PU
Quel autre qu’un Guillem eut été d’ailleurs capable de faire aboutir 3 si vite une si merveilleuse entreprise ? Il ne fallait rien moins que le
4 meum, si infra dictos vr annos, sicut supradictum est, in secularem vitam redierit, vel ad ; . heredem suum legitimum. (Testament de Guillem VII, Liber instrumentorum, XCVI, p. 184). KL N — «Nous croyons trouver dans le blason même de Gui un nouveau témoignage. Ce blason . est divisé en deux parties, d’après un usage qui s’est toujours conservé dans l'ordre du
Saint-Esprit; à droite, l'écusson même de l'Ordre, à gauche, celui de la famille du grand-maitre.
à Or, si nous voyons d’un côté les armes de sable à une croix d'argent à douze pointes, et en Fe chef un Saint-Esprit d'argent en champ d'or dans une nuée d'argent, l’autre côté reproduit Le: un écusson d'argent chargé d'un tourteau de gueules, c'est-à-dire, le blason des nobles EC seigneurs de Montpellier». (Paulinier, Gui de Montpellier, Mém. de l'Académie de Montpellier,
eV puL2l)e
1 Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. I, p. 29.
2 Liber Instrumentorum, Généalogie des Guillems, p. xxxvI.
3 Jbid., n° XXXIX, p. 60.
4 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, Ch. vint, pp. 323-324.
> Brune, Hist. de l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit, p. 30. — Liber A APT n° CX VII, LXXXVII, LXXXIX, CXIX, CCCCXCV, pp. 252, 163, 166, 244, 680.
6 Magister domus hospitalis. (Donation à la maison Saint-Antoine de Lacalm, au diocèse - d'Albi en 1083). Voir ci-dessus, ch. xxv, p. 339, note 2.— Brune, ibid., p. 19.
prestige du nom et de la famille, de la fortune et de la situation sociale pour obtenir instantanément de nobles concours et l’éclatante prédilection
du Saint-Siège.
C'est dans sa propre demeure, au faubourg de Villefranche, sur le chemin de Saint-Gilles, que Gui installe son hôpital; et bientôt !, au mois de juin 1197, Marie de Fabrègues et son mari, Bertrand de Montlaur, cèdent à Dieu et à l'hôpital du Saint-Esprit, aux pauvres qui l’habitent et à Gui son procureur et fondateur, en la personne de Guillaume de Agentia, son remplaçant, une maison avec jardin contigu, qu'ils tenaient en fief du seigneur de Montpellier, lequel intervient pour réduire ses droits, à un simple alleu et sans aucune redevance ?. Plus tard, Guillem VIII léguera mille sols melgoriens à la même maison, comme du reste à celle de Grandmont, deux fondations contemporaines, alors qu'il n’en donne que deux cents à l'hôpital de Saint-Guilhem et cent à la maladrerie de Saint-Lazare, deux œuvres établis par ses ancêtres.
L'ordre du Saint-Esprit, résumé de toutes les institutions et synthèse de toutes les œuvres catholiques, a été «l’un des plus grands événements de l’histoire du monde au Moyen âge» #. Sans même tenir compte de deux cent vingt-huit maladreries, 1l possèdera cent quatre-vingt-cinq
4 L. Guiraud, La Paroisse Saint-Denis, p. 61.
2? Saulnier, De capiîte sacri ordinis Sancti Spiritus ordinatio mpxzix. — Saulnier cite cet acte d'après un renseignement de son ami Gariel, mais sans en donner le texte. — Cf. Brecquigny, Diplomata pontificia, t. W, p. 10. — De Grefeuille, Hist. de Montpellier, t. I, p. 321. — L. Guiraud, La Paroisse Saint-Denis, p.61. — «Quoiqu'en ait dit d'Aigrefeuille, il ne
s'agit point dans la vente stipulée par Marie de Fabrègues et son époux de donation faite à
Guido du sol où s'élevait déjà à cette époque, et sur la rive gauche du chemin de Castelnau, l'hôpital du Saint-Esprit avec son église, maïs bien d'un terrain situé du côté opposé de la route, sur les bords et en deçà du Verdanson». (Id., ibid., p. 12). — «Ce terrain devint le cimetière de l'hôpital. (Id., ibid., p.14). — Sur les autres libéralités, voir L. Guiraud, La Paroisse Saint-Denis, pp. 11-14.
3 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. Il, ch. xxv, p. 339. — Ecclesie Magalone dimitto M. solidorum in honore emendo, de cujus fructibus fiat annuatim anniversarium, in festo Sancti Michaelis, pro anima mea et parentum meorum. — Hospitali Sancti Spirilus m. solidos.
— Domui Grandis montis de Montarbezon x. solidos. — Hospitali Sancti Guillelmi cc solidos.
— Cuique aliorum hospitalium L solidos... — Cuique aliarum ecclesiarum Montispessulani L solidos. — Infirmis de Ponte c solidos. (Testament de Guillem VIII. (Liber Instrumentorum,
XCIX, p. 193).
4 Léon Gautier, Hist. de la Charité, ap. Études et Travaux historiques, 2° édit., p. 59.
hôpitaux !; au siècle suivant quatre cents, plus deux cent quatre-vingts en Îtalie, cent vingt-huit en Espagne et en Portugal, trente-sept en
‘Allemagne, tous groupés suivant leur filiation. L'ascendant de Gui dans
le Midi est attesté par les colonies qui s'organisent aussitôt dans le
rayon de Montpellier, à Mèze, à Clapiers, à Millau et à Largentière,
à Brioude et à Bergerac et presque aussitôt à Marseille ?. Dès 1198, se muluplient les succursales dans les provinces ecclésiastiques de Narbonne et d’Auch, de Bordeaux et de Bourges, d'Arles et de Besancon où les religieux du Saint-Esprit sont introduits, en 1203, parle chevalier Jean de Montferrand, originaire assurément du comté de Melgueil#. Ici, l’histoire paraît si miraculeuse, qu’elle prête à une légende, dont
nous retrouvons le sentiment touchant et naïf dans les miniatures des
manuscrits.
Innocent [IT ayant fait venir Gui dans la capitale de la chrétienté lui reconnaît la possession de deux maisons, l’une près de Sainte-Marie au Transtévère, l’autre à la porte de Sainte-Agathe, dans un faubourg. Bien que le concile de Latran eut réagi contre le trop grand nombre de congrégations nouvelles, 1] recommande celle-ci, le 22 avril 1198, à tous les archevêques, évêques et prélats: «Nous avons appris par la bouche d’un grand nombre que l'hôpital du Saint-Esprit, que la ville de Montpellier doit à la pieuse sollicitude de son bien aîmé fils, le frère Gui, brille entre toutes les nouvelles plantations par la piété et l'exercice d’une large charité : /nter cætera nove plantationis hospitalia et religione fulget et majoris hospitalitatem caritatis exercet. Là, ceux qui ont faim
sont rassasiés, les pauvres vêtus, les malades secourus; l’abondance
des consolations est proportionnée à la grandeur de la misère, de sorte
1 Procès-verbal de la visite dé frère Jean Monetta, visiteur général, commencée le 28 août 1288, finie en mars 1289. (Brecquigny, Diplomata pontificia, t. Il, p. 370). — M. Léopold Delisle conteste, il est vrai, plusieurs fondations dans le Nord et l'Ouest (Journal des Savants, Juin, 1893, pp. 317-333).
2 Brecquigny, Diplomata pontificia, t. I, p. 110. — Innocent. III Epist., édit. Baluze, lib. VII, ep. 95. — Migne, Patrol. lat., t. CCXIV, Innocent. III Epist., t. [, n° 94, col. 83. — Potthast, Regesta Pontificum, n° 95.
3 Hospitalis Sancti Spiritus Bisuntini pauperum nostre dyocesis et alienarum ibi confluentium.… receptaculum et sagenam. (Castan, Notes sur l'Hôpital du Saint-Esprit de Besançon,
gr. in-8° de vii-443 pages, pp. 145, 159). — Léon Lallemand, Hist. de la Charité, p.144).
que le maître et les frères sont moins les hôtes des malheureux que leurs serviteurs, et, parmi tant de pauvres, ceux-là seuls sont les indigents, qui fournissent charitablement aux pauvres ce qui leur est nécessaire». lia ut magister et fratres ipsius istius domus non tam receptores dici debeant quam ministri indigentium el il soli egeant inter RE qui pauperibus necessaria charitative ministrant !.
Le 1° juillet 1203, en reconnaissance de ces services, le Pape accorde aux frères et sœurs, ainsi qu'à leur famille hospitalière , la faculté d'ouvrir des oratoires et des cimetières, ordonnant aux évêques, dont il réserve l'autorité, d'approuver les prêtres recommandés par le maître de l'Ordre ?.
Le lendemain même, il croit devoir prévenir Guique, sur sa demande, il prend «sous la protection de saint Pierre et la sienne l’hôpital du Saint-Esprit fondé à Montpellier et dans lequel il s’est enrôlé au service de Dieu». Il soumet à la juridiction de Gui et de ses successeurs tous les établissements de sa règle existant ou qu'il pourrait créer* ; et la règle imposait d'avoir égard, pour le choix des maîtres, non à l'éclat de la naissance, mais au mérite et au savoir#.
. L'année suivante, pour répondre au désir du seigneur de Montpellier, il lui envoie comme légat a latere le cistercien Raynier, qui sera remplacé par Pierre de Castelnau, et il lui adjoint «son bien aimé fils, le frère Gui, qui craint Dieu et consacre sa vie à toutes les œuvres
1 Innocent. III Epist., édit. Baluze, t. I, p. 53. — Brecquigny, Diplomatia pontificia, t. I, p. 110.— Migne, Patrol. lat., t. COXIV, Innocent. III Epist., t. 1, n° 95, col. 83. — Potthast, Regesta Pontifica, n° 102.
2 Brecquignv, 1bid., t. Il, p. 315. — Migne, cbid., . 113. — C. Peignot, Hist. de la Fondation des Hôpitaux du Saint-Esprit de Rome “ Dijon. (Extrait des Mém. de la Commission des Antiquités de La Côte-d'Or, 1838, in-4°). — Bouillier, Fondation, Construction, Économie et Règlements des Hospitaux du Saint Esprit et de Nostre Dame de la Charité, en la ville de Dijon, 1649, p. 7. — Brune, Hist. de l’Ordre du Saint-Esprit, pp. 38-39.
3 Statuentes ut omnes domos quas in præsentiarium juste habetis vel in posterum rationabiliter poteris adipisci, prædicto hospitali Spiritus Montis Pessulani, et procuratore earum, tibi, fili Guidoni, el successoribus tuis perpeluo subjacere debeant et humiliter obvedire. (Innoc. III Epist., édit. Baluze, t. I, p. 53, n° 97 ; édit. Migne, Patrol. lat., t. CCXIV, Innocent III Epist., t. I, col. 85, n° 97. — Potthast, Regesta Pontificum, n° 102).
4 Nec eligatur secundum dignitatem gentis, sed secundum vitæ meritum et sapientiæ doctrinam. (Règle du Saint-Esprit, XXIV).
charitables» {, comme le Souverain-Pontife l'écrit, le 10 juillet 1199, à Guillem VIIT dont il espère amender la conduite en le séparant d’Agnès et en le rapprochant d'Eudoxie ?.
Le 19 juin 1204, Innocent IIT promulgue une bulle plus solennelle encore, où, après avoir fait valoir la vertu de la charité, il lui confie l’hôpital de Sainte-Marie in Saxia: «Sachant que, grâce à Dieu, la vertu de l'hospitalité est en grand honneur dans la maison du Saint-Esprit, nous unissons l’un à l’autre les deux hôpitaux, afin qu'ils aient plus de facilités à se rendre mutuellement de bons offices; celui de Rome, en implorant notre protection en faveur de l’hôpital de Montpellier; celui-ci, en procurant au premier des ministres plus aptes à l’hospitalité. Par cette union cependant, nous n’entendons point soustraire la maison de Montpellier à la juridiction de l’Église de Maguelone qui, ainsi que nous l’avons antérieurement réglé, conservera ses droits.
«Nous voulons qu’à la tête des deux maisons soit placé un seul maître pour les visiter, une fois chaque année, faire les règlements et les amendements nécessaires et pouvoir transférer les frères partout où leur présence lui paraîtrait utile. S'il arrive que le grand-maître entre, à Rome ou en decà des monts, dans la voie commune à toute chair, les frères de l'hôpital de Sainte-Marie in Saxia enverront, sans délai, l'avis de sa mort à ceux de Montpellier, et ceux-c1 délégueront deux ou trois d’entre eux pour procéder avec ceux de Rome à l'élection d’un nouveau maître. Que si, au contraire, le grand-maître mourrait à Montpellier ou au delà des monts, deux ou trois frères de Rome se rendraient à Montpellier pour l'élection» ?.
Quel plus éclatant témoignage de la considération d’Innocent III pour Gui que cette union et cette solidarité qu'il veut assurer entre Montpellier et Rome !
1 Legatum a nostro latere virum quem üinvenimus secundum cor nostrum, fratrem Rainerium, hominem religiosum, timentem Deum, iülluc duximus destinandum. (Innocent. III Epist., édit. Baluze, t. IE, n° 297; édit. Migne, Patr. lat., t. CCXIV, Innocent. III Epist., t.[, n° COXOVII-COXCVIIT, Col. 861-862. — Potthast, Regesta Pontificum, n°° 712 et 173).
? Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, ch. vin, pp. 321-346.
8 Brecquigny, Diplomata pontificia, 1, 5. — Raynaldi, Annal. eccles., t. I, ann.1204, $ LXXVI, — Potthast, Regesta Pontificum, n° 2248.
17e UNIVERSITÉ DE MONTPELLIER
Mais le Saint-Père tient à garantir l'existence de toutes les fondations, et, par une faveur particulière, 1l ordonne que, dans leurs tournées annuelles, les frères quêteurs soient reçus au son des cloches, qu'ils aient accès dans toutes les églises, que, pendant leur séjour, tout interdit soit suspendu‘. Nicolas IV, Clément V, Grégoire X confirmeront ces privilèges ?.
Quel est le but essentiel de l’Institut? Quel serment impose-t-1l aux postulants, ARehigiosam vitam eligentibus ? «Se donner à Dieu et à ses seigneurs les malades» ?, en les soignant à l’hôpital, in quo divino obsequio mancipat*. Et, c'est parce que ce ministère est le premier de tous, que les religieux de tout ordre sont autorisés à opter pour le Saint-Esprit 5. |
Comment s'étonner d’une telle prédilection, d’une sollicitude si vive pour les malades ? |
Gui était de Montpellier, foyer de la médecine, frère, croyons-nous, de Guillem VIII, dont la déclaration de 1180 ;atteste l'enthousiasme pour «cette science si excellente», qui traitait même de sacrilège, contra pium, toute atteinte à la liberté de cet enseignementf. Ne devait-il pas voir la meilleure des œuvres dans le dévouement à ceux qui souffrent? C'est assurément la considération qui le fit sortir du Temple et consacrer sa propre demeure au service des pauvres 7. «L'amour des pauvres, une vocation irrésistible de lés servir, une inspiration particulière de Dieu peut-être, l’arrachèrent à cet asile belliqueux, moins en harmonie avec ses goûts, et, cédant à l'entraînement de son cœur, 1l voulut
1 Brecquigny, Diplomata pontificia, t. I, p. 7.
2 Voir notamment la bulle de Nicolas IV du 15 mars 1289: Date igitur eleemosynam, ut omnia munda sint vobis; quoniam eleemosyna a morte liberat; ipsa est quæ peccata purgat, et facit invenire vitam æternam; quoniam sicut aqua ignem ardentem extinguit, îta eleemosyna peccato resistit. (Nicolas IV, Constit., I, pp. 30, 33).
3 Regula, c. 1 etur. (Regula Sancti Spiritus in Saxiæ. Romaæ, ap. Ant. Blandani impressorum | cameralem, anno 1564, réimp. à Lyon, par Guillaume Barbier, MpexLvu). — Migne, Patrol. lat., t. COXIV, Innocent. III Epist., t. I, col. 1129-1158.
# Ut supra, p. 394 note 3.
5 Reguld, C. XXX, XLIII, LXX.
6 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, ch. vit, p. 296.
1 L. Guiraud, La Paroisse Saint-Denis, p. 68.
fonder une autre milice destinée à combattre des combats plus pacifiques mais non moins glorieux» !.
Son ordre compte des frères, séculiers à l'origine, comme du reste Gui lui-même, avec des sœurs pour les femmes: Viri viris et mulieres servient muleribus nisi causa infirmitatis ?. Les uns et les autres suivent larègle de saint Augustin, ainsi que les chanoines de Maguelone. Les frères portent la soutane et le manteau bleu céleste, noir à partir du xn° siècle, avec croix blanche à douze pointes sur le côté des deux vêtements, «symbole des douze fruits de l'Esprit divin et de la mulüplicité des vertus qu'ils s’engageaient à pratiquer» #. Les sœurs ont les mêmes couleurs avec le voile blancÿ.
Frères et sœurs ne doivent pas se contenter d'admettre tous ceux qui se présentent, pauperes Christi indifferenter recipiunt®, sans distinction ni exception, les plus humbles de condition toutefois avec plus
d’empressement, parce qu'ils représentent encore mieux le Christ:
Hi sunt thesauri Ecclesiæ et veri thesauri in quibus Christus est 7. NH leur
4 Paulinier, Gui de Montpellier, Mém. de l'Académie de Montpellier, t. V, p. 140.
2 Regula, ©. LXXIX, LXXX.— Léon Lallemand, Hist. de la Charité, p. 171. — «Tout porte à croire que les religieuses furent de bonne heure nécessaires, l'Ordre ayant pratiqué, dès ses origines, le sauvetage et l'éducation des enfants abandonnés». (Aug. Castan, Notice sur l'Hôpital du Saint-Esprit de Besançon, Annales du Doubs pour 1864-1865, p. 151).
3 Fratres omnium obedientiarum qui nunc vel in antea offerunt se Deo et hospitali Sancti Spiritus crucis signum in .cappis et in mantellis deferant. (Regula, LV, Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. II, p.186), — Arch. mun. de Montpellier, arm. F, cass. vr, n°6; arch. départ., Fonds de l'Ordre du Saint-Esprit, cart. 2.
4 L. Guiraud, La Paroisse Saint-Denis, p. 76.
5 Regula, ©. XIII. — Mss. de Dom Calmelet, PL vi et vi, ap. Brune, Hist. de l'Ordre
hospitalier du Saint-Esprit, p. 95. — Hélvot, Hist. des Ordres monastiques, t. Il, pp. 216,
217. — Il n'y avait aucune couleur obligatoire. Les Bénédictins étaient en noir, les Chartreux, Prémontrés, Augustins, ceux de Maguelone notamment en blanc. (Voir ci-dessus, Hist, de Maguelone, t. 1, ch. 1v, p. 126). C’est saint Charles Borromée qui, en 1565, fit adopter le noir pour le clergé séculier, mais il ne devint général en France qu'en 1583. (Voir Quicherat, Hist. du Costume en France, pp. 168, 318; 431). è
6 Regula, ce. I et II. — Lorédan Larcher, Mém. hist. sur l'Hôpital Saint-Nicolas de Metz au Moyen äge, p. 26.
7 S. Laurent, ap. Léon Lallemand, Hist. de la Charité, &. I, p. 195, — Luigi Passerini, Storia degli stabilimenti di beneficienza... della città di Firenza, 1855, in-8° de xxx1-562 pages,
| p. 839. — «La condition sociale ne fait jamais l’objet d'aucune règle. Une femme noble pouvait
s'y rencontrer avec une corroyère, un prêtre pouvait y coudoyer un boulanger ou un fondeur. Un médecin s'y trouvait à côté d'un tavernier ou d'un maître-d'hôtel». (Léon Le Grand, Les
thé cf "OLLS ; d'a LR NS EE EEE D SU Tr Ru 3 pou EL EE x EME
est prescrit de parcourir les rues chaque semaine pour recueillir les infirmes, les assister à table, sans toucher eux-mêmes au maigre repas avant de s'être assurés qu'eux ne manquent de rien‘. Lors d’un décès, les obsèques prudemment renvoyées au lendemain pour être célébrées avec le respect et la piété convenables.
Afin de répondre à une des plus généreuses préoccupations d’Innocent III, — et c’est la caractéristique de l’œuvre, — le Saint-Esprit, cinq siècles avant saint Vincent de Paul, adopte les enfants, tant naturels que légitimes, déposés à la porte des églises ou trouvés sur la voie publique, et fonde, à Pistoie, la maison conventuelle et hospitalière des enfants exposés, Pistoia lo Spedale de S. Spirito et celui de San Gregorio ?.
Telle est l’admirable organisation, l'une «des sources principales d'où sortrent des essaims de frères qui peuplèrent la France d’hospices
florissants» à.
À côté des religieux et religieuses fonctionnaient des confréries
prises par Innocent [TT sous son patronage*, libres de tout engagement,
Maisons-Dieu, p. 219). — «Les asiles hospitaliers cherchent à pratiquer les sept œuvres de miséricorde telles que les conçoit le Moyen âge: Esurientes pascere; potare sitientes; hospitio excipere advenas; vestire nudos; ægros curare; liberare captivos; sepelire mortuos. Œuvres condensées dans ce vers: Vestio, poto, cibo, redimo, tego, colligo, condo».
(Léon Lallemand, Hist. de la Charité, p. 128).
I poveri inferni, che a detto spedale riffuggano e arrivino, quasi Christo, nelle lore persone, diligentemente visitino e consolino, ricreino, paschino et nettino, e sovenghino a tutte le lore necessità,e medichino con tutta la foro forza e carità». (Passerini, Séoria degli stabilimenti.…. di Firenza, p. 839). — Honor quippe et injuria pauperum recurrit in Christum (Aubrae, I). — Léon Lallemand, ibid., p. 195. — Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t.1, ch. vin, p. 296.
1 Regula, ©. LVIII.
2 Jbid., ec. XLI. — Brecquigny, Diplomata pontificia, t. II, p. 371. — Pistoia sempre prout a nello esorcizio di poetosi uffici non mai aliena a sowerino ello um ave sciagure, ascolto esortazioni di Innocenzo III, e fra le prime nella Toscana venne in seccorso Dei fanciulli abbandonati Dei guitori. (Bargiagchi, Séoria degli istitute di beneficenza in Pistoia, Firenze, 1883, t. I, p. 124). — Léon Lallemand, ibid., t. IH, p. 143. — Quand l'hôpital du Saint-Esprit de Montpellier fondé par Gui, «berceau primitif de l'Ordre, fut détruit en 1562, on préleva sur les revenus de son temporel une somme annuelle pour les besoins des enfants trouvés. L'hôpital Saint-Éloi recueillit la somme et les enfants à leur retour jusqu'à leur admission à l'Hôpital-général». (Paulinier, Gui de Montpellier, p. 164).
3 Brune, Hist. de l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit, p. 139.
4 Decernimus insuper ut receptores fraternitatum vestrarum salvo jure dominorum suorum in beati Petri et nostra protectione consistant et pace in terris, in quibus fuerint, patiantur.
(Brecquigny, Diplomata pontificia, t. I, p. 7).
jalouses de se consacrer à la souffrance, dont le dévouement et les largesses suppléent au défaut du personnel et à l'insuffisance des revenus et assureront, durant des siècles, des secours aux pauvres et aux malades. |
Innocent IT pouvait avec raison louer dans l'Ordre du Saint-Esprit, les six œuvres de miséricorde symbolisées dans les six urnes qui figuraient aux noces de Cana. Pour confirmer et perpétuer ce symbolisme il ordonne même, le 3 janvier 1208, que, chaque année, au premier dimanche après l'Épiphanie, où l’évangile du jour relate précisément le miracle du changement de l’eau en vin, pape et cardinaux se rendent en procession de Saint-Pierre à Sainte-Marie in Saxia, et fassent distribuer, aux frais du trésor pontfical, du pain, de la viande et du vin à trois cents pauvres de cette maison et à mille du dehors ?.
Cependant le prodigieux développement de cette œuvre n’est pas sans alarmer les anciennes qui craignent d’être délaissées. Pour les protéger, l’évêque de Maguelone n’autorise pas le culte dans l'hôpital, ce que lui reprochait le Pape dans une lettre du 1% juillet 1203, où il s’efforçait de mettre fin à toute contestation en déterminant tous les droits et
intérêts #. Cette résolution ne désarmant pas les jalousies, il dut
4 Brune, Hist. de l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit, pp. 161-165. — «Une question est celle des relations de l’ordre du Saint-Esprit avec celui des Frères Pontifes. Elle a été posée par Pierre Saulnier en ces termes: «Si dans cet ouvrage il m'était permis de donner quelque place à la conjecture, je ne penserais pas errer beaucoup en revendiquant pour l'ordre du Saint-Esprit saint Jean Benezet, le thaumaturge de l'Occitanie, le constructeur pontife d'Avignon, l'architecte inspiré du ciel pour un ouvrage digne de la force de Samson». (De capite sacri ordinis, p. 64). — Saint Benezet était né non loin de Montpellier et fut contemporain de Gui. (Brune, ibid., pp. 119-184). — Ainsi que le fait judicieusement observer M. Bringuier-Roure, à qui nous devons la Chronique et le Cartulaire de l'Œuvre des églises, maisons, ponts et hôpitaux du Saint-Esprit (1265-1791). On ne pouvait dire que «toutes les œuvres de ponts répandues dans l'Europe ni même toutes les œuvres de ponts répandues dans la vallée du Rhône et sur ses affluents, ont donné lieu à la création de confréries du Saint-Esprit» (p. x1v). — Voir du même, Les Constructeurs de Ponts au Moyen âge, Paris, 1875. — Les Hospitaliers
.du Pont-Saint-Esprit à Saint-Pierre de Vassols, Avignon, 1884. — Saint Benezet, patron
des ingénieurs, Nimes, 1890.
2 Migne, Patrol. lat., t. CCXIV, Innoc. III Epist., n° 95, t. I, col. 83.
3 Guidoni rectori et fratribus Sancti Spiriltus Magalonensis... concedimus ut, non obstante compositione, quæ facta fuisse proponitur inter vos et Magalonensem ecclesiam... infra septa domus vestræ oratorium habeatis, in quo per clericos vestros divinum vobis officium
reécrire le 5 juillet 1205, et, en épanchant sa douleur, il menaçait des foudres de l'Église ceux qui s’opposeraient à l'érection d’un oratoire!.
Le nombre et l'importance des succursales avaient obligé à en diviser la direction. Le commandeur de Rome était chargé des maisons d'Italie et de Sicile, de Hongrie et d'Angleterre. Celui de Montpellier conservait la suprématie sur les hôpitaux de France, d'Espagne et d'Allemagne?
Gui décède à Rome, au commencement de 1209, et le 8 juin, en faisant part de cette mort, Innocent III annonce qu’il transfère à Rome le chef et le magistère de la communauté %; mais Honorius [IT revient sur cette résolution, que renouvelle, au contraire, Grégoire IX le 15 août 1225. D'après une bulle du 12 août 1372 qui paraît apocryphe, parce qu’elle est datée de la troisième année de son pontificat, alors qu’iln'était que dans la seconde, Grégoire XI aurait accordé, à Avignon, au recteur de Montpellier, la dignité de grand-maître au même titre qu’à celui de Sainte-Marie et en lui confiant le gouvernement de tous les hôpitaux, hors d'Italie et de Sicile, d'Angleterre et de Hongrie. Tout en constatant que la province magistrale de Montpellier possède directement vingt-deux hôpitaux, Nicolas V n’en maintiendra pas moins la suprématie à Rome.
Ainsi, en groupant tous les dévouements dans l’universalité de la charité, en leur donnant pour cadre la hiérarchie catholique, Gui à
recitetur. (Innocent. III Epist. n° avi, 1* juillet 1203). — Brecquigny, Diplomata pontificia, t. II, 1315. — Migne, Patrol. lat., t. CCXIV, Innocent. IT Epist., n° vit, t. Il, col. 118. — Potthast, Regesta Pontificum, n° 1955. Pe
1 Non sine dolore nec sine pudore narramus quod quidam in reprobum sensum dafi, tanquam impii ædificationem oratorti fratrum, hospitalis Sancti Spiritus, contra nostrum. statutum , imo potius contra divinum mandatum, multipliciter impedire nituntur, non attendentes quam sit impium et iniquum nequiter operari contra opera pietatis, quæ secundum apostolum promissionem habet vitæ, quæ nunc est, pariter et futuræ. (Migne, Patrol. lat., t. CCXIV, Innocent. III Epist., n° xor, t. II, col. 664).
2 Brecquigny, ibid., 1, p. 9.
3 Jbid., p. 12. — Brune, Hist. de l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit, p. 202.
4 Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. II, p. 142.
5 Brecquigny, Diplomata pontificia, p. 11.
6 Léopold Delisle, Hist. de l'Ordre hospitalier du Saint-Esprit, Journal des Savants,1893, p. 322.
. T Brecquigny, ibid., p. 19. — Brune, ibid., pp. 203, 205.
été le véritable organisateur en Europe de l'assistance publique. «Soins donnés aux malades, asiles offerts aux enfants abandonnés, œuvres de maternité, refuges ouverts au repentir, hospitalité exercée dans toute sa
ts plénitude, voilà l'œuvre gigantesque entreprise et menée à bien par un seul homme! Familiarisés avec les prodiges de bienfaisance accomplis
: par le catholicisme dans les temps modernes, nous sommes moins saisis É peut-être de l’ensemble majestueux de la création de Gui; mais, si l’on pur he: réfléchit que le fondateur du Saint-Esprit vécut avant le xrr° siècle, n que les deux hôpitaux de Montpellier et de Rome n'avaient pas de précédents, on comprendra les difficultés et la grandeur de cette œuvre, et l’on sera fier de pouvoir rapporter à la France l'honneur d'une institution si généreuse» !. | | |
Telle fut l'importance de cette fondation dont les mérites et les
services rivalisent avec la gloire et l'utilité de l’École de médecine. On
ne s'explique pas qu’une ville savante, libérale et généreuse comme
ne ; celle des Guillems, n’ait pas élevé un monument à cet insigne ami et
é serviteur du peuple, «suprême gloire pour Montpellier, qui aurait dû la
payer par un culte profond envers celui qui la lui procurait»?, pas plus -
du reste qu'à saint Benoît d’Aniane, le promoteur de l’abolition du
servage en Occident.
Quelles plus nobles images de la liberté et de la charité cependant . que les figures de ces deux enfants du pays, Benoît d’Aniane, fils d'un comte de Maguelone, et Gui de Montpellier, de la famille
ne: Due des Guillems* !
Si le Saint-Esprit de Montpellier étendait son action aux extrémités de la France, même chez les nations étrangères, comment n’aurait-il pas
4 Brune, Hist. de l'Ordre du Saint-Esprit, p. 68. — Parlant de l'hôpital du Saint-Esprit à ÿ Rome, Mgr. Gerbet, évêque de Perpignan, s'écriail : «Il n'y a pas de trône aussi ancien que : PA cet hôpital. Lorsque le Conseil général du département de l'Hérault votera des statues à ‘quelques noms historiques du pays, se souviendra-t- -il que Gui (de Montpellier), précurseur de saint Vincent de Paul, a gravé le nom de son ordre sur le frontispice du monument qui est le DOYEN DES ÉTABLISSEMENTS DE BIENFAISANCE. (Esquisse de Rome chrétienne, t. IL, ch. x1). É 5 2L. Guiraud, La Paroisse Saint-Denis, p. 69. 4 © 8 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, L. I, ch. x, p. 489.
servi de modèle aux autres congrégalions installées dans nos murs, imprégnées du même esprit de charité, d'égalité, de fraternité, vouées aux mêmes services, et, entre toutes, aux chevaliers de Saint-Jean-de- Jérusalem, plus tard de Rhodes et de Malte, ordre institué à la fin du x1° siècle, dans la ville sainte comme dans une nouvelle France, 141 quasi nova Francia', et non moins célèbre par son dévouement aux malades et aux pèlerins que par sa vaillance contre les Sarrasins: Cominciô col rendersi, rispettahile e meritevole, di ogni lode per gli atti di pietà che nelle loro mansioni si esercitavano? ?
À côté de chaque commanderie du Temple ou de l'Ordre teutonique
1 H. Beaune, Introduclion au Droit coutumier, p. 253.
? Luigi Passerini, Séoria, p. 142. — Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. HI, p. 44. — La constitution de l'Ordre du Saint-Esprit de Montpellier fut-elle originale ou une reproduction de la règle des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem? «Le texte de cette règle a été publié par Holstenius et reproduit dans la Patrologie latine de Migne, t. CCXVII, col. 1138- 1156). Les manuscrits de Rome et de Dijon, qui nous ont conservé la règle du Saint-Esprit, ne nous donnent malheureusement pas le texte primitif des statuts, tels que les édicta Gui de Montpellier avant la confirmation d'Innocent II, en 1198; ils ne reproduisent qu'une compilation exécutée par les soins de deux cardinaux qui vivaient dans la première moitié du xur° siècle, Étienne, cardinal prêtre du titre de Sainte-Marie-Transtibérine, et Renier, cardinal diacre de Sainte-Marie in Cosmedin. La confusion qui règne dans la distribution des matières, les répétitions qui se produisent à plusieurs reprises, la juxtaposition dans certains articles de préceptes, absolument étrangers à l'objet indiqué par le titre du chapitre, enfin le renvoi à une bulle d’innocentIll et l'insertion de dispositions qui s'appliquent uniquement à la maison de Rome, montrent avec certitude qu'on a affaire à un texte remanié. En prenant ces articles
les uns après les autres, on s'aperçoit que plus du tiers d'entre eux (quarante sur cent cinq) ‘
ne sont que la reproduction, quelquefois un peu modifiée, mais le plus souvent littérale, des dispositions empruntées à la règle de Saint-Jean... On peut supposer avec vraisemblance que la règle du Saint-Esprit n'était qu'une adaptation de celle de Saint-Jean, à laquelle on a ajouté, dans la revision postérieure dont le texte seul nous estresté, les ordonnances propres à assurer le bon gouvernement de l'Ordre». (Le Grand, Les Maisons-Dieu, Revue des Questions historiques, 1°" juillet 1896, t. XXXI, pp. 104-105).
On pourrait avec la même vraisemblance retourner la conclusion en disant que la règle de Saint-Jean a été inspirée par celle du Saint-Esprit; et, ce qui prouverait la priorité, tout au moins la supériorité de celle-ci, c’est qu'Innocent III la présente comme le statut modèle et idéal. Bien que le travail d'ailleurs si édifiant de M. Le Grand remonte à 1896, M. Léon Lallemand, qui en fait un très juste éloge, évite de se prononcer dans son 3% volume, publié en 1906, sur l'Histoire de la Charité publique. — Nous avons mentionné la commanderie de Launae, Fabrègues et Cournonterral. (Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. 1, ch. vin, p. 321). Le domaine, vendu en 1791 comme bien national, a été acquis, par la famille Gervais, en 1824, c'est-à-dire bien après le Concordat. Sur la tour, à l'angle nord-ouest de la façade, se lit la devise appropriée à la croix, emblème de l'organe de l'Ordre ainsi que de celui de Malte qui
devait se trouver comme annexe une maison hospitalière !. De même chez nous pour les Trinitaires et les Frères-Mineurs. Il y avait à Montpellier, pour tous les voyageurs qui allaient en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, à Rome et à Jérusalém, les hospices de Saint-Guilhem et de Saint-Jacques ?, de Saint-Éloy * et de Saint-Julien de-Tournefort#, pour tous les malheureux les hôpitaux de Saint-Martial et de Saint-Lazare’, de la Madeleine et de Sainte-Marthe, de Sainte- Marie-des-Teutons et de Saint-Sauveur, de Saint-Antoine et de Saint- Barthélemy, de Saint-Martin-des-Teutons 7, que Nicolas IV prend sous sa protection, et peut-être aussi de Roncevaux puisqu'on avait donné ce nom à la rue limitrophe, à l'ouest du Temple, assurément à
lui succéda. Comme c’est Alexandre le Grand qui conquit la Palestine, on s'explique et if est naturel de penser que le grec en usage fut le dialecte du Nord de la Grèce continentale:
. EN TOYTO NIKA
C'est bien la traduction grecque de l'inscription latine sur le Labarum de Constantin : IN HOC SIGNO VINCES
Get ordre eut surtout de l'importance et de l'influence dans l'Orient grec. M. Henri Gervais, notre confrère à la Société archéologique de Montpellier, s'occupe d'en restaurer et d'en rendre au culte la chapelle romane du xrr° siècle. — Voir Dell origine ed institute del sacro: ordine di S. Giovanni Battista Gerosolitamimo, dette poidi. Rodi oggi di Malta. Roma, 1181. — Saige, Les Origines de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, Bulletin de l'École des Chartes, t. XXV, 1864. — J. Delaville Le Roulx, Les Statuts de l'Hôpital Saint-Jean-de- Jérusalem, Bulletin de l'École des Chartes, 1887, t. XLVIIL, pp, 341-357. — « À Montpellier,
près la nouvelle église Saint-Roch, se trouvait le Petit Saint-Jean, établissement des:
Hospitaliers de Jérusalem, remontant aussi à la première moitié du xt siècle. En 1204 seulement, les chevaliers obtinrent la concession d’une église et d'un cimetière ». (L. Guiraud, Recherches topographiques sur Montpellier, p. 101)..
4 Dr Ratzinger, Geschichte der kirchlichen, armenpflege, in-8° de x1v-616 pages, Freiburg
in Breisgau, 1884. — Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. IF, p. 45.
2 Charles VI le prendra sous sa protection. (Germain, De la Charité hospitalière publique au Moyen dge, Mém. de la Société archéologique, t. IV, Preuves, VEet VII, p. 541).
3 En 1222, le chaudronnier Guy (ou Hugues) et sa femme Guillaumette, ayant donné tout leur avoir à cet hôpital, s'engagent à servir les pauvres. (Germain, ibid., IX, p. 549).
4 Léon Lallemand, ibid., t. III, p. 98.
8 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. II, ch. x, pp. 11-26.
6 P, Denifle, La Désolation des églises, monastères et hôpitaux de France, t. VIF, n° 166, pp. 60-62.
7 Germain, ibid., pp. 514, 515.
8 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. 1, ch. xIX, p. 580.
cause de quelque hospice de cet Ordre’. Nous ne parlons pas ici des couvents pour les catégories spéciales, miséricordes, orphelinats et refuges, enfants trouvés et filles repenties, asiles de nuit et aveugleries, comme les Quinze-vingts, moins destinés aux trois cents chevaliers, à qui le Soudan aurait fait crever les yeux lors de la croisade, qu'aux pauvres aveugles de la ville de Paris et bientôt de tout le royaume. Dans les hôpitaux du Moyen âge comme dans les monastères, dont le plan de Saint-Gall, de 820, demeure le type et le modèle, nous constatons l'observation, autrement rigoureuse qu'aujourd'hui encore dans nos établissements publics, casernes , lycées, hospices et asiles, des règles les plus intelligentes de la salubrité. Et quelle sollicitude pieuse et discrète as povres malades comme as saignors*, que de touchantes recommandations pour les contagieux #, lesconvalescentsÿ, les femmes en couches 5! quelles prescriptions sages et minutieuses sur les vêtements
1 «Un des hôpitaux les plus célèbres n'avait pour règle que le texte pur et simple de la lettre de saint Augustin, dépourvu de tout commentaire et de toute addition... L'ordre hospitalier de Roncevaux eut en France plusieurs maisons: nous citerons l'Hôtel-Dieu de Bar-sur-Seine, fondé en 1210... par Miles, comte de Bar-sur-Seine, et confié aux frères de Roncevaux; l'Hôtel-Dieu de Braux (Manche), l'Hôtel-Dieu de Villefranche, en Beaujolais, qui, au xure siècle, était membre dépendant de Roncevaux ». (Missol, l’Ancien Hôtel-Dieu de Villefranche, Revue lyonnaise, III, 1882, p. 92). — Le Grand, Les Maisons-Dieu, ap. Revue des Questions historiques, t. LX, p. 98. — Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, ch. xx, p. 9; ch. xvis, p. 509. se
2 Léon Le Grand, Les Quinze Vingts, p. 219. — Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. III, pp. 130-431.
3 Léon Lallemand, ibéd., t. III, p. 195.
4 Secernantur tertio ægroti prout postulat diversitas malorum quibus affectuntur: quibus enim est necessaria chirurgi manus, quibus aura tepidior et altior quies, his aula minor
attribuilur, ut el pueris: si quem phrenesis et mentis. impotentia occupavit, ad remotius . *
aliquando cubiculum, ne alios obtundat, perturbetque, ipse vero quiete juvetur ac silentio deportatur. (Petrus Saulnier, De capite sacri ordinis Spiritus, dissertatio, p. 157).
5 Et ne quis sanitati restitutus pro nimis festina recessione recidivum patiatur, septem diebus in domo sanus si voluerit, sustentetur. (Statuts d'Amiens, XXXIV; Vernon, XII; Pontoise, XI, Saint-Pol, XXVII). — Léon Lallemand, ibid., t. II, p. 228.
6 Statuts de Troyes, LXXX VI, Saint-Pol, XXX-XXXII, Pontoise, XI; Vernon, XIII. — Champonnière, Des Hospices de Genève avant la Réformation (Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie, juillet 18%4, p. 165). — Guignard, Hôtel-Dieu Le Comte de Troyes, p. XXXVIL. — Braachav, Hist. des Établissements hospitaliers de Montreuil-sur-Mer, in-8 dé 316 pages, Amiens 1882, p. 15. — D’Arbois de Jubainville, Voyage archéologique, n° IL, p. 293. — Léon Lallemand, ibid., t. IT, pp. 227-228.
et la literie, qu'on renouvelait dans certaines maisons trois fois par ant, ; . , F . r te . .
sur les instruments d'opérations, qu’on désinfectait?, sur les latrines”®
el les égouts *, sur les moindres détails enfin de l'hygiène, qui n'était:
1 Passerini, Storia degli stabilimenti di beneficenza della cita di Firenze, p. 301.— «Trois fois l'an, on renouvelait la literie». (Coyecque, Archives de l’Hôtel-Dieu de Paris, 1137-1300, L, p.18). — Ulhom, Die Christliche Lichesthatigkeit un mittelalter, in-8°, 531 pages, Stuggard, 1884, p.225. — Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. WI, pp. 205-206. — «Aux lavanderies de l'Hôtel-Dieu de Paris, il fallait chaque semaine laver huit à neuf cents draps sans compter les habits-des malades nouvellement entrés. Six sœurs et trois filles, d'une part, de l'autre trois religieuses et autant de filles blanches, tel était le personnel de la grande et de la petite lavanderie». (Goyecque, ibid., p. 72).
2? «A Chalons, en 1426, les barbiers chirurgiens sont astreints à ne laver leur matériel qu’en deux points de la rivière, en aval des habitations; à Amiens, en 1447, amende à un boucher pour avoir tué chez lui; en 1462, amende à un pâtissier pour avoir acheté une anguille morte, «çar ils ne doivent bailler aux bonnes gens viande si elle n'est bonne et digne d'entrer en Corps humain»; à Albi, Agen, Dijon, Amiens, aux xv* et xvr° siècles, un personnel spécial est salarié pour s'occuper des soins des malades, de lensevelissement des morts;... des enseignes spéciales signalent les maisons contaminées ; à Nantes on y met les scellés ; à Albi, Agen, Amiens, Saint-Flour, on crée des lazarets pour réléguer les habitants de ces maisons ; à Dijon, de 1500 à1514, on les ‘désinfecte par des fumigations de genne et d'encens, et ceux qui ont soigné les pestiférés sont astreints à quitter la ville pour un an; déjà, en 1410, le bourreau avait la consigne de tuer les chiens errants ; de même à Amiens. (Enlart, ancien membre de l'École Française de Rome, membre résidant de la Société des Antiquaires de France, directeur du Musée de Sculpture comparée du Trocadéro, Manuel d'Archéologie française, t. IE, p. 5).
3 «Les latrines (privés, nécessaires, longaignes, bosstrenés, boistreués (bois troués), retraites, qui signifient aussi et d'abord la chambre à coucher par laquelle on s'y rendait) sont très nombreux au Moyen âge, car, un préjugé de délicatesse voulait qu'on les multipliât : dès le xr° siècle, les logis des hôtes de l’abbaye de Cluny renfermeront quarante sièges de latrines dont trente dans le quartier des hommes et dix autres dans celui des femmes. Il y en
avait autant que de lits. Dans sa. Maison rustique, Olivier de Serres n’admet, du reste, de
latrines communes que pour les domestiques, encore veut-il que ceux de chaque sexe avaient les siennes... Au xvrr* siècle, les mœurs étaient devenues grossières au point que les latrines étaient chose presque inconnue», (1bid., pp. 94-95). — Cf. Franklin, Hygiène, pp. 137 à 143, Appendice, v et vr. — Viollet-Ledue, Dictionnaire, verbo: Latrines, note. — De même que Les latrines de l’abbaye de Maubuisson (xii° s.) les latrines publiques d'Amiens étaient placées au travers des cours d’eau, sur une arche qui, à Amiens, était garnie d'une herse. Le système de la fosse d’aisances n'est pas moins ancien. Le perfectionnement qui consiste à amener l'eau se rencontre dès 1240 à Castel del Monte (Pouille) et existait au xiv* siècle à Saint-Martial de Limoges. Dans certains monastères existaient des latrines communes qui rappellent les latrines publiques des Romains. On a pris soin d'en pourvoir même les cachots des
prisonniers». — «A Cluny, au x1° siècle, galerie de 70 pieds de long, sur 23 de large; avec
45 sièges dans des niches et autant de petites fenêtres». (Enlart, Manuel d'Archéologie française, pp. 94-91). | 4 «Les Romains étaient grands coñstructeurs d'égouts, et lorsqu'ils bâtissaient une ville, ils
pensaient d’abord à l'établissement de ces services souterrains. Quand les barbares devinrent :
possesseurs des villes gallo-romaines, ils ne songèrent pas à entretenir les égouts antiques,
alors ni inconnue ni négligée, car la propreté semblait, ainsi que disait Lacordaire, «une demi vertu» ‘ !
Si celle-ci devait faire défaut du xvi° au xix° siècle, elle était dans l’espritet les mœurs du Moyen âge ?. L'usage des bains, par exemple, était même des plus fréquents dans les cloîtres * et‘les hôpitaux #. I] faisait
qui bientôt s'engorgèrent ou furent perdus. Ce ne fut qu'au xnre siècle que l'on revint à la méthode antique, et que l'on construisit des égouts souterrains en maçonnerie sous les voies
principales... Les établissements religieux et les châteaux féodaux sont déjà munis d'égouts
bien disposés et construits dès la fin du xu° siècle. Il arrive souvent même que ces égouts sont praticables pour des hommes». (Viollet-Ledue, Dictionnaire d'Architecture, verbo Égout, t. V, p. 195). — Ainsi en était-il de l'égout de Maguelone encore subsistant au midi de la cathédrale et dans la direction de la mer. — «Des égouts (pierre, garilhun, gasilhan) étaient souvent pratiqués sous les maisons du Moyen âge ; il en existe notamment de très spacieux dans certaines abbayes ; il existait aussi des égouts publics, mais les échevinages n'avaient pas toujours assez de ressources et d'autorité pour créer des systèmes complets et réguliers d'égouts, et bien des maisons manquaient d'issue pour leurs immondices. En ce cas, on avait recours au système des puits perdus. (Enlart, Manuel d'Archéologie francaise, L'AUAD:200)e |
1 Ut cum ire voluerint ad privatas a custodibus sustententur. (Paris, XXIV; Troves, XCV, Saint-Pol, XXVII; Vernon, XIII; Beaune, Petit Cartulaire de l'Abbaye de Beaune, 1880, p. 7). — Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. IN, pp. 192-216. Voir tout le chapitre vu. — Au Saint-Esprit, une fois par semaine, les sœurs et les frères lavaient le mardi la tête, le jeudi les pieds des infirmes; en tout temps elles blanchissaient leur linge. (Regula, c. LXII-LXXIX).
2 «On a accusé nos ancêtres du Moyen âge d'avoir méconnu les règles de la propreté et de la salubrité ; il n’est pas de calomnie moins justifiée ; l'usage des bains et des latrines fut. universel chez eux jusqu'à la Renaissance, et il serait fort à souhaiter que ces pratiques fussent aussi répandues de nos jours ; la voirie était parfaitement entendue, et si son service fut trop souvent défectueux, la faute en était au fractionnement des pouvoirs; les hôpitaux furent multipliés et aménagés avec une entente si parfaite des conditions de salubrité que les progrès les plus récents en cette matière consistent à restituer les dispositions qui furent uaiversellement adoptées du xu1° au xve siècle ; de même revient-on au système du fout-àl'égout qui fut celui du Moyen âge. On savait prendre en temps d’épidémies les précautions les plus minutieuses et les plus intelligentes. (Camille Enlart, Manuel d'archéologie français, t. I, p. 3). — Le tout-à-l'égout pratiqué dans les cloitres du Moyen âge n’était guère appliqué dans les villes avant notre époque. (Fonssagrives, professeur d'hygiène à la Faculté de médecine de Montpellier, Hygiène et Assainissement des Villes, Paris, Baillière, 1811 pp. 242-249). — Jules Rochard, Encyclopédie d'Hygiène et de Médecine publiques, t. HE, ch. ut, pp. 304-311.
$ Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, L. 1, ch. 1v, p. 129, ett. Il, ch. x1x, p. 586. — Les croisés avaient rapporté d'Orient l’usage et le goût des bains. Dans toutes les villes il y avait des bains et étuves. (Pour Paris, voir Étienne Boileau, Livre des Métiers; pour Montpellier, L. Guiraud , Recherches topographiques sur Montpellier, pp. 91-96. — Léon Coste, Les Transformations de Montpellier, ap. Société languedocienne de géographie, t.XI, p. 56. — Voir encore Alfred Franklin, La Civilité, l'Étiquette, la Mode, le Bon Ton du treizième au dix-neuvième siècle).
# «On se baignait fréquemment alors, et l’usage des bains était surtout recommandé aux
partie des traditions et des mœurs de la vie féodale t: bain rituel la ; Fi ! veille ou le jour de l’adoublement d'un chevalier, avant de revêtir g D. : Chausse de paille, solers | “1 de Montpellier?.
15 “eu A Saint-Gall les étuves étaient reliées au dortoir par une galerie ; # . «celles de Cluny du xn° siècle consistaient en une suite de douze Re: cellules voûtées (crypiæ) contenant autant de baignoires de bois D (donne. 12 Le mandatum était le premier devoir des abbés et des prieurs vis-à-vis 5115 de leurs hôtes comme des sœurs des infirmes #; le bain était le jeu de … l'enfance et la distraction de tout ce qu'on entendoit la vie que mainent ; dk lienfant en l'ianète petite5; bain le jour de la bénédiction d'un chevalier Eee 74 femmes sur la fin de leur grossesse et quelquefois après leurs couches. Trois fois la semaine à 4 Eu on doitles baigner d'après les statuts de Troyes». (Richard, Cartulaire de l'Hôpital Saint-Jean
d'Estrées d'Arras, 1888, p. xxx). — «Les sœurs doivent faire les bains à chiaus qui mestier en ont». (Statuts de Lille, I, v). — «Dans les hôpitaux du Nord, les comptes mentionnent 4 l'achat et la réparation des baignoires consistant en grandes cuves de bois». (Léon Lallemand, K Hist. de la Charité, t. INT, p. 226).
1 Balneorum usus, paratus est... Post corporis ablutionem. (Johannis Turonensis, monachi majÿoris monasterii, Historia Geoffredi Plantagenistæ. Andegavensis comitis et ducis Normannorum). (Histor.… de France, t. XII, p. 221). — Chroniques d'Anjou, publiées par P. Marchegay, et A. Salmon pour la Société d'Histoire de France, p. 233. — Cf. Du Cange, verbo: Miles, t. IV, p. 390. — Gautier, La Chevalerie, pp. 276, 280, L'Ordeue de Chevalerie, ap. Gautier, ibid., p. 292. — Soissantes gentis (Ogier, v. 1296-1298). — Les cuves font d'iaue trestot A emplir. (Garins li Loherains, II, 146). Un autre manuscrit nous donne: «cinquante cuves». Un autre «une grande cuve». «(Chevaliers) se font que sont baignez en cuves». (Ant. de la Salle, La Solade, ap. Lacurne de Saint-Palaye, Mém., 1, p.118). — Sur la forme de ces baignoires, voir l'excellent Glossaire archéologique de Victor Gay, pp. 103 et 104». (Léon Gautier, #bid., p.111. Cf. 270, 276, 280, 2992, 311-314, 535.). 2 Girars de Vianes, cité par Honoré de Sainte-Marie, Dissertation, p. 333.
3 Enlart, Manuel d'Archéologie française, t. IL, p. 89. |
4 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. 1, ch. 1v, pp. 137-141, et t. Il, ch. 1X, p. 586. — Numquam sorores vel ancille lavent pedes fratrum, vel capita, vel lectos faciant, sed infirmorum in domo jacentium. (Statuts de Paris, XXVID. — Léon Lallemand, Hist. de la
Charité, t. IF, p. 206. — Cf. Léon Coste, Les Transformations de Montpellier, ap. Société danguedocienne de géographie, t. XI, p. 56.
5 Chétifs, éd. Hippeau, p. 251. — Léon Gaulier, ibid., p. 124. — Les Romans du Chevalier de la Charette (p. 138), de Ficrabras (p. 68 vers 2218), Perceval (vers 16,563), Guillaume de Palerme (vers 5530), 8 Bueves d'Haustonne (Bibl. nat. Fr., 125,18 f. 92), Le Roman de la
Violette: Élie de Saint-Gilles (vers 1465), Renaud de Montauban (p. 95, vers 35, et p. %6,
à la Saint-Pierre de Rome, bain après la maladie ou au retour d’un voyage, bain la veille et le lendemain du mariage! bain de la mère après les couches et du nouveau-né dès sa naissance, bains offerts aux hôtes?. Et, pour faire remonter à la pudeur chrétienne les épidémies de l’époque, Michelet à osé écrire: «Pas un bain en mille ans» * |
Voilà comment on écrit l’histoire !
Quels monuments d'architecture ingénieusement aménagés lous ces édifices hospitaliers, tels que les hôtels-Dieu de Chartres et d'Angers, de Tonnerre et de Beaune, de Constance et de Mayence, ainsi qu'à Rome l’hôpital du Saint-Esprit in Saxia, dont la seule grande salle à 126 mètres de long sur 12,35 de large et 13,55 de haut. Tout était prévu et combiné pour l’aération et la salubrité, pour la désinfection et l'éclairage. |
On nese contentait pas de recevoir les malheureux qui se présentaient. De même qu’à Maguelone où, à l'heure du repas, l’aumônier allait à leur
vers 9-10), Godefroy de Bouillon (vers 304), le Roman de la Rose(vers 10847, 11132 et 17815), Fabliaux, la Bourgeoise d'Orléans, les Cent Nouvelles (contes n1 et Lxvi).
4 Roman du Chevalier au Cygne, vers 4057 et 4293; Godefroid de Bouillon, vers 304; Roman de la Rose, vers 11,132 et suiv. — Enlart, Manuel d'Archéologie française, t. I, p. 86.
2 Léon Gautier, La Chevalerie, pp. 536, 537, 397, 537, 121, 102, 105, 557. — Voir d'innombrables citations de divers poèmes de Moniage Guillaume, d'Alexandre, de Doius de Maïence, d'Auberi, de Durmars, de Guillaume de Palerme, de la Bourgeoise d'Orléans, du Chevalier au Cygne, de Gilbert de Montreuil, de Renaus de Montauban, de Fierabras, d'Élie de Saint-Gilles, de Perceval, de Godefroy de Bouillon, etc., ete :
3 Michelet, La Sorcière, p. 141.
4 Léon Lallemand, Hist. de la Charité, t. XII, pp. 153-163.
«L'Hôtel-Dieu de Paris avait au xt siècle, trois grandes salles... Au rez-de-chaussée était la salle neuve réservée aux femmes, une cinquième salle était réservée aux femmes en couches. Deux autres salles étaient affectées, l’une aux maladies graves, l’autre aux plus faciles à guérir et une dernière aux convalescents. La Pouillerie était une étuve de désinfection où étaient nettoyées les hardes de ceux 'ou entraient et qui devaient les quitter en entrant. Tous les reprenaient à la sortie».
«Des ouvertures sont pratiquées dans le lambris pour pratiquer des appels d’air (Tonnerre). L'air peut être renouvelé abondamment et sans former des courants préjudiciables aux malades; les fenêtres, spacieuses et élancées, s'ouvrent bien au-dessus des lits. Elles étaient ouvertes et fermées au moyen d'un jeu de poulies et de loquets à ressorts (Paris) ou desservies par une coursière de bois (Beaune). Des niches pratiquées dans les murs recevaient des lampes pour la nuit... Les murs étaient peints à la chaux et, au xuie siècle, une fois par an, grattés de leur ancien enduit et repéints à neuf». (Enlart, Manuel d'Archéologie française, t. Il, pp. 44-45).