WA II
semblable, où à l'heure qu'il est nous aurions encore beaucoup à puiser. La révolution était imminente; il ne s’agissait plus d'améliorations internes dans renseignement , mais de la solidité même de tout l'édifice
Warnkœnig continuait, sur cescntrefaites,de s’occuper de ses travaux ordinaires. 11 lit paraître à Louvain, en 1 840, les volumes IX et X de la Thémis , rédigés en collaboration avec les professeurs Birnbaum, Holtzius, etc. Tout-àcoup renseignement universitaire fut suspendu, et l'arrêté du 16 décembre 1850 supprima la Faculté de droit de Louvain. Vingt-neuf professeurs etran gers furent congédiés. entr'aulrcs Warnkœnig , qui était sur le point de se retirer ù Gœtlingue, lorsque le gouverment provisoire, revenant A son égard sur la mesure qu’il venait de prendre, lui conféra le titre de professeur à l’Université de Garni, pour les Pandectes, l’encyclopédie et l'histoire du droit (1er janvier 1851). Warnkœnig accepta ; Sa femme était Belge, ses enfants étaient nés parmi nous (*). D'ailleurs, en allant se fixer à Gand , « il prévoyait qu’il pourrait s'y livrer à des recherches suivies sur les institutions communales de la Flandre au moyen-Age, recherches vers lesquelles il avait été poussé depuis longtemps par le célèbre Niebuhr (*)».
11 ouvrit ses cours le 20 janvier et consacra toutes ses heures de loisir ù fouiller les archives flamandes. Ses premières investigations furent très-fructueuses; il eut le bonheur de découvrir, enlr'autres, des pièces extrêmement intéressantes pour la Commission royale
l ’ ; Warnkœnig avait épousé en premières noces MU« Weber, parente do l'illustre auteur de Freischiitz ; de cotte union procédèrent trois (Ils, tous trois nés en Belgique v. cidessus). Veuf de bonne heure, Warnkœnig sc remaria avec M'Ie Srnal t veuve Ansiaux,1, de Liège, dont il eut une fille qui ne vécut que peu d'années.
(*) Saint-Génois, p. 102
(*) Ibid.
(*)Le l*r vol. en 1835; le 2e, tre partie, en 1836; 2' parlio. en 1837 ; le 3e, 2«“ partie (documents , en 1839; 1" partie texte , en
(•)« J'appartenais, ajoute son biographe.
tins
des Records, de Londres. Il entra aussitôt en relation avec M. Gooper, secrétaire de ce Collège, qui le nomma son correspondant ; c’est ainsi qu’il put travailler utilement à compléter la précieuse collection des Fardera, commencée par Rymer(a). De ces éludes laborieuses sortit l’ouvrage capital de Warnkœnig, V Histoire politique de lu Flandre et de ses institutions (Flundrische Staatsund [teclitsyeschiclite), dont feu le sénateur Alh. Glieltlolf, alors juge à Gand, nous a donné une excellente version française , enrichie des trésors de sa propre érudition. « Auteur et traducteur se complètent , dit Saint-Génois , et rendent indispensable la possession «le l’œuvre originale et de la traduction, pour tous ceux qui veulent connaître à fond un travail qui a fait époque dans nos annales ». L'Histoire politique de la Flandre se compose de trois volumes divisés en cinq tomes, publiés à Tubingue de 1855 à 1812 (*). Les deux premiers volumes seulement ont paru en français. Avant de prendre la plume, l’auteur dépouilla patiemment, comme nous l’avons dit, les archives de Gand, de Bruges, d’Ypres.et de la Chambre des comptes de Lille. Ensuite il prépara, en quelque sorte , la synthèse de ses recherches en donnant, à l’Université de Gand, un cours sur l’histoire du droit Belgique (1852-1855). Avec le remarquable talent qui distinguait toujours son enseignement, il y caractérisa l’osprildes anciennesinstitutions flamandes et sut inspirer à ses élèves le goôt des recherches qui l'occupaient lui-même (*). Mais l'étude approfondie de notre
à celte jeunesse avide d'écouler sa parole, aussi ingénieuse par le fond que pittoresque par la forme, et toute empreinte de germanismes, bien qu'il s'exprimât en français avec autant de feu que de volubilité. Warnkœnig forma à celte époque une pléiade de travailleurs qui se livrèrent depuis, avec succès, à l'étude de notre histoire et de nos institutions ; il aimait h les diriger, à leur prodiguer ses conseils. Moi-même, aidé autant qu encouragé par lui, je composai mon Histoire des aeoueries, mémoire couronné par l'Académie royale de Bruxelles en 1834, alors que j'étais encore son élève k lTniversité » (p. 163).