‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 142 sur 351 · S AI · texte numérisé non relu

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sinon celui qui est de mise dans des entretiens familiers. Les détails curieux et piquants y sont bien venus:

l'anecdote y trouve sa place : les extraits y abondent et donnent lieu à des réflexions, ù des rapprochements, à des commentaires ingénieux et délicats II n’y a d’ailleurs rien de frivole dans les Causeries de M. Sainte-Beuve : il en résulte presque toujours un enseignement, en dépit du scepticisme de l’auteur, qui, plus souvent qu’il n'en convient, a ses jours de grand sérieux.

Seulement, cet enseignement est toujours caché sous des fleurs, et il arrive même que l’écrivain nous y conduit sans pour ainsi dire s’être douté luimême du résultat de ses recherches. La mobilité de ce rare esprit le détourne sans cesse de la poursuite d’un but et l’empêche trop souvent de mettre ü prolit les découvertes qu’il fait en se jouant. Mais il est incontestablement de bonne foi, et si. pour avoir trop vécu, il ne voit plus dans le monde que des illusions qui s’entre-détruisent, il s’attache néanmoins tour à tour à chacune d’elles comme s’il y croyait: chacune d’elles est pour lui, à son moment, la vérité qu'il cherche avec une entière sincérité et avec une persévérance passionnée. Le style des Causeries accuse en M. Sainte- Beuve une nouvelle transformation :

il est plus vif, plus alerte, surtout plus précis, et en même temps plus finement ciselé que celui des Portraits. Spirituel, sagace, brillant, chatoyant, consommé, souple, malin, rusé, madré, narquois, attique, élégant, délicat, varié, prestigieux, irrésistible, M. de Pontmartin a pu lui prodiguer toutes ces épithètes; avec tout cela, il ne lui plaît pas de voir en M. Sainte-Beuve un critique sérieux. M. Cuvillier-Fleury trouve au contraire les Causeries aussi sérieuses que charmantes, mais maintient que l’illustre critique a perdu en élévation ce qu’il a gagné en surface ( '). Il y a un peu de vrai dans ces jugements, • mais ils sont évidemment trop absolus.

M. Sainte-Beuve aime les menus détails, les recherches de pinceau, les subtilités d’analyse; mais on ne saurait dire qu’il s’y perde jamais. Il reste de chaque article une impression d’ensemble, un portrait tracé en caractères indélébiles. Seulement, pour en démêler les grandes lignes et le caractère essentiel, il faut faire un retour sur soimême après avoir lu. L’enchanteur vous a si complètement ébloui tout d’abord, il vous a si irrésistiblement entraîné it partager sa curiosité minutieuse, qu’t» force de regarder mille tableaux divers, comme au sortir d’un grand Musée, vous ne savez plus où vous en êtes, sinon que vous venez de passer quelques heures délicieuses.

Mais retournez à ce Musée, vous en apprécierez de plus en plus la richesse, et vous attachant tour à tour, à loisir, ü chaque toile , vous apprendrez à reconnaître le cachet des maîtres , et toute confusion sera désormais impossible. M.

Sainte-Beuve peint la vie dans ses incidents multiples et fugitifs ; mais c’est en cela que réside précisément son sérieux comme critique, car l’âme ne se révèle pas autrement : le comble de l’art du biographe, la philosophie même de la critique consiste, non pas à nous présenter des types fixés par la convention, des lignes sculpturales et immobiles, mais à faire entrevoir l’élément constant des caractères ù travers l’élément variable des passions et des faiblesses humaines. M. Sainte-Beuve , frappé de la complication infinie des phénomènes de la vie, cherche à tenir compte de l'action de toutes les causes concomitantes avant de rien induire des symptômes que lui présente le cas spécial observé : ainsi font les médecins observateurs, que nous réputons plus sérieux que les médecins dogmatistes. Aussi le public ne s'y est pas trompé : demandez à toutes les personnes que touchent véritablement les choses de l’esprit qui a, de nos jours, en France, le plus exactement pesé dans la balance les réputations littéraires : nul doute qu’elles ne pro-

niéme sur les Lectures publiques uu Conférences dans les Causeries du lundi, t. I, 2e édition, p. 210 et suiv.

( 1 j V. l'art. Causeries du lundi dans le Grand Dictionnaire universel du XIXr siècle ,de P. Larousse'.

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MOiimit .sans hésiter le noui de M.

Sainte-Beuve. Nul n’est plus pénétrant; par cela même, nui u'est plus profond ; ajoutons : nul n'est plus patiemment érudit, ce qui ne gâte lien. Le critique du Grand dictionnaire n’est que juste en disant que, malgré les défaillances, les inégalités d’aperçus, les changements de température qu'on y peut signaler, les Causeries du lundi resteront « au premier rang parmi les œuvres littéraires destinées à illustrer le \l\° siècle (’)».

L’activité prodigieuse déployée par M. Sainte-Beuve au Constitutionnel et au Moniteur (une causerie p3r semaine ! ) ne suffisait pas à l'absorber tout entier. Kl) 1854, il fut nomme professeur de poésie latine au Collège de France, en remplacement de M. Tissot. Il prononça son discours inaugural le 9 mars 1855.

Celle leçon d’ouverture, qui fut suivie d une seconde, fut troublée par des manifestations tenant à la politique, et le cours en resta là. M. Sainte-Beuve lit ce qu'il crut devoir faire : il serait d'autant plus hors de propos de revenir sur ce chapitre délicat, que l'injustice dont il se vit un moment l'objet a été amplement réparée depuis, pur des témoignages publics de sympathie et d'indulgence.

Il tint à honneur, toutefois, de publier la première partie du cours qu'il devait professer, üe là le. volume intitulé :

Etude sur Virgile (1857, in- 18°). Le nom de il. Sainte-Beuve a continué de Ügurer sur les affiches du Collège de France, accompagné de la qualité de professeur titulaire ; mais il a depuis longtemps renoncé à tous ses droits.

Nommé ultérieurement (par M. Bouland, ministre de ('instruction publique) maître de conférences à l’Kcolc normale supérieure, >1. Sainte-Beuve a rempli ces fonctions très-exactement pendant trois ou quatre ans (1858-181)1!. C'est alors que sa plume de critique et de journaliste fut réclamée de nouveau par le Constitutionnel : il y reprit ses articles littéraires du lundi, à dater du 16 septembre. 18GI. Il remplit de nouveau toute une carrière : la série de ces éludes, recueillies, à partir de 1863,

Ibid.

sous le titre de ou veaux lundis , ne

forme pas aujourd'hui (1869) moins de dix volumes, qui auront même une suite.

Ce que nous avons dit des Causeries s'applique à plus forte raison aux Mouveaux lundis. Il semble même qu'un plus grand jour se fait dans la pensée de M. Sainte-Beuve, à mesure qu’il avance dans la carrière. « Ma tâche, dit- il,est de comprendre et de décrire le plus de groupes possibles, en vue d'une science plus générale, qu'il appartiendra à d’autres d’organiser. » Est-ce là le langaged'uu simple dilettante, ou la profession de foi d’un pur philosophe? Et ce philosophe, est-il bieq vrai qu'il faille le ranger dans la catégorie des sceptiques ? S’il s’est tour à tour identifié avec les illusions, les préjugés, les engouements, les prétentions et les vanités des hommes pour arriver à s'en affranchir, dans son for intérieur, et à sourire doucement en voyant beaucoup de bruit pour rien, cette liberté d'esprit à laquelle il s'est élevé u’est pas celle du froid stoïcien qui'assistc imperturbable à la ruine de l'univers. On a beau dire : derrière les mirages décevants que poursuivent les acteurs des luttes humaines, il entrevoit uue vérité supérieure , imprescriptible, ineffable, dont nous avous l'instinct vague et qui se traduit pour lui dans le droit des consciences. Il entrevoit une humanité éclairée , et le seul fait qu'il la désire telle, prouve qu'il va au fond de son cœur une affection et une noble croyance. Quand, dans un moment de crise morale, il jette un regard sur nos destinées et se familiarise avec la pensée du Sirwàna, il est sincère, mais il ne dit pas tout : si l'éternelle nuit était à ses yeux la lin de toutes choses, aucune cause ne. vaudrait la peine d'èlre défendue. La sérénité de M. Sainte-Beuve n'est pas ataraxie , puisqu'il y a une cause qui mérite à ses yeux qu'on s’y attache. La nuit fait place à l'aurore , et les grandes espérances données aux sincères ne sont point absolument vaines. Non, qui épouse les grands intérêts de l'humanité n'est pas un sceptique : désabuse, oui, il l'est certes, à l'égard de tout ce qu’il a passé

au creuset : mais au-delà ?... Relisez la SttU du nouvel an de Jean-Paul, vous comprendra telle situation morale.

Comme talent, nous le répétons volontiers. M. Sainte-Beuve ne s'est jamais élevé aussi haut que dans les Causerie* et (nous allions ajouter: surtout) que dans les JV oureunx lundis. Plus que jamais il sait prendre tous les Ions , plus que jamais son esprit ondoyant s’épanouit dans toutes ses grâces, son pinceau délicat se joue de toutes les nuances et les fond merveilleusement l’une dans l’autre. Mais il y a plus de verve franche dans son allure, plus de relief et de foree dans ses traits, plus de netteté dans ses contours. Les portraits contemporains sont hors ligue; tous sont d’un maître consommé, sûr de lui-mémeet en jmssession de tous ses moyens. Le procédé est toujours l’analyse; mais on dirait qu’un nouveau souffle de vie pénètre tout l’ensemhle pour en faire ressortir l’harmonie. M. Sainte- Beuve a été longtemps avant d’atteindre cette pleine et glorieuse maturité ; mais ou peut directe lui qu’il a toujours progressé ; sa carrière littéraire, à cet égard, est un phénomène presque unique en son genre.

L’empereur Napoléon lit a jugé à propos de conférer a M- Sainte-Beuve, en avril 1859, la dignité de sénateur. Depuis le Il août 1859, il est en outre commandeur de la Légion-d’Uonneur Il a pris une part peu active aux discussions du Sénat, jusqu'au moment où des circonstances qui intéressaient vivement ses convictions personnelles l’y ont eu quelque sorte obligé. Il déclare volontiers lui-même que le rôle

( • ) Sous faisons allusion aux séances orageuses du 2 avril 1867, oit M. Sainte-Beuve prit parti pour M. K. Renan, et du 25 janv. suivant , où il demanda l'ordre du jour sur une pétition d'habitants de Saint- Etienne, qui su plaignaient de l'introduction de certains ouvrages dans deux bibliothèques populaires.

t * ) Voici les explications du Moniteur à ce sujet : « Il n'est pas tout à fait exact que l'article qui a été l'occasion de la retraite de M. Sainte-Beuve ait clé refusé comme < trop indépendant à l'égard de l'épiscopat et du Saint-Siège. » La vérité r<t qu'un pas-

qu’il y a pris et qui a fait de lui comme le défenseur déclaré de la libre pensée, a élé moins le résultat d’une volonté réfléchie que d'un mouvement irrésistible (■).

Celle altitude, il. Sainte-Beuve l’a depuis résolument conservée. Le Moniteur universel ayant cessé d'être le journal officiel de l’Empire, au commencement de la présente année 1809, ou aurait pu croire que M. Sainte-Beuve y serait resté d'autant plus volontiers attaché, que la rédaction en devenait indépendante. Le contraire est précisément arrivé ; le Moniteur a trouvé un peu vif un article de M. Sainte-Beuve et n'a pas cru pouvoir l’insérer ; M.

Sainte-Beuve, dés le lendemain, a rompu avec le Moniteur (*) pour se ranger immédiatement sous la bannière du Temps.

« Le maître renommé de la critique française, dit ce journal, M. Sainte- Beuve, vient à nous, et c’est désormais dans le Temps que paraîtront ces improvisations qui sont des monuments; ces articles , synthèse merveilleuse d’esprit, de science et de goût, harmonie toujours égale d’une jeunesse inaltérable et d’une maturité consommée ; res Causeries, enfin, qui sont, depuis vingt-ans, un sujet incessamment renouvelé d’admiration pour tous les esprits cultivés. Il vient à nous, parce qu'il est assuré de trouver ici la libérté qu'il lut faut et qui est son droit , mais qui lui

a été contestée ailleurs Nous nous

imputons ù grand et singulier honneur d’avoir été choisis par un tel esprit, pour un tel motif. Cette accession spontanée est la meilleure récompense de nos efforts, et la preuve de la force de

sage de ect article pouvait titre accusé d'une tendance aux personnalités peu conformes à des traditions modérées, que nous n’entendons nullement répudier et qui, au contraire, rentrent formellement dans notre nouveau programme. Nous n'avons donc pas cru devoir, dès les débuts du journal transformé, laisser la question de l'enseignement s'engager dans In voie fâcheuse des querelles de personne. Nons avons demandé à M. Sainte- Beuve d'atténuer en celle occasion les spirituelles vivacités de sa plume ; il n'a pas cru pouvoir y consentir. » (Paul D/U.I.OZ] .

l'esprit libéral tel que nous l’entendons, en dehors de toute étroite préoccupation départi, de secte et de coterie. La liberté n'est pas seulement une doctrine que nous prêchons : elle est notre principe et notre vie; nous la mettons en œuvre, et nous osons croire que nous lui avons donné un milieu digne d'elle, un terrain large et élevé, puisque les Louis Blanc et les Sainte-Beuve peuvent s’y rencontrer sans compromis, sans inconséquence et sans atteinte à l'unité du journal. C’est là notre originalité, et une originalité que nous pouvons dire heureuse et féconde, puisque les faits sont là pour le démontrer. » — L’article refusé par le Moniteur a été publié le 4 janvier dans le Temps : c’est une étude sur la Poésie, écrite à propos de l’enseignement secondaire destiné aux tilles. Le 15 du même mois a paru un Essai sur Talleyraud qui a été très-remarqué, et où l'on retrouve toutes les qualités du maître. Quant aux vivacités qui ont porté ombrage au Moniteur, nous n'avons pas à nous prononcer ici ; qu’il nous suflise d ajouter que de tous les journaux français, le Temps est celui dont la profession de foi répond incontestablement le mieux aux déclarations faites par JL Sainte-Beuve au Sénat.

Bibliographie: (d’après la France littéraire, t. VIII, la Littérature française contemporaine, t. VI, etc.).

1° Articles de critique littéraire , historique, etc., dans le Globe (de 1824 ù 1850); articles divers dans le National, après la révolution de juillet.

2° Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre française au X VP siècle, et OEuvres choisies de Ronsarl, avec une notice (biographique et littéraire), notes et commentaires. Paris, 1828, 2 vol. in-8°. — 2* édition (du Tableau) revue et trèsaugmentée , suivie de portraits particuliers des principaux poètes. Paris, 1815, in-12.

ô’* Vie, Poésies et Pensées de Joseph Delorme. Paris, Delangle, 1829, gr.

in-lü. — Nouv. éd., Paris, E. Benduel, 1850, in-8°.

Il en existe une contrefaçon belge (dans la collection Laurent, in- 18).

•t“ Les Consolations, poésies. Paris, Canel, mars 1830, in-18°. — 2* éd., Paris, Benduel, 1834, in-8°.

La première édition est anonyme.

3° Volupté. Paris, Rendue!, 1834, 2 vol. in-8°

Ce roman a eu cinq éditions successives (1840, 1845, etc.j; chacune des quatre dernières en un seul vol. in-12®. — It a été réimprimé à Bruxelles.

0" Pensées d’aoilt, poésies. Paris, Benduel; 1857, in-18°.

7" Critiques et portraits littéraires.

Paris, Benduel, 1832-1850, 5 vol- in- 8®. - 2- édit., 1841, 5 vol. in-8u.

Recueil d'articles publiés d'abord dans la Iterue de\ lieux momies et dans la Revue de Paris. — On y trouve également la notice sur Farcy, imprimée en 1881 en tête du volume intitulé : J. -G. Farci / reliquiœ, dont M. Sainte-Beuve a été l'éditeur ; l'article sur M. de Sénancour, rédigé pour servir de préface à la 2® éd. d Obermann, due aussi à l'auteur des Portraits ; l'art, sur tes Soirées littéraires, inséré dans le t. Il du Livre des Cent et un-, l'inlrod. aux lettres inédites de ifjnw Poland, publiées en 1838 par le libraire Renduel, etc. — La galerie de portraits comprend la plupart des grands clas siques du siècle de Louis XIV, quelques écrivains du XVIII* siècle, cnlr'aulres Diderot (art. très-remarquable), l'abbé Prévost, etc.; André Chénier, Mm« de Staèl, Mmo de Récamicr, etc., enlin un grand nombre de contemporains, principalement les cbcls de l'école romantique.

8° Portraits littéraires, édition revue. Paris, Didier 1844, 2 vol. in-12.

9® Portraits de femmes , éd. revue et augmentée. Ibid., 1840, in-12.

10° Portraits contemporains. Ibid., 1840, 2 vol. in-12°.

1 1° Port-Royal. Paris , Benduel , 184O-I8G0, 5 vol. in-8u. — 2“ éd., 1801. — TC éd. (seulement pour les premiers vol.), 1807, 0 vol. in-12°.

Voir ci-dessus. — Parmi les nombreux comptes rendus de cct important ouvrage, nous citerons, pour la première édition , un article de M. Lerminier (lleeue des deux mondes , 1er juin 1840) et un nuire de M. de Sacy ( Journal des Débats , ! 3 décembre 1842); pour la 3e, l’art, de M. Rambert intitulé : Le doyen des critiques français {Bibl. unie, et revue suisse, Lausanne, l*r février 1868), et une analyse publiée cette

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année môme dans la Revue critique. — A la tin du tome I de la nouvelle édition, M. Sainte-Beuve a cru devoir répondre verte • ment ù certaines critiques de Balzac, il notamment à des insinuations relatives aux relations de l'auteur de Port-Royal avec Vinci. La première édition est dédiée aux auditeurs du cours de Lausanne; celte dédicace est simplement rappelée dans la troisième.

42° Institut royal do France : Discours prononcés dans la séance publique tenue par l'Académie française , pour la réception de )l. Sainte-Beuve. Paris, 18-15, in-4°.

Contient le discours de M Sainte-Beuve et la réponse de M. Victor Hugo.

45" Chateaubriand et son groupe littéraire sous l'Empire, cours professé à Liège en 1848-1849. Paris, Garnier frères, 4801, 2 vol. in-8°.

14° Causeries du lundi. Paris, Garnier frères, 48‘>1-18(>2, lî> vol- in- 12.

Articles du Constitutionnel et du Moniteur. La Galeries (tes femmes célébrés (Paris , 48M8, in-42i est extraite des Causeries (' ). Le tome XI du recueil est accompagné d'une bonne table analytique des matières contenues dans les onze premiers volumes, et d'une table chronologique des articles. Nous reproduisons cette derniere, bien que les ouvrages de M. Sainte-Beuve soient trèsrépandus, pour appeler l'attention sur la fécondité vraiment prodigieuse du grand critique.

Antiquité et moyen Age : Pline l'ancien (t. Il); Firdousi (l); Saint-Anselme (VI); Villehardouin (IX); le roman de Renan (VIII); Joinville (VIII, ; Dante (XI,; Proissart (IX); Jeanne d'Arc (II); Commynes (I).

Seizième siècle. Rabelais (III); Marguerite,sœur de François I (VH ,- Monlluc (XI) ; Marie Stuart (IV) ; Amyot IV); Etienne Pasquiertlll ; Montaigne (IV ; Etienne de la Boétie (IX); Charron iXI); Henri IV (XI); f.abrielled'KsIrées (VIII); Marguerite, femme de Henri IV (VI); Sully (VIII,; d'Aubigné (X; ; le président Jeannin (X; ; Saint François de Sales (Vil).

Dix-septième siècle. — Malherbe et son école (VIII) ; le cardinal de Richelieu (VII ; Mézeray (VIH ; le cardinal Mazarin (II); le cardinal de Relz(V); le surintendant Fouquet (V) ; Pascal (V); Palru (Vi; Sainl- Evremont (IV; ; Bussy-Rabutin (Ili); Gour-

vilïe (V) ; Gui Patin (VI»! ; M™ de Motteville (V) ; la Grande Mademoiselle III) ; mademoiselle de Scudéry (IV) ; Chapelle et Bachaumout (XI; ; Louis XIV (V) ; Madame Henriette, duchesse d'Orléans (VI) ; Madame de la Valliôre (III) ; madame de Sévigné (I| ; Dangeau (XI) ; Daniel deCosnac(VI ; Huet, évêque d'Avranches (II: ; Boileau Despréaux (VI: ; La Fontaine (VII) ; le chanoine Maucroix (X); Bossuet (X); Bourdalouc (IX); Fénelon ,11 etX); Massillon (IX); Mme de Maintonon (Mil et XI) ; Mm« de Caylus (llli ; la duchesse de Bourgogne ,11); la princesse des Drains (V); Madame, mère du Régent (IX); l'abbé de Choisy (111); Charles Perrault (V!; le duc de Saint -Simon (III); le duc d'Antin (V); Hamilton (I); Chaulieu 11); La Fare (X| ; Regnard (VII); le marquis de Lassay (IX); le comte pacha de Bonnevnl (V) ; Mme Dacier (IX).

Dix-huitième siècle. — Fonlenclle (III); Daguesseau (III); Rollin (VI); la duchesse du Maine (III); M"'* de Lambert J VJ ; Lesage (II) ; l'abbé Prévost (IX) ; Aérienne Le Couvreur (I); Marivaux (IX); Duclos (IX»; Montesquieu (VU) ; le président Renault XI ; M,ne du Defl'and (1); Voltaire (Il et VII); M"'* du Châtelet (Il ; M™* de Graffigny (11) ; Vauvenarguos (III ; le cardinal de Bernis (VIII) ; Mmo de Pompadour (II) ; Mme Geoffrin (II) ; Buflfoo (IV et X); le président de Brosses (Vil; ; Jean Jacques Rousseau 1 1 1 et III); M“" de La Tour Franqueville (II); M"" d'Epinay (III; Grimm (VIL; Diderot

(III) ; l’abbé Galiani (11) ; M"« de Lespinasse (II); Marmontel (IV); La Harpe (V).

Etrangers. — Lord Chcsterftcld (II); Frédéric le Grand (III et VII) ; Franklin (VII) ; Gibbon (VIII) ; le prince de Ligne (VIII); Goethe (U et XI).

Règne (le tjouis XVI. — Marie-Antoinette

(IV) ; Malesherbcs (II); N'ecker (VU); M™» Nccker (IV); M'nt de Genlis (III ; Rulhière (IV); Chamforl (IV; ; Rivarol (Vj ; Beaumarchais (Vf) ; l’abbé Maury (IV) ; la Sophie de Mirabeau (IV’j; Florian (lll);l'abbu Barthélemy (VI ; Bernardin de St-Pierre (VI); Saint-Martin, le philosophe inconnu (X); Sénacde Mcilban (Xj; Vicq-d'Azyr (X ; le duc de Lauzun (IV ; Condorcet (III); Bailly (X); Volney (VII ; ilamond (X); Ducis(VI).

De la Poésie de la nature, de la Poésie du foyer et de la famille .Saint- Lambert, Boucher) (XI); William Cowper ou de la Poésie domestique (XI).

Révolution. — Mirabeau IVj ; Sieyès tV] ; Baruavc(l! ; Camille Desmoulins (III ; Saint-

(') Une Nouvelle galerie des femmes ci- I8B*. libres a été publiée par M. Sainte-Beuve en

THI

Jusl ( V); André Chénier (IV); Le Rrun-Pindare (V); Mollet du Pan (IV;.

Dix-neuviéme siècle. — Portalis (V); Rocderer (VIII); Fiévée (V); Napoléon (I); le maréehal Marmont ;V1) ; M. de Fezensac (I); Chateaubriand (I, Il et X); Joseph de Maistre

(IV) ; De Ronald (IV) ; Felclz, Geoffroy. Hoffmann, Dusault(l); M. Jouberl (I); PariselO); Raynouard (V); Etienne (VI); Arnaull (VII); Michaud (VII) ; M™ Sophie Gay (VI); Droz (III); Daru, Picard, Alexandre Duval, Andrieux (IXt; M. Walckenaer (Vf ; Paul-Louis Courier (VI); Réranger II); Théodore Leclerq (III); M. de Lamartine (I cl IV) ; MM. Villemain et Cousin (I et VI); M. Guizot T); François Arago ;X); M. Thiers (I); M. Mignot (VIII); Armand Carrol iVI); M. de Brogliedl); M. de Rémusal (Vf) ; M. de Stendhal (Henri Revle (IX); M. Prosper Mérimée (VII); M. Saint-Marc Girardin I ; M. Alfred de Musset (I); Mm« Emile de Girardin (III); H. de Balzac (II); M. Jules Janiu (II etV); l’abbé Gerbel (VI): M. de Montalemhcrt (l! ; le Père Lacorduire (I); Mme la duchesse d’Angoulémc

(V) î M™* Récamier (I); George Sand ,1); De Lalouche (III) ; Bazin II); Léopold Robert iX); Hégésippc Moreau (IV); Jasmin (IV); ToplTor (VIII); Pierre Dupont (IV); M. Donneliaron (X ; M. Gratet -Duplessis (IX).

Qu'eu- ce qu'un élastique ? (III) ; Lectures publiques du soir (1) ; lie la poésie et îles Poètes en 1832 (V ; Us Regrets (VI ; De la question des Théâtres (1); Rapports de la Commission des primes à décerner aux ouvrages dramatiques IX et X); Instruction générale sur l’exécution du plan d’études de M. Forloul (XI*.

Aujourd’hui, en y comprenant les Mouveaux lundis , on pourrait plus que doubler cette liste î

io° Éludé sur Virgile. Paris 1857, in-o".

Première parlie du cours de poésie latine qni devait être professé au Collège de France.

IC" Nouveaux: lundis. Paris, 1801- 1801), 10 vol. in-12*.

17° Discours prononcés au Sénat.

Ptiris, Garnier, 1807, in-12°.

18 Collaboration au journal Le Temps, 5 parlir du mois de janvier 1809,

M. Sainte-Beuve, dit M. Bourquelot (La lilt. française contemporaine, t. VI, p. 2921, est l'auteur des notices biographiques et littéraires qui précèdent les ouvrages suivants:

J. -G. Farcy ,Retiquiœ (1831, gr. in- 1 8 ; OEuvresdc Molière (183R-4842, gr. in-8° et S vol. gr. in-8°); Paul et Virginie, par Bernardin do Saint-Pierre (1836. gr. in-8°) ;

OEuvres de Fonlanes (1839, 2 vol. in-80) ; Histoire de Manon Lescaut et du chevalier des C.rieux, par l’abbé Prévost (1839, 1844, in-18); Contes de Ch. Nodier (1840, in-49: ; OEuvres de Mm* de Souza (4840, in-18) ; OEuvres choisies de Joachim du Bellay (1844 , gr. in-8°) ; Poésies , par M1»' Desbordes- \almore (I842,in-I2°); Gaspatd de la nuit, par Louis Bertrand (1842, in-8u) ; Galerie morale, par M. le comte de Ségur (1843, in-12°); Etudes littéraires , par Charles Labiltc (4846, 2 vol. in-8°); Rosa et Gertrude, par Rodolphe Toplfer (1846, in 12°); Lettres de M,le Aissé à MmnCalandrini(1846,in-l8°). — lia fait précéder de Uttres : Maladie et guérison , retour d'un enfant du siècle au catholicisme , par J.-L. Tremblai (1840 , in-8°); Essais en prose et poésie, par Marie- Laure (M"» Grouard)(l844, in-l2«); — et de préfaces : Valérie , par M"’" de Krudner (1840, 4846,in-l2°*; Corinne, ou l'Italie, par M",e de Staûl (1842, in-42") ; Delphine, par la même (4842, in-I2°). — On lui doit un Jugement littéraire sur Arthur, par Eugène Suc, 1840, 2 vol. anglais); un Eloge de Casimir Ürlarignr, en tète de ses œuvres complètes ( 1845 , 6 vol. in-8°j ; des Fragments sur Manou Uscaut, joints à la suite de r histoire <lu chevalier des Grieu.r et de Manon Uscaut, par MM. Jules Janin et Arsène Houssayc ,1847, in— 1 6'-. — Outre ses articles de critique, reprodnits pour In plupart dans les recueils précités, M. Sainte-Beuve a publie dans la Revue des deux mondes quelques nouvelles (J/™* de Pomivy , 4837; Christel, 1839), des poésies, etc. — Il a travaillé ii I Artiste, au Keepsnke français, au Dictionnaire de. la conversation et de la lecture, à V A theuœum français, etc.

Il existe un grand nombre do notices biographiquesouliltérairessurM. Sainte-Beuve.

Les plus récentes no sont pas les meilleures. Nous n’en citerons que deux, qui remontent à plusieurs années de date: celle deM. Louis de Loménie, dans la Galerie des contemporains par un homme de rien.e t un article de Gustave Planche, inséré daos le premier volume de ses Portraits littéraires.

Tl»tm UH (FlUNÇOIS-Gl'II.I .Al'MF.-Jo sepii), né à Dolhain-Limbourg le 8 novembre 1808, fil de brillantes éludes an Collège (iiKtgiKïcumltiude, 13 août 1 828) et à l'Université de Liège (candidat en droit le 10 juillet 1830, summtï eu ut I ftude; docteur le U juillet 1832, avec distinction). Il s'établit à Verviers comme avocat; en 1835, ridée lui vint d'ouvrir gratuitement un cours de droit commercial i l'Kcole industrielle de cette ville.

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A peine eut-il le temps de le terminer : un arrêté royal du 4 avril 1856 lui conféra le litre d’agrégé à la Faculté de droit de l’Université de Liège, et lui conlia le cours de droit public. L’année suivante, M. le professeur Lambert Ernst (v. ce nom) ayant été autorisé à renoncer au cours de droit naturel, M.Thimus fut désigné (arrêté ministériel du 12 juillet 1837) pour remplacer le démissionnaire, tout en conservant d'ailleurs ses premières attributions. Il fit partie de l’ancien jury centrale!! 1842etenl843.

à titre de membre suppléant. Tout d’un coup, soit convenances personnelles, soit lassitude de l'enseignement, il détourna ses regards des perspectives qui s’ouvraient devant lui , sans abjurer d’ailleurs le culte delà science, comme le témoignent les publications qu'il a faites depuis lors. Désirant entrer dans l’ordre judiciaire, il fut déchargé, sur sa demande, par arrêté ministériel du 14 décembre 1843, du cours de droit naturel et du cours de droit public. Le 2 mai 1845, un arrêté royal le nomma juge de paix du canton de Herve ; il occupe encore aujourd'hui ces fonctions.

Il est membre du Conseil communal de Baltiee depuis le 22 août 1848; élu membre de la Commission administrative des hospices civils de Herve le 22 décembre 1860, il a résilié en 1866 ces dernières fonctions. M. Thimus a publié :

!u Considérations sur l'origine et l'Itistoiredujury( Kevue belge, t. VU, 1837).

2° Manuel de droit naturel ou de philosophie du droit. Liège, Dessain, 1839, un vol. grand in-8°.

5° Traité de droit public, ou Exposition méthodique des principes du droit public, de la Belgique ; suivi d’un appendice contenant le texte des principales lois de droit public. Liège, Dessain, 1844, 1846 et 1848, 3 vol. grand in-8°.

C>st le premier traité complet qui ail paru en Belgique sur celle matière. En tête «lu tome 1 se trouve un précis de notre histoire constitutionnelle ; vient ensuite une étude sur le droit public philosophique ; enfin le corps de l'ouvrage est intitulé: Droit public

( 1 ) V. l’art. Ernst (J.-G.-J.).

positif. L'auteur s'attache moins à commenter la Constitution qu’à exposer un corps de doctrine.

4° Du contentieux administratif (Revue de l'administration et du droit administratif de la Belgique, 1. 111 ; Liège, Dessain).

Vnn lire» (Uicmard), $:,né à Nimègue le 24 mai 1797, fit ses études à Utrecht, où sa mère était venue résider en 1804, après la mort du chef de la famille. Il y fréquenta successivement les écoles dites françaises et les classes du gymnase ; en 1813, il prit ses inscriptions il l’Université, comme étudiant en médecine. Il y a des vocations irrésistibles. Sans être infidèle à Escutape, le jeune étudiant se sentait plus particulièrement attiré vers la science d’Archimède, et il consacrait toutes ses heures de loisir it faire des mathématiques. (1 sut mener de front les deux coursiers de son char : en 1819 ,il subit l’examen de docteur en sciences, et il était sur le point de franchir la dernière barrière qui le séparait du doctorat en médecine, lorsqu'en 1821, le gouvernement des Pays- Bas, appréciant son aptitude pour les sciences exactes, le nomma professeur extraordinaire à la Faculté des sciences de l’Université de Liège. M. Van Bees accepta cette marque de confiance avec d’autant plus de joie, qu’elle lui donnait la liberté de poursuivre désormais exclusivement ses éludes favorites. Le Conseil académique de l’Université d’Utrecht, à cette occasion, lui décerna le diplôme de docteur en médecine, honoris causâ. — De 1821 à 1850, M. Van Rees enseigna, à l’Université de Liège, les mathématiques élémentaires, les mathématiques transcendantes et la mécanique analytique. En 1825, il fut promu au rang de professeur ordinaire.

Il revêtit les insignes du rectoral pendant l’année académique 1826-1827 (').

— Rentré en Hollande à la fin de 1850, sous le coup de l’arrêté du 16 décembre, il fut adjoint, dès l’année suivante, à la Faculté des sciences de l'Université

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d’IItrecht ; les souvenirs qu'il avait laissés en celle ville, la réputation qu’il sciait faite à Liège, tout devait lui donner l’espoir d’une prochaine nomination délinilive, et cet espoir se réalisa. Jusqu’en 1878, il lut titulaire du cours de mathématiques élémentaires.

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