‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 15 sur 351 · LXX1II · texte numérisé non relu

LXX1II

Il y aurait injustice à ne pas reconnaître qu’on a l'ait tout ce qu’il était possible de faire pour tirer bon parti de la situation. Une excellente mesure prise en 1849, par exemple, c’est la création de l’examen d'élève universitaire , remplacé depuis, après une suppression de quelques années, par l’épreuve de gradué en lettres. L’institution du jury offre moins d’inconvénients pour les élèves sortant de rhétorique que pour ceux qui ont décidément abordé les hautes études; dans tous les cas, on a fait preuve de sagesse en donnant un avertissement aux familles trop aisément tentées, de nos jours, d’engager leurs enfants dans les carrières libérales, alors qu’ils ne pourraient qu’y végéter, en supposant qu’ils parvinssent à terminer leurs éludes. On a vu aussi un danger social dans l’encombrement de ces carrières; on s’est dit que la seule, ressource des avocats sans clientèle était dé’sc joindre quand même aux mécontents, dans un pays de liberté où cette altitude, à elle seule , peut être un moyen d’acquérir du relief. Ce sont les mêmes vues qui ont déterminé en 1850 l’institution des écoles moyennes , établissements tout pratiques destinés à la classe qu’on est convenu d’appeler la petite bourgeoisie. Soumettre à un même programme d’études tous les élèves pour lesquels l'instruction primaire n’est pas suffisante, c’estexposereeux qui doivent, le plus tôt possible, racheter les sacrifices de leurs parents, à n’aborder la vie pratique qu’avec des connaissances incomplètes dont ils ne sauront que faire; c’est aussi induire en erreur ceux qui, séduits par des succès de collège, se trompent sur leur vocation et sont aisément disposés h rougir de la condition où ils sont nés. Offrir à chaque catégorie de jeunes gens le genre d’éducation qui lui convient, arrêter au seuil de l’Université ceux qui 11e le franchiraient qu’au détriment de la société et d’euxmèmes, rien ne pouvait être plus opportun et plus prudent. La loi de 1849 sur l’enseignement supérieur et la loi de 1850 sur l’enseignement moyen, ne fùt-ce qu'à cet égard, doivent être accueillies comme de véritables bienfaits.

L’enseignement supérieur n’a point tardé à se ressentir de leur influence, notamment les Facultés de philosophie. Comme il est convenu qu’*7 n'y a plus d'enfants , on avait vu sur nos bancs des phénix

Page 1