‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 28 sur 351 · RA K · texte numérisé non relu

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mant un vo). in-18% avec portraits ( En cyclopédie populo ire).

Bien que le titre ne porte que le nom de Baron, les dernières parties de cet ouvrage, à part quelques retouches, notamment en ce qui concerne Lngrange-Cliancel , sont exclusivement ducs à M. Aug. Morel, d'Etampes, réfugié politique à Liège, où il a laissé les plus honorables souvenirs (U. Capitaine}.

3î>° OEuvres complètes de A. Baron.

Bruxelles, Decq, 1853-1800, 5 vol.

in-18.

Les œuvres complètes de Baron devaient former douze volumes ; il n'en a paru que cinq, dont voici les sommaires : T. I. De la llltélorique (I883j ; T. U. Epllre aux Pisont, traduction en vers, avec introduction c< commentaires (1807). Dédicace à M*r le comte de Flandre ('); t. III. Callinus et Tyrtêe ; Etudes sur Euripide et Aristophane ; t. IV et V. Mélanges en prose cl en vers : épîtres, traductions, discours, variétés historiques et littéraires, actualités, etc., « le tout parfois sérieux, plus souvent bouffon », dit le prospectus ;18ü0j. Le t. Vdevaitcomprendro la critique et l’histoire des beauxarts ; les t. VII à XIII étaient réservés à 17 Usioire de la littérature française. L'auteur annonçait les quatre derniers volumes comme entièrement inédits ; il n’est pas probable qu'ils voient jamais le jour.

36° Epitre d'Horace aux Disons, traduction en vers français. Bruxelles, Hayez, 1854, in-8°.

Celte traduction, plusieurs fois remaniée, surtout dans la première partie du poème, est sans contredit, au point de vue de l'élégance et de la concision, une des meilleures que nous possédions de l’œuvre didactique d’Horace. Elle a paru dans les Bulletins de l Acad. roy. de Belgique, l. XXI-£, p. 787- 806 (voir le n° 36).

37° Concours de. poésie française et flamande. Bruxelles. Dellombc, 1855, in-8°.

Bapport sur les pièces françaises envoyées au concours de poésie institué à à l'occasion du XXVe anniversaire des journées de septembre 1830. (Extr. du Moniteur).

38" Le marquis de Sy et M. Poupar.

Lettres de A. Baron et de M. Sylvain Van de Weyer. Londres, 1857, in-K

(*) V. une anecdote au sujet de celte

Lettres extraites des mélanges de la Société des Bibliophiles de Londres, tirées à part à 80 exemplaires. Il y est question d’une traduction en vers de l'An poétique d'Horace, successivement attribuée au marquis de Sy et à Poupar.

39° Un type bruxellois (anonyme).

Bruxelles, Polack, 1857, in-32.

Notice intéressante par A. J. Mattau , inventeur du Mattauphone et <• mystificateur émérite. »

40° Collaboration ît des recueils périodiques, à la Gazette oflicielle (1822- 1829), à l 'Union belge , qui précéda le Moniteur (octobre 1830 — mars 1831), it ['Indépendant (1830-1851), au Courrier belge (1832-1839!; plus tard, à ['Observateur , à ['Indépendance , au Journal de Liège, etc. ; à la Revue Belge : ['Etude sur Aristophane , 1830, t. 1 ; à la Revue de Paris (Les exilés à Bruxelles, 1831 ; deux articles sur la poésie militaire, 1831 et 1832; Euripide esprit fort, 1853); au Recueil encyclopédique belge (De l'éloquence politique, t. III, 1853; Aperçu historique de l'art dramatique, t. IV, 1851) ; à la Belgique littéraire et industrielle (Demi-voix , romance, 1837); au Bulletin du bibliophile belge (Correction typographique, à propos d’une édition de Bossuet, t. Il, 1815; L'abbé Colin — Lettre sur la ménagerie, à M. A. Scheler, t. XIII, 1813); à ['Alhenæum français (Comptes rendus du Dictionnaire étymologique, wallon de M. Ch. Grandgagnagc.nL, de l’élude de M. Sylvain Van de Weyer sur d’ilèle; Notice sur la clef du cabinet, journal du XVIIIe siècle, art. également résumé dans le Bulletin du Bibliophile, t. XII); aux Annales de l'Académie d’archéologie d'Anvers (sur l’ouvrage de M. de Coeckelberghe-Dutzeele : Théorie complète de la prononciation française.

Vienne, 1850, in-8», t. VIII); à [alterne trimestrielle de M. Van BemmelfAndi»

Théâtre français, par M. Viollcl-Leduc , t. III; les Oiseaux d'Aristophane, étude politique, t. IV : c’est le complément de l’article publié en 1830 dans la Revue belge; Vers écrit sur l'album de M'"e Marie T , t. IV; Voltaire, t. XIV;

dédicace dans Van Bemmel, p. 3(1.

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Vers sur l’album (le Mm* A. Renée, t.

XX}; enfin, aux Mémoires de la Société libre d'Emulation de Liège (Rapport sur un concours de /mésie, t. I , 1860Î. — « Baron doit avoir également publié des articles littéraires dans le Globe de Paris (1827-1828), dans les Annales du Musée de Bruxelles, dans la Revue universelle (\ers 1832), dans V Artiste (vers 1853) et dans le. Moniteur de l’enseignement,en 1855. Bien que son nom figure sur la liste des collaborateurs de la Re rue belge (1835-1 845!, de la Revue de Belgique (1840-1850) et de la Belgique communale (1847), nous croyons qu’il n’a pris aucune part à la rédaction de ces recueils » (U. Capitaine).

41° Dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique : T. XI et t. XIV, trois fragments du traité de la Rhétorique (V. fa Revue de Liège de 1847); Rapport sur les cantates envoyées au concours de composition musicale de 1847 (t. XIV-lï; Rapport (négatif) sur le mémoire envoyé en réponse à cette question : Quelles sont les limites de la science, d'un côté, et de l'art, de l’autre, dans la reproduction des formes extérieures? ,l. XlV-2); Id. sur le Mémoire de M. Bock : L'Église des Apôtres à Constantinople (l. XV-2) ; sur les cantates présentées au concours de 1851 (t. XYIII-1); le Discours mentionné ci-dessus, n° 35 ( Ibid Rapport sur le mémoire de M. Griffith : Le temple de Yesta à Tivoli (t. XVII I-2!; l’.trf jwétique d’Horace, fragments de traduction (t. XIX-I et XIX-2) ; Sur le Médecin malgré lui de Molière, à propos d’une trouvaille concernant cette pièce (t.

XIX-2}; ien°36(v. ci-dessus), t.XXI-2; Epigraphes jtour le palais épiscopal et jtour l'église S'-Jacques à Liège (t.

XXIV-2»; Rapport sur les pièces françaises du concours de poésie institué à l'occasion du 25' anniversaire de l’inauguration des chemins de fer (t. VU, riouv. série, 1859).

Les Bulletins mentionnent encore deux propositions émanées de Baron, l'une ayant pour but d’attirer l'attention de M. le Ministre de l’intérieur sur la décadence de l'art dramatique en Belgique (t. XIV 2 cl XV-1); l'autre, faite de concert avec M. Daussoigne- Méhui, demandant que le concours de can-

tates soit supprimé et remplacé par un certain nombre de sujets à traiter (l. XXIV-2).

Baron possédait une très-riche bibliothèque littéraire, qui a été malheureusement dispersée après sa mort. Les traits de l'éminent professeur-académicien ont été plus d’une fois reproduits; on cite notamment un bon portrait (par X ieillevoye, directeur de l’Académie des beaux-arts de Liège, mort en 1855) et deux bustes, l’un par M. C. A. Fraikin (18461, l’autre, commandé A M. A.

Catlier par le Gouvernement, pour être placé dans la salle des séances publiques de l’Académie.

Bekkcr (George-Joseph) naquit à Waldurn (Grand-Duché de Bade! le 22 septembre 1792, et mourut à Liège le 27 avril 1837. Frappés de ses heureuses dispositions, ses parents rassemblèrent leurs modiques ressources pour l’envoyer aux meilleures écoles, et, comme il y fit de rapides progrès, s’imposèrent des privations afin de le placer à l’Université de Heidelberg. Là , le jeune Be.kker apprit A se passionner pour l’antiquité classique : il suivit avec avidité les leçons des maîtres les plus célèbres ; mais, voué lui-même A l’enseignement, il s’adonna spécialement à la philologie et se pénétra des méthodes de Jahn et de Crcuzer. « Il » s’était fait en quelque sorte citoyen » d’Athènes et de Borne. » dit le baron de BeifTenberg, dont nous résumons la notice ; « malgré la générosité de » son Ame, il prit peu de part aux pro- » jets de ses camarades, qui voulaient.

» en chantant les hymnes de Borner et » d’Arnim, reconstruire l’antique Ger- » manie. Il ne connaissait bien, à vrai » dire, que la Germanie de Tacite. » Le baron de Geer, qui fut chargé en 1817, par le gouvernement des Pays-Bas, de recruter des professeurs pour les Universités que l’on proposait de fonder en Belgique, avait étudié et voyagé en Allemagne. La manière d'enseigner de ce pays était, selon lui, préférable à toutes tes autres. Il se rendit dans le Grand-Duché, de Bade et en ramena entr’autres Bekker , qui fut nommé d’emblée professeur de littérature an-

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cienne à l’Université de Louvain j ' ).

Bekker avait le don des langues ; il s’exprimait en latin avec une merveilleuse facilité ; il n était pas moins habile comme helléniste (*), et dans l’interprétation des textes les plus obscurs, c’était un véritable OEdipc. Il était surtout l’ennemi des à peu près ; il habituait ses élèves à n’être contents d’eux-mêmes qu’aprôs avoir pénétré jusque dans les moindres détails d’une question. Les Hubnkenius, les Homsterbuis et les Wvltcnbach étaient ses modèles : école savante, un peu trop trop formaliste peut-être, mais trèscapable de discipliner les esprits et de former le goût, amoureuse qu’elle était de la pureté et de la correction du style. Bekker avait trop de sérénité dans l’âme et des habitudes intellectuelles d’un ordre trop élevé pour tomber dans le pédantisme ; mais il savait étaler a l'occasion une gravité magistrale, ce qui ne contribua pas médiocrement à le faire réussir en Hollande, « pays où » le sérieux est déjà du mérite. » Pa-

tient et persévérant, il avait tenu, dès son arrivée dans les Pays-Bas, à se faire pardonner sa qualité d’étranger.

« Un an ne s’était pas écoulé qu’il par- » lait le français et le flamand ; et » bientôt, non seulement il sut les » langues en grammairien, mais il en » posséda tous les dialectes et les idio- » tismes populaires, incompris souvent » par les indigènes. » Député à Leyde, à l’époque du jubilé de l'Université de cette ville, il s’exprima en hollandais en termes si choisis et en même temps si naturels, qu’on le prit pour un Batavc pur sang. L’austérité de sa méthode d’enseignement ne l'empêchait pas de se dérider à l’occasion. Ce fut par l'arme de la plaisanterie, maniée d’ailleurs avec réserve et discrétion, qu’il combattit les idées de Jacotot qui faisait alors flores à Louvain. Tandis que Dumbeek tonnait dans sa chaire contre l'enseignement universel, Bekker se contentait de copier l'émancipateur en comédien consommé (’) Ces sorties innocentes ne l'empêchaient pas d'être

{') Nous croyons devoir reproduire ici, dans l'intérêt de la justice, les remarques très-sensées auxquelles se livre le biographe de Üekkcr , à propos de la sensation fâcheuse que produisit d’abord, dans notre pays, l'apparition de tous ces étrangers, dont la réputation n'était pas encore faite, et qui ignoraient nos usages et notre langue. » Quelques-uns, il faut en convenir, justi- » fiaient jusqu’à un certain point ces pre- » vendons. Mais le plus grand nombre ob- » tinrent rapidement destitresànolrerecon- » naissance. Eclairés par l'expérience, nous » sentons aujourd'hui qu'il n'est pas si aisé » de remplacer ces hommes utiles qu’on l'a-

* vail cru d’abord , et que les Bekker , les » Birnbaum, les Dumbeek laisseront encore » longtemps un videdifllcileà remplir» (N'oublions pas que ceci a été écrit en 18.38.

* A leur arrivée en Belgique, une réforme » dans l'enseignement était urgente. Les » lycées avaient été surtout destinés à for- » merdes artilleurs et des soldats. La phi- » losophic cl la littérature y étaient aussi » milles que dans les Académies, succur-

* sales de la grande cl despotique Univer- » silé de Franco, organisée militairement, » comme le reste de l'Empire , avec ses gé- » néraux, scs officiers, scs fantassins et ses » goujats. — Ces Allemands que les jour- » naux avaient pris pour leur point de mire,

« en nous accoutumant aux éludes graves, » profondes, nous apportèrent les trésors » que la science avait accumulés dans leur » patrie. Leur plus bel éloge est dans leurs » élèves. Que les hommes les plus distin- » gués do l'époque actuelle sc lèvent et » qu'ils disent s'ils ne doivent pas à leurs « maîtres la meilleure part de leur succès. » ( Annuaire d e l'Académie royale de Bruxelles, 1838, p. 69 et 70).

(*) « Je me souviens, dit M. de Reiffcn- » berg, que le ministre Falck (qui faisait « grand cas de Bekker) , assistant, à Lou-

> vain, à un dîner rectoral, M. Van ilulthcm, » l'un des curateurs de l'Université, prit la » parole, se Ut apporter une bouteille de » vin national, celui-là même que M. An- » door montra au salon de l'industrie à » Gand, en offrit majestueusement quelques » précieuses gouttes à toute l’assemblée, et » invita Bekker à en faife l’étoge en grec. » L'invitation fut acceptée aussitôt : le docte * professeur porta, en l'honneur de cc que » M. Falck appelait le poison de Wesemael,

> un toast dans la langue qu'on parlait au » banquet de l'Ialon et à celui d’Athénée. »

(’) Bekker était un mime parfait; c'était au coin du feu qu’il fallait le voir. Quelques heures avant d'expirer, il s'amusa eucore à contrefaire le ton d'importance de l ‘artiste qui lui appliquait des sangsues.

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habituellement d’une timidité extrême, défaut qu'il devait sans doute à l'isolement où il avait passé son enfance, au sein d’une famille obscure, enfoui pour ainsi dire au fond d’un village perdu. A Louvain même, il vivait plutôt en écolier qu’en professeur, dans une petite chambre, au milieu de ses livres Les services qu'il rendait en cachette à des élèves indigents, les frais do ses voyages en France, en Allemagne, en Italie, pour visiter les savants et les collections , en un mot pour se distraire en s'instruisant ; ses achats d’ouvrages nouveaux, enfin, constituaient ses seules dépenses somptuaires. Il contracta dans son pays natal un mariage des plus modestes ; il concentra sur son fils unique tous ses soins et toute sa tendresse, et le perdit malheureusement en 1834, après dix ans d’espérances. Cet événement, dit le baron de Reiffenberg, étroitement lié à cette époque avec Bokker, le frappa dans les sources de sa vie.

En 1830, il avait songé îi résilier ses fonctions ; il ne les conserva que sur les instances de l'ami que nous venons de citer. Quand l’Université de Louvain fut supprimée, l'un et l’autre vinrent à Liège. Bekker fut nommé recteur pour l'année académique 4835-1*50 ; « et » par sa douceur, par son caractère de » conciliation, il sut applanir les dilli- » cultes qui naissaient d'un ordre de » choses que tout le monde n’avait pas » désiré cl qui froissait bien des inté- » rèls.» Bekker était foncièrement bon; mais sou indulgence était clairvoyante et sa bienveillance active, il se faisait remarquer par une rare politesse et par un sentiment délicat des convenances. Dans l'intimité, lorsqu’il n’était pas consterné par les regards de la foule, la vivacité de son esprit se révélait, et sa conversation étincelait de verve et d'aimable malice. Il n'était pas beau : si le portrait qu'on a publié de lui ( 1 ) est lidèle , il avait quelques traits de la race tartare. Mais l’expression de finesse et d'intelligence répan-

( ‘ ) Dans l 'Iconographie des Universités , lithographiée par Lemonnier.

due sur ses traits, surtout celle de la bonté, rendait singulièrement avenante cette ligure anguleuse.

« Des palpitations de cœur chaque » jour plus violentes et un affaiblisse- » ment rapide de la vue furent les » signes précurseurs de sa Un. Fohmann » (v. ce nom), qui devait bientôt le » suivre dans la tombe, venait le con- » soler et réveiller son aimable causli- » cité. Des chagrins domestiques plus » vifs lui causèrent une secousse fa- » talc. » Le baron de Reiffenberg fut présent h ses derniers moments et reçut de lui les plus touchants témoignages d’affection. Le moribond se parlait tout haut à lui-même ; tout d'un coup il entonna, d'une voix creuse, le chant d’adieu des étudiants allemands quand ils quittent l'L'niversilé. « Ce monde, en effet, n'avait été pour lui que sa classe ; une heure plus tard, il l avait quitté pour un monde meilleur. » Ceux qui l’avaient mal jugé lui rendirent justice quand il ne fut plus ù côté d’eux. Sa mémoire resta particulièrement chère ù ses élèves. Et. Rénaux, entr'aulrcs, se fit l’éloquent interprète de leurs regrets dans un morceau de poésie qui fut très-remarqué (*).

Bekker écrivait lentement et visait à une perfection minutieuse ; en outre, ses études s'adressaient surtout ù ses disciples ; ainsi s’explique le peu d’étendue de la liste de ses ouvrages. En revanche, les soins infinis qu’il consacrait à revoir les travaux des jeunes gens qui lui étaient confiés permettent de compter parmi ses titres à l'estime les dissertations très remarquables de plusieurs d’entre eux, dissertations recherchées par les savants, même de premier ordre. Telles sont celles de MM. Baquet, sur Chrysippe et sur Dion Chrysostome; Van der Ton, sur le traité deSenectute; Kaieman, sur les Ephètes; Bernard , sur les Archontes : Boulez, sur Carnéade ; Schmitz d'Aix-la-Chapelle, sur le Panai hémique d'Isocrale ; Thiry d’Ath, sur Diogène deBabylone, et beswert de Louvain, sur Héradide

(*) Reproduit dans te J lut du pays.

Liège, 1842, in-8‘>, p. 35-40.

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de Pont. Voici l'énumération dt* ses propres travaux (d’après le baron de Reiffenberg) :

1° Spécimen varinrum leclionum et observât ionum in Philostrati vilœ Apolloiiii librum primum, cdidil et scholiastam grœcum User. ad septem libros priores adjecit G. -J. Bekker, Walldura- Badensis, philos. DT, seminarii philologici Heidelbergœnuper soda lis; accedunt Friderici Creuzeri annotationes. Heidelberg, A. Oswald, 1818. in-8°.

Rekkcr projetait une édition complète de PhiloslraU. Ses notes et ses collations ont été remises après sa mort à M. G. L. Kayser, de Heidelberg, qui en a tiré parti dans son volume des Vie» des Sophistes ( 't'Xaoulo j ♦iXoTrpxîoo /9iot ooçirrûv), publié en 1888 à Heidelberg, chez Mohr , in-8°.

2° Oratio de lectione auctorum grtrcorum eloquentiæ politicœ et forensis duce et magistra, Lovanii, 1823, in-4°.

Discours rectoral, inséré dans les Annales de t Université de Louvain.

5° Itudimenta lingvœ hebraiew ad usum alumnorum Collegii philosophici.

Lovanii. 1820, in-8°.

Cette grammaire est suivie de Loci è vetcrc Teslamento selecti , avec un Index vocabulorum.

4° Isocratis oratio admonituria ad Detnonicum . Accessit index verboruni grœco-latinum. Lovan. 1827, in-8°.

5° Odyssea Homerica, notis et indicibus illustrata. Lovanii 1820, in-8°.

Ouvrage classique, parfaitement approprié aux besoins de l'enseignement, cl connu sous le nom de petite Odyssée. « Quand il » vil le jour, un homme qui se croyait l’égal » de Rekkcr parce qu'il était son collègue, > et qui rédigeait un mauvais journal en » mauvais hollandais, osa imprimer que le » petit Bekker , au moyen de la petite Oilys- » sée, avait gagné GRANDE somme de de- » niers. On autre journaliste lui reprocha de » sucer le plus pur de la substance de la » jeunesse belge ! » (de Reiffenberg ).

0° Traduction allemande des Yitœ Sophistarum et des Epistolœ de Philostrale, pour la collection des prosateurs grecs publiée par Tafel, Osiander et Schwai.

7° Bcrnardi Iiatthusii Proleus Parthenius, curn disputaliouibus Enjcii Pu-

teaiti, ex édit. Antv. a. 1017. Accedunt Jacobi Eacciulati cita et acta lient a: MariœYirginis,ex cdil . Palav. a. 1764, et Oratio dominica 24 modis concinnata Lovanii 1835, in-52.

Bekker n’a ,été que l'éditeur de ce petit volume.

8° Dans les Heidclbcrger Jahrbüchcr, cinq articles de critique littéraire : sur la vie de Daniel Wyllenbach par L.

Mahne (1824, n°* G8 et 69; ; sur les opuscules de Ruhnkenius (Id. n°‘ 67 et G8) ; sur la Prosoiwgraphia Platonica de Groen van Prinslerer (1825, n®* 65, 64 et 65); sur les Anccdota Hemterhusiana (1826, n«20); enfin sur les Initia philosophies platonica de Van Heusdc (1850, 2e partie, n«* 983-1004).

9° Dans les Bulletins de l’Académie royale de Bruxelles :

a. Observations sur une prétendue médaille juive en l’honneur de Louis le Débonnaire, décrite par M. Carmoly (t. Il, 1835, p 43).

M. Chalon a réfuté l'opinion de M. Carmoly dans la Iteruc de la .\umi*niaiit]ue française (de MM. Cartier et de la Saussaye).

b. Examen d’un mémoire de M. Roulez, intitulé : Sur le Mythe de Dédale considéré par rapport à l'origine de l’art grec (Ibid., p. 208).

c. Sur une notice relative ù la Guerre phocéenne, attribuée aux historiens Céphisodore, Ephore et Anaximène de Lampsaque, et conservée par le conservateur de l’Ethique d'Aristote (Ibid.

d. Rapport sur l’ouvrage de M. Ph.

Rernard intitulé : Commentatio in Lysiœ orationem fnnebrem (t. 111, 1836, p 125).

10° De nombreuses notes (restées manuscrites) sur Téreme . Cicéron , Hérodote, Homère, Xénophon, Platon, Démoslhène, sur l’histoire de la philologie et sur l’histoire littéraire des Grecs et des Romains.

Rekkcr était membre de l’Institut des Pays-Bas et correspondant de l'Académie royale de Bruxelles (7 mai 1854).

— Il possédait une bibliothèque trèsremarquable (vendue en 1858) , dont le catalogue , rédigé avec un grand

soin par le professeur Tandel iv. ce nom), ami du défunt, a été publié en 3837 à Liège, chez Dessain, en un vol. in-8° de 134 pages , intitulé : Bibliotheca Uekkeriana.

Draneur (JEAN-BAPTISTE; , né à Esch-sur-l’Alzettc le 5 messidor an X (24 juin 1802!, mourut à Liège le 15 mai 18G8. Sa jeunesse fut austère, laborieuse, préoccupée ; il dut songer à venir en aide le plus lût possible à scs parents et à frayer la route à une famille nombreuse dont il était l’ainé ( 1 ). Il y réussit à force de volonté; mais il eut d’autant plus de peine à faire des études régulières, qu’à l’époque de la chute de Napoléon I, les établissements d’instruction publique se trouvèrent momentanément fermés. Les difficultés qu’il avait dû surmonter donnèrent une trempe particulière à son caractère ; il s’habitua à voir les choses en philosophe, à se concentrer en lui-même, à vivre en stoïcien. Ne pouvant se procurer aisément des livres , il mit en pratique l’excellente maxime : Non multa sed mullum. « Il restreignit ses lectures à quelques ouvrages profonds, dont il méditait l’esprit au point de se les assimiler complètement. La rudesse de son éducation première lui ôta toute idée de luxe, et le rendit même insensible au bien-être matériel que procure une installation confortable (*). « On jugera par un seul trait de la simplicité des mœurs qu’il avait conservée, même étant arrivé à une belle position de lortune : jamais de sa vie Brasseur ne s’assit dans un fauteuil »( *}.

Sa première éducation achevée, tant sous la direction d’un instituteur particulier, qu’au moyen de l’autodidaxic.

Brasseur entra à l’athénée de Luxembourg avec toute une légion de jeunes gens comme lui passionnés pour l'é-

tude : nous citerons feu, le grammairien Heiderscheide, M. Altmeyer, le savant historien, M. le général Weiler, M. Stehres , directeur du progymnase de Diekirch et auteur de livres classiques justement estimés. Sa philosophie achevée , il vint à Liège en 1824, suivit à l’Université le cours de métaphysique de Denzinger , les cours de M. Van Becs, de Vanderheyden, de Delvaux, de Dandelin, etc., dans la Faculté des sciences , et se lit recevoir en 1829, docteur en sciences physiques et mathématiques. Il passa l’année suivante à Paris, fréquentant les leçons de Binet au collège de France , à la Sorbonne celles de Cauchy,Thénard, Gay-Lussac, Biot, Douillet, Dulong et Hachette (professeur de géométrie descriptive) , allant s’initier, à l’école du soir , à la coupe des pierres et à la charpente, et s’y trouvant sans le savoir, aux leçons de Douliot, condisciple de M. Catalan (v. ce nom), son futur collègue à l’Université de Liège et à l’Académie royale de Belgique. Il rencontra dans les rues de Paris son compatriote Meyer, dont la condition était des plus précaires ; sa conduite à l’égard d’un ami dans le malheur fut au-dessus de tout éloge. Quand il repassa la frontière, en 1850. la révolution était un fait accompli. Brasseur s'établit à Liège comme professeur privé; à la suite de l’arrêté du 10 décembre, il essaya une première fois de se faire attacher à l’Université ; mais ses démarches restèrent sans résultat. 11 attendit et paya sa dette au pays en acceptant les fonctions de capitaine commandant de l'artillerie de la garde civique liégeoise.

Cependant , le gouvernement ne se montrant pas empressé de réorganiser les Universités de l’Etal, un moment vint où Brasseur ne se contenta plus de vivre d’espérances : il se fit nommer, en 1851, conducteur de 5® classe des

f) Celte nolice, rédigée avant la mort de Brasseur, a été complétée, depuis lors, par de précieux renseignements empruntés à l’éloge du défunt, que M. le major Liagre a fait paraître dans V Annuaire de V Académie royale de Belgique pour 1869.

(*) Liagre, p. 128,

(*) Ibid. Ce trait caractéristique a été rapporté à M. Liagre par un des fils de notre collègue, M. le lieutenant Brasseur, aujourd’hui inspecteur des études a l’Ecole militaire.

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ponts cl chaussées , et en cette qualité fut désigné pour surveiller les constructions navales qu'on se proposait d’exécuter à Boom. Ces travaux étant restés à létal de projet, on lui assigna la résidence de Louvain. La Faculté des sciences de rUniversité de cette ville venait d’être supprimée ; une Faculté libre eu tenait momentanément lieu ; Brasseur y enseigna les mathématiques élémentaires jusqu'en 1852, époque où le désir qu’il nourrissait depuis longtemps trouva enfin sa réalisation; il fut nommé lecteur à l'Université de Liège Chargé des cours de géométrie des criptive et de haute analyse appliquée à la géométrie, il prit pour base de ses leçons les doctrines de Monge, si fécondés en applications, et les exposa avec une précision et une netteté qui lui valurent la confiance et la considération de la jeunesse. La réorganisation de 4 85f> lui enleva le cours d’analyse pour lui attribuer en échange celui de mécanique appliquée ; il conserva le cours de géométrie descriptive (avec applications îi la coupe des pierres, ii la charpente, à la perspective et aux ombres); en un mol, il devint titulaire de la chaire qu’il occupa jusqu'à sa mort. Il lit en outre, pour les élèves des différentes candidatures, conformé ment à la loi de 1855, un cours de mathématiques élémentaires, qu’il partagea plus tard avec son collègue Noël (v. ce nom), cl qui fut supprimé lors de la mise en vigueur de la loi de 1819. La promotion de Brasseur â l’exlraordinariat date de 1857 ;ii fut nommé ordinaire en 1841. En 1858-1859, il avait rempli les fonctions de secrétaire académique. Le 17 décembre 1847.

l'Académie royale de Belgique le porta sur la liste de ses membres correspondants; le 14 décembre 4855, il fut élu membre titulaire de cette compagnie savante (section des sciences mathématiques et physiques). Il existait à Liège, depuis longtemps, une Société des sciences dont Pagani (v. ce nom) avait été l’âme, mais dont l’activité s’était singulièrement ralentie après

( 1 ) Discours prononcé par M. Spring. au nom de l'Academie, aux funérailles de Ùras-

le départ de ce mathématicien distingué. Brasseur s’entendit avec quelquesuns de ses collègues, MM. Spring, Lacordaire.ete., pour fonder une nouvelle association, qui est devenue la Société royale des sciences de Liège, sans contredit la plus importante de la Belgique après la classe des sciences de l'Académie royale de Bruxelles. Brasseur y remplit les fonctions de secrétairegénéral pendant plusieurs années ; lorsqu'il lui plut d'y renoncer, elles passèrent à M. Lacordaire, qui les occupe encore aujourd'hui. Brasseur était membte de la Société des sciences naturelles du grand-duché de Luxembourg depuis le 15 juin 18C4. Le roi Léopold I avait reconnu ses services en lui décernant, le 20 octobre 18( 0, la croix de chevalier de son ordre ; le roi des Pays-Bas, grand duc de Luxembourg, le nomma officier de l’ordre de la Couronne de chêne, le 19 février 1808. Brasseur fut d'autant plus sensible â ces marques de distinction, qu’il était sincèrement modeste et qu’il n’avait jamais cherché à se faire valoir. Il mettait peu d’empressement à publier lui-même ses travaux, ce qui l’a peutêtre frustré de l’honneur de la priorité qu'il aurait pu revendiquer dans la découverte de maint théorème de géométrie supérieure. L’est ainsi qu’il av ait démontré, sept ans avant la publication du premier ouvrage de Steiner (de Berlin), un grand nombre des propriétés nouvelles qui y sont exposées. En 1840, il avait montré, avant tout le monde, que les projections cotées peuvent servir de moyen de démonstration, et en avait fait l’application, avec beaucoup d’élégance, aux surfaces gauches ( ' ). Ses programmes de géométrie descriptive et de mécanique appliquée.

le premier surtout, sont des chefsd'œuvre de méthode et de concision lumineuse; mais son ouvrage capital est le Mémoire sur une nouvelle méthode d'application de la géométrie descriptive à la recherche des propriétés de l'étendue , qu’il fil paraître dans le l. XXIX des Mém. de l'Académ. royale

seur (Journal de Liège, 18 mai 18G8 .

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de Belgique. La méthode dont il s'agit, aussi simple* qu'originale , repose tout entière sur la proposition suivante, à laquelle l'auteur donnait, très-justement, le nom de Théorème fondamental : « Si l'on trace, sur une surface al- » gébrique, une ligne arbitraire, et » qu’on la projette orlhogonalemenl » sur deux plans, les points où les » deux projections de cette ligne se » rencontrent (sur l'épure) appartien- » lient a un lieu géométrique de même » degré que celui de la surface. « Au moyen de ce lemme évident, dit M. Catalan (’), Brasseur démontre, sans calcul, la plupart des propositions dont l'ensemble constitue la nouvelle géométrie créée par Newton, Pascal. Brianchon, Bobillier, Poncelet, Steiner et Chasles ; il n’a besoin, ni des faisceaux projectifs ou /tomographiques, ni des rapports an harmoniques de ces deux illustres géomètres; les démonstrations dont il fait usage sont si simples que, la plupart du temps, on les peut supprimer et se contenter de lire les énoncés des théorèmes : l'ordre dans lequel ils sont placés est tellement naturel, que ces théorèmes sont, comme on le dit quelquefois, intuitifs (' ). Le savant dont nous reproduisons le jugement n’hésite pas à déclarer que, # si Brasseur avait vécu à Berlin ou à Paris, son nom brillerait il côté de Sleiner et de Chasles, » et il lui décerne, sans craindre que la postérité ne ratifie pas cet hommage, le titre de Monge de Belgique. Brasseur a moins innové en mécanique qu'en géométrie descriptive, bien qu’il fût doué d’une aptitude incontestable pour les sciences d’application. Il s’y montrait d'une extrême prudence, s’attachant aux principes acquis, se préoccupant surtout de développer dans son cours les théories propres ;'t éclairer et à diriger

( 1 ) Discours prononcé au nom de la Faculté dos sciences, le 18 mai 1868 Ibid).

(*) Malgré sa grande modestie , ajoute M. Catalan, brasseur n’ignorait pas la valeur de cet admirable mémoire; il dit môme expressément : « Si Ion ne connaissait » d’autres applications du la géométrie de- » scriptive, on pourrait croire que la mê-

les travaux de l'ingénieur (’). Comme professeur, son talent fut à la hauteur de son savoir, et ce n’est pas peu dire. Il ne sc fil pas seulement estimer, mais chérir de ses élèves, qui appréciaient son zèle infatigable, sa patience et son dévouement. Ils le savaient foncièrement bon et bienveillant, mais avant tout droit cl intègre, étranger à toute intrigue, presque puritain dans sa vie, et ces qualités austères exerçaient sur eux un véritable prestige. Brasseur n était pas homme à se contenter de connaissances superficielles ni de vérités convenues. Il se renfermait dans le domaine de ses études spéciales; mais là il régnait en maitre, par l'inlluence morale de sa sincérité sans prétention. M'avait-il pas été bien compris, il s’en attribuait la faute, reprenait son idée, la retournait de mille manières et ne sc tenait point satisfait qu'il ne l’eiH mise dans une complète évidence, à la portée de tous.

On lui doit la première idée de l’atelier de construction qui subsiste à côté de l’Ecole des mines, et l’indication des moyens de le réaliser : il était alors professeur extraordinaire. Un supplément de traitement lui fut accordé. jusqu’à sa promotion à l'ordinariat, pour la surveillance de l'atelier et des élèves. En dehors de l'Université. il remplit diverses fonctions particulières. Pendant les premières années qui suivirent la révolution, il fil à la Halle des drapiers des cours de géométrie analytique ( * ) et de géométrie descriptive, destinés à compléter l’instruction des lieutenants d’artillerie nommés en 1850. et à les mettre ainsi en mesure de parvenir au grade de capitaine. il fit partie depuis l’origine, et pendant plusieurs années, des jurys d'examen de l'école militaire; il fut, pour l’avant-dernière période, membre

» diode des projections, combinée avec les » propriétés des plans bissecteurs, a été » inuginée exprès pour établir, par voie * descriptive, la théorie des faisceaux pro- > jcclifs ou homographiques »

(*) Discours de M. Cuypcr, recteur de l’Université, ibid.

; *) Ce cours a été autographié.

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du jury chargé de décerner le prix quinquennal des sciences physiques et mathématiques ; enfin, pendant plus de trente ans, il rendit des services A la ville de Liège, comme membre de la Commission de surveillance de l’Ecole industrielle. Il prit à cœur le succès de cet établissement et se rendit particulièrement utile ù l’administration communale, en l’éclairant sur le choix du personnel enseignant (' ). Rien ne faisait prévoir sa fin prochaine; au mois d’avril 1808, il était encore en pleine santé et s’occupait comme d’ordinaire de scs cours et de scs publications. Il voulut assister à la distribution des prix de l’Ecole industrielle ; il y avait toujours été assidu. En rentrant chez lui, il se plaignit d’un refroidissement. Le mal s'aggrava, donna un instant de sérieuses inquiétudes, puis parut se dissiper. Au moment même où l’on annonçait la convalescence de Brasseur et où sans doute il y croyait lui-même, il tomba frappé de mort subite. Ce fut un coup de foudre non seulement pour sa famille, mais pour l’Université entière, où tous, professeurs et élèves, savaient apprécier les éminentes qualités du savant et de l'homme. Les larmes qu’on versa sur sa tombe ne furent pas des larmes de commande.

Les publications de Brasseur sont importantes au double point de vue de l'enseignement et de la science. Nous en donnons la liste complète ;

1° De resolubilitate functionum algebricarum integrarum in factores priait vcl seeundi gradua. Liège, 1829, in-4".

Thèse de doctorat. V. Quelelet, llisl. des sciences php». et malt ém. chez les llelges. Bruxelles, 1864, in-8°, p. H68.

2° Programme du cours de géométrie descriptive donné par J. H. brasseur.

Liège, Dessain, 1837, iu-40, — 2‘ édit., 1850. — 3e éd., 1860. — 4e et dernière édition, Liège, Sazonoff, 1867, in-4°

Ce programme, rédigé à l'usage des élèves, contient toutes les indications nécessaires pour la construction des épures Le professeur réservait pour son cours les explica-

(') Discours de M. Julien D'Andrimont,

lions détaillées. — « L'esprit de Brasseur, essentiellement philosophique, dit M. Liagre, classait immédiatement et comme d’instinct les principes d'une science, scs grandes divisions et les différents procédés quelle peut suivre. C’est ainsi qu'il analyse toutes les circonstances qui se lisent sur l'épure môme, et toutes celles qu'on no peut v découvrir sans constructions auxiliaires ; qu'il ramène toutes les constructions graphiques à deux, savoir : rencontre d'une droite et d’un plan, longueur d'une portion de droite ; qu'il résout successivement tous les problèmes sur la droite et sur le plan par quatre méthodes distinctes, que l'on n'employait avant lui que comme de simples artifices propres à faciliter les solutions : la méthode des projections sur deux plans coordonnés, celle des rattachements, celles des changements de plans de projection et celle des projections cotées. Cette analyse l'a conduit à des découvertes brillantes. Dans sa théorie des surfaces, il a donné des démonstrations toutes nouvelles. » Ça et là, cependant, il n'a pu se dépouiller de l'influence de quelques idées qu'il avait reçues dans sa jeunesse : c'est ainsi qu'il prend les traces d'un plan pour représenter sa position, ce qui manque de généralité et rejaillit sur la solution qu'il donne de l'important problème de l'intersection de plans. « Son programme n'en restera pas moins un modèle, qu'on ne pourra surpasser qu'en le suivant pour ainsi dire pas à pas. » (Liagre, p. 120).

3° Applications des projections cotées à diverses recherches sur l’étendue.

Liège, 1841, in- 4°, avec une pi.

Brasseur fonde simplement la double génération des surfaces gauches du second degré sur la proportionnalité qui existe entre les divisions de droites représentées par leurs projections cotées. Il traite de lu même manière, et sans emprunter le secours d'aucune propriété analytique, les principaux problèmes relatifs à ces surfaces. Ce travail renferme également la première mention de l’idée féconde développée dans le Mémoire n° 7 : ici toutefois l'auteur fait usage d’une propriété qu'il suppose donnée par l'analyse, concernant le degré d'intersection d'une surface avec un plan. {Ibid.).

4° Lignes de courbure de. quelques surfaces exprimées par des équations différentielles partielles, cl note sur une propriété de l'hyperboloide à une nappe, et (lu parabvloide hyperbolique (Métn.

bourgmestre de Liège, Ibid.

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de la Soc. royale des sciences de Liège, 1845, t. I, p. 265), in-8°.

« La manière dont Monge représentait par l'analyse toute une famille de surfaces amena Brasseur à rechercher s'il ne pourrait pas exprimer de même les lignes de courbure de toute une famille, et il y réussit pour le cas où leur équation se décompose en deux facteurs rationnels, ce qui a lieu pour les cylindres, les cônes, les surfaces de révolution et les surfaces dévelop pablcs. • {Liagre, p. 127).

5° Sur lu double génération des surfaces du second degré pur le mouvement d’un cercle. Liège, 1845, in-8°, avec une pi. (Extr. du même recueil, 1. 1, p. 157).

Essai d'une démonstration purement synthétique de toutes les propriétés des surfaces du second degré. « L'auteur arrive à une double génération au moyen de la circonférence ; il la démontre par une propriété simple et nouvelle de deux cordes anti-parallèles se coupant dans une section conique, propriété qui a pour conséquence immédiate que les deux séries de circonférences, ayant pour diamètres et pour projections deux systèmes de cordes anti-parallèles, constituent une même surface. » De lit une classification des surfaces du second degré, fondée sur quelques principes fort simples des projections (Ibid.).

6° Note sur un nouvel énoncé des conditions d'équilibre d’un système de forces. Liège, 1846, in-8°.

Même recueil, t. Il, p. 339. — Ces conditions sont que, pour un système de forces agissant dans un même plan, la somme de leurs moments soit nulle autour de trois points non en ligne droite ; pour un système de forces dans l'espace, la somme des moments de leurs projections sur les trois plans coordonnés doit être nulle autour de l'origine, et autour d'un autre point quelconque de chaque plan, pourvu que ces trois derniers points ne soient pas les projections d'un même point de l'espace. Cette forme nouvelle se prête surtout à la détermination des efforts qui sont exercés sur les différentes parties d'un assemblage.

7° Mémoire sur divers lieux géométriques du second degré, déterminés par la géométrie descriptive (Méru. couronnés de l’Acad. royale de Belgique, t. XXV, 1847, in-4°).

8° Transformation du principe des moments en celui des vitesses i irluelles ,

et note sur une construction géométrique de la surface d'élasticité, Liège, 1846, in-8°.

Mém. de la Soc. rov. des sc. de Liège, t. IV, p. 379.

9° Note sur une construction graphique du centre de gravité d'un pohjgone quelconque, en supposant connue la construction du centre de gravité du triangle. Liège, 1849, in-8°.

Ibid., p. 449. — Le contre de gravité du polygone doit se trouver sur la droito qui unit ceux de deux figures arbitraires, dans lesquelles on peut le décomposer

10° Notice sur quelques propriétés des surfaces gauches du second degré (Bull, de l’Acad. t. XY1II, 1851, in-8°).

Après avoir démontré synthétiquement que les projections de toutes les génératrices d'un hypcrboloidc à une nappe sont tangentes à une même courbe du second degré, l'auteur fait remarquer que la réciproque peut conduire à déterminer un lieu du second degré commo l'enveloppe d’un système de droites.

11 « Mémoire sur une nouvelle méthode d’application de la géométrie descriptive à la recherche des propriétés de l'étendue. Bruxelles, 1855, iti-4°.

Mém. de l’Académie, t. XXIX. — Monge avait indiqué, il est vrai, la voie où s'est engagé Brasseur ; mais il était réservé à celui-ci de découvrir d'immenses richesses dans un domaine à peu près inexploré jusqu'à lui. Comme M. Catalan, M. Liagre met Brasseur au rang des géomètres les plus distingués de l'école moderne. Il reproche à sa méthode de partir de propriétés dans l'espace pour arriver à des propriétés dans le plan ; il ne fait pas aussi bon marché que Ini du rapport enharmonique; cependant il n’hésite pas à reconnaître que tous les théorèmes de l'auteur découlent sans effort de quelques principes. « La conception de Brasseur, dit-il , rentre dans cette méthode géométrique que Chasles appelle méthode de transmutation des figures. Desargues et Pascal en avaient déjà donné des exemples en se servant de la perspective; Poncelet, dans ses propriété* projectives, par la théorie des polaires réciproques et de l'homologie ; Dandelin et Quetelet, par les projections stéréographiques. Envisagée d'une manière générale, cette méthode consiste à Iranformer. au moyen de certaines conventions, une figure en une autre, et à déduire des propriétés connues de l'une les propriétés

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inconnues de l'antre. Il faut actuellement pour cela que l'on donne d'abord une définition géométrique des ligures. Brasseur se sert à celte fin de plusieurs systèmes de lignes qui, soit par leur enveloppe, soit par leur intersection, donnent le lieu proposé. Ces systèmes de lignes constituent au fond, comme il le dit, des systèmes do coordonnées beaucoup plus riches que ceux dont la géométrie analytique fait ordinairement usage. Les lieux qu'il transforme sont des lieux de l'espace dont les propriétés sont données, et son seul principe de transformation consiste dans l'emploi de plans bissecteurs, qui lui permettent de réduire ces propriétés dans l'espace à des propriétés dans le plan. Il se sert quelquefois aussi de la perspective, pour donner de l'extension a" certains théorèmes (p. ISO)... Brasseur fait voir que des systèmes de parallèles, de po laires, de circonférences, représen! eut , sous certaines conditions, des plans, des surfaces réglées ou des surfaces de révolution : ses théorèmes sur les plans bissecteurs lui donnent tout aussitôt toute une chaîne de propriétés de ces systèmes de lignes, les unes entièrement nouvelles, d'aulrcs dont les analogues ont été trouvées par Poncelet, Chasles, Stciner, et ne sont parfois que des cas particuliers de celles de Brasseur. On est étonné qu'il ail pu voir dans ces propriétés si instructives, si restreintes, si particulières mémo des plans bissecteurs, le germe d'une méthode si transcendante, si féconde et si générale. Les mômes principes le conduisent à des procédés généraux de réformation des courbes [p. 131 . » — Aux relations purement descriptives, il joint ensuite une relation métrique, la proportion, et celle simple relation, combinée avec les propriétés de l'hypcrholuide à une nappe, acquiert entre ses mains la même puissance que le rapport anharmooique appliqué aux faisceaux projectifs ou homographiques de Stoiner et de Chasles (10., p. 132'. — Bras scur annonçait un second mémoire ou il comptait défendre le principe qui le dispensait d'avoir recours à l'involution : il est a craindre qu'il ne l'ait pas écrit et qu'il n'ait même laissé aucune note de géométrie supérieure. Il éprouvait une difficulté matérielle à tenir la plume, à cause du tremblement nerveux de sa main ; peut-être cette infirmité avait-elle contribué à lui faire prendre l'habitude de se confier absolument à sa mémoire On dira qu’il aurait pu compter sur ses élèves : il leur était effectivement tout dévoué ; il leur conllait ses découvertes cl n'était jamais plus heureux que quand il voyait ses idées revivre dans des têtes plus jeunes ; il eût voulu être devancé. * Mais pour l'aider dans la publication de son second mémoire , il

avait surtout compté sur son (ils Léopold, jeune homme plein d'avenir , docteur eu sciences physiques et mathématiques, et répétiteur de géométrie descriptive a l'école des mines. La mort de ce fils lui causa un chagrin profond ; il ne lui survécut pas longtemps » (Liugre, p. 133).

12° Dans les Bulletins de l'Académie :

a. Quelques propriétés des surfaces gauches du second degré démontrées par la géométrie (t. XVII, 2°, 1851, p il) ; h. Extrait d'un mémoire sur un nouveau moyen de démontrer les lieux géométriques par la géométrie descriptive (t. XVII. 1°, 185t. p. 572) ; c. Rapport sur une noie de M. Meyer concernant le théorème de Bernouilli(t. XX111, 1“, pp. 97, 5i9, 734) ; d. Rapport sur un mém. de M. Dagorcad, intitulé :

Essais analytiques : les liynes du 5e ordre (2' série, t II. 1857, p. 7, et t. IV, p 80) ; e. Rapport sur un mém. de M. Lamarck, intitulé : Exjwsé géométrique du calcul différentiel et intégral (t. XIV, 1802, p 455) ; f. Rapp.

sur deux mémoires de M. Folie, concernant une théorie nouvelle du mouvement d'un corps libre et sur le mouvement d'un corps gôné (t. XXIV , 1867, p. 284).

15° Précis du cours de mécanique appliquée , ouvrage posthume terminé d’après les manuscrits de l'auteur, par F. Folie. Liège, 1808, in-4°.

Brasseur donnait le cours simultanément à des élèves de deux catégories , les uns connaissant le calcul différentiel, les autres y étant complètement étrangers, ce qui rendait la tâche du professeur particulièrement difficile. « U est réellement remarquable, dit M. Liagre, de voir avec quelle aisance Brasseur sail rendre élémentaires les formules pour lesquelles on recourt ordinairement à l'analyse infinitésimale. • Nous croyons devoir rappeler, pour répondre à une observation du même biographe sur le plan de l'ouvrage, que l'enseignement de la mécanique a été conçu jusqu'ici, à l'Université de Liège, de manière à attirer l'attention des élèves sur les généralités qui concernent toute t les machines, et non sur les détails de certaines machines.

14° Exposition nouvelle des principes du calcul différentiel et intégral, édités après la mort de l'auteur, par F. Folie. Liège, 1808, in-8\

Mém. de la Soc. roy. des sciences de

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Liège, t. III (2« série) , 1868, in-8.° — Brasseur gardait eu portefeuille ce travail, rédigé dés 1829 ; il se réservait de le développer à loisir. Il ne prit aucune part aux longs débats qui s’élevèrent il y a quelques années, sur l'infini en mathématiques, entre M. Lamarlc, de Gand, et la plupart des hommes spéciaux du pays. A la lin, répondant, il communiqua son mémoire ■ à celui de ses élèves qu'il considérait entre tous comme donnant les plus belles promesses d'avenir » {'). M. Folie, chargé ainsi de l'exécution de son tcslamenl scientifique, s'est acquitté pieusement et dignement de cette lâche, en ajoutant au texte de son maître quelques notes qui prouvent qu’il s’est parfaitement assimilé la pensée de Brasseur. Le but de l’ouvrage est de faire disparaître du calcul différentiel et intégral toute notion métaphysique. L'auteur n'emploie que l'analyse Unie, aussi commode dans les applications et aussi rigoureuse que celle des limites ou des lluxions. Nous appelons l'attention sur l’avant propos, où M. Folie décrit avec une grande lucidité les anciennes méthodes, et fait ressortir le mérite et l'utilité pratique de la conception de Brasseur.

15° Communications diverses à la Revue universelle tic M. de Cuypcr.

tironn (Vai.f.ntin), né it Ziegelhausen (près Heidelberg), le 7 mars 179G, mourut dans ce même village le 20 mars 18”>L Son grand-père avait occupé la charge de forestier dans le

(*) Discours de M. Spring. Il s'agit de M Folie, docteur en sciences physiques et mathématiques, ancien répétiteur h l'Ecole des mines, actuellement professeur à l'Ecolo industrielle de Liège. M. Folie s'était déjà fait connaître par plusieurs publications importantes, entrant res par une traduction de l'ouvrage allemand de Claudius sur la théorie de la chaleur considérée comme équivalent du mouvement. M. Folie a fail à la Salle académique, en 1867, un cours public sur cet intéressant sujet.

(') Henri George Bronn, né le 8 mars 1800, mort le S juillet 1862, professeur à l'Université de Heidelberg. On a quelquefois confondu les deux frères. Henri-Georges lit ses premières leçons sur les sciences forestières des 1821, fut nommé en 1828 professeur extraordinaire, et en -1 835 professeur ordinaire d'histoire naturelle. Outre le cours prémentionné, il enseigna la zoologie et lit

Palatinat; son père était grand forestier (Oberfôraler) au service de Bade ; luimême fut élevé en vue de celle carrière. Il perdit de bonne heure ses frères et ses sœurs ; il ne lui resta finalement qu’une soeur plus Agée que lui et un frère plus jeune, qui se fit une brillante réputation comme naturaliste {* ). L’instituteur et le pasteur de Ziegelhausen furent ses premiers maîtres ; il entra ensuite au gymnase de Heidelberg (1808), d’où il passa en 1812 au Lycée de Mannheim, de création récente. Ce fut là qu’il prit goût aux sciences naturelles, sous la direction du pharmacien Bader, et qu’il y lit de rapides progrès en visitant assidûment le cabinet de la ville, confié à la garde de ce professeur. Son zèle fut récompensé-par des succès scolaires. Il revint habiter la maison paternelle en 1818 ; mais chaque jour il se rendait à Heidelberg, acquérant à l’Université les connaissances théoriques dont il avait besoin pour sa vocation de forestier, tandis qu’il s’initiait à la pratique en résidant à la campagne. La chaire des sciences forestières était alors occupée par le comte de Sponeck ; celle de zoologie n’avait point de titulaire ; mais le jeune Valentin, déjà habitué à l’autodidaxie, ne se laissa point rebuter ; il devint notamment très-fort en ornithologie. Il commença dès cette époque à former

des leçons très- remarquées sur la conchyologic et les pétrifications. Ses publications sur ces derniers objets n'ont pas peu contribué à faire avancer la science. Nous citerons les suivantes : System der urweltlichen Cou chylien (1824 ); System der urweltlichen Pflnnzenthiere (1880) ; Caca Heidclbergensis (mémo année), description geognoslique de son pays natal ; Isthœa geognostica (3* éd., 6 vol. et atlas, 1852-iH»), son principal ouvrage t rédigé avec Hœmer) ; scs ilorphologisclie Studien (Leipzig 1858) ; enfin, scs Untersuchungen iiber die Entirickclungsgesetze der organischen U'elt wûhrend der midungszeit unscrer Erdobcrjlàche (Slutlg. 18î>8), Ouvrage couronné par l'Académie des sciences de Paris. Il a dirigé t avec Leonhard), depuis 1830 jusqu'à sa mort, le Jahrbuch fur Minéralogie, Ccognosie, Ecologie und Vetrefactenknnde , recueil des plus estimés.

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une collection de mammifères et d’oiseaux , collection qui , enrichie plus tard d'animaux de l'Europe méridionale et de quelques échantillons provenant du Brésil, devint, grâce â la munificence de son propriétaire, le premier fonds du cabinet annexé à l'école forestière de Carlsruhe. La lecture des voyages de Levaiilant faillit un instant détourner Bronn de ses premiers projets : il rêva d’entreprendre un grand voyage d'exploration ; mais les circonsstances ne s’y prêtèrent point. En <817, le grand-maître des forêts Jægersehmidt étant venu à Heidelberg, avait eu l’occasion de constater le zèle et l’habileté que le forestier Bronn déployait dans l'accomplissement de ses fonctions. Il le promut au grade de grand-forestier, et lui déclara en même temps qu’il jugeait nécessaire de dépayser Valentin pour permettre à celui-ci de compléter ses études pratiques ; il lui offrit même de mettre personnellement le jeune homme au courant des affaires qu’il traitait sur une grande échelle, étant non-seulement grand-maître des forêts, mais encore directeur du flottage de la Forêt-Noire. Une année s'écoula ainsi ; tout d’un coup le grand-forestier reçut l’invitation (très-voisine d’un ordre) de rappeler ses fils ; l’administration avait jugé à propos de confier autant que possible aux employés deseaux, moyennant un modique salaire, le soin de veiller à l’économie forestière ; quant aux hautes fonctions, elle avait pris le parti de les réserver entièrement à la noblesse. Ce fut pour le jeune Bronn une nouvelle et amère déception. Il employa toute l’année suivante à aider son père, dont le ressort s’était agrandi par l’annexion du district de Schonau, voisin du sien. Après avoir subi de brillants examens, Valentin passa l’été de 18l9à circuler dans les Pays-Bas, en France et en Suisse, pays desquels il rapporta de nouveaux trésors pour ses collections. Il s'agissait cependant pour lui d'obtenir une nomination ; , mais les candidats plus anciens que lui étaient nombreux, et en ce temps là (ce qui heureusement ne dura pas) les préférés étaient moins souvent les plus instruits, que ceux qui se recomman-

daient par une constitution vigoureuse et des talents de chasseur. Bronn père vint à mourir le 2 janvier 1820 ; à deux reprises différentes, son fils fut chargé de l’intérim des fonctions qu’il délaissait, et eut en outre à s'occuper de petites affaires de taxes et d’arpentage. Mais ses loisirs comptaient plus dans sa vie que ses occupations : il les utilisa en étudiant le français, l’anglais et l'italien, et en retournant chaque jour, comme autrefois, à Heidelberg, où il suivit les cours de chimie, de zootomie, de physiologie, etc. Il se livra aussi à des observations barométriques, et à des expériences chimiques sur la quantité de tannin de différentes écorces.

Enfin, déterminé à changer de carrière, il prit le grade de docteur et ouvrit, à côté de son maître, un cours sur les sciences forestières. L’essai réussit ; en 1825, le gouvernement des Pays- Bas le nomma professeur extraordinaire d'économie rurale et forestière à l’Université de Liège, aux appointetements de 1000 florins. Peu de temps après, il reçut le titre de secrétaire stipendié de la Commission provinciale d'agriculture installée dans la même ville. Bronn vit un instant s’ouvrir devant lui de brillantes perspectives. Il était appelé à introduire dans notre pays un nouvel enseignement , à y donner pour la première fois un caractère scjentiUque à des études dont l’importance avait été jusque là méconnue au point de vue théorique. Mais il arriva que, presque au moment même où le ministre des cultes appelait à l’Université liégeoise un professeur de sciences forestières et d’économie rurale, le ministre des finances prit et exécuta la résolution d’aliéner la plupart des forêts nationales de la Belgique.

D’un autre côté, le nouveau cours étant facultatif et les jeunes gens n’en comprenant guère l’utilité, à cause de sa nouveauté même, Bronn ne put réunir qu’un petit nombre d’auditeurs assidus.

H ne perdit cependant pas courage ; le gouvernement lui accorda un subside pour parcourir la Hollande et la Belgique, et il profita de ses nombreux voyages pour étendre en dehors de l’Université la sphère de son influence.

RRO

11 étudia spécialement les parties incultes de FArdenne et les bruyères de la Campine. Tant par des instances verbales que par des exhortations écrites, il stimula le zèle des propriétaires, en appelant leur attention sur les avantages qu’ils pourraient retirer île plantations forestières, le prix du bois étant fort élevé. Il entreprit luimême des plantations d'arbres indigènes , surtout d’arbres aciculaires ; il se livra à toutes sortes d’essais et d’observations intéressantes surl’acclimation de diverses essences étrangères, et ses prévisions s’étant pratiquement réalisées , il se vit enfin apprécié à sa juste valeur. La glace était rompue : le public afflua a ses leçons sur la physiologie végétale. Malgré la satisfaction qu’il en éprouva, il songea pourtant à quitter l’Université de Liège pour celle de Gand, cette dernière ville, lui paraissant offrir plus de ressources au point de vue des sciences dont il s'occupait. La révolution belge réduisit ses espérances en fumée. Il ne crut pas compatible avec son honneur de renier le Gouvernement qui l'avait appelé. Il continua d’occuper sa chaire de Liège tant que l’issue des événements fut incertaine ; mais il ne voulut, ni solliciter du Gouvernement belge la confirmation de sa nomination première , ni poursuivre ses négociations à Gand, lorsque celte ville se fut décidément séparée de la Hollande. Il s’établit tout simplement dans un faubourg de Liège ( 1 ) comme pépiniériste, vivant du produit de ses plantations eide ses cultures, complètement séparé du monde , avec, sa femme et une petite fille de trois ans. Les événements de 1830 lui avaient porté un coup fatal. Une violente oppression de poitrine le tourmentait, et l’agitation de son cœur, au physique aussi bien qu’au moral , dit son biographe allemand, était rarement calmée. Un voyage en Allemagne, entrepris par les conseils de son médecin, lui procura peu de soulagement.

Cependant des offres avantageuses lui ayantété faites dans son pa)s, il ne se (*)

(*) Hue Grand -Jnnckcu.

jugea pas assez malade pour les refuser. Là aussi . l'administration avait été changée; là aussi, lesanciens errements avaient été abandonnés. Une Ecole forestière devait être annexée à l'Institut polytechnique projeté à Carlsruhe ; la Commission supérieure des forêts lui en offrit la direction. Il y retrouva comme collègue son ancien maitre et ami Jœgerschmidt. Bronn employa l’été de 1852 à se préparer aux devoirs de sa nouvelle charge ; l’Ecole fut inaugurée le 5 novembre, et il ouvrit immédiatement son premier cours.

Ses fonctions l'absorbèrent tout entier; il vécut plus retiré que jamais, ne quittant sa chaire ou son cabinet que pour aller visiter les plantations de la Fuisanderie , composée d’une grande variété d’arbres tant étrangers qu’indigènes, et placée sous sa direction.

Sa santé, un instant raffermie, devint tout à fait mauvaise à partir de la mort de sa mère, qu’il aimait tendrement.

Les crises devinrent de plus en plus fréquentes ; on craignait pour lui la moindre émotion. D’autre part, il était accablé de besogne administrative, et ses fonctions de directeur étaient d’autant plus ingrates et difficiles, qu'il avait affaire à des élèves de condition, d’éducation et d’àge très-différents , depuis le seigneur fier de son blason jusqu’à l’humble garde-chasse. Il exerçait une discipline ponctuelle, dont il savait du reste tempérer la rigueur, en réduisant à leur plus simple expression les prescriptions réglementaires. Il se préoccupait de tout le monde , mais laissait à chacun, autant que possible, sa pleine liberté d'action ; il travaillait à polir les plus rustiques, semait à propos les encouragements, recevait à sa table et dans son intimité ceux qui lui paraissaient dignes d’un intérêt particulier. Son administration générale, sa comptabilité étaient des modèles d’ordre ; esclave de son devoir, passionné pour la justice, ennemi de l’intrigue, il tenait à l’honneur plus qu’à la vie. Le Gouvernement lui témoigna sa pleine satisfaction dès le 2 avril 1833, en le nommant conseiller

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