‹ L'Université de MontpellierChapitre 23 sur 36 · CRE · texte numérisé non relu

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mener une vie oisive et stérile et d’être même ennemis des lumières. Or c'est, au contraire, « à l’époque de la Réforme que ses manuscrits furent brûlés dans l'incendie du couvent de son Ordre par des hommes qui prétendaient rallumer les flambeaux de la raison éteints par les moines du Moyen âge » !.

La vie exclusive d'étude et d’austérité fait, à certain point de vue, la supériorité des réguliers sur les séculiers, qui ne sont pas sans en éprouver quelque jalousie. Dans le cloître, en effet, on travaille sans cesse ni presse, sans distraction ni vaine curiosité, sans négligence et par pur amour de la science et de la vérité : Studium et appetitus scientiæ secundum rectam rationem est aliquid virtutis ; si excedit, est curiositas ; si deficiat, est negligentia®.

C'est là aussi que s’élaborent ces magnifiques sommes, chefs-d'œuvre de foi et de savoir, où les vérités de l’ordre moral se confondent avec les connaissances accumulées des siècles, où l'érudition est mise au service des plus grands penseurs, Albert le Grand et Guillaume d'Auvergne, Thomas d'Aquin et Vincent de Beauvais, Jean de Salisbury et Alexandre de Halès.

Quelle intelligence ne reste pas confondue en présence de tels monuments intellectuels , dont les auteurs sont, avant tout, des saints,

qui comptaient la table pour peu, le sommeil pour rien; qui, bien

qu'absorbés par les affaires journalières et, à cause même de leurs vertus et de leurs mérites, par les directions spirituelles, ne se dispensèrent jamais de leurs douze heures de chœur. A la différence de nos intellectuels, pour qui l'étude est une carrière sinon une fortune, 1ls com-

posent des encyclopédies anonymes, comme ces maîtres ès œuvres qui

la grosseur d’un pouce produit une horrible explosion accompagnée d’une vive lumière, et ce fait peut se répéter jusqu'à détruire une ville et des bataillons entiers... L'attraction que l’aimant exerce sur le fer est à elle seule féconde en merveilles ignorées du vulgaire et connues de ceux que la science initie à ses ineffables spectacles». (Roger Bacon, Secretis operibus artis et naturæ et nullitate magiæ, ap. I-VIH).— Ozanam, Dante, Œuvres complètes, t. VI, p. 484 — Sur Koger Bacon, voir article de Victor Le Clerc, Hist. litteraire, t. XX, pp. 132-140.

4 Directeurs du Collège de Juilly. Préface de l'Histoire de la Philosophie, p. 293

2? Saint Thomas d'Aquin, Mal., qu. 8,2. — Douais, Essai, p. 50.

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