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bâtissent nos cathédrales, sans laisser leur nom à la postérité, émerveillée et édifiée. |
La philosophie n'étant pas encore une science exacte, la dialectique est séparée, au x° siècle, de la grammaire pour être rattachée à la théologie ‘. Au x1n°, la scolastique vaut à la philosophie la rigueur des mathématiques. C’est par elle que l’orthodoxie refrène les écarts de Guillaume de Saint-Amour, même d’un Pierre Lombard, à plus forte raison des naturalistes et des physiologistes. L'Église triomphe ainsi du rationalisme d’Abélard et d'Arnaud Brescia , de l'Averrhoïsme et de la Caballe, du Rabianisme et du Manichéisme albigeois ?.
Le xrrr° siècle, le siècle de saint Louis, est le grand siècle du Moyen âge, le siècle de l'ogive, de la scolastique, des Universités.
Pendant que montent vers le ciel ces nefs gothiques, encadrées par de hautes tours, surmontées de flèches aiguës, et qui expriment la grandeur, la largeur et l’élan de la foi, les écoles se multiplient et se développent, ouvertes à tous comme les temples du Seigneur. Et alors que, séparées par la diversité des races et des institutions, les nations vivent isolées, derrière les frontières, le clergé maintient comme langue de l'Église le latin qui assure l'unité des croyances et prépare les nations au rapprochement des peuples. |
Les écoles épiscopales et monastiques abandonnent alors les cathédrales et les couvents pour s'installer au dehors, en plein vent. Les Universités qui les absorberont, prennent plutôt leur essor dans les villes paisibles comme Oxford et Cambridge, Salamanque et Pavie, Bologne et Montpellier *. Alors que Rome est agitée par les factions rivales, Paris devient la métropole de l'intelligence et de la science.
Chantée de nos jours par les intellectuels, comme la honne déesse
qui enseigna aux hommes
Le brin d'herbe sacré qui nous donne le pain”,
1 Demogeot, Hist. de la Littérature étrangère, p. 168.
2 Cardinal Pitra, Analecta novissima Spicilegio Solemnensi parata, t. 1, pp..295, 298. > Porée, Hist. de l'Abbaye du Bec ENS p.540:
4 Alfred de Musset, Nuit d'août; Poésies, t. I, p. 139
l’Université de Paris est Ja mère nourricière de toutes les Universités, alma mater omnium Universitatum, le centre de la chrétientét, sur lequel
peuples et rois ont les yeux fixés?. Ad'instar studu Parisiensis.… tandem
fiat lac ut velut Parisius.…. qualis Lutetiæ Parisiarum, nouvelle Athènes, nouvelle Alexandrie #, où affluent les divers ordres, où, dès cinq heures du matin, la jeunesse de tout pays se presse dans la rue du Fouare, vico degh Stromi, pour assister aux controverses d’Abélard avec saint Bernard et entendre les syllogismes de Sigier#, où se rencontrent toutes les illustrations, d'où sortent enfin les courageux citoyens comme Étienne Langton, l'évêque de Londres, qui, à la tête des barons, arrache à Jean sans Terre la grande charte de 1215, fondement de la liberté anglaise. Les étrangers eux-mêmes épuisent les formules d'enthousiasme devant ce Paradis délicieux des lois 5, qui vaut à la France, en 1166, d'être proclamée par l'anglais Jean de Salisbury la plus douce et la plus civilisée des nations, Franciam mitissimam et civilissimam nationem *, « qu'on ne peut comparer qu'à ce qu'il y a de plus grand et de plus précieux dans le monde, asile des sept Sœurs divines, d’où sortirent les plus illustres prélats ou cardinaux et sept papes, dont Innocent III et Grégoire IX 7, sans compter les princes comme Baudoin, frère de Jean l’Aveugle, roi de Bohême $, où il n'y avait pas de science qui ne fut poussée au plus haut degré”, d’où se répandait sur le monde une
1 Thurot, De l'Organisation de l'Enseignement dans les Universités du Moyen âge, p. 2.
2 Muratori, Script. rer. Ital., t. V, p. 485.
8 Braga, Manuel de Historia de Literatura portugueza. — Th. de Puymaigre; Revue des Questions historiques, t. LIT, p. 58.
4 Dante, Paradis, ch. X, vers 136. — Voir Féret, La Faculté de Théologie de Paris.
5 Parisius quidam paradisus deliciarum, legum gloria floret ibi. (Sane et Alexander
Neckam, De laudibus divinæ Sapientiæ, ap. Dom Bouquet, Recueil des Historiens de France, ann. 1165, 1166, t. XVI, p. 515). — Quod non solum fiebat propter locis illius admirabilem amænitatem et bonorum omnium superabundantem affluentiam , sed etiam propter libertatem et specialem prærogativam defensionis quam Philippus rex et pater ejus ante ipsum ipsis Scholaribus impendiebant. (Du Boulay, Hist. Univ. Paris., L. If, p. 554).
6 Denifle, Chartul. Univ. Paris., n° 20, Lt. I, p. 78.
1 Notamment encore Adrien IV et Alexandre II.
8 Baluze, Miscellanea Historica, t. L, p. 311. — Gesta venerabilis domini Boldewini, 1. XLV. — Th. de Puymaigre, Revue des Questions historiques, t. LII, p. 396.
9 Hist. littéraire, t. IX, p. 19.
lumière, image de la splendeur céleste, séjour dont les élèves brillent d’un étonnant éclat et leurs maîtres comme les astres de l’Eternité‘.
La ciudad de Paris en medio de Francia De toda la clergia avie y abundezia *.
et qui, en déversant les eaux les plus abondantes de la doctrine du salut, forment le grand fleuve dont les flots, après avoir fait la fortune de la ville, arrosent l'Église universelle » ?.
Trois pouvoirs dominent alors le monde: Sacerdotium, Imperium, Studium, la religion, la monarchie, la science. La Papauté, c’est Rome ; la monarchie, le Saint-Empire en Allemagne, la rovauté en France: l'Université le monde des Écoles. De là trois divisions dans la capitale : la ville proprement dite, pour les bourgeois et le peuple; la cité, siège de la royauté ; l'Université, quartier latin, où maîtres et élèves règnent en souverains , sur la rive gauche de la Seine, de la tour de Nesles (bibliothèque Mazarine) à la tour de la Tournelle, en face l’île Notre- Dame, aujourd’hui île Saint-Louis, avec une enceinte flanquée de tours rondes, large de sept mètres, haute de deux.
1! Du Boulay, Hist. Univ., Paris., t. IIL, p. 371.
Exoritur tandem locus, altera regia Phæbi, Parisius Cyrrhaæ viris chrysea metallis, Græca libris, Inda studiis, Romana poetis, Attica terra sophis, mundi rosa, balsamus orbis. (Jean de Hauteville, Archithremius, lib. [IT, cap. xvn.
Doctrix existit totius orbis. :
(Guillaume Le Breton, Philippidos, lib. I, vers 101). — Dom Bouquet, Recueil des Hist. de France, t. XVII, p. 121. — « En celi tens florissoit a Paris philosophie et toute clergie, et estoit li estudes sept arz si granz et en si grant auctorité, que l'on ne trove pas que il fust onques si pleniers ne si fervenz en Athènes, ne en Egypte, ne en Rome, ne en nule des parties du monde. Si, n’estoit pas tant seulement pour la delitabilité de lieu, ne pour la plenté des biens qu'en la cité habundent, mais pour la pais et pour la franchese que 1ÿy bons roys Looys avoit tozjors portée, et que li rois Phelippe ses fiuz portoit aux maistres et aux escoliers et à toute l'Université. Si ne lisoit pas tant seulement en celte noble cité des sept sciences libéraux mors de decrez et de lois et de phisique et sur totes les autres estoit leue par plus grant fervor et par plus grant estude de la sainte page de theologie ». (Les Gestes de Philippe-Auguste, Extrait des Chroniques de Saint-Denis, ap. Dom Bouquet, #bid., t. XVII, pp. 395, 396). — Voir Féret, Les Origines de l'Université de Paris; ap. Revue des Questions historiques, t. LIT, p. 351.
? Lib. de Alexandro, 2418.
3 Du Boulay, 4bid., t. IE, p. 360.
Les étudiants habitent des bouges infects, malfamés, au grand scandale du cardinal Jacques de Vitry: Scholæ erant superius, prostibola inferius !, si bien que Pierre de Celles s’écrie dans son indignation : «O Paris, que tu es propre à prendre et à tromper les âmes ! En toi se trouvent les attraits du vice; en toi le piège du mal; en toi la flèche de l'enfer qui transperce le cœur des insensés » 2.
Rélégués la plupart du temps au grenier où à la cave, les étudiants
n'obuennent souvent que de misérables échoppes installées à leur intention sur la voie publique ainsi obstruée®. Ils n’en sont pas moins exploités par les logeurs , sur qui Robert de Courçon établit une taxe au profit des maîtres et des élèves #. Grégoire IX obtient de saint Louis, en 1231, une commission de deux professeurs et de deux bourgeois pour tarifer - les loyers ÿ.
Le propriétaire est tenu d'accepter d'avance cet arbritrage. S’il y con- . trevient, sa maison est interdite pour cinq ans ; les maîtres ou écoliers, qui passeralent outre, sont déchus des privilèges de l'Université. Ecclésiastiques et couvents essaient de se soustraire à cette réglemention pour les locaux qu'ils possèdent à Paris, mais ils sont condamnés, après une longue lutte, par Grégoire IX 7; le règlement, arrêté en 12445, ne sera appliqué qu’en 1280.
1 Jacques de Vitry, Hist. occident., c. VIL.
2 O Parisius, quam idonea es ad cupiendas et decipiendas animas : In te relicula vitiorum, in te malorum decipula, in te Sagitta inferni transfigit insipientium corda. (Epist., lib. IV, ep. x). — Féret, Revue des Questions historiques, t. LIT, p. 385.
3 Denifle, Chartul. Univ. Paris., n° 32, p. 90.
4 Jbid., n° 20, p. 78. Cf. n°s 79 et 114, pp. 136 et 160.— Ch. Jourdain, La taxe des logements dans l'Universite de Paris, ap. Excursions à travers le Moyen âge: — Ch. Thurot, L'enseignement dans l’Université au Moyen âge, p. 68.
5 Chart. Univ. Paris., n° 19, t. I, p. 136. — Gréard, Mes Adieux à la vielle Sorbonne, p. 15.
6 Chartul. Univ. Paris., n°° 82, 247, 441, 478, t. [, pp. 140, 2719, 504, 562.
1 Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. IL, p. 135.
8 Taxatores idoneos in eorumdem religiosorum et clericorum domibus aucthoritate apostolica deputatis contradictores per censuram ecclesiasticam appellatione. postposita compescendo. (Du Boulay, ébid., t. INF, p. 160). — Revue des Questions historiques, t. LIT, p. 386.
9 Chart. Univ. Paris., n° 511, t. [, p. 597.
Les Universités du Moyen âge, celle de Rome exceptée, remontent toutes au Saint-Siège qui ne se contente pas de les organiser, mais s'en fait le protecteur naturel et obligé, ne craignant pas de lutter contre tous les pouvoirs pour en défendre les franchises, les droits, les privilèges, tant ceux des élèves que ceux dés maîtres, ainsi que le prouvent avec une magnifique énergie Grégoire IX, en soutenant les étudiants de Paris contre les gens du prévôt, Innocent IV en défendant ceux de Bologne contre une municipalité trop impatiente des mutineries de la jeunesse?, Jean XXIT en revendiquant, à l'encontre de l’official de l’évêque de Maguelone, l'indépendance et les droits de l’Université de médecine de Montpellier *.
Ce n’est pas que Rome s’imposât ; c’est qu'il n’y avait qu'e lle pour sanctionner des institutions qui, sans sa protection, seraient demeurées : purement locales et sans prestige.
Si les moines et les évêques avaient ouvert les Écoles, seuls les papes pouvaient fonder des Universités, non qu'ils aient cherché à les dominer, mais parce ce que, sans eux et en dehors d’eux, les titres n'auraient pas eu une portée œcuménique et eussent été amoindris par la jalousie ou l'hostilité des nations et des villes rivales. L’antagonisme des princes eut ajouté à l'insuffisance et à la méfiance des diplômes. Authentiqués par le Saint-Siège, véritablement le ministère de l'instruction publique
4 « Toutes les branches de la science aussi bien que les lettres et les arts ont eu dans les pontifes de Rome ou d'insignes représentants ou des Mécènes généreux ou des gardiens vigilants, et cela même à des époques où les études étaient généralement négligées, les bonnes doctrines ensevelies dans l'oubli et où l'ignorance et la barbarie détruisaient jusqu'aux derniers restes des trésors de la sagesse antique. Les asiles eux-mêmes, les plus vastes du savoir humain, nous voulons dire les Universités, ont été fondés par les pontifes romains ou largement favorisés par eux, comme le prouvent encore les récentes conclusions d'une sévère critique, s'appuyant sur d'incontestables documents ». (Léon XIIT, Discours au Sacré-Collège, 2 mars 1886. Revue des Questions historiques, t. XXXIX, p. 653).
2 Voir ci-après. — Chartul. Univ. Paris., nos 64, 69, 125, 127, 198, 247.
3 Voir ci-après. — Cartulaire de l'Université de Montpellier, n° 21, p. 213. — « Des cinq Universités de France, savoir: de Paris, de Toulouse, d'Orléans, d'Angers et de Montpellier, cette dernière est l'unique qui se soit formée hors d’une ville épiscopale ». (Pierre Raugeard, Hist. de l'Université d'Angers, t. 1, p. 293). — L'auteur ne se doute pas que si la résidence de l’évêque était à Maguelone, MORE était en réalité la ville épiscopale, à quinze kilomètres de l'évêché.
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de toute la chrétienté, seul admis à délivrer, comme disaient d'anciens diplômes , licencia regendi hic et ubique terrarum , et qui personnifiait d’ailleurs le pouvoir enseignant, connu et reconnu jusqu'aux extrémités du monde, 1l$ avaient une portée générale, s'imposant wrbi et orbi, et profitaient du crédit et de l’universalité même de l’Église.
Les Universités reconnaissent les bienfaits de la Papauté en créant partout des chaires de droit canonique, chacune avec sa tradition et ses commentateurs, qui toutes maintiennent et développent le sentiment et
Ja notion du droit. Si elles n’édictent pas des lois positives pour la justice humaine, elles l’éclairent par la rectitude de leurs doctrines, la
servent par les jugements qu’elles inspirent. Aux xu° et xir1° siècles, les
Universités de droit de Bologne et de Padoue, de Montpellier et de Paris
sont surtout des assemblées de canonistes ou, comme on disait alors, de décrétistes, dont les écoles ou académies donnent un enseignement
‘complet d’une autorité générale, Studium generale. y]
« Le premier fondement de l'Université, dit Pasquier, a été l'Église de Paris. De là est venu que les degrez de doctorie et licence ont
accoustumé d’être pris en logis de l'évêque et que le premier juge et
censeur de la doctrine et maître des Escoliers, que nous appelons chancelier de l’Université, est du corps des doyens, chanoines et chapitre de cette Église. De là que tous nos collèges hormis cinq à six, pour le plus, furent fondez par personnes ecclésiastiques, et, quand il fut question de procéder à la réformation de l’Université, l’an 1492, on y employa l’authorité du cardinal de Touteville, légat en France. De là aussi que tous les principaux de collèges, docteurs etrégents ne pouvaient entrer en lien de mariage pendant leur profession. Comme si les
Principautez, Doctories et Régences eussent été affectées à l'Eglise
dont elles avaient pris leur première source »!.
1 Pasquier, Recherches sur la France, liv. IT, ch. xx1v. OEuvres complètes , t. I, col. 275. Cf. liv. IX, col. 969. — Cf. Rigord, Vita Philippi. — Denifle, Chart. Univ. Paris., n° 1, 3,
tt. 1, pp. 5, 9. — Du Boulay, Hist. Univ. Paris., L. Il, pp. 128, 154. — Igitur ex magistris in
insula commorantibus formata est universitus, ibique, sub umbra nostra Dominæ, cumbrela universitatis agnoscendam. (Denifle, &bid., Introduction, pp. xv-xvin). — Sprengel, Hist. de la Médecine, sect. VIT, ch. 5, t. IT, p. 392. — En 1452, la Faculté de médecine accuse de
Jusqu'au xu° siècle, le clergé s'était surtout renfermé dans l’Église, cloîtré, pour ainsi dire, dans la tradition. Désormais, la vie religieuse participe au mouvement des esprits et aux progrès du temps.
Le monde est tourmenté par l'esprit de foi et de science, entre lesquelles ne saurait s'élever d'opposition, puisque Dieu est le père de la science : Deus scientiarum Dominus!. Saint Anselme atteint d’un bond aux sommets de la métaphysique; saint Bernard subjugue la foule accourue sur la montagne Sainte-Geneviève pour assister à ses joûtes oraloires avec Abélard, dont la philosophie pénètre de son vivant jusqu’au fond de lItalie. Dans là capitale, Notre-Dame, Saint-Germain des Prés, Saint-Germain l’Auxerrois, Sainte-Geneviève , Saint-Victor constituent autant de foyers intellectuels, où la jeunesse studieuse, frémissante d'instruction , se repose sur l'Église comme sur le sein d’une mère ?. Les professeurs tiennent maison ouverte pour les discussions des problèmes abstraits ; les moines haranguent la foule et se passionnent pour les disputes de l’École qui contrastent avec la ferveur mystique des premiers âges. Partout exubérance de sève et de vie, d'énergie virile et d'enthousiasme héroïque. Dans le clergé, le travail est pratiqué comme une religion ; le mérite personnel honoré, couronné comme la véritable noblesse chrétienne, ainsi que nous en avons d’éclatants exemples dans Pierre Lombard, archevêque de Paris, et Maurice de Sully, son successeur; le premier arrivé de Novare en simples haillons, le second, pour ne pas mourir de faim, obligé de servir comme domestique, tous deux parvenus, au meilleur temps des
lâcheté les professeurs, pour la rupture du célibat. La Faculté de droit le maintient jusqu'en 1601. On était encore impressionné par le mot de Cicéron, qu'un homme ne peut appartenir à la fois à la science et à une femme. En 1808 encore, Napoléon interdira le mariage aux recteurs et aux censeurs des collèges impériaux, ne permettant de convoler qu'aux professeurs de lycées.
4 I, Reg., v. 2 et 3.
2 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, ch. xx, p. 32.
3 Ille aütem erat ortu et genere pauperrimus. (Du Boulay, Hist. Univ. Paris., t. II, sect. Iv, p. 325). — Mater eum Lutetiam miserat ut mendicando panem aut scholaribus ditioribus serviendo studiis si posset incumberet. Heroldus scribit eum mendicando vitam Tolosam dum essel provenñis. (Dubois, Histor. eccles. Paris., t. II, p. 122). — Voir Baunard, Notices et Portraits: Maurice de Sully, Paris, Poussielgue, 1899, p. 122.
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privilèges et des préjugés, aux plus hautes dignités de l’Église de France, et qui ont laissé deux monuments incomparables de leur foi et ‘de leur génie, l’un dans le Livre des sentences, l'autre dans la cathédrale de Paris. |
Il existait, dans la capitale, trois grandes écoles publiques : l’Écolecathédrale, sous la direction du chapitre, deux écoles monastiques, Saint-Victor et Cluny. Mais combien de particulières comme celles du Grand et du Petit-Pont! Certaines communautés se formaient alors entre étudiants de même pays, ayant les mêmes professions , les uns gagnant leur vie en copiant les manuscrits, les autres faisant le service des Jeunes gens riches, d’autres quêtant par la ville‘, ce qui n’était plus un déshonneur depuis que les moines mendiants avaient réhabilité la
pauvreté :
Les bons enfants orrez crier Du pain, mes vueil pas oublier *.
En 1200, ils forment une école ou collège, noyau de cette Université de Paris dont la renommée et l'influence devaient être mondiales, et qui n'est réellement constituée qu'en 1215, par le cardinal légat, Robert de Courçon, un anglais, ancien disciple, à Paris, d’Innocent II. C’est ce pape qui vaut à l'institution l’existence légale et le droit d’enseigner. En déterminant les conditions de la maîtrise, il a soin d'exiger la gratuité de la licence, et il ne manque pas de prendre, à son tour, sous sa protection écoliers et maîtres par l'établissement, en 1219, d'un jury d'examen pour la collation des grades ?. Par les cartulaires, par celui de l’Université de Montpellier notamment, nous savons que la qualification de generale s'appliquait moins aux études qu’au personnel. Le Studium generale visait non l'enseignement
4 Franklin, Les Médecins, p. 41.
2 Guillaume de Villeneuve, Les Crieries de Paris au xuie siècle.
3 Denifle, Chartul. Univ. Paris., n° 20, t. [, p. 78.
4 « Selon le Père Denifle (Die Universitäten, BI. 14, 13), le terme generale ne se rapporte pas à sfudium, mais à ceux qui fréquentent une Université, analoguement aux expressions : concile général, chapitre général. On ne saurait donc l’entendre de la réunion des Écoles de médecine, de droit et des arts qu'aurait établie la bulle de 1289. Cette opinion, basée par le
complet, intégral, mais la famille indivisible des élèves, Universitas magistrorum et scholarium, répartis dans les Facultés diverses et indépendantes, comme celles de droit et de médecine.
Une Université n’était donc ni la réunion de toutes les Facultés n1 un corps privilégié de professeurs, mais, comme le Collège romain, une collectivité soit de maîtres ou d'élèves, soit de maîtres et d'élèves, de tout pays et de toute condition, philosophes, orateurs et savants rapprochés par le culte de la science, solidarisés dans un syndicat professionnel de défense et de protection mutuellest. Les circonstances seules ont réservé ce titre à l’association scolaire ?.
A l'origine, l'Université de Paris ne fut même qu'une juste coalition contre les exagérations de pouvoir du chancelier Philippe de Grève qui n’entendait pas qu’on apportât le moindre changement à la constitution et dont le pape Honorius [IT dut stigmatiser l’insolence et les
prétentions ?. Telle est la signification attribuée à ce terme dans les.
P. Denifle sur le résultat de ses recherches générales est absolument confirmée par les documents locaux que nous avons consultés nous-même». (L. Guiraud, Le Collège Saint-Benoît, Introd., p. v, note).
4 Dig., lib. ILE, tit. 4; lib. XXX VIII, tit. 3. — Dilectis filiis consulibus et Universitati hominum Montispessulani. (Bulle de Clément IV, 1241). — Consules Universitatis de Latis. (Gariel, Series, t-A1D 1560) :
2 History of the University of Oxford from the Earlient Times to the Jear 1530. By H. C. Maxvell Lyte M. A.F.S. A. Deputy Kuler of im. Public Records. London Macurelan 1887, in-8° de xix-514 pp. — Revue des Questions historiques, t. LXLI, p. 557. — « Ce que nous appelons aujourd'hui « université », c'est-à-dire une institution académique spéciale qui n’est proprement ni une «école », ni un «collège » ni une « faculté », se disait, au moyen âge, studium generale. Et sans doute cette expression est elle-même ambiguë ; mais elle ne doit pas s'interpréter en . ce sens, que dans les villes où prospérait jadis un sétudium generale, toutes les sciences étaient étudiées. Elle veut dire que, dans ces villes, il y avait des écoles publiques cosmopolites, où des étudiants et des maîtres de tout l'univers étaient admis. En fait, dans la plupart des studia generalia, on ne cultiva jamais à la fois l'ensemble du trivium et du quadrivium, la théologie, le droit civil et canonique , et la médecine, c'est à-dire ce qui constituait la science totale du moyen âge. Il est très peu de séudia qui aient possédé toutes les facultés au complet. L'enseignement du droit civil n'existait pas au moyen âge dans l’Université de Paris ; l'Université de Bologne n'eut pas la Faculté de théologie avant 1352. Chaque séudium avait une spécialité renommée qui faisait sa gloire et réléguait les autres au second plan. Paris était renommé pour la théologie et pour les arts; Bologne pour l'un et l’autre droit, Salerne et Montpellier pour la médecine ». (Ch.-V. Langlois, Les Universités au Moyen âge, ap. Questions d'histoire, pp. 7, 8, 49). — Voir Guérard, Adieux à la Vieille Sorbonne, p.11.
3 Nolentes tantum doctorum et scolarium sœpe dictorum gravamen tantamve ipsius
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