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tre maître J.-B. Say ; mais il élargit graduellement son horizon et se mit à penser par lui-même.' Dès 183t. il rompit des lances contre le matérialisme économique jusque là universellement accrédité; il osa s'avancer dans une voie nouvelle, la même où s’engagea résolûment en 1845 M. Ch. Dunoyer, dans son heau livre De la liberté du travail. Grâce au principe spiritualiste placé dans tout son jour et sur le premier plan, il mit pleinement en saillie la nécessité, moins comprise alors que de nos jours, de la diffusion la plus grande possible de l’instruction et des lumières, aussi bien au point de vue économique qu'au point de vue du progrès moral des sociétés humaines.
Amant passionné de la nature, M.
Hennau n'a pas attendu l’heure de sa retraite pour chercher une utile diversion aux travaux de la pensée. La culture de ses beaux vergers a non seulement occupé scs loisirs ; elle lui a fourni l’occasion de rendre à la science et au public des services qui, pour être d'une nature très-spéciales, n'en sont pas moins généralement appréciés. M. Hennau s’est fait comme pomologue une réputation méritée. Ayant pris l'habitude (vers 1810) de consacrer quelques loisirs à l'etude de l'amélioration des fruits, il lut d'abord effrayé et même un instant rebuté du chaos inextricable où il s’égarait. L’idée lui vint de provoquer la création d’une Commission composée d’un certain nombre d’hommes compétents, expérimentés, capables de servir de guides dans le choix des fruits les plus avantageux et le mieux appropriés au climat belge, et d’en fixer autant que possible la nomenclature. Cette idée fut accueillie avidement par MM. Laurent de Bavay et Aug. Roger, auxquels vint ensuite s’adjoindre un autre pomologue fort accrédité , M. Alex. Bivort.
Ainsi se forma, sous la protection d'un ministre grand zélateur des progrès agricoles et horticoles, M. Ch. Rogier,
(‘ ) Il a été donné à la bibliothèque de TU niversité d’acquérir quelques-unes des perles les plus riches de ce trésor, dont l’importance est bien connue de toutes les personnes qui s'intéressent à l'histoire du pays. Le prè-
le Comité de rédaction des Annales de la Commission de pomulogie, instituée en 1355 par arrêté royal. M. Heunau y fut associé malgré lui; mais l’initiative qu’il avait prise ne lui permit pas de persister dans son refus. Ou lui assigna pour spécialité le genre pomme, matière vaste et embrouillée, dont personne n’avait voulu s’accommoder. Il prit pondant cinq ans une part très-active et trèszélée à la rédaction des Annales; il est superflu d’ajouter que ces fondions étaient toutes gratuites. La récompense des travaux et des sacrifices de M. llennau se trouve dans la satisfaction qu'il doit éprouver aujourd’hui en voyant ses efforts couronnés du plus brillant succès. Les connaisseurs savent quel nombre de fruits d'élite, gnlce à lui, ont été naturalisés belges et partout répandus, au grand avantage des producteurs et des consommateurs. L’œuvre consciencieuse de la Commission n yalc de pomologic a pris rang à côté des plus importants recueils de ce genre publiés dans les principales contrées de l'Europe, et l’estime dont elle jouit est surabondamment prouvée par de fréquentes citations et par les plus honorables témoignages. Elle a certainement contribué à maintenir le renom et le lustre dont jouit la Belgique horticole jusqu'aux extrémités du monde, grâce aux soins et aux travaux du célèbre professeur de l’Université de Louvain, J.- B. van Mous.
I.ovntleyc (Édouard), né à Liège le 17 avril 1811, a fait ses études dans sa ville natale. A peine sorti des écoles, il s’est signalé comme bibliophile et comme archéologue. — il avait fini par rassembler à grands frais une précieuse collection de livres et de manuscrits, malheureusement dispersée en grande partie, depuis que l’état de sa santé l’a forcé de renoncer à ses travaux ('). Parmi ses acquisitions se trou -
cieux Ms. de Delvaux (Hist. politique, ecclés. et littéraire de la principauté de Liège, S vol. in-fol.) a dlé acheté aux frais de la ville de Liège.