‹ L'université de MadridChapitre 3 sur 11 · Loi dite de Moyano (1857), décrets de 1866 et 1867, etc · texte numérisé non relu

Loi dite de Moyano (1857), décrets de 1866 et 1867, etc

3. Depuis le décret du gouvernement provisoire établissant la liberté de renseignement supérieur, diverses écoles libres se sont fondées à Madrid. Plusieurs ont succombé, d'autres subsistent et font à TUniversité une concurrenjce fructueuse pour la préparation aux carrières, souci exclusif de la plupart des Jeunes gens. Parmi ces dernières, les établissements les plus importants sont le Colegio de San Pedro Apostolo, dirigé par le clergé, et Tinstitution libre de la rue Esparteros, animée d'un esprit tout opposé; elle «publie un bulletin scientifique, fait des conférences publiques et compte déjà quatre cents souscripteurs. Une fondation plus récente a adopté le système

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des programmes, par la suppression de diverses conditions d'ftge et de capacité. On annonce que ie gouvernement actuel élabore un projet de loi complet qui débrouillera le chaos où git la législation de l'instruction publique. Les amis de TEspagne attendent avec impatience une réforme aussi nécessaire et dont dépend en grande partie Tavenir du pays ^

Les cinq Facultés dont se compose TUniversité de Madrid occupent trois édifices distincts. Les lettres, les sciences et le droit sont logés Calle ancha de San Bemardo, dans un bâtiment appelé Universtdad central en langage officiel, et el Noviciado par les Madrilènes, en souvenir de noviciat de jésuites qu'il renfermait autrefois. Ce bâtiment était tellement délabré en 1841, qu'après avoir consacré de grandes sommes à des restaurations partielles, on fut obligé d'entreprendre une reconstruction totale. Elle fut menée à bon terme par l'architecte Colomer, sous la direction de M. Zarate, alors directeur de l'instruction publique. Le Novictado n'est pas une œuvre d'art bien remarquable, et les trois Facultés s'y trouvent quelque peu à Fétrôit. Aussi les cours scientifiques qui exigent un certain déploiement d'appareils se font-ils, en général, à l'École de Médecine; naguère encore il s'en faisait même au ministère du Fo^ mento. Les parties les plus notables du Noviciado sont le grand escalier monumental, à deux branches, la belle galerie qui sert d'antichambre au cabinet du recteur, et surtout le Paraninfo, On appelle ainsi, par une singulière catachrèse *, la salle des actes de l'Université, située à l'extrémité du rez-de-chaussée. C'est une galerie oblongue, fort élevée et dont la voûte est somptueusement décorée de peintures et d'ornements en relief. Depuis que la collation solennelle du doctorat est tombée en désuétude, le Pamninfo ne

de rinteraat et se propose de combiner « un régime quasi militaire avec une éducation religieuse approfondie. >

1. Tout dernièrement encore le ministre del Fomenio adressait une circulaire aux recteurs sur les moyens u de levantar la tnsehanza del estado de prosiracion en que Tuzbia caido en ahos anteriores, >

2. Autrefois à TUniversité de Paris on appelait, en souvenir de Tantiquité» du nom de paranympJie le personnage qui menait le fiitur licencié à la chancellerie; plus tard ce nom fut appliqué au discours solennel qui se prononçait à la fin de la licence, et enfin (mais, à ce qu'il semble^ en Espagne seulement) au local même où ce discours se prononçait»

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sert plus guère que pour les ffttes académiques (distributions de prix, ouverture des cours, etc.). J'y ai assisté à un festival célébré parla Société de géographie en commémoration de Sébastien Gano, le compagnon de Magellan. Le roi, accompagné des infantes, présidait cette brillante solennité.

Le luxe du Paraninfo ne se retrouve pas dans les salles de cours {aula$). Elles ressemblent beaucoup à celles de la Sorbonne : c'est dire qu'elles sont nues, mal éclairées, et ne suffisent pas au nombre des auditeurs. On y voit des bancs, mais point de tables ; les étudiants écrivent sur leurs genoux. D'ordinaire la chaire est placée sur une plate-forme assez large qu'un grillage sépare du reste de la salle. En dedans du grillage il y a des bancs supplémentaires pour certains auditeurs privilégiés.

Le rez-de-chaussée est occupé par l'un des deux lycées de Ma^ drid, VtnitittUo del cardinal Cisneros^ ci-devant del Noviciado, dé*membrement de l'ancienne Université. Le lycée et les Facultés ont la jouissance commune d'un grand jardin et de quelques collections ; des étudiants de vingt ans et des écoliers de douze se coudoient dans les couloirs. Cette disposition incommode paraîtrait choquante partout ailleurs.

Les Facultés de médecine et de pharmacie ont chacune un édi- 9ce à part. L'École de médecine est située 106, rue d'AIcala. C'est une construction monumentale, inaugurée en 1797 sous le nom de Collège de San Carlos pour la chirurgie et la médecine. Elle occupe S05 600 pieds carrés de superficie. Sous le péristyle s'ouvrent deux beaux escaliers, qui conduisent aux cabinets anatomiques, aux salles de clinique pourvues d'un riche matériel, aux salles de Juntasy etc. Il y a quatre amphithé&tres : un amphithéâtre central qui peut contenir 1 300 personnes, une salle des actes et deux salles de dissection bien alimentées d'eau. L'école de pharmacie, dont le siège fut successivement dans la rue d' Atocha, dans la rue d'AIcala et dans la rue del Barco, occupe aujourd'hui un magnifique bâtiment élevé dans la rue de la Pharmacie (ancienne rue San Juan) avec le produit d'une souscription ouverte parmi tous les apothicaires du royaume, par l'initiative de Don José Augustin Mestre. Construite expressément en vue de sa destination actuelle, cette école renferme un jardin botanique, des collections pharmaceutiques et plusieurs salles remarquables.

Les bâtiments sont l'ossature d'une Université ; les collections scientifiques et les bibliothèques en sont les nerfs. On a vu l'état lamentable du matériel scolaire à la fin du dernier siècle ; depuis, malgré l'insuffisance du budget, il y a eu de sérieuses améliora-

ftions : des donations particulières, des legs, la confiscation des collections des jésuites et autres ordres en ont fourni la meilleure part ^ . Cinq bibliothèques dépendent aujourd'hui de l'Université centrale ; elles contiennent ensemble près de 120 000 volumes. La plus importante est celle de VtnstittUo San Isidro. Cet imtituto est l'ancien Collège impérial fondé par les jésuites en 1545, qui jeta un si grand éclat depuis le règne de Philippe lY. Sécularisé en 1834, il entra dans les cadres de l'enseignement secondaire organisé en 1845. La bibliothèque, réunie à grands frais par les jésuites, fut déclarée propriété de l'État lors de leur expulsion (1770) et ouverte au public dès 1786. Elle est surtout riche en ouvrages de théologie et de littérature; les volumes les plus précieux sont216 incunables etbeaucoup de livres rares du seizième siècle. La bibliothèque dite Universitaire vient d'Alcala ; elle s'est enrichie de livres provenant des collèges de la Goncepcion, del Rey, de los Manriques, de Malaga, de Santa Gatajina, etc. On y trouve beaucoup d'ouvrages français modernes. Le catalogue est tenu à jour et les volumes sont bien reliés. C'est proprement la bibliothèque des étudiants en droit et en lettres. L'étudiant qui veut consulter un ouvrage remplit un bulletin imprimé, comme dans nos grandes bibliothèques. On ne prête pas de volumes à domicile. Les trois autres bibliothèques sont celles de l'école de médecine, créée par Charles III (1787), augmentée de la plupart des ouvrages scientifiques de la collection de San Isidro, celle de l'école de pharmacie qui renferme le magnifique herbier de Pourret, et celle du musée des sciences naturelles '.

1. Budget de Tinstmctioii publique pour 1878 : 6 348 018 francs dont pour renseignement rapérieur :

Personnel des Universités et écoles spéciales . . « 3 329 128 fr.

Matériel des Universités 243000

-. des écoles spéciales 177 343

^ des cliniques 153590

Le budget de la maison du roi est de 9500000 fr. et celui des cultes de 43226906fir.

Le budget de TUniversité de Madrid en 1877-78 se soldait par un excédent de 198 760 fr. (Recettes : i 061 240 fr. Dépenses : 862 480 fr.)* Toutes les autres Universités du royaume présentaient un déficit.

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