Emile Chaslbs. Michel de Cervantes (Parifl
2. 6 de théologie, 6 de canons, 4 de médecine, 2 d*anatomie et de chirurgie, 8 d^arts, 1 de philosophie, 1 de mathématiques, M de langues, de grammaire et de rhétorique.
(1768) fut le signal d'un louable effort de régénération. Le parti libéral voulut en préciser le caractère en demandant la création d'une chaire de philosophie moderne. Le Colegio arriéré et obscurantiste s'y opposa ; les étudiants ordinaires {manteistas) engagèrent le conflit contre lui. Les nouvelles idées triomphèrent pour l'instant, et le rapport de l'Université à propos de la rédaction d'un nouveau plan d'études (ITTl) témoigne d'un progrès sérieux dans les esprit^. La réforme la plus urgente était de briser le despotisme du Colegio mayor; elle s'accomplU sous le rectorat de Rojas. Débarrassée d'une tutelle importune, transférée provisoirement dans un ancien couvent de jésuites, l'Université resta bientôt seule maîtresse du champ de bataille. Peu après on rompit hardiment avec les anciens errements en instituant une Faculté de droit civil*.
Le contre-coup de la révolution et les commotions de la guerre de l'Indépendance arrêtèrent les progrès de l'Université. Après le retour des Bourbons, elle chercha à se concilier la faveur du roi en prenant pour grand protecteur l'infant don Antonio qui entretenait au palais de Madrid la seule chaire de chimie générale qu'il y eût dans le royaume. Les plans d'études de 1807 et de 1824, continuant l'œuvre des règnes précédents, mirent dans Torganisation universitaire encore plus d'uïiiformité et de centralisation. Le nombre des Universités fut réduit, leurs programmes révisés, et elles perdirent tous leurs privilèges, excepté la gestion de leurs finances qui ne leur fut enlevée qu'un peu plus tard. En 1822, après la proclamation du régime constitutionnel, l'Université d'Alcala fut transférée à Madrid. Eloignée de nouveau par l'absolutisme triomphant, elle retourna dans la capitale en 1836 pour n'en plus sortir. Elle y occupa successivement le Semtnario de nobles^ les Salesas nueva$ et enfin l'édifice actuel (10 mai 1842).
L'enseignement supérieur, le seul qui existât en Espagne, était alors dans un abandon déplorable. Bâtiments délabrés, matériel scientifique dérisoire, bibliothèques remplies de traités de scolastique et dépourvues d'ouvrages modernes, chaires données à la far veur malgré les dispositions de la loi, prélèvements clandestins exercés sur les élèves par des maîtres besoigneux, examens coûteux mais peu sérieux, cours fictifs ou délaissés, voilà les traits qui reviennent à chaque instant sous la plume des auteurs de l'époque.
1. L'étude du droit civil avait été interdite à Alcala par les statuts de 1513| calqués sur ceux de TUniversité de Paris.
4 UNIVERSITES ESPAGNOLES.
Le plan d*études du 25, septembre 1845 S préparé. par les lois de iH36 et 1838, fut la réforme la plus complète dans Tordre universitairo qui eût été accomplie depuis Charles III. Il acheva de soumettre tous les établissements d'instruction publique à un régime uniforme calqué sur Torganisation française, fit disparaître des abus séculaires, assura Téquité des promotions et la régularité du contrôle, sépara nettement renseignement secondaire de renseignement supérieur, refondit les programmes, créa des chaires nouvelles et éleva les traitements des professeurs pour remettre en honneur la carrière pédagogique. L'Université de Madrid fut la première à bénéficier de ces • changements. Le nouveau plan d'études lui incorpora Tancien Collège de médecine et de chirurgie de San Carlos, le Collège de pharmacie de San Fernando, le lycée {los Estudios) de San Isidro, le cabinet d'histoire naturelle, le jardin botanique et TObservatoire. En 1850, un autre plan d'études (car nulle part la fureur des règlements et des programmes ne sévit plus qu'en Espagne) lui conféra avec le titre d' Umversité centrale une certaine suprématie sur les autres écoles du royaume.
Les quinze années qui suivirent furent une période de prospérité et d'éclat. Des professeurs distingués, imbus des idées modernes, les répandirent, par un enseignement brillant, parmi les jeunes générations. La société madrilène n'a pas perdu le souvenir des doctes et éloquentes leçons de M. Emilio Castelar auxquelles elle se pressait en foule vers 1860. Malheureusement des lois et des décrets contradictoires', multipliés avec une stérile abondance, entravèrent, loin de les seconder, les progrès de l'enseignement. Après la révolution de 1868, le gouvernement provisoire et les nombreux gouvernements définitifs, qui lui succédèrent, troublèrent tout par des innovations irréfléchies, par la proclamation prématurée de la liberté d'enseigner ' (restreinte en 1874), parla refonte réitérée
1. Voir M. le comte A. de Laforge, Rapport adressé à M, Guizot sur la nouwlle loi de l'instruction publique en Espagne (Paris, Proux, 1847).