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Première partie. Louvain, 1855, in-8u

(Lorsque ce volume parut, l’ouvrage entier attendait depuis six ans l'occasion favorable de se présenter au public. ; la seconde partie est restée inédite).

On croit pouvoir arranger à sa guise la matière dune grammaire, dit fauteur, et l’on oublie qu’elle doit s’arranger d’elle môme, que l’arrangement est donné avec l’objet. Une langue est un tout organique : elle se forme et se développe à la façon d’un corps vivant. Les mots qui la composent se groupent autour de certains mots générateurs : la grammaire comprendra donc une partie étymologique, où seront démontrés l< s principes el les lois de la génération des mots. Mais parler, c’est exprimer dns rapports entre idées ; en modifiant les id< es. ces rapports donnent lieu à des modifications de termes, aux formes grammaticales : décrire les formes ù peu près comme l’anatomie décrit les organes des corps, tel est l'objet de la texigraphie. La syntaxe étudiera ensuite le? tondions et la coordination de ces formes diverses; la théorie de la construction (Wortfolge', s'occupera de l’ordre dans lequel nos pensées se succèdent et se produisent l'une l'autre dans le temps (Ici l'analogie avec un corps vivant ne peut plus être invoquée, les parties de celui-ci existant simultanément, juxtà-posées dans f espace. I.a prosodie et 1 ’ortl m/raphe d'n - *aye, enfin , seront les compléments obligés de toute grammaire particulière. Tandel distingue avec soin la grammaire positive de la grammaire philosophique : il repousse la vaine scolastique, les réglés arbitraires de la plupart des grammairiens de la vieille école, et s’écrie avec itousseau : « Des faits, des faits ! Il faut bien lire dans les faits avant de lire dans les maximes. * C'est par ce procédé cl pas autrement, selon lui, qu’il est possible d'arriver à construire une saine philosophie du langage. Si les circonstances lui nvatcul permis de pousser plus

avant l’élude de ces belles questions, il se serait certainement fait un nom parmi les linguistes contemporains : il a formulé la méthode de la vraie science des langues, cl par une sorte de divination , d'ailleurs inspiré par les maîtres de l'Allemagne, ila pressenti les brillantes découvertes de la philo logie comparée.

5° Théorie de lu statistique. Irai!, de l'allemand et du latin de h . -J. Moite, et augmentée d'additions, de noies et d'une bibliographie- Louvain, 1851, un vol.

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Ce volume fut publié pour servir de texte aux leçons de Tandel. Le traducteur de Moue nous apprend, dans sa préface, qu’il ava;l d'abord travaillé à rédiger un nouveau manuel; mais à quoi bon, $c dit-il, répéter en d'autres termes ce que d'autres ont dit et redit? — Ce fut donc sous l’influence d’un honorable scrupule qu'il se contenta du rôle d'interprète et d'annotateur. Il serait dillicilc de se faire une idée, au moyen de celle préface et des notes dont l’ouvrage est enrichi, des opinions générales de Tandel en matière de statistique el d'économie politique; toutefois il est permis d'induire, de l’ensemble de ses écrits, qu’il rejetait bien loin « ce matérialisme économique qui * stimule et surexcite les appétits maté-

> riels, qui transforme la société en atelier » et en comptoir, qui considère l'Etat comme » une machine ù production. » Il admettait l'appropriation individuelle , la division du travail, la liberté de l'échange, clc., eu un mol tout l'ordre économique; mais il estimait en môme temps qu’il y a une force morale qui l'anime, le féconde, le perfectionne dans toutes scs parties el peut seule le transformer en organisme parfait. Comment concilier ensemble les droits de l'indmdu et ceux de la Société, l'individualisme et le communisme ? < Ce secret, répond

> Tandel, on ne peut pas le découvrir à » priori : niais l'expérience nous le révèle » dans l 'amour. C'est lui qui lève ici toutes » les contradictions, en identifiant l’égoïsme

> avec le dévouement le plus absolu... L’a- » mour fait en sorte que reflet du don soit

> le môme que celui de la conservation ex- » clusive. » — Quant à la statistique, elle est à ses yeux l'histoire pragmatique contemporaine. Si l'on admet que l'Etat est une quantité de forces, qui agissent dans une grande partie de la famille humaine, d'accord avec une intelligence souveraine et conformément à la vérité suprême , la slatistique indique en même temps la circonférence d'où partent les rayons el le foyer vers lequel ils doivent converger. Inutile de faire remarquer que la disposition intellec-

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tuclle et morale d'une époque donnée ne sert pas moins de facteur aux calculs et aux conclusions des statisticiens que les chiffres et les nombres ' Tandel était peu sympathique, en général, aux idées de J. -II. Say ; il n'a laissé échapper aucune occasion de les critiquer dans ses notes.

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