‹ L'université de Liége depuis sa fondationChapitre 62 sur 351 · I.a dissertation finale n été tirée à part · texte numérisé non relu

I.a dissertation finale n été tirée à part

(Cologne, i822) el réimprimée plus tard, avec de nombreux changements, à la tète de l'édition des Poëmata latina de 1887.

8" Réponse à un article (lu Journal de Bruxelles du 5 octobre 1 822, adressée à .!/. II. auteur (lu meme article. Liège, Collardin, 1822, in-8". — V. ci-dessus.

9° J.-D. Fuss ad Gycocriticum epistota . in gu à Uni Metamorphoseon et Fastorum Oridii, nec non alii nmuulli sire, defenduntur et illustranliir, sire emendantur, Chr. Cour Sprengel emendationes exempli causa refutantur. Adlurrenl anongmi c répertoria lieckiuno mcndacia. Ibid., 1825, in-8°.

Les lUendacia sont «ne réponse très-vive à des observations critiques dont la dissertation citée sous le n° 7 venait d'èlre l'objet dans ÏAttgcm. ltcpcr(. der l.itcralur, 1823 [t. 1. p. 150). Fuss se préoccupait beaucoup des jugements qu'on portail sur ses compositions.

10" Goetliei elegiœ XXIII et Schilleri Campami, latine, servatâ archet g pi forma, redditœ à J.-D. Fuss. Adhœrent epigrammata notinulla, nec non odœ. Ires, et de Goethei elegiis, degue Lydo adcmlo ad amicum epistola. Liège, Collardin.

1821, in-S°.

Edition publiée aux frais de l’auteur, i.c Chant de tu Cloche avait déjà paru dans les Carmina latina de 1822 ; uiais le texte de 1824 présente de nombreux changements.

1 1° Fred. Schiller Carmen de Cumpanâ, sire das Lied von der Glorke, latim) reddition. Ucrimu/uc el emendatius édition à J. D. Fuss. Atlluerel cjusdem de Schilleri poesi ode . Ibid., 1821, in-80.

12“ Dissertatio J.-D Fuss, rersuum homœoteleutorum sire consonantiœ in poesi neolatinà liston commenduus. Adhœrenl Schilleri Festum Victoria* et Cassandra versibus homœoteleutis, nec non Gœtlici elegitt XII latine reddita.

Ibid., 1824. in-8*. — 2° édition, 1828, considérablement augmentée.

Fuss poursuivit toute sa vie un seul 1ml : réhabiliter le latin el perpétuer sa littérature à côté des littératures modernes. Il ne cessait de répéter quo le latin est assez riche et assez flexible pour exprimer, en gardant sa pureté classique, toutes les idées nouvelles, tout ce que les anciens n'avaient pas même pressenti. A peine faisait-il des réserves

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pour les sciences naturelles, il est permis «Je voir là une éirange illusion : mais la conscicncc qu'avait Fuss de In flexibilité de son propre talent le fortifiait dans cette manière de voir; et comment lui répondre qu'il soutenait un paradoxe , alors ipi'il prêchait «l’exemple? Cette alliance souvent heureuse d’une forme immobile et d’une inspiration toute pénétrée des senti menls des générations nouvelles, donne un attrait particulier à quelques-unes «le ses poésies, surtout à ses traduclions des ballades les plus populaires de l’Allemagne. Mais ici, pour tout dire, il a pris quelque liberté. A côté de scs vers épiques, de ses distiques, de scs strophes horalienncs, il s’est plu à ressusciter la forme poétique «les hymnes de l’Lglise et à l’appliquer b toutes sortes «le pièces, voire a des chansons. Il avait un faible pour les vers rimés et rhylhmés , tels qu’il en rencontrait chez les écrivains germaniques ; il en transporta les combinaisons les plus variées dans la poésie latine, et se persuada sincèrement que ce système était destiné à rendre tôt ou tard leur éclat aux muses romaines. Sa traduction de la Cloclic de Schiller est un tour de force sous ce rapport ; on a vu quchpie chose d’analogue chez certains peintres contemporains, qui donnent le costume antique à des personnages évidemment modernes, et en nous représentant nos scènes d’intérieur, nous feraient croire «pic nous avons sous les yeux un tableau détaché des murs «le Pompci. Ceci s'appliquerait surtout aux poésies <|iic Fuss a jetées dans le moule d’Horace, mais est vrai aussi, jusqu’à un certain point, de ses traductions rimées. André Chénier, Goethe et d’autres dont le génie est essentiellement païen lui offraient plus de prise; mais Schiller, à part scs ballades «lonl les sujets sont empruntés à la légende grecque, Schiller, «lans le Chaut île la Cloche surtout, semblait résistera toutes les tentatives. Il ne se rebuta point, remit vingt fois son ouvrage sur le métier et Unit par ne plus connaître d’obstacles. Un fragment de la Cloche, sans commentaire :

Kiirc, mm* juin tiqunlæ;

Butta oiuœ uinirmit ;

Suie oitO saturât*

Alrolino ooeniil.

Silqu» apnmi’o l'ilia tnislio

l’t liquente vox ati a-rc

Plana < <;t «irn-crf.

Sonore f«n(o num naw-entem ijirnm *alul.-it |>nnrulum.

Ail limvn vitre nut'in gomentem Parevit union! hnuhiiim :

('.ni Mini* srv» mm luntn Cummista <o Ut niia-i fut in;

Suli inntro • arn riilet horn, tt vit* I. Un. lion- aurore.

Ut toliini, transit s*>uliiin,

0*ui:n (ontemneu* purllurnm.

In ntUDilnm puer irruit,

Ferox vajtatur orbe, Urum Sub patri.i hoipc* rriliii,

Ævique falsiiUm décore,

Ou «uto valût upecii-ni, tbi-ito gontta -p i i *a il) rotaire Cor.iin lurtui- virgincio.

tiupiilo pli- i-n*. ou, iuonli C«r lent.it in.-fl .l.ilc. ; l'rntnim pru.nl clioro freincnli ttignn* il <>rn li»rvnii<.

Trahit niulontcui ventila tn.

lloat *»lutmi» tennrum ( l),

I| prutii per, qoeeren*. aiuata.

(.*00 nite-.il, puli horiituuut.

O llatnota moi*. upe), mnori*

Sales recenlia uurei !

In wli luiiian haiet cria ; l'or roru plénum enmlii.

O prima putehro Dniiimn vere.

Ælerna posais -i vigere 1

Un, ut lubi jnm ferves uut! etc.

Un autre fragment, dans la pure forme d'Horace (les premiers vers du Lac, de J.amartine) :

Sic vocal pul-o- nova «rmper ora.

N H x qui: non tllli rnincau la ; va-to

N u lia ikm lior.itn retiucbît *vi Am-horn pont»!

O U ma, verni* reilnrem «ub acri*.

Itupo me Milnm. en, prepé te -eitciitem;

hmi venit coma, ut uinauat, un. lu.

Ilia reviien*...

La Dissertai ion sur les vers latins rimés est très-curieuse : l’auteur explique l'éloignement tics anciens pour la rime, en faisant remarquer que leurs vers sont essentiellement quantitatifs, c’est-à-dire que l’accent tonique y tombe aussi bien sur une brève que sur une longue ; or la rime ne plaît à l’oreille que dans les versus accentivi , où la syllahe accentuée est toujours une longue, comme en allemand. Kn français, oà la quantité est peu marquée, on ne saurait se passer de la rime. Après le siècle d’Auguste, on vil apparaître insensiblement à Home des vers à assonances, symptôme île décadence si I on veut, si l’on songe aux oeuvres des grands poètes classiques ; mais les modernes se trouvent placés dans une condition toute différente, et l’on ne voit pas pourquoi ils

( *) Hans l’exemplaire annoté «|ue nous avons sous les yeux, nous remarquons, écrite de la main de Fuss, une observation qui caractérise bien les préoccupations anti-dantesques «le ses dernières années. « Ou pour-

rait croire, dit il, que Schiller a emprunté ce traita la Vita .Ynoru ; mais il semble «jue le Dante ne lierait pas plaire heaaeoup à notre poète ».

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n 'accommoderaient pas le latin à leur goût, sans toucher du reslc à la pureté du langage. Des beautés nouvelles se sont révélées, et pour être riniées, beaucoup de pièces de vers écrites en langue vulgaire, sur des sujets classiques, ont un parfum d’antiquité qui fait illusion. Pourquoi ne pas en composer aussi en latin, mais conformément aux usages de la poétique moderne? Ce qui, au quatrième siècle, attestait la perversion du sens esthétique, peut au contraire, de nos jours, rendre une seconde jeunesse au vieil Eson. — A la dissertation de Fuss sont annexées quelques observations philologiques, particulièrement sur l'emploi du mot nemf >è : c’est une réponse explicite aux objections d'un critique allemand.

15" Réflexions sur l'usage du lui in moderne en poésie et sur le mérite des poêles latins modernes, suivies de poésies en partie traduites du français. Liège, Collardin, 1829, in-8".

C’est un complément naturel de la dissertation précédente ; car la première question est toujours de savoir s’il convient, il notre époque, de continuer à écrire en latin. Fuss déclare franchement que celle langue lui sert mieux que toute autre à rendre sa pensée, et il ne voit pas pourquoi on lui reprocherait de s'en servir: aussi bien, d’autres peuvent se trouver dans le même cas. D'ailleurs la littérature néolaline n'est nullement à dédaigner L'auteur passe en revue les principaux poètes de la latinité moderne cl reproduit quelques-uns de leurs meilleurs morceaux.

I l" Aquisgvani regionis amœnitas , in caque liions Francorum, Caroli May ni arcis ruinœ. Ibid , 1829, in-8"

Pièce de vers réimprimée dans les Poc-

tnaitt tanna.

l.:i° J.-D Fuss Canninum lai inor um pars nova , cum nunnullis hic denuo editis. Ibid., 1830, in-8".

Edition publiée aux frais de l'auteur. — 2° éd., ibitl., 183:1, in-8® (Dédicace i II. Willmann). — M. 0. Willmann avait lui-même dédié a Fuss, en 1832, en souvenir île leur séjour à Paris, sa traduction en vers allemands du poème d'Apollonius de ltbodes : Y Expédition des Argonautes.

I (î° Un mut touchant l'usage du latin dans les leçons académiques. Liège , (s. d.), in-8°.

A propos d'une brochure de Warnkcenig sur les Universités, publiée eu collaboration avec le baron de Reill'enberg (v. l’art. Wahn- Kfr.xtc). Fuss combat l’opinion de son col-

lègue, qui en était venu à soutenir qu’enseigner en latin, c'était infliger aux étudiants le supplice de Mézcnce :

Morlua quinctiam corpora vivij.

17". Durai uud seine Umgebuug, be~ sungeumii Beuigaufdes Verfassers Lcben, von J.-D Fuss ; abgedruckt a us dessen Canninum latinornm pars nova (Leodii 1832), nebst Uebersetzung im Yersmasse desOriginals von P. I. Fisclibach. Dür. n, Knoïl, 1833, in 10°, avec portrait de Fuss.

M. Fiscbbnch, de Bcnsherg, rédigea celle traduction en distiques) a la demande de plusieurs concitoyens de Fuss. Elle a été réimprimée à Liège, in K® (s. d.). Le texte latin se retrouve dans les Poèmata latiun, éd. de I84li, t. Il, sous le titre: Une placenta pair m: qiiœ pia doua fera ip. 3-9j.

18° Badekur in Aachen , seine Unegebung , und in dieser der Frankenberg mit dem Màhrchen rom Zuuberringc.

Aix-la-Chapelle, Urliehs, 1833, in- 12.

Poème latin de Fuss, traduit par lui-même en allemand.

19° La Cloche de Schiller, traduite en vers français (et suivie d'observations). Liège, Collardin, 1831, in-8".

Fuss a essayé de conserver la mesure et lerhythmc de l'original : sa version n’est pas précisément élégante.

20" J.-D. Fuss poèmata lalina , adjeclis et grœcis germa nicisque nonnullis , hue volumine primnm conjuncla.

I usant Scliilleri. Goetliei, G. Schlegelii, Klopslockii, de Lamarlinii atior unique poetarum curmiita , rertendo aut imilando latiiiee.rprcssa.Acc dil,prœter notas in cnnuiiia, de linguæ lalinœ cum omnino ad scribeudum tum in poesi usa, deq ne poesi et poctis neolatinis dissertatio. Liège, Dessain (aux trais de laideur), 1837, grand in-8° de XLY1I1 et 21 1 p à 2 col. — Dédicace à M. U.

Nisard.

21" Lettre à M. le docteur Rovg sur quelques objets d'antiquités découverts à Poutseur (dans les Promenades historiques de llovy). Liège, 1859, in-8®, t. Il, p. 151-159.

22“ Das Lied von der Ruhr (Uoër).

Diiren, 1813, 4 feuillets iu-8", lithographiés

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Douze strophes allemandes de J. Blum, de Maubach, avectraduction latine par Fuss.

23u Lucre tin. Trauerspiel in fünf Acten, von il. Ponsttrd. Ausdem F railzôsischcn iiberselzt von J. -D. Fuss, professor. Düren, Knoll, 1 8i t , in-12".

Traduction bien écrite, composée à la demande de quelques personnes de Liège qui s'occupaient de littérature allemande et publiée au profit des pauvres de Dûren.

21° De umbilicis , cornibus , fronlibus in velerum libris disccplalio , Tibulli inter geminaspingîinlur cornua Ironies illustrons , vont raque lentntam emendationem défendais (Tirlemont , J.-P.

Merckx, 1815, in-8°).

Extrait duJournat de F Instruction publique {n° du K septembre 1815).

25° J.-D. Fuss poëmuta latina, adjectis et germanicis yrœcisque nonnullis, par Uni liic denuô atque emendatiora , partira primüm édita. Liège, Oiulart, vol. I. 1815, in-8u île XVIII et 110 p.; vol. Il, 1811», in-8° (le XIV el 532 p.

En 1849, Fuss publia des addenda a cet ouvrage (p. Il 1-420 pour le premier volume, p. 333-384 pour le second). Des exemplaires du vol. I, contenant les traductions, ont été mis en vente sous ce titre : Carminum qtnv J.-l). Fuss de gerntanied aliisque linguis latine verlit pars /, elegis composita, pte raque argumenta quoque elegiaca continent.

— Cette édition est beaucoup plus complète et plus soignée que les précédentes. Le vol. il est exclusivement consacré aux compositions originales de Fuss. L'auteur n’a cessé, jusqu'à la fln de sa vie, de réviser le texte de cette édition. L'exemplaire annoté qu'il déposa lui-mème à la Bibliothèque de Liège porte les lignes suivantes : « Si » quelqu'un veut, n'importe pourquoi, savoir

> exactement ce que j'ai, soit changé seule-

> ment, soit approuvé ou condamné dans le » texte de mes Formata latina publiés en » 1845-46 el dans les addenda ajoutés trois « ans plus tardé cette édition, je l'engage à » s’adresser à M. le bibliothécaire de l'Uni- » versité de Liège, qui, favorable à mon in- » lention à cet égard, a bien voulu recevoir

{') Nous nous en référons au jugement que nous avons porté sur les Poèmatu latina dans le Journal de l'Instruction publique, t. 1, p. 109, 126 el 216. Dans le I. Il de cet ouvrage, Fuss a bien voulu répondre à quelque» unes de nos observations ; mais la plu-

» un exemplaire des deux volumes chargés » de notes et indiquant, d'une manière par- » tout claire el cxaele , comment je donne- » rnis le texte si je publiais une édition, ce » a quoi du reste je ne songe nullement...

> C'est à mes compositions en vers latins que

> j'ai consacré une grande partie de ma vie,

. toujours convaincu que , si je parvenais à » donner à ces compositions un mérite réel,

» ne fût-ce que celui d'un langage latin peu » commun à notre époque, elles ne seraient » pas inutiles dans une réaction, peut-être » moins éloignée qu'on ne pense , en faveur « de la poésie latine moderne, dédaignée au- » jourd'hui el pourtant, ce me semble, très- * digne d'intéresser, et par ce quelle a été » et par ce qu’elle pourrait devenir, quel- » ques-uns de nos philologues renommés. » Un autre exemplaire, aussi tout chargé de notes, est en possession de M.Th. Fuss, conseiller à la Cour d'appel de Liège ; il devrait être également consulté par le nouvel éditeur , ainsi que plusieurs liasses contenant des notes critiques sur des points délicats de latinité, cl différentes compositions inédites. Les Poèmata latina renferment des morceaux réellement très-distingués, surtout dans les traductions; si la lecture des œuvres de Fuss demande parfois un certain effort, eet cll'ort accompli, on est amplement récompensé. Le style est pur el souvent bien ciselé ; le choix des termes est habile el délicat. Fuss possédait une connaissance rare de toutes les finesses de la langue latine : il en était venu au point de pouvoir justifier l'emploi du chacune de ses expressions, de chacune de ses tournures de phrase ('). Il travaillait avec la même ftcilité lous les rbythmes cl se jouait de toutes les ditlicullés avec la même franchise d'allure. Nous citerons, parmi les versions les plus remarquables, celles de la Cloclc de Schiller -v. ci -dessus) et de quelques ballades du même nuleur ; les XXIII élégies de Goethe, l'Atnyntas, aussi de Goethe ; la Huma de Schlcgel, la Chute des feuilles de Millcvoyc, trois Méditations de Lamartine, la Jeune captive d'André Chénier, etc. — Au second volume ;coniposilions originales), les connaisseurs reliront avec plaisir Tuo, natura, in tramite tendant (p. 9 ; .Satura: et Musis p. 25); Est nliquid, calcare solum gro creveris infans (p. 27); Te beet Ht, pur» nuturam corde lucre (p. 87) : In corde, quo fidas quare

part onl été ensuile confirmées (Gf. les Ann. litt. et philos, de Liège, t. I, 1837, p. 318 el 372 ; la Itevuc de Liège, l. IV, 18 Î5, p. 161; le Procès-verbal de la séance publique de la Société (l’Emulation de Liège , tenue le 29 décembre 1850. etc.).

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(p. Il 8) ; Tria tcnenda (p. 1 20) ; Ipsa tnihi patrice dut ce loquela meœ [p. 122), etc. Ces litres disent assez qu'il ne faut pas s'attendre il rencontrer ici en général de grands éclats de passion, des élans d'enthousiasme, des appels chaleureux et persuasifs: la poésie de Fuss est essentiellement intime ; il faut la lire quand on est calme, quand on veut s'encourager soi-mème dans la voie des bonnes éludes , quand on a besoin d'un noble écho pour les pensées de la solitude, après la vie du mouvement et de l'action :

Non m»hi <!iviti(r. nm t lnrnm misiif’O ftvorutn < «mi mi *c<( im-li».™ l.oii.i.

(lovitrntuin nio»li« in me jlimit ntoar«* <|uietüin,

Mc *tU'li* et Uusnt» jusait munie iM'Ilr.

Fuss n'a point l'aimable insouciance d'Horace , mais Horace est partout son modèle : il le relisait sans cesse et il eut même la pensée d'en préparer une édition, comme le témoignent les papiers qu'il a laissés. Ce qu'il lui a emprunté surtout, c'est l'art exquis du rhythme et de l'harmonie; à ce point de vue, ses œuvres personnelles, oii il n'a point mis en pratique son système sur la rime, sont à notre sens plus élégantes et plus aisées que ses traductions. Nous ne parlerons que pour mémoire des satires académiques ; les épigrammes ('), au contraire, mériteraient une attention spéciale, l.cs Rùckcrtiuna , entre autres, forment une collection de traits heureux, qui ne s'étendent jamais au-delà d'un seul distique , a la maniéré des poètes allemands. — Le vers

( ur ( xtii iir iledit ipse, tvr.iui -.i l,i vindimi oi bip,

que l'on n'a pas voulu inscrire, nous ne savons pourquoi, sur le piédestal de la statue de Crélry, à Liège, est de Fuss. Parmi les pièces grecques, Itoinœ attenta: , est digno de l'antique. Les poésies allemandes ne sont pasà dédaigner; mais Fuss était surtout poète en latin, ou plutôt habile artiste , amoureux de la forme, et la forme qui lui était vraiment familière, ce n'était point celle que nous comprenons le mieux.

25" Sur l'importance actuelle de la langue latine et sur la question : S'il faut encore écrire en latin. Tirlemonl, J.-P. Merekx (1846), in-8°.

Discussion extraite du discours prononcé par Fuss commo recteur sortant , le 3 novembre 1845. — Kxlr. du Journal de l'Instruction publique ;29 noverab. , 5, 15 et 25 décembre 1845 cl 5 janvier 1846).

27° Dantis Divinœ comcedw poëtica eirtus. Bruxelles, 1855, in 8°.

( ' ; Ce root pris dans le sens antique.

Extr. des llnlletins de t'Acad. royale de Belgique , l. XX. Le poème (513 vers) est précédé des rapports de MM. Bormans, Lesbroussart cl De Ram, commissaires de l' A cadémie. On lit dans le rapport de M. Bormans : « M. Fuss est connu depuis longtemps » comme le premier latiniste de notre pays, » et je crois qu’il en est aujourd’hui le der- * nier poète, je dis le seul qui sache encore sc » servir de la langue de Virgile et d'Horace » comme d'autres sc servent de leur langue » maternelle. » — V. ci-dessus.

28° Françoise de Iiintini et le Comte, Uijolin. lieux épisodes de l'Enfer du Dante, traduits en vers latins par J.-D. Fuss et suivis d’observations sur la Divine comédie. Tournai, Malo et Levasseur, 1854, in-8».

Extr. du Moniteur de renseignement. Fuss corrigea plus lard avec soin cette traduction ; il se proposait de la réimprimer avec de nouvelles notes.

29° Fuss a revu el corrigé le lexle du poème de Placentius (Pugna porcorum), dont M. Ul. Capitaine a donné une nouvelle édition en 1855.

5(1° Quœstiones théologien: : Italio et fides, Dies crcationis Jdosei, Ile ali pauperes spirilu , quas Iribus hic canninibus conjunxit J.-I). Fuss. Acccdunt ab codent descripta, quœ Leodii , in templo sancti Pauli, insignis cathedra, et latine retldita pars poster ior hyinni Alfredi de Musset : l’espoir en Dieu. Liège, Carmanne, 1859, in-8°.

Les dill’érentes pièces qui composent ce recueil avaient déjà paru séparément, de 1855 à 1857, chez le même imprimeur.

51° Fuss a lait insérer un assez grand nombre de pièces de vers latins de circonstance dans la Revue belge, dans la Revue de Liège, et plus tard dans le Journal de Liège et dans la Meuse. Nous avons dit qu’il avait collaboré au Magasin encyclopédique de Millin; YUermione, publiée à Jiamm, par le docteur H. Schulz, I7*w d'Iena,ete., ont également reçu de lui quelques communications. Un recueil westphalein doit avoir publié sa dissertation sur paritm , paullum , quoque , quin et sur le verbe occurrere. Les Annales de

OOl

GAE

ï Université de Liège oui inséré (t. 1) l'oiic latine qu’il composa à l'occasion de l'inauguration de l’Univcrsilé de Liège (v. les notes du discours de M.

Nvpki.s). Enfin le Journal de l'Instruction publique , outre les dissertations citées plus haut , a publié quelques notes de Fuss sur des passades de Virgile (t. I, p. 101), d’Horace (lb., p.

209 et 221) et de Properce (Ibid.). — Dans le volume intitulé : (.edichte in der Ane li ner Muudart (Aix-la-Chapelle. Urlichs Solin, 1840, in-12), on trouve une traduction latine des stances en patois d’Aix intitulées de Zogrogel, dédiée par Fuss à fauteur, M. J. Muller (*).

Fuss a (Mc, de 1817 à 1830, mombre de la Commission administrative du Colline de Liège ; il a fait partie de la Soeiété d’Emulatiou de celle ville, de l'Acad. d'archéologie de Helgique, etc.

Gncdo (Henri-Maurice), ne à Kiel (llolslein) le 20 mars 1795, mort à Liège le 2 janvier 1854. Voué par son père à l’étude de la théologie, qui semblait convenir à ses aspirations religieuses cl presque mystiques, il renonça cependant de bonne heure à entrer dans le sacerdoce, et s'appliqua aux sciences naturelles, notamment à l'anatomie comparée, avec une véritable passion. Il fréquenta tour h tour les Universités de Kiel cl de Berlin et se lit remarquer, dès 1815, par une première publication sur l'anatomie des insectes (Alloua, 54 p.

in-4° et 2 pi.). L’année suivante, il lit imprimer à Berlin son Essai sur l'anatomie et la physiologie des Méduses (28 p. in-8" et 2 pl.), qui attira sérieusement l'attention du monde savant. On y signala une riche érudition, des dissections délicates, des observations judicieuses. Sa dissertation de doctorat (1817), écrite en latin suivant l’usage, mais plus tard réimprimée en langue allemande et enrichie de nouveaux développements, obtint également du succès. Elle traite de la structure des insectes et des vers (Hydropltilus piceus , Huprestis mariana , Mygale avicularia, etc). Gacde, à l’âge de 21 ans, était déjà

un anatomiste distingué; les professeurs de Kiel le signalèrent comme un jeune homme de grande espérance, appelé à rendre des services â l’enseignement supérieur. Une bourse de 600 thaï ers lui fut accordée par le gouvernement Danois pour un voyage en Italie : il était au moment de franchir les Alpes (1818), lorsqu'il reçut la proposition officielle de venir enseigner les sciences naturelles à Louvain ou à Liège. Ne connaissant point les Pays-Bas, il décida la question par pile ou face, se hâta d’accourir à Liège et entra immédiatement en fonctions comme professeur d’histoire naturelle, de minéralogie, d'anatomie comparée, de botanique et de physiologie des plantes. Il prononça le 16 novembre un discours d'inauguration ( De vent na turai indagatore ; Annal. Acad. Leod. t. Il), où se révélèrent les sentiments religieux dont il était pénétré. Investi de la dignité rectorale en 1822-1823, il ouvrit la séance solennelle de rentrée par un discours sur la distribution des êtres organisés sur le globe. Ses différentes allocutions aux élèves ont étéréuniesen trois opuscules qui parurent en 1821. en 1821 et en 1828. Le litre du second : Dieu dans la nature, témoigne assez clairement des sentiments de Gacde. Sa pensée était toujours élevée et son cœur débordait de sensibilité. On a dit de lui qu’il était autant un moraliste qu'un savant.

Nullement systématique, il opposait les unes aux autres les théories en vogue, et réfutait, par le microscope perfectionné d'Amici.lcsconjectures hasardées des naturalistes. Mais, à l'exemple de Bernardin de St-Pierre, ajoute M. Pagani, il ne plaçait pas le but de la science dans la multiplicité et la classification des faits qui servent à l'enrichir chaque jour davantage: autant il s'armait de prudence avant de conclure, autant il cherchait â retrouver, dans les merveilleux phénomènes de la nature, « la preuve la plus sensible de la toutepuissance et de la sagesse infinie du Créateur. » Il considérait la vie comme existant à l’état latent lors de la forma-

( 1 ) Pour de plus amples détails, v. la no-

tice déjà citée de M. 6 Capitaine.

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