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le véritable étal des pauvres , de nombreux matériaux dans lesquels le gouverneur puisa plusieurs dispositions essentielles de l'arrêté du 26 octobre 1826, notamment l'article 20, qui affecte les bénétices des Monts-de-Piélé au remboursement des emprunts faits par eux à titre onéreux (’ ). La question des banques de prêt l’occupa toute sa vie. Dès le 26 juin 1815, il avait formulé lin Projet pour le placement des fonds versés aux ilonts-de- Piéti et provenant des biens communaux vendus sous l'Empire, il proposait l’institution d’une caisse d’escompte.
Son idée ne fut point goûtée : « L’existence d’une banque de ce genre, écrivait le commissaire-général du gouvernement, ne pourrait que nuire au développement des ressources et du crédit de la banque d’Amsterdam, si elle venait par la suite à étendre ses ramifications en Belgique. » L’Académie royale du Gard couronna, le 2t décembre 1828, un mémoire d’Arnould sur l'adjonction des caisses d épargné aux Monts-de-Piété, idée digne sans contredit de l’attention des économistes, renouvellement et perfectionnement des combinaisons imaginées par les créateurs des établissements de prêt sur gages (*). Une administration semblable fonctionnait à Natz depuis 1820; toutefois les journaux français eux-mêmes ont reconnu que le mérite d’avoir le premier élaboré un système complet revient décidément à ï). Arnould (’). M. Courtct de l’isle a saisi depuis lors (1839) l’Académie des sciences morales et politiques d’un projet conçu dans le même sens ( 4 ) ; le problème n’est pas encore pleinement résolu ; mais les hommes compétents n’ont pas cessé de le prendre au sérieux Dans une autre période de sa vie, Arnould, vice-président de la Commission administrative du Monl-dc- Piété de Liège, revint encore sur ses
{*) Nécrologe Liégeois, pour 1860, p. 6.
(*| V. les Eludes historiques ei critiques de M. P. de Decker sur les Monts-de-Piété en Belgique. Bruxelles, 1844, in-8°.
(*) V. entr'autres le Siècle du 25 octobre
(*) V. le Rapport de M. Blanqui, et fou-
anciens plans, invoqua l’expérience de plusieurs Monls de Belgique et de France, et attira l’attention publique sur la constitution de la banque d’Angleterre, qui est à la fois banque de prit et d’escompte, de dépôt et de circulation. Mais d'autres améliorations d’une urgence plus généralement sentie réclamèrent la meilleure part de son activité, et ici le plus brillant succès couronna ses efforts. Les commissaires jurés du Mont-de-Piété de Liège rappelaient, par leurs exactions , le mauvais temps des Lombards et des Caoursins; il en fit décréter la suppression, et décida la création des bureaux auxiliaires qui, composés d’agents de l’administration et soumis aux mêmes règlements et au même contrôle que le bureau central, ne perçoivent que l’intérêt des sommes prêtées. 11 mit ainsi un terme à l'usure clandestine qui rongeait les malheureux emprunteurs et contribuait à la démoralisation des classes populaires. Ces mesures et d’autres non moins importantes, déjà réalisées ou seulement en projet, firent l’objet, en 1815, d’un volumineux rapport au Ministère de la Justice, qui avait chargé Arnould , l’année précédente, de visiter tous les Monls-de- Piété du royaume, et l’avait nommé membre de la Commission instituée pour chercher les moyens de réorganiser ces établissements. Ce rapport, publié à Bruxelles en un vol. in-8°, est non seulement l’œuvre capitale d’Arnould, mais le travail le plus approfondi et le mieux raisonné qui ait paru en Belgique sur la matière. La commission n'adopta pas sans réserve les conclusions de l'auteur ; néanmoins on peut faire honneur à celui-ci de la plupart des innovat ions consacrées, depuis, par la loi du 30 avril 18i8. On trouvera plus bas l’indication détaillée de ses écrits sur les Monts-de-Piélé : il est temps de dire un mot des services
vrage même de M. Courtct, intitulé : Du crédit en France et de quelques moyens de prospérité publique. Paris 1839, in-8°. — Cf. Blaize, Des Monts-de-Piété et des banques de prêt en France, en Anglrterre,en Belgique, en Italie, etc. Paris, 1843, in-8# (nouv. éd. en 1848).