‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 133 sur 351 · FR A · texte numérisé non relu

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User ses talents et son zèle, eu prodiguant ses soins aux malheureux atteints d'une épidémie qui décimait alors la population de cette ville. Il faillit être lui-même victime du fléau ; pendant quelque temps, sa famille et ses amis connurent des craintes sérieuses. Enfin il put se remettre ii l'élude et partir pour Leyde, où il se fllrecevoirdocteuren médecine, le 16 septembre 1816. Après un nouveau séjour de deux ans à Paris, il rentra définitivement dans son pays, où sa prudence, son habileté et son dévouement lui firent une réputation précoce. Dès 1819. les administrateurs des Hospices civils de Liège le chargèrent de suppléer, gratuitement, le docteur N. -J. -A Ansiaux (v. l’art. N.-G.-A.- J. Ansiaux, note A), médecin des hôpitaux, alors octogénaire ; bientôt il fut chargé, par intérim, du service de l'hôpital de Bavière, dont le titulaire était le docteur Dupont, valétudinaire depuis un certain temps. Ansiaux étant venu à mourir en avril 1825, M. Frankinet le remplaça définitivement pour l'Hospice des femmes incurables et celui des filles orphelines; enfin, en 1855, la mort du médecin en chef de Bavière mit l’intérimaire en possession du titre vacant : il dirige encore aujourd'hui le service médical de cette institution, sans que son activité se soit ralentie pendant plus d’un tiers de siècle.

En 1855, lors de la réorganisation universitaire, le gouvernement fit appel aux lumières de M. Frankinet, qui reçut le titre de professeur ordinaire et la mission d’enseigner la pathologie médicale, précédemment confié au docteur D. Sauveur (v. ce nom). Par suite d’un remaniement de cours, il fut ensuite désigné pour faire les leçons de clinique médicale , fondions laissées vacantes par Comhaire (v. ce nom). Fidèle ô la doctrine physiologique, alors en grande vogue, il a continué pendant de longues années, à en transmettre les traditions à ses élèves, avec la double autorité du savoir et de l’expérience. et sous le contrôle incessant

( * ) Une tabatière en or au chiffre royal enrichi de diamants.

(*; Discours de M. N. Ansiaux, cité ci-

d'une sérieuse observation des faits.

Il a également rendu des services à l’Université, en se chargeant, en sus de ses occupations principales , d’abord du cours d'hygiène, puis du cours des maladies nerveuses, jusqu'au momentoù son âge lui a donné droit à l’éméritat.

L’arrêté royal qui le déclare professeur émérite est daté du 15 septembre 1856.

Le même jour, M. Frankinet recevait la croix d'officier de l’ordre de Léopold; il était chevalier depuis 1816. Cette dernière, ou plutôt cette première distinction, avait été obtenue dans des circonstances qui méritent d’être rappelées. A deux reprises différentes, le 25 fév.1857 et le 50 janv. 1859, la santé de l’un des princes ayant inspiré des inquiétudes, M. Frankinet avait été appelé à la Cour comme médecin consultant La première fois, le roi avait envoyé un témoignage de satisfaction personnelle ('); quand il eut achevé de se montrer digne de l’auguste confiance dont il était l’objet, l'Ordre national vint décorer sa poitrine. A bien des litres, au reste, M. Frankinet avait droit à une consécration publique de son mérite ; il jouissait depuis longtemps, à Liège, dans tousses domaines où s'exerçait son activité, d’une considération justement acquise. Bientôt il ne se contenta plus de soulager physiquement et moralement ses malades; médecin des Hospices, il résolut d’y laisser des traces durables de son zèle pour l’humanité souffrante. Appelé dans l’humble demeure du pauvre pour secourir des enfants malades, il reconnut l'impossibilité d’abandonner, dans des habitations malsaines, l'application de la médication à des mains inhabiles. Il voulut fournir à ces jeunes êtres un asile salubre, où des soins intelligents leur seraient donnés. On lui doit la fondation, à l'hôpital de Bavière, dm premiers lits réservés à l'enfance »(*).— M. Frankinet a payé de sa personne dans tous les moments difficiles. Lorsque le choléra sévit à Liège en 1849, il fut des premiers, comme dans sa jeunesse, à affron-

h prés. — Ce travail nous a fourni plusieurs renseignements utiles.

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ter le danger; en 1866, il ne se montra pas moins ardent à l’oeuvre : il s’offrit de nouveau pour diriger un service spécial. Le gouvernement lui envoya , la première fois, une récompense nationale ; la seconde fois, ses services lui valurent la Croix de première classe.

Mais en celte même année 186(5, comme sa 50® année d'exercice ou de pratique de la médecine venait de s'accomplir, le corps médical et le corps pharmaceutique de la province se réunirent pour lui décerner une récompense plus rare et plus touchante. Une Commission fut formée de MM. Spring (v. ce nom), Pulzeys, Wasseige père, Bihet (de liuv)et Simon (de Verviers),sous la présidence de M. N. Ansiaux (v. ce nom). Le 27 juin 1867, à la Salle académique de l’Université, M. Ansiaux porta la parole et rappela, dans un langage qui émut les nombreux assistants, les titres de l'honorablejubilaire à la reconnaissance publique. Alors un voile tomba, et les applaudissements redoublèrent quand on reconnut, fidèlement et lièrement taillé i dans le marbre, les traits du maître et du collègue vénéré. Le beau buste qui fut remis à celte occasion à M. Frankinct est dû au ciseau de M.

Nopius , de Liège , jeune sculpteur d’avenir; les médecins et les pharmaciens qui avaient coopéré à cette manifestation voùlurentégalementque le procès-verbal de leur décision, accompagné de la liste de leurs noms, fût calligraphié avec un grand luxe, 0 l’instar des riches manuscrits du moyen-âge, et remis solennellement au héros de la fête ( ' ). M. Frankinet trouva quelques paroles profondément senties, pour dire qu’il n’osait se croire digne d’un tel honneur : mais il fut seul de son avis.

M. le docteur Frankinet a rempli différentes missions en dehors de l’Université ; c’est ainsi qu’en 1845. il a été nommé inspecteur des eaux minérales de Spa. Il est membre correspondant de la Société médico-chirurgicale de Berlin depuis 1840; le 19 septembre

( 1 ) Cette page remarquable a été dessinée et écrite parM. Florenvillc, aussi de Liège.

(*) La famille Gloesener est originaire d'Autriche ou, plus exactement, de Kohème ;

I un de ses membres parait être resté dans

de l’année suivante , il a été nommé membre titulaire de l’Académie royale de médecine de Belgique; en 1815, il a reçu le diplôme de membre de la Société physico-médicale d’Erlangen. et en 1815. celui de. membre effectif delà Société de médecine de Liège. En 1815, il a présidé le Comité des sciences de la Société d'Emulation de Liège, dont il fait partie depuis 1820. — Le regrettable Wilmart (v. ce nom; était gendre de M. Frankinet.

Gloonener (MlCHE!.), O. §£ , lié à Haut-C.harago (Gd-Duché de Luxembourg) le 1 mars 1794 (*), compte aujourd'hui (1869) quarante-cinq années de services dans l’enseignement supérieur. Bu droit que lui oui conféré ses services, il jouit de Volium cum rfignitate ; mais il est émérite plutôt nominalement qu’en réalité, puisque son nom ligure encore au programme de l'Université de Liège, pour le cours de physique mathématique. Indefettsu» agendo:

cette expression d’Ovide s’applique ici à la lettre. Non-seulement M. Gloesener est resté lidèle à ses habitudes de professeur, mais il poursuit plus activement que jamais, avec une ardeur toute juvénile, les études spéciales qui lui ont fait un nom dans l'histoire de la science. Son infatigable persévérance est comparable à celle d’André Dumont; et il est assez piquant dénoter, en passant , que le premier grand triomphe de l’un et de l’autre a été célébré dans la même fête (v. l’art. Dumont). Les études de M. Gloesener ont été plus étendues et plus variées que celles de son éminent collègue; mais tous deux ont eu le bonheur, dès leur première jeunesse, de reconnaître clairement leur véritable aptitude, et assez d’énergie pour s'appliquer, de plus en plus exclusivement, à un seul ordre de recherches et d'expériences. C’est ainsi qu'on parvient î» creuser un profond sillon dans le champ du savoir humain,

le Luxembourg b la suite des guerres qui ont suivi l'avènement de la maison de C.orlilz (Allg. Eurnp. IVappenbiich. Th. 111,101.78. Nüremberg, 1496).

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