendit compte de ce travail dans les termes suivants : « Le mémoire de M. Schaar concerne les résidus quadratiques dont l'illustre Gaussa fait la base de la résolution des équations indéterminées du second degré. On sait que les propositions fondamentales de cette théorie ont été démontrées parce géomètre au moyen d'une analyse sublime qui lui est propre, mais qui a le défaut d'isoler celle branche des mathématiques. — Les principaux théorèmes ont ensuite été repris par plusieurs géomètres et démontrés par des procédés divers, plus en rapport avec l'analyse vulgaire ; des géomètres, comme Legendre, leur ont donné plus d'extension et ont fait connaître des propriétés nouvelles et importantes. Il restait encore à les faire découler d'une source commune et à les vulgariser en quoique sorte, en rendant plus simple et plus facile l'accès de cette théorie. C’est ce queM. Schaar est parvenu à faire avec un grand bonheur. La théorie des résidus quadratiques, qui jusqu'à présent était réservée aux Mémoires académiques , peut aujourd'hui entrer dans le domaine de l'enseignement même assez élémentaire. C'est là un service réel rendu à la science. »

12° Recherches sur la théorie des résidus quadratiques (Ibid ,t. XXV, in-4°, 1850).

\7)° Sur les oscillations du pendule en ayant égard à la rotation de la terre (Ibid., t. XXVI, in-4M85l.

Cet écrit se rapporte à la célèbre expérience de Foucault, qui rend la rotation de la terre sensible à l'œil. « Le phénomène, dit Schaar, est loin dï-tre aussi simple qu'on

pourrait le croire, et je ne puis partager l'avis d'un illustre géomètre, lorsqu'il prétend que l'explication en doit être donnée par la simple géométrie, et que les principes de la dynamique n'y entrent pour rien, il est vrai qu'à cause de la petitesse de la vitesse angulaire de la terre, le plan du pendule parait tourner d'un mouvement uniforme autour de la verticale ; mais il n'en est rigoureusement ainsi, quelle que soit l'amplitude des oscillations, qu'au pôle. Si la vitesse angulairo de la terre était telle que la résultante de la force centrifuge et de la gravité fut nulle à l'équateur, la chute des graves se ferait . sous une latitude quelconque, dans le sens de l'axe de rotation, et, dans ce cas encore, le mouvement du plan d'oscillation du pendule serait uuiforme. » Bien que le Mémoire de Schaar soit très-court, dit M. Quelelct, on voit que l'auteur a pris plaisir à le composer cl qu’il s'applaudit en quelque sorte de marcher librement dans sa voie.

14° Sur la réduction de l'expression

— ^ ^ en fractions continues. (Bull, de l'Acad., \n série, t. XVII).

15° Notice sur la division ordonnée de Fourier et sur ses applications à l'extraction de la racine carrée (lb.,l. XVIII, 2r p., 1851, p. 144).

IC' Note sur le développement des

expressions de la forint

en

fraction continue (lb., I. XIX, lrrp., 1852, p. 16).

17° Rapport sur une note de M. Carbonnelle intitulée : Examen du cas douteux dans les triangles spléniques (lb., t. XIX. 5r p., 1852, p. 42).

18° Rapport sur un Mémoire (le M. A.

Genocchi sur la théorie des résidus quadratiques (Ibid., t. XX, première partie, 1855, p. 145).

19° Rapport sur une note de M. Genocchi relative « la démonstration élémentaire d’une formule logarithmique deM. Binet (Ibid., t. XX, 2fp., p 591).

20" Rapport sur un Mémoire de M.

Liagre sur l’organisation de la Caisse des veuves, avec des applications à la Caisse des veuves et des officiers de l’armée belge (lb., t. XX,5rp., p. 157).

Sf.ll

21° Rapjmt sur un Mémoire de concours de la classe des sciences pour 1853, relatif à létal des connaissances dans l’intégration des équations aux dérivées partielles des deux premiers ordres (Ib., t. XX, 3" p., p. 354).

22° Rapport sur un Mémoire de M.

Carbonelle sur l’altération des fonctions et des équations (II)., t- XXI, p. 64).

23° Sur la théorie analytique des coniques (11)., 2e série, t. VI, 1859, p. 42).

24° Sur les variations des éléments des orbes planétaires (Ib., t. VI, p. 171). — Suite à ce travail (Ib., I. VII, 1859, p. 44).

25" Eléments de calcul différentiel et de calcul intégral Bruxelles, 1862, un vol. in-8° de 480 pages.

Ouvrage spécialement destiné aux élèves.

26" Rapport sur un Mémoire de M.

Lamarle relatif à l’exposé géométrique du calcul différentiel et intégral (Bull, de l’Acad., t. XIV, 1862, p. 453).

27° Rapport sur un Mémoire de M.

E. Catalan relatif à la transformation des séries et sur quelques intégrales définies (Bull.,2,‘ série, t. XIX, p.524).

28" Rapport sur une note de M. I)au<je relative à la rotation du soleil (Ibid., t. XXI, 1866, p. 80).

29" Travail (inédit) Sur la géométrie

analytique , destiné aux classes supérieures des Athénées de Belgique.

StclimerlIiiK (PHILIPPE- CHARLES ) naquit à Delft le 21 février 1791 et mourut à Liège le 6 novembre 1836.

Sa famille, originaire d’Autriche, était établie en Nécrlande. Fils d’un médecin, Schmerling fut destiné à la carrière de son père. De Delft, où il lit ses premières études, il se rendit à Leyde, y séjourna deux ans, puis quitta cette ville pour La Haye. Ce fut là qu’il puisa le goût des collections, à l’exemple du docteur de Hiemer, qui avait consenti à le prendre sous sa direction (’j* H fut reçu officier de santé en 1812, et entra vers la lin de l’année suivante, en qualité de médecin militaire, dans l’arméedes Pays-Bas, de récente formation.

Envoyé en garnison à Venlo , il donna sa démission en 1816 pour se livrer à la pratique civile. Il épousa en 1821 Sara- Henriette -Caroline de Douglas, d’une ancienne famille noble écossaise, dont une branche avait depuis longtemps pris racine en Hollande. Au bout de quelques mois, il vint s’établir à Liège, où l’Université commençait d’étre en réputation. 11 se mit à l’étude et fut reçu docteur en médecine le 6 septembre 1825, après avoir soutenu une thèse De studii psychologiœ in medicinà ulilitate et necessitate. Jusque-là rien que de très-ordinaire dans sa vie ; et, défait.

( 1 ) Le docteur de Riemer était un homme savant et singulier, qui avait employé une partie de sa fortune à construire un grand cabinet de pièces anatomiques, parfaitement exécutées, conservées et disposées avec celte recherche luxueuse que Ion sait être le caractère distinctif des Musées hollandais. « Il était difficile, danscc pays, de faire un cabinet de ce genre qui méritât quelque attention auprès des riches collections de Bleuland, de Camper, de Vrolik et des Musées colossaux de Leyde. De Riemer se distingua pourtant par une circonstance fort curieuse : c’est qu’il ne laissait jamais tomber la lumière du jour sur ses préparations; son Musée était une chambre obscure dans toute la rigueur du mot ; le soleil ne pouvait y faire pénétrer un seul de ses rayons. Aussi, quand il s’agissait de visiter celte collection, fallait-il l’éclairer aux bougies. On ne s’y rendait donc

que le soir, après avoir sollicité de son heureux possesseur l’honneur insigne de jeter un regard sur ces richesses scientifiques ; cl si l’on n’élail pas porteur de l'un de ces grands noms qui accompagnent plus souvent la fortune que le mérite ; si l'on n'avait pour toute recommandation que la science cl le désir d’en acquérir davantage, on était éconduit avec une sorte de morgue qui, heureusement, ne saurait être reprochée à tous les savants de lu Hollande. « Ch. Morren [Notice sur Schinerliiuj, dans \’Ann. de l'Acad. de Bruxelles, année 1888, p. 182, cl dans Bec dc-Lièvrc, ttiogr. liégeoise, I. Il, p. 758). Nous prenons pour guide la notice de Ch. Morren, plus exacte que son discours prononcé aux funérailles de Schmerling , grâce aux renseignements fournis par le docteur llabels.

il atteignit l'âge de quarante-deux ans sans pressentir lui-même sa future renommée. Schmerlingélail très-modeste; il sentait vivement combien son éducation première l’avait peu préparé à s’élever au-dessus du commun des praticiens; mais, ardent au travail et d’une grande force de volonté, il entreprit courageusement , quand les circonstances l’eurent amené à ses grandes découvertes, et à un âge où l’on se contente volontiers de ce qu’on a d’acquis, les études les plus ardues et les plus variées. De longuesannécs s'écoulèrent donc pour Schmcrling dans une obscurité relative. Sa clientèle devint nombreuse, bien qu’il résistât obstinément, comme les médecins des Flandres, à l’envahissement des doctrines de Broussais, alors en grande vogue au pays de Liège. Mais il ne cherchait pas â faire du bruit ; â ses yeux, son plus beau litre était la reconnaissance des pauvres; non seulement il leur prodiguait ses soins avec un désintéressement absolu, mais il distribuait généreusement â une foule de malheureux les remèdes nécessaires. Comme médecin, il ne publia qu’une petite dissertation Snr la teinture de colchique (1832), dont il avait constaté les puissants effets dans les affections rhumatismales et goutteuses. Il y donne l’histoire littéraire et médicale «lu colchique, avec une grande érudition et beaucoup de sagacité: il y consigne ensuite une foule d’observations neuves et recommande à l’attention, entr’autres, un moyen héroïque dont les praticiens ont depuis grandement profilé.

Mais si habile qu’ait été Schmeriing dans l’art de guérir, c’est dans un tout autre domaine qu'il lui a été donné de conquérir une éclatante illustration. Sa pratique médicale fut ici la cause occasionnelle; plus tard, il se plaisait luimême à répéter qu’il devait tout au concours fortuit des événements. En 1829, sel a lit rendu â Cbokier, â deux lieues et demie de Liège, pour y visiter un pauvre ouvrier des carrières, il fut surpris de voir les enfants de cet homme jouer avec des os dont les dimensions et les formes lui parurent extraordi-

naires. « Il interroge le malade , qui lui apprend que la carrière mettait à découvert un nombre considérable de ces os; le pauvre homme ne trouvait à cela rien de remarquable ; c’était, disait-il, un ancien cimetière de la commune. Mais son docteur lui promit tous les soins, s’il se donnait la peine de conserver tous les os qu’il découvrirait avec ses compagnons. En attendant , Schmeriing emporta ceux qu’il avait trouvés dans la cabane el aux environs de la carrière. Peu d’heures lui suffirent pour y reconnaître des ossements fossiles du plus haut intérêt. Le premier fait se passa au mois de septembre 1829. Schmeriing n’eiit, dès ce moment, plus un jour de repos. Il avait découvert â Cbokier la première grotte ou plutôt la première excavation â ossements qui fut connue en Belgique. Ses courses se multiplièrent, et en moins de quatre ans il signala plus de quarante grottes semblables dans les seules provinces de Liège et de Luxembourg, line négligea rien pour recueillir tous les fruits de sa mémorable trouvaille. Soins, travaux, études, argent, il mettait tout en œuvre pour amasser les richesses paléontologiques de ces cavités souterraines; il affrontait mille dangers pour pénétrer le premier dans ces roules tortueuses et sombres ; sa patience ne se fatiguait jamais; son domestique le suivait partout. si bien instruit par son maître à reconnaître les gîtes des ossements, qu’il savait dire â point nommé si les travaux devaient être couronnés de succès ou demeurer stériles: il reconnaissait les os et les raccommodait avec beaucoup d’art, quand ils étaient brisés. Schmeriing dépensa à ses recherches d'énormes sommes, dont le chiffre peut être porté ù 20,000 ou 30,000 fr. » (*).

Bien ne le rebutait. Il n’avait point, jusque là, fait d’étude spéciale de la géologie ni de l’anatomie comparée.

Pour celle dernière science, il eut recours aux lumières de Fobmann (v. ce nom). Il y avait peu de squelettes â Liège; mais le savoir de Fobmann pouvait remplir bien des lacunes. A trente-neuf ans, Schmcrling eut lecou-

) C.h. Morren, p. 137-138'.

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rage d'aborder de front, sous la conduite de ce ntaitre habile, les difficultés les plus ardues de la science. Ils parvinrent ensemble, malgré la pénurie de leurs ressources, à déterminer toutes les pièces de la collection commencée à Chokier. « Il fallait reconstruire des animaux de race éteinte par la seule puissance de l'analogie, en s'aidant des planches publiées par les auteurs ; il fallait comparer les fossiles aux os des animaux vivants »( '). Les efforts de Schmerling furent récompensés par une de ces découvertes qui font époque :

il reconnut la présence d'ossements humains dans les cavernes.

Avant d'insister sur ce grand événement scienlilique, il convient de donner une idée générale du plan d'études adopté par Schmerling. Il s’occupa d'abord d'étudier les grottes elles-mêmes, puis les débris d'animaux qui s'y trouvaient entassés, enfin les ossements humains. Les grottes s'annoncent au dehors par des trous ordinairement surbaissés, irréguliers, sans caractère fixe. « Ces ouvertures , dit Schmerling en parlant de la caverne de Forêt (*), sont connues des habitants de l'endroit sous le nom de Trous de Sot luis (*). Ils prétendent que jadis tes grottes servaient d’habitation A une espèce humaine d'une très-petite taille, Sottais, nains, pygmées, qui y vivaient de leur industrie, et restauraient tout ce qu’on déposaient près des ouvertures, à condition qu'on y ajoutât des vivres. En très-peu de temps ces effets étaient réparés, et remis à la même place. La fable ajoute que, un jour, on déposa un pain dont on avait ôté la mie ; il ne restait que les croûtes; les Sottais, indignés de cette conduite, quittèrent leur demeure et se retirèrent dans un autre pays. » Schmerling ne dédai-

( ') Ibid., p. 139.

( *) l(i cherches sur les ossements fossiles, l. 1. p. 43.

(5j M. Grandgagnagne, premier president de la Gour d’appel de Liège, a recueilli les traditions populaires relatives aux petits hommes des cavernes ( Flalrermannekens , Kabotermannekenx des Flamands) dans une très-intéressante notice publiée en 1853 par Y Institut archéologique liégeois, et séparé-

gnait pas les contes populaires; mais « l'histoire des cavernes devait se révéler à lui par leur mode de construction. » Il les étudiait â letat-vierge, et ses observations lui donnèrent la conviction qu’elles n'avaient pu être creusées parles eauxou par les gaz. Elles se trouvent dans les couches relevées du calcaire intermédiaire ; le repli de ces couches suffit à expliquer le creusement. Les couches se sont relevées, redressées, et les vides résultant de ces redressements, résultant eux-mèmes des cataclysmes terribles qui ont soulevé les montagnes, sont aujourd'hui ce que nous nommons des grottes.

Certaines grottes du pays de Liège ne contiennent pas d'ossements ; d'autres en sont remplies. Il ue s'appesantit point sur cette distinction dans sou ouvrage; mais, disait-il à Ch. Morren, il avait remarqué que celles de la première catégorie avaient une direction commune ou des ouvertures dirigées du même côté, tandis que celles de l'autre avaient aussi entre elles une similitude analogue. Il concluait de lâ que la plupart des matières organiques et inorganiques remplissan: maintenant les cavernes ont été précipitées par les eaux â l'intérieur, à travers d'étroites fissures verticales ou obliques, dont les ouvertures supérieures sont encombrées de terre de gravier et sont A peu près introuvables A la surface, surtout dans une contrée aussi boisée (*). Cette théorie a été depuis confirmée par de nouvelles observations de l'illustre géologue anglais Sir Charles Lyell ( * ).

Les ossements fossiles d'animaux, recueillis par Schmerling dans les provinces de Liège et de Luxembourg, appartiennent A plus de soixante espèces : Buekland n’en avait reconnu

ment SOUS ce titre : Xolice sur les anciens et mystérieux habitants des Grottes. Liège , Canna ane, 1853, in-8°. — Cf. Spring, Les hommes d'Enyix et tes hommes de Chttuvanx ;Bull. de l'Acad. rov. de Belgique, I. XVIII, n° 12, 1804 .

{*) Lyell, L'ancienneté de t homme, trad. B. Chu per. Paris, 1804, in-8°. p. 73.

(») Ibid. p. 73-77.

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