‹ L'Université de MontpellierChapitre 17 sur 36 · OUR RE HOT IT A RUPETE D AS MR TPE · texte numérisé non relu

OUR RE HOT IT A RUPETE D AS MR TPE

grandes œuvres juridiques du Moyen âge. Si Beaumanoir est plus original parce qu’il s’est affranchi des traditions scolaires, Guillaume Durand, avec autant de bon sens et d'équité naturelle, raisonne et s'approprie la substance même de la jurisprudence et du droit, tant du droit civil que du droit canonique #.

Comme pendant au Miroir judiciaire, pour les légistes, Guillaume Durand compose une encyclopédie liturgique pour les prêtres, le Rationale divinorum officiorum où Raison des offices, le plus célèbre des traités des offices ecclésiastiques, où il extrait «le miel de la pierre et l'huile du plus pur rocher »?, qui est, « pendant le xv° et le xvi' siècles, après les livres saints, le grand ouvrage le plus imprimé » #, puisque, pendant les quarante dernières années du xv° siècle, il eut au moins quarante-trois éditions, et en tout peut-être plus de quatrevingts *. Nous avons pu nous-même en apprécier la richesse, la valeur et l'utilité en recherchant les détails et l’explication de la liturgie maguelonaise ÿ. En Allemagne et en Italie, la vogue de Guillaume

» 1 Tardif, Hist. des Sources du Droit canonique, liv. V, ch. 11, p. 308.

. ? Quæcumque in ecclesiasticis officiis, rebus ac ornamentis consistant, divinis plena sunt Signis atque mysteriis, ac singula sunt cœlesti dulcedine redundantia, si tamen diligentem habeantinspectorem, qui norit mel de petra sugere, oleum que de durissimo saceo. (Rationale, début). |

3 Victor Le Clerc, Hist. litttéraire, t. XX, p. 497. — De Savigny, Hist. du Droit romain au Moyen âge, t. IV, Ch. xLv, p. 188.

4 Victor Le Clere, ibid., p. 487. — Lors de la vente de la bibliothèque du prince Borghèse, en juin 1892, le Rationale de Guillaume Durand, avec la date de 1449, imprimé à Mayence, était coté 20 000 fr. A la vérité il ne trouva pas d’acquéreur à ce prix.

> On verra dans notre quatrième volume combien nous y avons puisé de renseignements. Guillaume Durand avait encore composé pour l'instruction de son clergé un pontifical resté manuserit. «La courte introduction qui précède le Pontifical dans le manuscrit 733 (de l'ancien fonds de la bibliothèque royale de Paris), en avertissant qu'il ne faut pas y chercher, comme en quelques autres, les rites du baptême, de la pénitence, de l’eucharistie, de

l'extrême-onction, du mariage, parce que ces sacrements ne sont pas exclusivement conférés ,

par les évêques, allègue encore un autre motif: c'est que l'auteur en a parlé dans les constitutions synodales, quia de illis in Constitutionibus synodalibus diximus. Les constitutions synodales de l’évêque canoniste ne reparaissent aujourd'hui, du moins avec son nom, dans aucun manuscrit, mais il dit lui-même (Speculum judiciale, t. 1, p. 141) que, pendant qu'il gérait temporellement et spirituellement le patrimoine de saint Pierre, il y promulgua

des statuts civils et ecclésiastiques ». (1bid., pp. 491-492). Ce sont ces statuts qu'a retrouvés

M. Berthelé.

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Durand n’est pas moindre qu’en France; 1l n’y a qu'un concert de respect et d'admiration pour l’homme, le légiste, le liturgiste, dont les deux principaux recueils « sont restés pendant trois cents ans au moins la règle et l'instrument des deux puissances qui alors se partageaient le monde, la foi et la loi »!.

Ainsi que nous le verrons, c'est assurément à l'influence et à la présence à Rome de Guillaume Durand que nous devons la bulle de Nicolas IV, du 26 octobre 1289, constituant les Écoles de Montpellier

en Université.

Boniface VIIT, l'ami du Spéculateur, dont le rapproche la communauté des travaux intellectuels, s'empresse , à son tour, dès son avèenement, de s'attacher cet homme «d’un grand conseil, d’une prudence consommée et qui connaissait parfaitement le pays » ?. Il lui offre l'archevêché de Ravenne que refuse le délégué pontifical#, tout en poursuivant sa mission en Romagne, et qui meurt, à Rome, le 1°” novembre 1296. On l’inhume dans l’église Sainte-Marie-Majeure, entre la grande chapelle de la famille Caraffa, dédiée à saint Thomas, et celle de tous les saints #. Le Pape prouve sa reconnaissance et sa considération pour cette grande personnalité en la remplaçant sur le siège de Mende par

1 Victor Le Clerc, Guillaume Durand ; Hist. littéraire, t. XX, p. 597.

2 Sarti, De claris archigymn. Bonon. profess., t. I, part. I, p. 392.

3 Gall. christ.,t.1, col. 94. — Ughelli, {éalia sacra, t. I, col. 381. — Hier. Rab. H. Ravenne, liv. VI, p. 319. — Ghirardaci, Hist. di Bologna, liv. X, p. 324. — Victor Le Clerc, Hist. littéraire, t. XX, p. 421.

& « Ce tombeau de marbre a été construit, dans le temps même, par Jean, fils de Cosimato, qui l'a décoré de plusieurs ouvrages de mosaïque. Dans la partie supérieure, la niche cintrée, surmontée d'un fronton, représente la Vierge et l’Enfant, entre les deux monogrammes qui signifient pATtnp @euwv : à droite de ce groupe, saint Privat, évêque de Mende et martyr, fait agenouiller devant la Vierge un autre évêque de Mende plus jeune, que l’on croit être Duranti ; à gauche, on reconnait saint Dominique. Dans la partie centrale, occupée par le sarcophage, on voit Duranti couché, la tête appuyée sur un coussin, et, à la base, dans cinq écussons en mosaïque, les armes du défunt, dont l’ancienne Gaule chrétienne, en parlant du neveu donne ainsi la description : D'argent à trois bandes d’azur, au chef d'argent, à un lion besant d'azur ; le même chef soutenu d'azur à trois étoiles d’or. (Voyez son prétendu portrait dans la Chron. de Schedel (novembre 1493, fe 216) et dans la continuation de Boissard, Francfort, 1645, part. I, n° 46. (Mamachi, Ann. Ord. Præd., Rom., 1756, t. [, p. 45, €. ILN, p. 731) ». (Victor Leclerc, ibid., t. XX, p. 430).

Guillaume Durand, son neveu, qui, en mémoire de la mort de son oncle , érige dans le chef-lieu de son diocèse un collège de tous les saintst, et qui, chargé comme lui de plusieurs légations, notamment près du Soudan, mourra, en 1828, à Nicosie, métropole de l’île de Chypre, où l’on voit encore sa sépulture ?.

Pierre de Sampson, fils d'un seigneur du diocèse de Maguelone, dit-on, neveu peut-être de Guillaume Durand, avait étudié le droit canonique à Bologne *. De l’école d’Accurse et élève de Jacques d'Albenga, élu, en 1258, évêque de Faenza, il est professeur à son tour dans cette Université, chanoine de Narbonne, comme Guillaume Durand, puis de Nîmes, où il rédige les statuts synodaux, à la fin de l’épiscopat de Guillaume d’Amaury#, mort en 1272. Ce rituel « dans un style clair et presque exempt de mots barbares, est un des plus intéressants qu'on puisse lire pour connaître les usages religieux et même civils du

4 Gall. christ., {. I, col. 96. — Hist. gén. de Languedoc, t. IV, p. 1371; édit. Privat, t. IX, p-295-

? Altamura, Bibliothec. dominic., pp. 13,463. — Cave, Scriptor. eccl. litter.; Hist. littéraire, t. Il, p. 331. — Mittarelli, Ann. camaldul., t..V, p. 263. — Sarti, De claris archigymn. Bonon. professor., part. I, p. 396. — Victor Le Clerc, Hist. littéraire, t. XX, p. 429, — « La statue de Guillaume Duranti, ancien chanoine de Cassan, évêque de Mende (1296-1328), qui ornait la chapelle de Saint-Privat, édifiée par cet évêque dans l’église paroissiale de Cassan, fut vendue à l'époque de la Révolution à M. Grime, marbrier à Montpellier. Achetée par M. Dumège aux frais du département de la Haute-Garonne, elle figure depuis cette époque au Musée de Toulouse. C'est une figure couchée, en marbfe blanc, d’un travail précieux et admirable de conservation». (Fabre, Hist. de Roujan, 1894. Ancien prieuré de Cassan, p.100). — « L'évêque est revêtu de ses ornements pontificaux, les mains croisées sur la poitrine, la crosse au bras droit, les pieds appuyés sur un dragon aux ailes membraneuses, crosse à bâton prismatique, avec volute ornée de crochets, portant en bas-relief le Christ sur la croix, entre la Vierge et Madeleine, et terminée en une efflorescence trilobée; mitre basse, presque triangulaire, autrefois rehaussée de pierreriés, etc. Dais en marbre à dix pans, ogives trilobées avec rampants à crochets, couronnement couronné à tourelles d’angles. Longueur 1,93, largeur 0,63.» (Catalogue des Antiquités du Musée de Toulouse, 1865).

3 Sarti, De claris archigymn. Bonon. professor., part. I, p. 366, part. IT, p.210. — His. gén. de Languedoc, t. IV, p. 133; édit. Privat, t. X, p.433. — Ughelli, féal. sacra, t. IT, col. 500. — Mantua, Epitome, vir. illust., p.486. — Guillaume Duranti, Speculum juris, t. 1, f° 34, n° 28. — Victor Le Clerc, Hist. littéraire, 1. XXI, pp. 231-240. ;

+ Incipit liber synodalis compositus per magistrum Petrum de Sampsono ad instantiam domini Raymundi, Dei gratia Nemausensis episcopi. (Catalogue de la Bibliothèque Nationale, t. III, p.118. — Victor Le Clerc, ibid., t. XXI, p. 232).

xu® siècle ‘. Urbain V en donnera un exemplaire à la cathédrale

d'Avignon, à la condition expresse de ne s’en jamais dessaisir?.

Un tel jurisconsulle se trouvait assurément en relations suivies

avec Innocent IV, dont il devait exposer les constitutions dans ses Distinctions où Commentaires sur les cinq livres des Décrétales *; avec Clément IV, qui l'avait probablement désigné pour arrêter les statuts de son diocèse, puisqu'il était originaire de Saint-Gilles; avec Jean XXI qui avait professé la médecine à Montpellier ; avec Nicolas IIT, qui se fit céder Bologne par Rodolphe de Habsbourg ; avec Martin IV, un français, qui eut à combattre les Gibelins dans la capitale de la Romagne.

A l’influence évidente de Guillaume Durand et de Pierre de Sampson, ne faudrait-il pas ajouter celle de Simon de Gênes, chapelain du Pape, un médecin, qui avait parcouru la Grèce et l'Orient pour examiner sur place les plantes décrites par les Grecs et les Arabes, et dont le Clavis sanctionis, dictionnaire de botanique et de médecine, mérita d’être plusieurs fois imprimé 5. Où aurait-il pu faire ses études, sinon à

1 Victor Le Clerc, Hist. littéraire, t. XXI, p. 233. 2 Constitutions synodales de Nimes, in fine, Ms. d'Avignon. — Victor Le Clerc, ibid., p. 235.

3 Distinctiones. (Catalog. des Manuscr. de la Biblioth. nat., t. II, pp. 533, 535, 531, 369). —

Montfaucon, Bibl. bibl., 3, 1211, 1227, 1241. — Victor Le Clerc, Pierre de Sampson et quatre canonistes; Hist. littéraire, t. XXI, pp. 235, 236. — « Nous trouvons dans notre manuscrit 3992, après l'explication du grand commentaire, cette rubrique : Incipiunt nove constitutiones primis libri». (Ibid., p.236). — «Le tarif des livres qu'on prêtait pour les études nous apprend ce qu'il en coûtait pour emprunter seulement cinq cahiers de l'ouvrage (Disputationes Petri de Sansona, vel Sansonis Y vel vi quaterni, taxati sol. 11} et que dans les archives de Bologne, à l'année 1289, ce commentaire Lectura Petri de Sansone est regardé comme une propriété de quelque valeur par les étudiants et accepté comme un gage par leurs créanciers ». (Victor Le Clerc, ibid., p. 231). — « Entre les plus célèbres disciples que Pierre de Sampson eut à Bologne, nous en remarquons un, dont les leçons sur Je droit canonique ont été souvent confondues avec les siennes, sans qu'il soit très facile aujourd’hui de faire la part de tous deux; c’est l'abbé, surnommé l'ancien, abbas antiquus, qu'on ne désigne pas autrement et dont l'abbaye même passe pour inconnue. L'ancien a commenté, comme son maître, et à pea près dans les mêmes termes que les gloses qu'on lui attribue, les grandes décrétales et quelques autres constitutions postérieures ». (Victor Le Clerc, Hist. littéraire, t. XXI, p.236). 4 Victor Le Clerc, Simon de Gênes, médecin; Hist. littéraire, t. XXI, pp. 241, 248. |

5 Tiraboschi, Storia della Letterat. ital., 1712-1789, t. IV, p. 201. — « Combien la science

n'aurait-elle pas fait de progrès, si ce voyage, le premier quon ait entrepris pendant le Moyen âge dans la seule vue d'étudier l'histoire naturelle, eut été fait par un homme doué d'un esprit observateur ». (Sprengel, Hist. de la Médecine, section 7, ch. 6, t. IF, pp. 411, #12).

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Montpellier, alors en relations constantes avec Gênes, et où les médecins cultivaient les sciences naturelles ? |

Tout concourait ainsi à rendre favorable la Papauté à la ville des Guillems, qui avait d'autant plus de titres à être universitaire qu’elle faisait partie d’un fief pontifical.

Mais notre Église ne se contente pas de former et d'attirer les hommés remarquables, elle inspire même ceux qui vivent en dehors de son orbite, comme saint Raymond de Pennafort, troisième maître

général de l’ordre des Frères-Prêcheurs (1238-1240), le rédacteur de

leurs constitutions !, l’émule de saint Thomas d'Aquin, le législateur de Majorque ?, l’auteur d’un traité de morale, appliqué au commerce® et qui dut venir bien des fois par mer, tant à cause de l'Université, la principale des États de Jayme-le-Conquérantt, que de l’ordre de la Merci pour la rédemption des captifs, qu'il avait contribué à fonder avec le languedocien saint Pierre Nolasque 5; comme encore le franciscain

Jean de Galles, le théologien, arbor witæ, qui ne composa pas moins

de vingt-deux ouvrages, passa pour avoir été le maître de Duns Scot,

-enseigna les sciences sacrées durant la seconde moitié du xrr° siècle à

Oxford et à Paris, l’un des cinq docteurs à qui furent soumis, en 1283, les ouvrages de Jean d'Olive, et qui déclare, au commencement d’un de ses meilleurs livres, l’avoir composé sur les instances de l’évêque de Maguelone: Breviloquium de virtutibus antiquorum philosophorum, quod venerabilis pater magister frater Johannes Wallensis compilavit ad honorem Dei et utilitatem ecclesiæ su: sanctæ, ad instanciam domini :

episcopi Magalonensis 7.

4 Mortier, Hist. des Maîtres généraux, t. 1, pp. 255-2817.

‘2 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. Il, ch. x, p. 64.

3 Capmany, Mém., t. I, partie Il, p. 28. — De Tourtoulon, Jacme-le-Conquérant, liv. IV, ch. 1v, t. IE, p. 464.

4 «Montpellier, le centre enseignant le plus considérable, dépendait de la couronne aragonaise ». (De Tourtoulon, Jacme-le-Conquérant, liv. IV, Ch. 1v, t. I, p. 464).

ë Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. IL, ch. x1, p. 14, et ch. x11, p. 64.

6Du Boulay, Hist. Universit., t. II, pp. 537, 569. — Coxe, Cat. cod. coll. orielens, n°34.

— Hauréau, Jean de Galles, théologien ; Hist. littéraire, t. XXV, p. 177-200.

1 Manuscrits d'Oxford, Coxe, Cod. coll. orielens, n° 34. — B. Hauréau, ibid., p. 182.

Quel était cet évêque s'intéressant ainsi aux philosophes de l'antiquité

dont il voulait faire des apologistes? Ou Bérenger de Fredol (1263-1296) ou Gaucelin de la Garde (1296-1305), puisque Jean de Galles était encore à Oxford en 1260 et qu'il mourut en 1303. Nous n’hésitons pas à croire qu'il s’agit du premier, car les Fredol formaient une dynastie de savants. Bien qu'imprimé au second rang des œuvres de l’illustre penseur, cet abrégé fut le premier en date, car la Summa collationum ou Collationum ad omne genus hominum v renvoie : ut dictum est in Breviloquio de virtutibus?.

Avec le xin° siècle, apparaissent deux ordres religieux qui ne cesseront de se répandre en tout pays, de s'épanouir sans rien perdre de leur sève et de leur fécondité, les Frères-Prècheurs et les Frères- Mineurs. Aussi grands par la science que par la vertu?, ils stupéfient le monde par leurs éclatants succès: Totus mundus fere ex auditu stupebat. Dès 1221, à la mort de saint Dominique, les premiers possèdent, à eux seuls, soixante couvents ; au décès, en 1237, du bienheureux Jourdain de Saxe, son successeur, trois cent quarante, disséminés dans les diverses parties du monde, jusqu'en Asie; en 1303,

il y en aura cinq cent quatre-vingt-troisÿ.

! Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. Il, ch. xim1, p. 125. — « A la Bibliothèque nationale

(Mss. latins, n° 3568, f° 146) existe une Summa Pœnitentiæ edita a magistro Francisco, .

quondam cancellario parisiensi, qu'on avait attribué au cardinal Bérenger de Fredol, mais qui est d'un autre et se trouve reproduite dans une foule de manusérits ». (Hauréau, François Caraccioli, chancelier de l'Église de Paris; Hist. littér., t. XXX, p. 414).

2 Summa, liv. [, dist. 1, c. 3 et 4. — Hauréau, £bid.— Nous y lisons : Composuit apud montem Pesulanum alias summas laudabiles super institutiones. (Thomæ diplovatii opus de prestentia doctorum. Herangegeben von D* Gustaw Pescatore ordenlichen professor der rechte an der Universitat Greosswald. Berlin verlay von B. L. Roger. 1890).

3 Voir Hist. des Études dans l'Ordre de saint François depuis sa fondation jusque vers la moitié du xin° siècle, par le R. P. Hilarin, de Lucerne 0. M., traduit de l'allemand par le R. P. Eusèbe, de Bar-le-Duc. L'auteur y rectifie bien des opinions erronées sur l'attitude de saint François en face de la science et sur la science elle-même dans l'Institut franciscain.

4 Echard, Vitæ Fratrum, p. 108. — Humbert, Chron., édit. Reichert, p.6. — Mortier, Hist. des Maîtres généraux des Frères-Précheurs, t. I, pp. 144.

$ Bernard Gui, Notice sur l’Ordre en 1303.— Quétif et Echard, Script., Ord. Prædicator., 1, 1x, XV. — Douais, Acta Capitul., T, p.2, Mss. Anal. Ordinis Dominicianus orbis descriptus, de 1893 à 1902. — Mothon, Le bienheureux Jourdain de Saxe, p.321. — Mortier, ibid., p. 150.

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Sous le seul généralat de Jean-le-Teutonique (1241-1252), ils donnent à l'Église trente-cinq évêques, neuf archevèques, un patriarche et un cardinal; sous Grégoire X (1271-1276), trente et un évêques; soit, en moins d’un demi-siècle, soixante-dix-sept pontifes !.

Cependant, loin de rechercher les dignités, ces religieux les redoutent comme des servitudes plutôt nuisibles à cette humilité que Boccasino, neuvième grand-maître général, avant d’être le pape Benoît XI, pro-

clame la maîtresse des vertus, magistra virtutum humilitas ?. Parlant

d’un de ses frères qu'on désignait pour l’épiscopat, le bienheureux

Jourdain de Saxe s’écrie : «J'aimerais mieux le voir dans un cercueil! »5.

Hugues de Saint-Cher, à qui on veut imposer la pourpre, ne cesse de répéter : « Saint Dominique n’a pas fondé un ordre d'évêques, mais de prêcheurs. Pierre ne lui a pas donné les clefs, mais un bâton d’apôtre; Paul le pallium, mais un livre »#,

S1 les Frères-Prêcheurs établissent tant de maisons, c’est qu'ils ne veulent demeurer étrangers à aueune œuvre; mais ce qui leur est propre, ce qui leur vaut de régner dans l’enseignement, c’est leur passion pour l'étude et la science : Quis est qui noverit statum Fratrum Prædicatorum qui nesciat has utilitates provenisse et provenire eisdem ex studio htterarum. Ideo ordinis illius amatores solent ibidem promovendo zelare non modicum *.

4 2 1 Bernard Gui, Notice de l'Ordre en 1303. — Quétit et Echard, Script. Ord. Prædic., t. I, 1x, xv. — Douais, Acta, p. zix. — C’est sans doute un parent de nos évêques, Pons de Montlaur,

-seigneur d'’Aubenas et de Posquières, qui écrit, le 1er octobre 1266, à l’ordre des Frères-

Prêcheurs, au provincial, et par lui à toute la province, pour décider la fondation du couvent d'Aubenas. (Douais, Acta capitulorum provincialium ordinis fratrum, t. 1, p. 112, note). — Dans son testament de 1272, il désigne pour exécuteur testamentaire le dominicain Roncon et fait deux legs en faveur de la maison de Montpellier et d'Aubenas. (Édouard André, Bulletin histor. et philos. du Comité des travaux historiques, année 1890, ap. Douais, ibid., p. 114).

2 Lilter. Encycl., p- 166, 1296, ap. Mortier, Hist. des Maitres généraux, t. IT, p. 331.

3 Échard, Vitæ Fratrum, p. 143. — Mortier, ibid., t. I, p. 390.

4 Ferrari, De rebus Hung. prov., p. 101. — Sebast. de Olmedo, Nova Chron. Ms. Arch. gener., f° 49. — Mortier, ébid., t. I, p. 391. — Voir la lettre du maître général Humbert de Romans à Albert-le-Grand pour le dissuader d'accepter le siège de Ratishbonne, dont il devait se démettre au bout de deux ans. (Pierre de Prusse, Vita B. Alberti, doct. magn. Univers.

4641). — Mortier, 1bid., p. 641.

5 Humbert de Romans, De vit. reg., 1, édit. Berthier, p.435. — Mortier, ibid., L. I, p. 544. Ji

Avec Albert-le-Grand et saint Thoma d'Aquin, ils illuminent les monde des splendeurs de la philosophie et de la théologie; en posant les principes de la justice sociale, ils éclairent la religion des juristes, et, en Italie et en Espagne, à Valladolid et à Burgos, à Paris comme à Bologne, on constate l’étroite alliance des fils de saint Dominique avec les légistes. À Montpellier, c'est dans leur sacristie qu’on dépose le trésor de l'École de Droit : l'argent, le sceau, les archives‘; c’est dans leur chapelle que se rend la Faculté pour la célébration du dimanche, des fêtes et des services funèbres ?.

Le droit canonique intéresse et attire surtout les artiens ou artistes, ce qu'explique avec une charmante bonhomie le bienheureux Jourdain de Saxe: «On me demande, dit-il, pourquoi les artistes entrent plus nombreux dans l'ordre que les théologiens et les décrétistes. Les paysans, habitués à boire de l’eau, s’enivrent plus facilement avec le bon vin que les riches et les nobles qui, d'ordinaire, en boivent à satiété. Les artistes boivent, toute la semaine, l’eau claire d’Aristote et des autres philosophes : aussi, les dimanches et fêtes, ils écoutent avec avidité la parole du Christ et des saints, parole qui est pour eux comme un bon vin qui les enivre de l'Esprit de Dieu et ils se donnent eux-mêmes. Les théologiens, au contraire, et les décrétistes entendent, à tout instant, cette divine parole et ils font comme les sacristains qui, à force de passer devant l'autel, ne le saluent plus, lui tournent le dos, tandis que les étrangers à l’église font leurs plus dévotes révérences » ?.

Le n° concile de Latran, en 1139, avait assujetti tous les chapitres à la règle de sant Augustin #, loi simple, pratique, d’une largeur qui

l’accommode à tous les ordres, en ne retenant les chanoines dans aucun.

! Statuts de 1339. Cartulaire de l’Université de Montpellier, n° 20, t. I, pp. 210-243.

2. Germain, Le Couvent des Dominicains; Mém. de la Société archéologique de Montpellier, te AV-SDe 161:

8 Denifle, Die constilutionem der Prediger ordens von Salere 1228, ap. Arch. fur Literatur und Kirchengeschichte, 1, p.169 et passim.— RR. Balme, Paban et Collomb, Acta capitulorum generalium. — P.Reicherts, Monumenta ordinis fratrum generalium.— Monumenta ordinis fratrum Prædicatorum historica. |

# Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, L. 1, Ch. 1v, p. 116.

PES M PR OR PAPE Q Lee

Elle respectait l'autonomie et les usages de chaque congrégation, ce qui permit à saint Dominique, chanoine d’Osma, d’évangéliser le Languedoc et d'établir à Prouille le centre de sa mission et le berceau de sa communauté‘, Pour la mettre en état de lutter contre l’hérésie albigeoise, 1l lui suffit de développer la constitution de l’Ordo clericorum, et 1l lui maintient le costume blanc des Augustins qu'on n’aura dans la suite qu’à modifier légèrement ?.

Le père Lacordaire a fait ressortir l'excellence de cette constitution qui place l’autorité dans la communauté même, d’autant plus forte qu’elle est plus limitée et contrôlée; et, pour qu’elle soit respectée et aimée, il ne la veut définitive, qu'après l'épreuve ou d’un chapitre généralissime * ou de trois chapitres généraux. Au premier, la loi est proposée, per modum inchoationis*; au second, approuvée ; au troisième, confirmée. « Descendue d’en haut, l’autorité devait affermir tous les degrés de cette hiérarchie, pendant que l’élection, remontant de la base au faîte, maintiendrait entre l’obéissance et le commandement l'esprit de fraternité », où «un respect sincère de l'autorité s’allie à quelque chose de franc et de naturel qui révèle, dès la première vue, le chrétien affranchi de la crainte par l'amour »5.

4 Thomas de Cantimpré, De apibus, liv. IIL, ce. v. — Douais, Essai sur l’Organisation des Frères-Précheurs, p.146.

2-Chartularium Univ. Paris., nos 34, 35, 36, 38, 40, 42; t. I, pp. 93, 94, 95, 96, 97, 99. — « Les deux états de chanoine et de moine se sont répandus ensemble dans le monde comme s'étendent et s’entrelacent les rameaux joyeux de deux troncs, pareils en âge et en force; ils se sont acquis et partagé l'affection des peuples, comme deux frères jumeaux reposent sur le sein de leur unique mère ». (Lacordaire, Vie de saint Dominique, 1895, p. 34). — Voir Mortier, Hist. des Maîtres généraux, t. 1, pp. 30, 37.

3 Nec prior nec magister, nec capitulum aliquid quod non sit generale potest facere constitutionem. (Acta capit. L, pp. 20, 22. — Mortier, ibid., t. 1, pp. 30, 32, 281, 282).

4 Humbert, Opp., I p.19. — Mortier, ibid., t. I, p. 283.

5 Lacordaire, Vie de saint Dominique, pp. 143, 14% — « Du premier coup, au chapitre de 1220, Dominique établit que les définiteurs seront élus librement par les Frères et auront tout pouvoir sur l’ordre. (Déposition de F. Ventura, Mammachi, p. 100, Append.). De cette manière l'autorité hiérarchique ne pouvait abuser de sa puissance; elle était tenue en respect par les définiteurs choisis parmi les simples religieux. Malgré l'institution des Provinciaux, l'idée démocratique du saint fondateur persista puisqu'il fut décidé que sur trois chapitres généraux nécessaires à l'établissement d’une loi, deux seraient composés exclusivement de définiteurs élus. (Const. de Saxe, Ann. ord., 1896, p. 631). Sagesse admirable qui fait que la loi porte

Voués au travail, à l'instruction et à la prédication, les Frères-

Prêcheurs n’appartiennent qu’à leur ordre ; ils forment comme une ruche

d’abeilles, toujours au service de l'Église‘. Ils ne cherchent qu'à s’instruire, parce que c’est leur vocation ; qu'à édifier, parce que c’est leur vraie manière de faire la charité? : Laudare, prædicare, benedicere®.

On ne saurait les distraire de leur ministère ni par les occupations profanes, comme la pratique du droit ou de la médecine, ni même par de trop longs exercices de piété; et, de même que les malades, ceux qui étudient en sont dispensés, ainsi que du maigre les mardis, jeudis et dimanches f.

Dès 1216 à 1231, les Frères-Prêcheurs organisent leur système d'enseignement, qui servira de modèle aux Universités.

au front le double caractère de l'autorité et de la liberté. Elle est l’œuvre de tous. Supérieurs et inférieurs y apportent le concours de leurs lumières et l'appui de leurs volontés. L'ordre entier la crée et la promulgue. Les capitulaires ont tout droit sur la règle : ils peuvent modifier, ajouter, supprimer selon qu'ils le jugent opportun; ils sont les juges sans appel des supérieurs, même du maître général. (Déposition de F. Ventura, Mammachi, p. 100, Append., Ann. ord , p.631). Cette merveilleuse hiérarchie fut calquée par saint Dominique sur la hiérarchie même de l'Église. Un chef unique dans l'Église, toute autorité dans le pape sur l'Église, autorité régie par le pape , par les saints canons. Au-dessous du pape les évêques ayant une juridiction déterminée par les limites de leurs diocèses ». (Mortier, Hist. des Maîtres généraux, t. I, p. 481),

! Thomas de Cantimpré, De apibus, liv. XII, ©. v. — Douais, Acta, p. 146.

2 Sunt qui scire volunt ut ædificentur, et prudentia est. (S. Bernard, Serm. in cantica. Serm. XXXVI, ap. Migne, Patrol. lat.,t. CLXXXIHII, col. 963). — Douais, ibid., p.146. — « Cette idée que le travail scientifique, de même que le défrichement des forêts peut entrer comme une part principale dans la vocation et le but d’une corporation religieuse, l'ordre des Frères- Précheurs l'adopta et l'appliqua... Ce furent les Frères-Prêcheurs qui revendiquèrent avec le plus d’ardeur et le plus d'authenticité un droit dont le refus eut été un déni de justice ». (Douais, ibid., p. 152).

3 Cantimpré, De apibus, p. 35. — Mortier, ibid., t. Is p. 323.

& Douais, Acta, Introd., p. 617.

5 Hæc omnes in ecclesia breviter et succincte taliter dicantur, ne fratres devotionem amittant et eorum studium minime impediatur.(Analecta ord., 1896, p.683. — Mortier, ibid., t. I, p. 581).

6 Ad promotionem studii ordinamus hoc quod léctores non occupentur in officiis vel negociis per que a lectionibus retrahantur.Quod diligenter in quirant Priores provinciales de juvenibus aptis ad studium qui in brevi possint proficere, et eos in studio promoveant,… quod lectores vadant ad scolas sicut ceteri fratres, quando commode poterunt.… (Ordinaciones pro studio. Chapitre de Valenciennes, 1259. Douais, Acta, [, p. 89. — Mortier, Hist. des Maîtres généraux, t. {, p. 565). i

Petites écoles conventuelles pour les novices et, pour les études ou préliminaires, studium artium, studium naturalium.

Le studium aïtium comprend: grammaire, rhétorique, logique, celle-ci divisée, à la fin du xx1° siècle, en logique ancienne, suivant les œuvres de Porphyre et quelques-unes d’Aristote ; logique nouvelle, avec les ouvrages du Stagyrite que n’avait pas connus Abélard!.

Le studium naturalium embrasse la philosophie naturelle et morale, la méthaphysique et l’éthique.

À la tête de chaque sfudium un prieur, ayant au-dessous de lui un docteur ou lecteur, un sous-directeur et un surveillant. Le prieur n’a pas à intervenir dans le séudium generale et le studium solemne, véritables écoles normales sous la direction d’un régent qui, lui, a sous ses

ordres un bachelier, un maître des étudiants, au besoin, des lecteurs

ou professeurs ordinaires ?.

Le séudium theologicum forme le couronnement de ce premier cycle. Mais le plein enseignement ne se donne que dans les cinq couvents, dotés d’une université, studium generale: Saint-Jacques de Paris, Montpellier, Bologne, Oxford, Cologne. Il y a, de plus, deux facultés de théologie, à Toulouse et à Oxford. Seuls, les étudiants de Paris peuvent être qualifiés du titre de cette faculté #.

51 les petites écoles sont innombrables, ce sont les Frères-Prècheurs qui prennent l'initiative d'ouvrir les grandes et de faire des cours publics, où clercs et laïques sont tenus d’assister, même les docteurs

4 Thurot, De l'Organisation de l'Enseignement dans l’Université de Paris, p. 31. — Ann. ord. 1897, p. 115. — Douais, Essai, p. 62.

2? Ordination du chapitre de Valenciennes, 1259. In quolibet conventu ubi est lector, instituatur aliquis frater qui diligenter repetat. (Acta Capit., 1, p.100). — Debet procurare quod habeat aliquem sublectorem qui legat interdum. (Humbert, Opp., I, p. 236. — Mortier, ébid., t. I, p. 546). — Douais, Essai, p. 127.

3 VYolumus quod studia generalia remaneant in conventibus Bononiensi, Coloniensi, Barchinonensi et Montispessulano (Ann. Prædicat., p. 1950). — Germain, Hist. de la Commune de Montpellier, t. II, p. 328.

# Masetti, Monumenta et antiquitates veteris disciplinæ Ord, Prædic., Romæ, 1864, £. I, p.163. — Martène, Thesaurus novus anecdotorum, t. IV, Index aux mots Séudia solemnia

et Studia generalia. — Mortier, 20id., t. Il, p. 246.

en droit et les artistes, puisque nul ne peut être docteur s’il n’a suivi, pendant quatre ans, la direction d’un maître: Nullus doctor fiat publicus nisi per II annos ad minus theologiam audierit !.

Ils ne reçoivent que des enfants de quinze ans, mais il est loisible de les faire élever en dehors de la clôture. C'est ainsi que Brault de Bergerac compte parmi ses disciples saint Thomas d'Aquin qui, forcé par l'opposition de Guillaume de Saint-Amour de quitter Paris, vient dans le Midi, où 1l dirige les écoles de Toulouse et de Montpellier?.

Les deux chapitres généraux de Montpellier exigent, le premier, en 1242, que tout profès ait une aptitude pour l'étude et des connaissances spéciales *; le second, en 1247, que les étudiants soient pourvus de sommes où histoires * ; le troisième, en 1264, que les visiteurs se rendent compte de l'importance et de la régularité des leçons données par les lecteurs, du nombre des disputes, du zèle et de l’assiduité des étudiants. Le chapitre tenu à Narbonne, en 1250, avait fait exclure les novices trop jeunes ou insuffisants f.

Avant trois ans de noviciat, on ne peut être admis à la Faculté des Arts qui correspondait à nos classes d’'humanités, de rhétorique et de philosophie 7. Le sfudium artium en prend deux autres; le studium

41 Quétif et Échard, Script. Ord. Prædic:, I, 150. — Chapitre de Narbonne, 1250. — Acta capitularia, pp. xI1 et 39.

2 Ann. ord., p. 644.

$ Caveant (priores) ne sine diligenti examinatione literature et morum recipiant fratres, cum non deceat talem ordinem inutilibus honorari. (Bibl. mun. de Toulouse, Ms. 490 (I, 278) f° 28113. — Douais, Essai, p. 14).

4 Conventus qui habet studentes sibi assignatos provideat eis statim in sentenciis et hystoriis. (Douais, Acta, p. 1x, et 30).

5 « C'est, du moins, la pratique qui fut consacrée par le chapitre général de Venise en 1325 ». (Douais, ibid., p. 58). — Les actes du chapitre général publiés par Martène (Thesaurus) s'arrêtent en 1316. À

6 Non recipiant novicios insufficientes in scientia et etate. (Bibl. mun. de Toulouse, Ms. 490 (I, 273), f° 304). — A. Douais, Acta, p. xu1 et 12 et 50.

T Visitatores in suis visitacionibus diligenter inquirant quid et quantum lectores in anno legerun£, quociens disputaverunt, qualiter priores studium promoverunt et quomodo fratres studio intenderunt ; et hoc priori provinciali et diffinitoribus referant a quibus si qui circa premissa negligentes fuerint gravius puniantur. (Acta capitul., p. 130. — Mortier, ibid., LL Chip MAI CPAS SET)

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naturalium une troisième. A partir de 1237, le séudium theologiæ ! en exigera trois nouvelles, soit douze années, rien que pour les études préliminaires. Les sujets supérieurs se destinant à l’enseignement et à la prédication font encore trois années de studium generale. Dix-huit années pour une formation intellectuelle complète? !

En 1261, à Béziers, on arrête que chaque couvent doit faire parvenir à l’un des deux studia solemnia de Toulouse ou de Montpellier, un exemplaire de la Bible et des Sentences®. En 1261, est approuvé le manuel pour les novices de Jean de Verceil, sixième maître des Frères- Prêcheurs #. Mais, quand les autres maisons de la province n’envoient que deux étudiants aux facultés des arts, celles de Montpellier et de Toulouse peuvent en entretenir quatre. En revanche, elles n’admettent dans les écoles de théologie que les élèves ayant déjà fait deux années d’études‘. En 1282, le seul chapitre de Carcassonne décidera d'en adresser douze à Montpellier5; celui de Perpignan, en 1284, huit 7; celui de Condom, en 1285, six #; celui de Narbonne, en 1289, dix-neuf ®.

Au chapitre général de 1316, seront dressés les règlements d’études. Mais chaque province conserve pour chaque branche d'enseignement, le libre choix des prieurs conventuels et des professeurs ‘°.

En faisant du travail la condition de la vie monastique, saint Benoît n'avait pas distingué le labeur manuel, que pratiquaient les apôtres!!, du travail intellectuel, que saint Dominique érige en prescription essentielle

4 Mortier, Hist. des Frères-Précheurs, t. 1, p. 397.

2 Douais, Essai, pp. 13, 17, 143, 144.

3 Douais, Acta, pp. xxiu et 83.

4 Douais, Essai, p. 14.

ë Chapitre provincial de Sisteron, p. 1210, ébid., xxxu, p. 150. — Chapitre provincial de Toulouse, 1274, p. 186.

6 Douais, Acta, p. 259.

T1 Ibid., p. 216.

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