‹ L'Université de MontpellierChapitre 19 sur 36 · Acta capitul., t. 1, p. 36. — Mortier, ibid., p · texte numérisé non relu

Acta capitul., t. 1, p. 36. — Mortier, ibid., p

# Humbert, Opp., IL, pp. 27, 30. — Mortier, ibid., p. 61.

5 Bull. Ord., 1, p. 398. B. Cœlestis ille agricola, 23 mars 1257. — Mortier, Hist. des Maîtres généraux, Avant-propos, t. I, p.71.

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Frères-Prêcheurs dans la capitale de la France. Le 6 août 1218, Jean de Barastre, doyen de Saint-Quentin et chapelain de Philippe-Auguste, l'installe sur la montagne Sainte-Geneviève!, en plein quartier latin, entre l'Ecole actuelle de médecine et le boulevard Saint-Michel, à l'hospice Saint-Jacques, jusqu'alors affecté aux pauvres étrangers, désormais le couvent des Jacobins. Dès 1221, la propriété en est abandonnée aux

Frères-Prêcheurs ? et, sur les instances d’Honorius III, l'Université

renonce aux droits qu’elle aurait pu revendiquer? à la condition qu’on associe, dans les prières pour les morts, la mémoire des anciens maîtres à celle des Pères. L'éloquence des religieux #, particulièrement de maître Jourdain de Saxe, à la parole « exquise de simplicité et de grâce malicieuse » 5, attire bientôt une telle affluence que, pour recevoir la foule des auditeurs, on doit reculer les murs, agrandir et multiplier les logements, ce qui ne dispense pas d’ailleurs la communauté, pendant ces travaux, de l’assiduité au cours de l’Université f.

1 Sur Jean de Barastre, voir Colliette, Mém. pour servir à l'Histoire ecclesiastique, civile et militaire de la province de Vermandois, t Il, pp. 511 et suiv.— Chapotin, Hist. des Dominicains de la Province de France, p. 4. — Denifle, Chartul. Univ. Paris., p. 94, note. — Acta S. S. Aug., I, p: 545. — Mortier, Hist. des Maîtres généraux,t. 1, pp. 21, 29, 91. — « Dès 1219, Innocent IV autorisait les Dominicains à célébrer les offices de la maison de Saint-Jacques ». (Bulle Vestris

.postulationibus. Viterbe, décembre 1219. Denifle, ébid., n° 341, t. I, p. 93).

2 Chron Ord., édit. Reïcherts, p. 6. — Mortier, ibid., t. [, p. 226. 3 Nos Universitas Mmagistrorum et scolarium Parisiensium quicquid juris habemus vel habuimus in loco Sancti Jacobi qui est coram ecclesia Sancti Stephani in exitu civilatis

Parisiensis, fratri Mattheo priori suisque fratribus ordinis Predicatorum, et ipsi ordin.

sponte et libere conferimus et donamus... Quod locum ipsum teneant a nostra Universitate

tanquam a domina et patrona, ipsi nos recolligqunt nostrosque successores in participationem

generalem et perpetuam omnium orationum et beneficiorum suorum tanquam confratres suos... Insuper singulis annis in crastino festivitatis beali Nicholai missam solempnem in

majori altari, presente conventu, pro vivis magistris el scolaribus. Necnon et conservatione

studii Parisiensis, in crastino vero purificationis beate Mariæ virginis cum eadem solempnitate missam pro illis qui de Universitate nostra decesserint, celebrabunt. (Denifle, ébid., 41291, t. I, nes 42, 43, pp. 99, 100).

4 Mortier, 1bid., t. I, p. 226.

5 Échard et Quétif, Script. ord. Præd., 1, pp. 15, 16, 90. — Acta S. S. Aug. I, p. 638, n° 29. — Denifle, ébid., t. I, pp. 94 note et 104. — Jourdain de Saxe, Opp. Préface. — Mortier, ibid.

6 Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. II, p. 687, et L. ILE, p. 135. — Hist. occidentalis, ©. Vix, De statu civitatis parisiensis. — Denifle, 4bid., no 247, t. I, p. 279.

Pour les sciences sacrées, droit canonique et Écriture sainte, l’Église ne reconnaît en fait que l'autorité de l’Université de Paris!, où accourent les étudiants du monde entier, avec laquelle l’ordre des Frères- Prêcheurs avait entretenu dès leurs débuts les plus étroites relations.

Cet ordre n’est qu’une milice; le religieux un chevalier du Christ, ainsi que le disait, en 1281, à son lit de mort, Pierre Bonhomme, profès d’Alais, sous-prieur de Montpellier?.

La science et la sainteté développent la charité. C’est ainsi qu'un chapitre de l’ordre charge la maison de Montpellier, à cause de l'École de Médecine assurément, d’entretenir vingt-quatre convers allemands, italiens, espagnols, polonais ou français, spécialement pour l'étude de la pharmacie #.

En 1290, l’Université de Toulouse se plaindra de ne posséder aucun des grands-maîtres et en réclamera au moins un pour quelqu'’une de ses chaires#. À Montpellier, au contraire, s’épanouit la fleur de l’ordre qui, en 1309, y compte cinquante-huit frères ÿ. ;

Du xr11° au xv° siècle aussi s’y tiennent les six chapitres généraux, de 1247, 1265, 1271, 1281, 1291, 1306, contre deux seulement à Toulouse, en 1258 et 1304; et rien qu’au xrn° siècle, dix chapitres provinciaux, en 1240, 1242, 1252, 1255, 1265, 1271571278, 12831294 contre six à Toulouse, en 1239, 1249, 1256, 1258, 1262, 1274.

1 Denifle, Chartul. Univ. Paris., Préface.

2 Hodie quinquaginta anni sunt completi, quod ego fui ordinatus et factus miles Christi. (B. Gui, Bibl. mun. de Toulouse, Ms 490 (1, 273) f° 44B (Douais, Essai, p. 12).

3 Essai sur l’histoire du couvent de Montpellier de l'Ordre des Frères-Précheurs, manuserit anonyme d’un religieux de ce couvent, ap. Arch. départ. de l'Hérault, fonds des Dominicans de Montpellier, carton I, sac 1. Cf. De Grefeuille, Hist. de Montpellier, t. Il, p. 281. — En signalant le fait dans notre chapitre xxv (t. INT, p. 382), nous regrettions que M. Germain n'ait pas indiqué la référence. Or, nous l'avons trouvée dans Germain même, non dans l'Histoire de la Commune, mais dans sa monographie sur le couvent des Dominicains. (Mém. de la Societé archéologique de Montpellier, t. IV, p. 162). — Arch. de la Ville de Montpellier, t. I, n° 3092.

{ Liltera rescriptiva ad universitatem studii Tholozani. (Acta capitulorum, p.344. — Cf. Douais, Essai, p. 148).

5 Arch. mun. de Montpellier, arm. F, cass. vir, n° 71.

5 Martène, Thesaurus novus anecdotorum, passim. — Trois autres chapitres se tiendront à Montpellier en 1350, 1400 et 1436. (Germain, Hist. de la Commune de Montpellier, t. I, 323).

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Ceschiffres suffisent à prouver la prépondérance de nos Écoles qui sont

moins des écoles professionnelles ouvrant l’accès à certaines carrières, que des centres de haute culture intellectuelle, où l’on enseigne les arts, la philosophie , l’exégèse , l’histoire, la théologie ! et les langues étrangères, que les Dominicains contribuent puissamment à répandre et à populariser ?.

Le chapitre de Montpellier, en 1247, ordonne aux Provinciaux d’aviser les évêques de leur province respective de se conformer aux pratiques de l'ordre, notamment pour les vêtements, les chaussures et tout ce qui n'est pas contraire à la dignité épiscopale. Les prélats y contrevenant doivent être privés du concours des Frères, leurs compagnons ?.

L'action et l'influence des Frères-Prêcheurs règnent surtout dans le ; diocèse de Maguelone, point de départ de la mission de saint Dominique

4 Douais, Essai, p. 142. — « Outre la Bible, source de toute sagesse, Porphyre, Gilbert de la Porée, Boèce, Aristote surtout, Albert-le-Grand, Pierre Lombard, Pierre de Tarentaise, saint Thomas d'Aquin, de préférence à tout autre, voilà les principaux auteurs de la substance desquels les étudiants nourissaient leur esprit. On ne saurait reprocher aux Frères-Prêcheurs d’avoir

donné aux lettres profanes et aux sciences une place secondaire seulement ». (Douais, ibid.) 2 « Au 2e chapitre généralissime tenu au couvent de Saint-Jacques de Paris, en 1236, il fut décidé que les Frères des couvents limitrophes auraient l'obligation d'apprendre la langue de leurs voisins». (Acta capit., 1, p. 6, et Mortier, Hist. des Maîtres généraux, t. 1, p. 280). — Le frère Philippe, prieur de Terre-Sainte, écrivait à Grégoire IX: « Voyant que la porte s'ouvre si large pour la dilatation de la foi évangélique, nous nous sommes appliqués à l'étude es langues. Chaque couvent a son école spéciale : c’est un travail nouveau ajouté aux travaux anciens. Déjà, par la grâce de Dieu, nos frères parlent de nouvelles langues et prêchent surtout en arabe, qui est la langue la plus commune parmi ces peuples ». (Lettre de Frère Philippe, prieur de Terre-Sainte, à Grégoire IX. — Quétif et Échard, Script. Ord. Prædic., t. 1, p.104.

— Mortier, ibid., t. I, p. 381).

à Mortier, ibid. t. I, p. 395. — « Au chapitre de Montpellier, en 1247, dans la nombreuse assistance qui entourait les Frères de respect et de sympathie se trouvait la sœur de Guy Fulco, depuis pape sous le nom de Clément IV. Quand elle résidait dans son château de Tarascon, elle donnait gracieusement l'hospitalité aux Frères voyageurs. Tous connaissaient Marie de Tarascon, Hospita Fratrum... Elle se trouvait à Montpellier, le jour de la Pentecôte. Les Pères, réunis en chœur, allaient commencer la grande solennité de tierce, quand la pieuse femme, prosternée, supplia Dieu de répandre sur eux l'Esprit-Saint. Et voici qu'au moment où le chantre entonnait le Veni Creator, elle vit une flamme immense descendre du ciel et envelopper les Frères jusqu’à la fin de l'hymne... Trois jours de suite, aux complies, Marie < de Tarascon eut cette vision. Elle n’en parla ni à sa sœur ni aux Frères. Mais, peu de jours après, saisie par une maladie grave, et sentant sa fin approcher, elle révéla le divin secret à son frère d'abord, — Clément IV, — à sa sœur, au prieur d’Arles et à trois autres frères.

Elle mourut peu après ». (Mortier, ibid., t. 1, pp. 389, 390).

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en Languedoct. Dès 1220, ils fondent à Montpellier, à l'emplacement où a été construit le magnifique aquedue, entre l’ancienne et la nouvelle avenue de Celleneuve, leur troisième monastère, le plus beau de Provence et qui vaut au prieur le troisième rang dans les chapitres provinciaux ?. L'évêque Bernard de Mèze bénit la chapelle en 12253, et telle sera l'importance de ce couvent, à triple cloître, qu'il pourra héberger, sans même qu'aucun religieux soit tenu d'abandonner sa cellule, les rois de France, en 1840 et 1851 #, celui de Navarre, en 14185.

En 1247, Innocent IV nomme, évêque du diocèse, le frère-prêcheur Raynier, dit le Lombard, homme de valeur dont il reste deux ouvrages inédits: Speculum adversus hæreses et Dictionarium variæ eruditionis 7. C'est lui qu'une fausse légende prétendait avoir été empoisonné par le chapitre avec une hostie consacrée.

Une nouvelle étude du Cartulaire et du Bullaire nous permet d’ajouter encore à notre démonstration des inductions tirées des bulles d’Innocent IV et d'Alexandre IV. Sous Jean de Montlaur IT, prédécesseur de Raynier. En effet, évêque et chapitre avaient été unanimes à demander des modifications aux statuts, s’en remettant d'avance à l'arbitrage de l'archevêque de Narbonne et de l’évêque de Béziers $.

4 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. 1, ch. vu, t. 330.

? Quétif et Échard , Script. Ord. Prædic., 1, p. 2. — Le premier couvent avait été celui de Toulouse, en 1206 ; le second de Limoges, en 1217.

3 Voir ci-dessus, ibid., t. Il, ch, xvux, p. 450.

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