‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 11 sur 351 · XL · texte numérisé non relu

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du chevalier de Mélotte d’Envoz, n’ait fait partie du Collège des curateurs que postérieurement à la révolution, nous mentionnons ici son nom, n’ayant plus dans la suite à nous occuper de ce corps.

s'était armée, bivouaqua au théâtre i * ). Comme toujours dans Its révolutions, relie foule contenait toute espèce d'éléments. Il fallait apaiser les exaltés, contenir les mauvais, donner une direction à celte force effrayante. Louis Jammu et M. C.li. Rogier se chargèrent de ces soins. Toute la nuit fut employée à des mesures d'organisation et do discipline ; on régularisa In dislribul:on des armes, on fournit des vivres; aucun malheur ne fui à déplorer. I,a nouvelle troupe se donna le nom de garde boiryeoise auxiliaire et reconnut pour chefs les deux citoyens qui l’avaient formée ; dès le lendemain, cette élection fut ratillée par le Conseil de régence. Sans attendre un jour de plus, M. Rogier partit pour Bruxelles à la tête de son monde; il était dans son rôle de révolutionnaire convaincu. Jammc jugea que le sien était de rester à Liège cl de tirer parti de l'immense popularité qu'il avait acquise en quelques jours, pour assurer le maintien du bon ordre et le respect des personnes. Le 13 septembre, il fut nommé chef de la légion de l'Ouest delà garde urbaine; le H octobre, membre de la Commission des secours cl indemnités. En présence de l’exaltation des esprits, il eut plus d'une fois besoin de déployer toute son énergie. Nous rappellerons seulement une scène qui eut lieu dans la cour du Palais, où étaient remisés des canons que le peuple voulut enlever. Le commandant hollandais de la citadelle avait déclaré que si l'on touchait à ces pièces, il bombarderait la ville. Janune résista courageusement aux impalienres de la foule imprudente cl aveuglée; la cause de la révolution, à laquelle il était sympathique, ne lui paraissait pas dépendre de ce petit nombre de bouches à feu, et il pensait aux habitants paisibles, aux femmes, aux enfants menacés d'un massacre. Un patriote furieux se précipita sur lui le sabre levé. Un le retint, on entoura Jammc, on subit son ascendant et les canons restèrent. Un jour ou deux plus lard, ils furent emmmenés pendant la nuit el sans bruit — Vint lu période de réorganisai ion. Los corps communaux furent choisis par élection. Jamme fut nommé bourgmestre aux acclamations de la ville entière. Pour en finir avec les événements de la révolution, nous mentionnerons encore la belle conduite que tint l'honorable magistrat en t8RI, lors de la déroute de l'armée de la Meuse Le général Daine, arrivé à Liège avant la nouvelle du sa défaite, s'était enfèrmé à l'hôtel du Pavillon anglais. Impossible de parvenir jusqu'à lui. Les bruits les plus sinistres se propageaient ; le mal, bien assez grand déjà, était exagéré par les fuyards; I inaction du général, qui ne donnait aucun ordre, autorisait toutes les appréhensions. Louis Jamme, l'homme de paix, se mil en roule à travers les troupes débandées el se rendit au quartier général du roi vers Diest ou Louvain, pour l'avertir des dangers que couraient Liège et la province. L’arivée des Français mil fin à celle débâcle. — La paix publique une fois rétablie, Jaminc consacra tout son temps et toutes scs pensées à l'administration de lu ville. Il rendit d'éminents services à l'instruction publique; il se préoccupa surtout, comme Rouveroy, d'améliorer les écoles primaires et d' mprimer une vigoureuse impulsion à l'Académie de dessin, dont il comprenait toute l'importance au point de vue de l’émancipation intellectuelle et artistique des classes ouvrières/*). Rien n’échappail à sa vigilance; son désintéressement absolu, son affabilité lui gagnaient l'affection générale el réveillaient chez tous ceux qui rapprochaient, le sentiment du devoir; il faisait apprécier l'excellence de nos insfilulions nationales par la manière dont il les pratiqunil lui-mèroe. Son activité était incessante; il s'épuisait en efforts surhumains pour suffire à la lois à scs obligations de père de famille

(•) Nom itovum rca détails cl la [.lnpirt de roux qui vont «nivre. 4 l'obligeance de M. Emile Jammc,

< oromivMiru ilo !‘itrrnndi»<>incnt de l.iége. fili do l'IioiinniMo îmurgtueAlrr.

( ** lino incd.iilli: d’or loi fol n (Tarte le 2j août 183*. [>ar un grand nombre d’unti» rie fiaifrurtian l'Mhhtfu* el îles mit. connue exj<ro'.i'»n de four gratitude.

INTRODUCTION

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A peine installé, le gouvernement provisoire de 1830 se vit mis en demeure de pourvoir aux besoins de l'instruction publique. Il fallait avant tout contenter l’opinion en proclamant la liberté de l'enseignement et en abrogeant tous les arrêtés qui paraissaient incompatibles avec ce nouveau régime ; mais il y avait aussi à faire face aux exigences du moment, c’est-ù-dire à permettre aux jeunes gens qui étaient en vacances depuis le mois de juillet, de reprendre au plus tôt le cours de leurs études. L’arrêté du 16 décembre vint mettre un terme h l'impatience du public : les établissements fondés en 1817 furent provisoirement conservés; mais le Règlement de 1816, nihinlenu en vigueur, subit des modifications profondes ('). Les trois Universités n'échappèrent à la crise que pour être mutilées. Liège perdit sa

et aux exigences de sa charge. Une affection de la moelle épinière, rdsultal de tant d’inquiétudes et d’insomnies, avait entraîné un commencement de paralysie. Ses affaires commerciales, si prospères avant 1830, commençaient à souffrir de son dévouement ii la cité. Sous le coup de pertes importantes, il résolut de renoncer à l’administration, comme il avait, dans sa jeunesse, renoncé à la peinture. Il résigna son mandat; mais il lui fallut plus d’un an pour vaincre les instances de ses collègues, celles de la ville entière et celles du Roi. La démission de Jamme ne fut acceptée que le 19 juin 1838. Il quitta l’hôtel de ville au milieu de témoignages universels de regrets et de sympathie, cl resta dès lors étranger aux affaires publiques, si ce n’est qu’il prit une part active aux élections, aussi longtemps que sa sanltflo lui permit. — L’entreprise industrielle qu’il avait trop délaissée finit par échouer complètement : la ville lui vota une pension civique, dont il vécut jusqu’à la fin. Il chercha des consolations dans l'affection des siens et dans la culture des arts, la passion de sa jeunesse : ses plus beaux paysages datent de sa retraite. — Jammc avait refusé de faire partie du Congrès national; il fut membre de la première Chambre des représentants (1831); mais il déclina la continuation de ce mandat. Dans sa carrière administrative, il fil profession d’un sage libéralisme ; il soutint avec une conviction tres-arrôtée la théorie de la liberté du commerce cl combattit avec ardeur pour la défense des prérogatives communales vis à-vis du gouvernement. L’affaire Dcjaer (v. ci-après, col. I U) est l’épisode le plus important de ces luttes. — La ville de Liège a érigé un beau monument à Louis Jamme dans le cimetière de Robcrmont; la Société d’Emulalion a mis son Eloge au concours, sous le patronage de l’administration locale. — L'Université lui doit de son côté un souvenir, à cause du vif intérêt qu’il porta comme curateur et comme bourgmestre à sa prospérité, à une époque do trlfhsilion où elle n’était pas même sûre du lendemain. Il prit l’initiative, le lu janvier 1831, des réclamations qui eurent pour objet le rétablissement de la Faculté des lettres; lorsqu'il fut question, plus tard, de n'entretenir aux frais de l'Etat qu’une seule Université, on le retrouva encore sur la brèche. Son altitude ferme et ses arguments pressants nous ont peut-être sauvés du naufrage. — Sur l'ensemble de la carrière administrative de Jamme, v. le Journal de Liège du 16 février 1818.

(') V. le Rapport de M. Nothohb, t. I, p. cv.

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