‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 107 sur 351 · VAIS · texte numérisé non relu

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aboutit à ce résultat : que l'humanité est un organisme dont Dieu est le principe D'après cette duetrino, la personne morale est nécessairement rapportée à d'autres personnes comme les parties d'un corps vivant sont reliées entre elles, et le principe des êtres personnels et libres possède à son tour les attributs de la personnalité. L'ordre moral est donc la société des êtres libres, le règne de la personnalité, distinct du règne de la nature cl de la fatalité. La philosophie morale étudiera donc la théorie de la personnalité humaine, de la souveraineté divine et de la loi morale. Tandel se place au point de vue du spiritualisme le plus élevé et le plus pratique. Sa théorie du souverain bien est surtout digne d'attention ; nous nous contenterons, avec M. Loomans , de dire quelques mots du principe qui domine tout l'ouvrage. — Selon Tandel, la loi morale se résume dans ce précepte : soyez parfaitement libres. « La liberté parfaite n'est ni l'égoïsme, ni le désintéressement pur; elle n'est ni la puissance de l'homme, ni la négation de celte puissance : elle est amour. L'amour seul concilie entre eux l'intérêt et le désintéressement, la puissance et la soumission. Considéré dans les rapports sociaux, l'égoïsme conduit à l’individualisme et à l'exaltation de la puissance des uns au détriment des autres ; le désintéressement pur engendre le communisme , l'annihilation de la puissance et de la liberté individuelles, au profil de la société. L'amour seul concilie les hommes entre eux; car celui qui aime, non-seulement respecte les droits d'autrui, mais il fait du bien à son semblable. Envisagé dans ses rapports avec le principe de la société, l'égoïsme est la négation de ce principe; le désintéressement, c'est l'empire de la nécessité, c'est le stoïcisme. L'amour, c'est la souveraineté d'un Dieu personnel et libre, c’est l'empire de l'éternel amour, car si la loi morale est une loi d'amour, il faut que son principe soit également amour : Deux chariots est. • Le principe suprême, » dans sa plus grande généralisation, dit » Tandel, prescrivait à l'homme de se rendre » libre. Mais en nous rendant compte des

* rapports dans lesquels celte liberté devait » se réaliser, nous l’avons trouvée contra- » dicloirc , jusqu'au moment où nous avons » compris qu'elle s'identifiait avec l'amour.

• Ce précepte peut donc actuellement se for-

( ' ) A moins que nous ne regardions comme tels trois Maestrichtois, qui obtinrent postérieurement la même distinction. Mais on sait que Maastricht n'appartenait qu'à moitié b la principauté de Liège (V, l'art. Polaik',.

(*; Prnmotioncs generales (1750-1797),

» muler ainsi : se rendre libre en réalisant » par l'amour la nation de la société, c'esl- » à-dire, en aimant Dieu au-dessus de toutes » choses comme principe de la société; et » son prochain comme soi-même. > A ma et » foc qnod vis Loomans, p. 66).

1 1° Tandel a encore publié, dans une revue de Liège , un compte-rendu de l’ouvrage du professeur De Cock (de Louvain), intitulé : Elhictr seu Philosophiæ mont lia elementa , et quelques articles insérés dans la Correspondance mathématique de M. Quetelet.

Outre les deux notices de MM. Loomatiset Kleyr, ci-dessus citées, il existe une biographie de Tandel par M. G.

I. onay f Revue cathol., 1850). — V. aussi le Journal de l'instruction publique de l’abbé Louis, n" du 5 novembre 1850, et l’art, de Warnkoenig sur la philosophie en Belgique , dans le journal de M.

J . - H . Fichl e : Zeitschrift fur Philosophie untl philosophische Krilik, Halle, 1857, t. XXX, p. 100 et suiv.

Viindcrlicydcn (JkaN-MicHEI.), lié à Macseyck en 17(57, mourut à Liège le 2 septembre 1856. Élève de l’ancienne Université de Louvain, il y fut proclamé premier , en 178G, dans la Faculté de philosophie et tics arts; il est le dernier enfant du pays de Liège ( ' ) qui ait obtenu cet honneur, dont nos pères faisaient si grand cas (•). Nous n’avons pu recueillir que peu de détails sur ses débuts dans la carrière de l’enseignement.

En l’an X de la République, il était professeur de physique expérimentale et de chimie à l’Ecole centrale du département de l’Ourte. Il figura ensuite au programme du Lycée impérial de Liège comme titulaire des cours supérieurs de mathématiques; il conserva ces fonctions au Collège royal, sous le gouvernement des Pays-Bas , jusqu’en 1817, époque où il fut nommé professeur

Bruxelles, Van Gindcrachler s. d.). — Calulogn * omnium primant m in générait et xolenni pramotionc ab origine famosissimæ universilntis Lovaniensis (1 128- 1797). //»«/., etMechliniæ, 1821, in 8°. — Vanderhcyden appartenait au Pœdagngium Castri.

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d'algèbre élémentaire, de géométrie, de géométrie analytique, de calcul différentiel et intégral , et en même temps d'astronomie physique et théorique, à l'Université de Liège ('). Il remplit le premier, la même année, les fonctions de secrétairedu Sénat académique; en 1 818- 1819, il succéda à l>. Sauveur (v. ce nom) en qualité de recteur. La Faculté des sciences ne s’élait composée jusque là que de deux professeurs, Vanderheyden et Charles Delvaux (v. ce nom); un troisième (Gaëde) leur fut adjoint, pour les sciences naturelles, en novembre 1818; un quatrième (M. Van Itees), pour les mathématiques, ù la lin de 1821. Vatiderheyden se trouva, par suite de la nomination de ce dernier, déchargé, d une partie de ses cours ; en juin 1828. il obtint le titre de professeur éméiite. Il continua d'habiter Liège; après la révolution, les électeurs «lu district de Ifuremonde l'envoyèrent à la Chambre des représentants pour succéder à J.-W. Ernst, décédé; il y siégea du 50 mai 1855 au 9 juin 1855, et ne fut point réélu : les suffrages se portèrent sur le général Nypels. Yanderheyden vécut depuis lors dans la retraite, mais sans rester étranger au mouvement scientifique. Il avait été, en 1808, l'un des membres fondateurs de la Société des sciences physiques et médicales de Liège. Nous ne connaissons de lui qu'un mémoire étendu sur Yélectn -magnétwite, inséré dans le Journal de physique publié par Ducrotay de Blainville (année 1822, cahiers de mai et juin). — V. l’art. Gloesbner.

\ ot t«-m (Feri).-Ciiaiii.es-Eooiaiu>), né à Visé le 50 août 1797, périt malheureusement dans les eaux de la Meuse, à Liège, le 2 juin 1845. Il lit ses premières études chez un de ses oncles, curé - desservant de Lixhe lez -Visé.

Quand il eut quatorze ans, un autre

( 1 ) Il fut remplacé au Collège par Henri Forir (V. Henri Forir, par A. Le Hoy, Liège, 1863, in-t*>).

{*) Son diplôme de docteur en médecine est date du 1 1 août 1820; le t‘2 octobre sui-

oncle, le professeur N. -G -A. -J. Ansiaux (v. ce nom) , qui avait remarqué ses heureuses dispositions, le reçut chez lui et l’envoya au Lycée de Liège : mais les événements de 1814 amenèrent brusquement la fermeture des classes, et il ne fut pas donné à Vottem d’achever ses humanités. Il s’en fallait de peu cependant , et plus lard on ne s’aperçut jamais de cette lacune. Les circonstances mêmes qui l’éloignaient du Lycée le décidèrent à commencer immédiatement ses études médicales, il fréquenta les cours de l'école secondaire de médecine , fondée à Liège par Ansiaux et Lombaire. Il eut bientôt l'occasion de rivaliser de zèle avec ses professeurs, en administrant les secours de l’art aux blessés de Waterloo. Son aptitude fut remarquée en diverses circonstances, si bien que, l'Université de Liège ayant été installée en 1817, on lui confia, dès le mois de novembre, les fonctions de chef de clinique. Il les remplit jusqu'en 1820, ne les résigna •jue pour prendre ses grades académiques (*), passa ensuite une année à Paris, où il suivit les leçons des maitres les plus célèbres , et finalement revint s’établir à Liège en 1821. Se sentant du goût pour l’enseignement , il consacra les loisirs que lui laissait sa clientèle à donner des répétitions d’anatomie et de matière médicale. Le 5 mai 1828, il fut nommé lecteur à l'Université, chargé d’enseigner cette dernière branche et de faire le cours de médecine opératoire. Le 15 novembre 1850, il obtint le litre de professeur extraordinaire. Lors de la réorganisation de 1855, il échangea le cours de matière médicale contre celui de pathologie chirurgicale. En 1857,1a mort prématurée de Fohmann(v. ce non), l’un des anatomistes les plus distingués de notre époque, selon l'expression de de La Vacherie (*), laissa vacante la chaire d'anatomie descriptive : Vottem osa y monter, et ses débuts prouvèrent que le

vant, il lut reçu docteur en chirurgie et en accouchements.

(*) Notice sur Vottem. Bruxelles, 1843, in-8°.

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gouvernement n'avait pas trop présumé de lui. Le 10 octobre de la même année, il fut promu au grade de professeur ordinaire. On peut dire qu’il avait la vocation : son élocution était facile , simple et claire , son esprit méthodique et toujours maître de lui-méme; enfin, il se tenait assidûment au courant de la science. Ses élèves l’aimaient autant qu'ils l’estimaient : leurs sentiments éclatèrent hautement et douloureusement , ii la nouvelle de la fatale catastrophe qui le leur enleva plein de vie et de santé, et consterna la population liégeoise toute entière.

Appelé ii Bruxelles en qualité de membre du jury du concours universitaire, Yottem se rendit, le 2 juin 1845, à la station des Guillemins, pour y déposer son bagage ; ensuite , jugeant qu'il avait encore assez de temps pour faire une visite au hameau de Bac-en-I‘ol , il se dirigea vers cette localité par le pont du Val-Benoit. Il était en tilbury, accompagné de son domestique. Au retour, quand il eut repassé le pont , il remarqua que son cheval donnait des signes d'impatience. Il jugea prudent de ne point suivre le quai, à celte époque dépourvu de garde-corps ( '). Il essaya de prendre le chemin qui conduit du quai à la route de Naniur ; il ne put y parvenir; l’une des guides se rompit dans ses mains , et le cheval, ne se sentant plus dirigé, se cabra, s’emporta dans une course furieuse, se rapprochant de plus en plus des dalles qui couronnaient, au niveau de la voie charretière, le mur de soutènement du quai. Enfin la roue de droite perdit tout point d’appui , et Vottem , son domestique, le cheval et le tilbury furent précipités dans la rivière, dont les eaux étaient hautes.

C’était par une belle matinée : la chaleur était accablante ; il n’v avait personne à

( 1 } Il n'a fallu rien «le moins que In mort de Vollcm pour faire décréter la construction d'un parapet au quai de Fragnée.

(*) « Joseph Donnay, pécheur, appelé par sa mère, arrive à son bateau avec deux autres pécheurs, et, muni d'un grand filet nommé épervier, se fait indiquer d'une manière précise l'endroit de la rivière où M. Vottem est revenu sur l'eau pour la dernière fois. Du premier coup, il ramène au jour un corps

deux cents pas de distance. Le domestique parvint à se dégager et maintint même un instant son maitre sur la capote du tilbury; mais celle-ci s’affaissa insensiblement. .. Le domestique fut retiré de l’eau sain et sauf; Vottem reparut deux fois sur l’eau ; les secours arrivèrent trop lard (*»• Nous jetons un voile sur les scènes déchirantes qui se passèrent au sein de sa malheureuse famille. Lorsque les faits furent connus, la ville tout entière parut frappée de stupeur : Vottem avait de nombreux clients dans toutes les classes de la société, et les sympathies du public lui étaient acquises, autant que la haute considération due à son caractère et à son talent. L'Université fut profondément affectée de sa perle, cruelle pour ses élèves et pour ses collègues non moins que pour la science. Un a vu rarement à Liège une pareille affluence à des funérailles. — Le nom de Vottem reste attache, en dehors de l’Université, à plusieurs institutions: on lui doit la création du Conseil de salubrité publique de la province de Liège (*); de 1827 à 18iô, il fut bibliothécaire de la Société d' Émula lion ; il fit à l’Académie de dessin un cours très-remarquable d'anatomie appliquée aux arts : membre titulaire de l’Académie royale de médecine depuis la fondation de cette compagnie savante, il lit en outre partie du Cercle médicochimique et pharmaceutique de Liege (à litre de membre honoraire», et de diverses Sociétés scientifiques de Bruxelles, Garni, Bruges, Lisbonne, etc.

fà litre de membre correspondant»; il présida enfin le Conseil de salubrité publique (*). Nous donnons sa bibliographie d'après M. Frankinct et d’après la notice sur sa vie et ses travaux , lue par le docteur de La Vacherie en séance de l’Académie de médecine H8i5) :

inanimé et ne donnant plus aucun signe de vie. M. Vottem avait eu les pieds pris dans les bourses du filet » 'Journal de l.iége , n» 131. i et 3 juin

( * ) Discours de M. cl»; Lebidarl de Thumaidc ( Journal de Liège, n° cité).

(*) It remplit aussi divers mandats gratuits ou honorifiques: chirurgien des pauvres par quartier; chirurgien des hospices civils; chirurgien aide-major de la garde civique.

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1° De veniriculi perforalionibus.

Liège, 1820, in-i° (Thèse inaugurale).

2" Noie sur une observai ion d'un enfant noir venu avec deux blancs (Obs.

médical de Liège, I. I, p. IG).

D'après le North American surgical journal, avril 1826, p. 466).

3° Note sur une observation de réunion immédiate à la suite d’uneampulation de cuisse, et sur l’utilité des sutures (Ib., p. 63).

Cette observation , recueillie dans le ser vice de M. le professeur Delpech de Montpellier, a été rédigée et publiée par M. J.- N. H. Villelte.

4° Réflexions sur les travaux de M.

Magendie sur le fluide cérébro-spinal (lb., p. 1 16).

5° Note sur une observation d’un crâne dont les os pariétaux étaient divisés par des sutures (lb-, p. 281).

Observation publiée par Sœmmcring , dans le Zeitschrift fur Ph tjsiol. , de Tiedemann.

6° Note sur une observation d’anus contre nature, guéri par une grossesse (lb., p. 288).

Extr. du Journal fur Chirurg. und Au yenhetlk.,!. 1.

7° Analyse critique d’un ouvrage du docteur Rousseau, intitulé : Anatomie comparée du système dentaire chez l’homme et chez les principaux animaux (lb., t- II, p- 153).

8° Description de deux fœtus réunis par la tôle (lb., t. II. p. 336, et t. IV, p. 4).

C’est le plus remarquable des mémoires publiés par Vottem. M. Is. Geoflroy-Saint- Hilaire, dans son Traité de tératologie, s'exprime comme suit au sujet de ce travail : ® Ce ne fat qu'en 1828 qu'un savant chirur- » gien de Liège, M. Vottem, dans une des- » cription anatomique très-détaillée, fit con- » naître un deuxième exemple d ’ipicoma, » resté jusqu'à ce jour aussi ignoré que x l'autre est devenu célèbre. — Cette bro- » chure est généralement rédigée avec Iuci- » dité, et plusieurs des inductions pliysiolo - » giques que l’auteur a tirées des faits ob- » servés par lui, attestent également son sa- » voir et sa sagacité. »

9° Observation d’un enfant nouveauné, pesant 19 livres, I once, 2 gros.

60 grains (poids ancien de France).

[Ibid., t. Il, p. 188).

10° Analyse d’un mémoire intitulé :

Expériences sur la sécrétion de la bile, par le docteur Simon, de Met/. (Ib., t. III, p. 113).

D'après le Journal des progrès des sciences et des institutions médicales, vol. VII, 1828.

Il» Extrait d’un discours prononcé par M Mareschal, secrétaire de la Société anatomique de Paris (lb., t 111, p. 202).

12* Note sur le développement du tube digestif (Ib., p. 223).

13° Analyse d’un Mémoire de M.

Biancini Sur la communication des vaisscauxutérins et placentaires (lb.,i. III, p. 229).

H" Notice critique du Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne (par Dezeimeris, Olivier d’Angers et Raige-Delorme). (Ib., t. III, p. 218 et t. IV, p. 103).

13° Noie sur la structure du cerveau, envoyée par M. le docteur Fovelli ù la Société anatomique (Ib., t. IV. p. 16).

16° Analyse d'une observation intitulée : Luxation en tirant de l'extrémité supérieure du radius, par M. Willeaunie, de Metz, (lb., t. IV. p. 164).

D'a près les A rchives générales de mèdec. ne, t. XVI , p. 173.

47® Note sur l'existence des nerfs dans les os (lb., t. IV, p. 219).

18" Note sur l'emploi du plomb laminé, pour le pansement des plaies, ulcères, etc. (Ibid., I. IV, p. 261).

19° Analyse de l’ouvrage intitulé : La méthode ovalaire, ou nouvelle méthode pour amputer dans les articulations, par Dr Scoutelten (Ib., t IV, p. 275).

20" Analyse de l’ouvrage intitulé :

Üisquisilio aualomico-physiotogica de peculiari arleriarum exlremilatum in nounullis animalibus disposition!’ auclorev. Yrolik (Ib., t. V, p. I).

21" Analyse de l’ouvrage intitulé :

Chirurgie clinique de Montpellier , ou observations el réflexions tirées des travaux de chirurgie clinique de celle Ecole, par le docteur Delpech (lb., \.\, p. 262 cl t. VI, p. 50).

22" Observations d'inflammation de la capsule cristalline (Annales de la Société de médecine de Cand, t. III. p.

25" Instruction générale sur les secours i) administrer aux noyés et aux asphyxiés Liège, Riga, 1840, in-8°.

Cette brochure, publiée sans nom d’auteur, est positivement de Voltem. Nous tenons d’une personne digne de foi (*) que Voltem éprouvait une sorte de frayeur instinctive, à la seule pensée de la mort par submersion. Il se rendait régulièrement à l’Ecole de natation pour s’exercer à nager et à plonger; ce fut peut être cette préoccupation, que des esprits frappés pourraient prendre pour un sinistre pressentiment, qui lui inspira l’idée de rédiger une notice de circonstance, à l’époque où l'administration communale de Liège commença de prendre des mesures pour organiser le sauvetage.

21° Mémoire sur une cysiolomie périnéale, pratiquée chez un individu dont la porlion prostatique du canal de l'urètre était oblitérée (Ann. de la Suc. de médecine de Gand, t. VIII, p.

Nous ne pouvons terminer celte notice sans rendre un dernier hommage au caractère personnel de Voltem. Son désintéressement, son zèle pour le bien public, son intrépidité étaient au-dessus de tout éloge. Il ne laissait échapper aucune occasion de faire du bien, et à l’heure du danger, il était le premier à son poste. Il lii tous les efforts et tous les sacrifices possibles pour démontrer à l’Académie de médecine la nécessité de rendre la vaccine obligatoire ; au combat de Ste-Walburge, il vola au secours des blessés avant la lin de la fusillade : Du prêt a pu dire de lui « que, dans une véritable action d'éclat , il ne voyait qu’une acte, ordinaire de la vie. » Aussi n’ambitionna-t-il aucune récompense honorifique : la Croix de fer elle-même . destinée à reconnaitre les services rendus lors de la révolution, ne brilla point sur sa poitrine. — Il se distinguait en général par une sensibilité délicate, aussi bien que par l'aménité de ses manières.

« Malade, vous deveniez son ami; il

» compatissait à vos souffrances; votre » enfant moribond devenait le sien, il » mêlait ses larmes à vos larmes de » père, car il avait aussi des enfants, » et son cœur paternel sympathisait » avec le vôtre. » Celui qui parlait ainsi (*) l’avait vu à l'œuvre, au chevet d’un être chéri...

Sur Voltem, v. les Annales des Universités de Belgique , t. Il, p. 658 et suiv.,et le Bulletin de l'Académie royale de médecine de Belgique, 1845. (La notice de M. de La Vacherie a été aussi tirée & pari).

xv«»:cni«iin ( JeavGeorge i naquit ù Gœttingue en 1782 el mourul à Liège le 51 mars 1825, recteur magnifique de l’Université. Les leçons et les exemples de son père, qui était ministre de la religion reformée , fortifièrent ses excellentes dispositions naturelles el le pénétrèrent, de bonne heure, de la vérité d’une maxime dont il lit la règle detoute sa vie, savoir : « Qu'il faut faire con- » sisier la dignité de l’homme dans l'u- » nion du savoir et de la vertu. » Il fit ses premières études en Saxe, au Collège de Pforta , l'un des meilleurs de l'Allemagne; delà, il rentra à Gœttingue, où il devint bientôt l’un des meilleurs élèves du célèbre philologue Heyne. Ses penchants le portaient à embrasser la carrière du sacerdoce : il s’y prépara pieusement et consciencieusement, et termina, en 1805, son cours de théologie; mais les circonstances l’appelèrent à d autres destinées. A peine figé de 2i ans, il accepta une charge d’instituteur en Livonie, et l’influence du milieu nouveau où il se trouva tout d'un coup appelé à vivre agit puissamment sur son esprit. Il fut frappé des inconvénients d’un régime social qui dégradait l’homme en l’asservissant, et il apprécia en même temps les diflicultés et les dangers inséparables de l'émancipation trop subite de populations moralement incapables de se conduire par elles-mêmes. Ces réflexions lui tirent attacher une extrême importance aux sciences politiques et bisto-

i ') M. Mathieu Beyue, beau -Itéré el an- (*'; Le professeur Duprel. cien ami de Vottem.

riques, pour lesquelles (lu reste il setait toujours senti de l’attrait. Son beaufrère. professeur distingué de ITniversité de Heidelberg, lui conseilla d’en recommencer l’étude : rentré dans ses foyers après une absence de six années, il résolut de se conformer à cet avis, prit pour maître le savant Heeren et sut gagner l’amitié de cet homme supérieur.

Des affections privées ramenèrent Wagemann à Heidelberg, où il se lit recevoir docteur en philosophie le 25) octobre 1810. Sa dissertation inaugurale traitait des Causes des troubles et des révolutions dans les sociétés anciennes et modernes : on peut croire qu’en choisissant ce sujet, il s’était souvenu des doctes entretiens de Heeren. D’une épreuve académique, dit P. -J. Destriveaux. le jeune écrivain se fit un litre d'honneur. On remarqua sa philosophie élevée, l’étendue de ses connaissances en histoire et en politique, la justesse de ses observations, la vigueur de sa logique. Il ne défendit d'abord que la première partie de sa dissertation; après avoir soutenu la seconde, le 15 janvier 1811. avec un succès non moins brillant, il fut investi du droit de donner des cours publics. En mars 1814, l’Université de Heidelberg s’attacha Wagemann, dont l'activité ne connut dès lors plus de homes. Nommé professeur extraordinaire d'histoire et des sciences accessoires, il ouvrit des cours d’histoire générale de l’antiquité, d’histoire de l’Espagne, de la France, de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas, de la Kussie, de la Prusse et de la Dévolution française; il enseigna en même temps la statistique générale et particulière des principaux Etats de l’Europe, et des Etats-Unis d’Amérique.

Ses études lui inspirèrent le désir de connaître de près l'Angleterre : le gouvernement lui accorda la faculté d’y voyager. Il s’y livra passionnément à des recherches et à des observations de tout genre; la politique anglaise, les libertés constitutionnelles, les institutions financières, les lois civiles et criminelles, notamment l’institution du jury , rien ne resta étranger à ses investigations. Il se mit en rapport avec quelques-uns des membres les plus distingués du

Parlement, leur soumit ses doutes et ses inquiétudes philosophiques, et fut initié par eux à la solution des contradictions apparentes que présente, en Angleterre, le respect fétichiste de la tradition d’une part, et de l’autie l’amour du progrès et cette audace dans les entreprises qui caractérise la race anglo-saxonne. Wagemann repassa la Manche, fit un court séjour en France, et regagna sa patrie avec celte double conviction : « Que la partie saine de la population anglaise était persuadée de la nécessité de réparer en beaucoup de points l'édifice social ; mais qu’elle n’entendait pas s’en rapporter au hasard des révolutions ; »> et ensuite ; « que la liberté n’est pasle résultat exclusif d’une forme expresse de Gouvernement , mais bien des sentiments et de l’opinion. » Wagemann était loin de contester l’influefice des institutions, mais il n’en admettait point l’influence absolue :

donnez , disait-il , l'application des meilleures théories à une nation stupide et dépravée ; elle n'y verra que de vaines et quelquefois fatigantes prescriptions; d'un autre côté, supposez une nation éclairée où la vraie dignité de l’homme soit connue, où tous se croient solidaires dans l'accomplissement des devoirs et le maintien des droits; où l'amour de la patrie ne soit point confondu avec le dévouement aux personnes, qui peut être généreux, même sublime, mais reste cependant un attachement particulier; où nul ne dise, l’Etat c’est moi. mais où tous diront : l’Etat, c’est nous; supposez une telle nation, modifiez les formes de son gouvernement, elle restera libre et la tyrannie fuira devant elle (Disc, de P. -J. Des tri veaux, p. 25-2t*). Ainsi pensait Wagemann à la veille de Waterloo, ainsi pensa-t-il jusqu'à sa mort : il avait appris en Angleterre à ne rien craindre pour les nations qui sentent le prix de la liberté. Il est permis de se demander ce que l’expérience des cinquante dernières années lui eût appris, s’il eût vécu jusqu’à nos jours. Quoi qu'il en soit, il savait priser haut les institutions qui assurent aux peuples la jouissance des droits naturels de l’homme. Quand le gouvernement des

Pays-Bas l'appela, en I8lî>, à ITniversite de Liège, pour y enseigner l'histoire, lu statistique et l 'économie politique, il accepta l’offre qui lui fut faite, en disant qu'il aimait d'avance un pays où l'on pouvait dire la vérité sans trouble. Son discours d’inauguration fut prononcé le 5 avril 1820 : il roule sur l'union intime de l’histoire politique et de la jurisprudence [De notifia rerum publiearum jurisprudenlitr arctissime juncta. Ann. Acad , vol. III). Il fit de la statistique son cours principal; l'économie politique n’en formait qu’une division. A. ses yeux, la statistique devait être quelque chose de plus qu’une simple classilication de chiffres, ou que l’inventaire minutieux des ressources d’un pays : la richesse des nations, disait-il, se compose d’un capital moral et d’un capital matériel ; sans le premier, l’autre ne produit rien, ou produit au prolil des étrangers qui I exploitent. « La liberté, ajoutait-il, est le » souffle fondamental de notre science.

» Frédéric II fut le premier qui lit faire » des listes statistiques; le Directoire » en ordonna, Napoléon en lit dresser; » mais tout cela n’était que des chiffres » Tant que la liberté constitutionnelle » n’était pas née, notre science ne pou- » vait prendre son essor. Sous le gou- » vernement constitutionnel, il faut que » les citoyens aiment l’Etat, et pour » l’aimer il suffit de le connaître. Notre » science croîtra donc avec le système » constitutionnel. » En économie politique, il disait que la terre u’est rien sans l'homme ; il préconisait les idées d’Adam Smith, c’est-à-dire le système de l’industrie, par opposition au système mercantile, qui n'aboutit qu'à des prohibitions et des privilèges II exposa nettement, comme les thèses de quelques-uns de ses élèves en font foi, la théorie du libre échange. Ses leçons étaient extrêmement instructives, et il s’efforçait toujours de leur donner une importance locale, en discutant avec calme les questions qui intéressaient le plus directement le royaume des Pays- Bas. Ses cours d’histoire, qu’il faisait pour ainsi dire en se jouant, grâce à sa mémoire prodigieuse, étaient également remarquables, et sous le rapport de la critique, et au point de vue de l’ensei-

gnement mural qu’il savait tirer du récit des actions humaines. Des occupations si nombreuses et si fatigantes ne suffisaient pas encore à son zèle : dans le cours de l’année académique 1820- 21, il fonda, avec ses collègues Fuss et Denzinger, une Ecole propèden tique ou classe normale de philologie, pour les aspirants à l’enseignement. Cependant il avait trop présumé de sa constitution , d'ailleurs robuste. Son ardeur se soutint jusqu'au bout; mais il tomba épuisé au moment où l’on s'attendait le moins. Promu au rectorat en 1821, il reçut les faisceaux academiques des mains de son prédécesseur Destriveaux, le jour même de l'inauguration de la nouvelle salle académique (Il octobre) ; six mois ne s’étaient pas écoulés, qu’on célébrait sa pompe funèbre dans la même enceinte. Ce fut une année de deuil pour l'Université , qui jusque là n’avait point perdu un seul de ses membres, et qui coup sur coup, dans la même période, vit descendre dans la tombe plusieurs de ses élèves, entr’autres le jeune Théodore Lenz, de Luxembourg, couronné au concours quinze jours avant sa mort. L'éloge lunèbre de W agcmann fut prononcé par le pro-recteur Destriveaux, le lur avril avril 1825; Rouveroy, l’un des curateurs, de l'Université, Ch. de Chênedollé, député de la Société d’Emulation, et Van der Bank, ministre du culte protestant, adressèrent à leur tour de louchants adieux au recteur défunt.

Wagemaun a laissé parmi ses anciens élèves une réputation méritée : peu de professeurs ont exerce en Belgique une influence aussi profonde et aussi durable. Aussi bien, la génération qui passa sur les bancs de l'Université à cette époque était passionnée pour les sciences politiques, et quand Wagemann s’exaltait au nom de la liberté, sa voix devait trouver de l’écho dans tous les cœurs. N'oublions pas que les jeunes gens auxquels on fait ici allusion devinrent les hommes de 1850...

Sources : Honneurs funèbres rendus à la mémoire de M. le professeur Wagcmann, recteur magnifique. Liège, Collardin, 1825, in-8°. — Annuaire de l'Université de Liège (1850), etc.

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