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passé ne présentait pas uniquement, en ce temps-là, un intérêt historique. En exposant les résultatsdesesdécouvertes, Warnkœnig démontrait par le fait que les espérances de la nation, réalisées en 1831 par la proclamation d’une loi fondamentale qui lui assurait toutes les libertés, étaient des espérances et des traditions séculaires. Le cours de Warnkœnig était pour ainsi dire l'explication génétique de la Constitution de 1831.

L’importance n’en pouvait échapper, à ce point de vue, au roi Léopold, qui voyait avec plaisir, au commencement de son règne, un homme d’un mérite reconnu contribuer ainsi à affermir la confiance des jeunes gens dans l'avenir de la Belgique indépendante. Aussi Warnkœnig fut-il honoré, d’une manière toute particulière, de la bienveillance du chef de notre dynastie. L 'Histoire de Flandre fut cependant écrite surtout pour l’Allemagne. Le récit des événements, très-concis, n’y intervenait que pour relier entre elles les différentes périodes de notre évolution politique et sociale. L’essentiel était, aux yeux de Warnkœnig. de mettre en relief le rôle considérable que les Flamands avaient joué, dans l'Europe occidentale, du IX% au XIV* siècle, et de suivre pas à pas le développement intérieur de ce peuple si jaloux de son indépendance et de sa liberté, et l’extension de son crédit au dehors, par l’industrie et le commerce.

« Warnkœnig brille surtout par la rare sagacité avec laquelle il expose l'enchaînement des faits. Son esprit de critique est tout allemand ; aussi a-t-il fortement empreint de sa nationalité l’emploi qu’il fit des documents nouveaux.

Nul mieux que lui n’a saisi le véritable caractère de nos institutions, l’influence quelles ont exercée sur la vie publique dans l’ancienne Flandre ; sous ce rapportai a laissé loin derrière lui les Jacques Meyer, les Oudegherst, les Rapsaet

( 1 ) Saint Génois, p. 170.

(*) Le titre le dit d'ailleurs : Sur le plan de rouvraije allemand de M. Warnkœnig.

(*) L’Académie, désireuse de faire compléter l'ouvrage jusqu'à In réunion du comté de Flandre aux autres provinces belges, a porté au programme de ses concours pour 1868

et bien d’autres. Partout il promène le flambeau d’une science sûre et solide, sur des faits mal appréciés ou incomplètement connus ; il place dans son véritable jour une période de notre histoire obscurcie par le préjugé ou l'ignorance : aussi peut-on dire que son livre forma une véritable école, d’où sortit toute une génération de savants qui font aujourd’hui honneur au pays » (’). — Les deux premiers volumes de la traduction française, faits sous les yeux de l’auteur, parurent respectivement en 1833 et en 1830, à Bruxelles. Un troisième volume, consacré plus spécialement à l’histoire de la ville de Gand, vit le jour en 1846; un quatrième (l’Histoire de Bruges), en 1851; enfin, un cinquième (l’Histoire d’Ypres), en 1864 seulement. A partir du troisième volume, le traducteur s’est donné plus de liberté; des parties entières de l’ouvrage lui appartiennent,' des rectifications importantes ont été apportées à des assertions trop légèrement accueillies ; des détails secondaires ont fait place à d’autres plus importants. L’histoire de Bruges est complètement remaniée, tant pour la disposition des matières que pour le texte; de nombreuses lacunes ont été comblées. Le cinquième volume est en réalité une œuvre originale ( * ) ; il n’a pas été donné àGhetdolf, malheureusement, de mettre la dernière main à son beau travail (*), dont W arnkœnig fut le premier, jusqu'à sa dernière heure, à reconnaître tout le prix.

Pendant son séjour à Gand, Warnkœnig fut plus d’une fois consulté sur les questions relatives à l’enseignement. il avait donné, depuis longtemps déjà, des preuves de sa parfaite compétence ; en outre, on lui reconnaissait un esprit éminemment pratique.

Le bourgmestre de Gand, Van Crombrugghe, eut recours à ses lumières en 1832, pour réorganiser les différents

la question suivante : Faire l'histoire politique de la Flandre, depuis 1305 jusqu'à favtnement de la maison de Bourgogne 1 1 382), en s'attachant principalement aux modifications qu'ont subies, à cette époque, les institutions générales du comté et les institutions particulières des grandes communes.

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