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CARRE

magistrorum el scolarium , Universitas utriusque juris, Universitas artium. La Faculté de médecine, elle, jouit des privilèges d’une véritable Université ,.comme celle de Salerne, et confère des grades, au moins depuis 1260; la Faculté des arts elle-même, constituée par la charte de 1242, forme à son tour l’'Universitas doctorum discipulorum in artibus studentium.

Rien ne révèle l’importance et le développement de ces écoles comme la lettre du pape Alexandre IV, du 8 février 1256, à l’évêque de Maguelone, Pierre de Conques, concédant au prélat le pouvoir de donner l’absolution aux étudiants frappés de censures pour voies de faits sans gravité, cas fréquents à Montpellier, causa predicti studu, quod ibi sollempniter regitur ad |hjauriendas sapientie aquas de fontibus discipline scolarium eopiosa confluat multitudo?. Les termes de Studium solemne étant alors identiques à ceux de Studium generale, le même pontife les emploie indifféremment dans les statuts des chapitres généraux des Dominicains. [ls ne changent de signification que dans la seconde moitié du x111° siècle et, pour la première fois, chez les Frères Prêcheurs dont le Siudium solemne désigne l'École des hautes études dans la province, le Studium generale, l'École supérieure de l'ordre tout entier?.

L'expression de Studium generale, caractéristique d'enseignement supérieur ne se rencontre ni dans les statuts de l'École de médecine de

baccellarium, qui legat sub eo. S. auch Douais, Essai sur l'Organisation des études dans l'Ordre des Frères Précheurs (Toulouse-Paris, 1884), p. 126f. (P. Henrich Denifle, aus dem. predigerorden unterarchivar des hl. stuhles, Die Universitäten, p. 348, note 534). — Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. II, ch. xxv et xxvr.

4 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. IL, ch. xxv, p. 369.

2 Bulle d'Alexandre IV, Cartulaire de l'Université de Montpellier, n° 7, E. I, p. 193.

3 S. Oben $S.3. Alexander IV. gebrauchte 1255 in einem Schreiben an den Kônig von Castilien in Bezug auf Salamanca den Ausdruck studium generale, nachdem er vorher vom Studium sollempne et celebre gesprochen hatte. Reg. Vat. an 1, ep. 692 BL. 101b. Im J. 1246 sagt das zu Paris gehaltene Generalcapitel der Dominicaner : (Inchoamus) hanc (constitutionem) ubi dicitur : tres fratres mittantur parisius ad studendum, addatur : rur°* vero provincie, sc. provincia, lombardia, theotonia et anglia provideant semper in aliquo conventu magis ydoneo, ubi sit generale studium et solenne. Hs. der Generalcapitel, die um die Mitte des 13 Jhs. angefangen wurde, und deshalb viel älter ist als die allein bekannte Collection des Bernard Guidonis (Generalarchiv des Ordens).S. Martène, Thes. nov. anecd., IV, 1690. (Denifle, Ibid., p. 348, note 533).

Montpellier en 1220, ni dans les lettres de l’Université de Toulouse, ad Universalia studia alibi florentia, de 1229-1230 ?. Elle apparaît pour la première fois dans les statuts de Vercelli, rédigés par le franciscain Henri de Melan en 1233-1234: pour la seconde dans ceux de la Faculté des arts de Montpellier en 12424; pour la troisième dans les actes des chapitres généraux des Frères Prêcheurs en 1246. Elle est consacrée définitivement dans les registres pontificaux d’Innocent IV, de 1244- 12455, du 15 mai 1247 et du 6 février 1248. Le Pape ne s’adressait directement aux maîtres et aux étudiants qu'après les avoir réunis en Studium generale; et si Grégoire IX avait écrit, en 1233, à l’Universitas magistrorum et scolarium de Toulouse, c'était qu'il s Ron là non d’une création, mais d’une réorganisation.

L'ordre de saint Dominique avait créé deux modèles d'Universités s'appliquant à l'origine à deux catégories d'étudiants et à deux degrés d’enseignement. Le Sudium solemne comprend l'élite de la province, studentes eminentis conditionis et status”; le Studium generale, celle de

4 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, L. IN, p. 349, ch. xx.

2? Bei Jean de Garlande, De triumphis ecclesie, im cod. n. 1295, nouv. acquis. lat. zu Paris p. 175. Ed. Wright (1856), p. 96. Nach Edmund, Sketch of the life of Walter de Merton (Oxford 1859), p. 14 müsste man schliessen, es wäre in England bereits circa 1175 ‘generale studium,

gesagt worden. (Denifle, Die Universitäten, p. 2, note 4). |

3 Hist. patriae mon. XVI, 1231; Statuti e monumenti storici del commune di Vercelli.

Torino 1871, p. 272, $ 381. Die Commune von Vercelli beschliesst, quod remanente studio

generali Vercellis et permanentibus condicionibus que sunt inter Commune Vercellarum et

Scolares, cum aliorum doctorum fit electio, at de Theologo uno fiat. (Denifle, ibid. p. 2,

note 2).

4 Statuimus quod incipientes incipiant in ecclesia Sancte Fidis, sita in Montipessulaneto,

| vel in aliquibus scolis, ut consuetum est in locis ubi est studium generale. (Règlements

. dressés pour la Faculté des arts par l'évêque de Maguelone Jean de Montlaur Il. Cartulaire

de l'Université de Montpellier, n° 6, t. [, p. 190).

5 Martène, Thes. nov. anecd. IV, 1690. Ich komme weiter unten darauf zurück. Um dieselbe

Zeit verfasste Constantin von Orvieto die Legende des hl. Dominicus (s. Quétif-Echard, Ss.

Ord. Præd. 1, 153), worin derselbe Ausdruck vorkommt. S. oben S. 2 Anm. 3. (denifle, ibid., p. 3, note 8).

6 Registres d'Innocent IV, 15 mai 1247, 6 février 1248, Alexandre IV, 8 fu ler 1256, relativeà ment à Montpellier. (Denifle, 2bid., p. 3). 1 Daunou, Discours sur l'État des Lettres, ap. Hist. littéraire, t. XVI, p. 59. — Du Boulay (Universitas Parisiensis, t. LL, p. 488) avait soutenu le contraire. Les Bénédictins l'ont réfuté. (Hist. gén. de Languedoc, t. I, p. 285; édit. Privat, t. IH, p. 661). — Denifle, Die Universit.,

7 2e pp. 340, 357.

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l’ordre tout entier, et c’est déjà un très grand honneur que d’être l’objet d'une telle distinction?. Chaque province ne peut d’ailleurs envoyer pour trois ans que deux ou trois sujets d'élite, les plus entendus dans

les sciences sacrées ? et d’une santé éprouvée #, car ils sont soumis à

un régime d’études forcées et sans vacances *.

Le chapitre provincial fixe, tous les ans, le siège des Studia artium et des Séudia naturalium. I] ne peut, au contraire, déplacer les Siudia solemnia ajoutant un vrai relief aux monastères et aux villes qui en sont le siège.

La première province de Provence, antérieurement à. 1239, puisqu'on n’en découvre pas la fondation après cette date, avait établi deux Siudia solemnia, l’un à Montpellier, l’autre à Toulouse’. Si nous ignorons combien d'étudiants comptait celui de Montpellier, nous savons qu'ils étaient trente-cinq à Toulouse. C’est le chapitre provincial qui désigne, avec le lecteur et le sous-lecteur à leur tête, les professeurs des arts et de philosophie, de théologie et de la Bible?°. Le maître de l'Ordre,

seul, choisit, parmi les bacheliers et docteurs de n'importe quelle

province, le personnel, naturellement plus relevé du Szudium generale *®. Dès 1268, l'Ordre en possède un à Montpellier, l’un des principaux centres dominicains, le plus important peut-être de toute la provincett.

{ Actes des chapitres provinciaux. Bibl. mun. de Toulouse, Ms 490 (I, 273), fe 436 A. — Voir Douais, Essai sur l'Organisation des études dans l’Ordre des Frères-Précheurs, p. 131.

2 Voir Martène, Thesaurus nov. anecdot., Actes des chapitres généraux de 1233 à 1316, t. IV. — Index, verbo Sfudium, Studium solemne, Studium generale, Douais, ibid., p. 131.

3 Actes des chapitres provinciaux, ébid., 490 (I, 273), fe 441. — Douais, tbid., pp. 128, 130.

# Douais, ibid., p. 131. |

5 Id., ibid., p. 130.

6 Id., ibid., f° 436 À.

1 Id., ibid., f° 390 À, fe 436 À,

8 Jd., ibid.. p. 1928.

9 «Parmi les lecteurs du Studium solemne de Montpellier, il remarque Fr. Étienne Auvernhat, Guillaume de Quinsac, Fr. Bernard de Trilia, Fr. Jean Vigouroux, Fr. Hugues de Creyssel, Fr. Bernard de Jugia, Fr. Pierre de Godin, etc. (Douais, ibid., Appendice XI. Personnel enseignant, couvent de Montpellier).

30 Bibl. mun. de Toulouse, actes des chapitres provinciaux, Ms. 490 (I, 213), f° 297 À, f° 436 A. — Douais, tbid., p. 93. Voir pp. 131, 133, les noms des principaux religieux de la première province de Provence et de la province de Toulouse, désignés pour le Studium generale.

“ Mortier, Hist. des Maîtres des Frères Précheurs, t. I, ch. vi, pp. 126-198.

Deux courants divisaient l'école philosophique : l’un mystique plutôt que didactique, faisant prédominer le cœur et la volonté sur l’intelhgence , et remontant à Platon par saint Augustin avait entraîné les maîtres des Frères Mineurs, saint Bonaventure et Roger Bacon, Jean Peckam, Duns Scot et Guillaume d'Auvergne; l’autre scientifique, suivant la méthode déductive et expérimentale d’Aristote, que le défaut de bonnes traductions faisait encore méconnaître , ce qui lui valut, à l'occasion d'Amaury de Chartres et de David de Dinart, d’être anathématisé par le xx° concile de Paris ?. Grégoire IX voulait même interdire sa métaphysique et sa philosophie naturelle jusqu'à ce qu’elles fussent expurgées ?. Ce sont Albert le Grand et saint Thomas d'Aquin, præcipui ri in plailosophia, Albertus et Thomas, comme les qualifie Siger de Brabant, chef de l’Averroïsme, qui réhabilitent et mettent en honneur le Stagirite*.

Or, lé premier titulaire de la chaire au couvent de Saint-Jacques à Paris, l’ancien professeur à l’École de médecine de Montpellier, Jean de Saint-Gilles, à l’encontre des Frères Prêcheurs, partageait les préjugés contre la doctrine des Péripatéticiens : « Lorsque certains élèves arrivent en théologie, dit-il, ils ne peuvent se dépouiller de leur science. On en voit qu on ne peut arracher à Aristote... Il y en a qui connaissent bien la langue spirituelle, c'est-à-dire la théologie, mais ils la transforment en langue barbare par leur philosophie corruptive. Celui qui a appris la métaphysique veut loujours appliquer sa méthode à l'Écriture sainte. De même les géomètres ; ils ne parlent en théologie que lignes

et points »#.

1 Féret, La Faculté de Théologie de Paris, t. 1, p. 203.

2 Qui in concilio provinciali ex certa causa prohibiti fuere, Parisius non utantur quousque examinati fuerint et ab omni errorum suspicione purgati. (Denifle, Chartul. Univ. Paris., 1 MOUANENIEN)E

3 Mandonnet, Siger de Brabant. Fribourg, 1819, p. 60.

, 4 Voir ci-dessus, ch. xxvIr, p. 610.— Quando tales veniunt ad theologiam, vix possunt separari a scientia sua, sicut patet in quibusdam qui ab Aristotele non possunt in theologia separari ponentes ibi auricalcum pro auro, scilicet philosophicas questiones et opiniones. Similiter qui geometriam didicit semper loquitur de punctis et lineis in theologia. (Hauréau, Notices et Extraits, t. VI, pp. 234-251). — Mortier, Les Maîtres généraux, &. I, p. 131.

Saint Thomas, qui du reste approuve l’ observation, écrivant. en 1271,

à Jean de Verceil, signale le danger de mêler la religion aux questions À

philosophiques : Ad fidei doctrinam non pertinenti sed magis ad Qu sophorum dogmata". | Quelques jours après, les Provinciaux des Prêcheurs, assemblés précisément au chapitre général de Montpellier, engagent les étudiants à refréner leur ardeur pour là philosophie et à s’adonner surtout à la théologie ?. Il subsiste néanmoins une telle animosité contre les Péripatéticiens, que le chapitre de Montpellier déléguera, en 1278, deux pères pour enquêter en Angleterre contre les religieux qui avaient attaqué la doctrine de l’'Ange de l'École 3, et que le chapitre de Paris ordonnera de punir #. ne Comme l'abbé de Rancé qui, après avoir combattu Mabillon sans le connaître, s’éprendra d'enthousiasme dès qu’il le rencontrera, les Frères Mineurs, rivaux des Prêcheurs, ne son! pas les derniers à rendre hommage à l’auteur de la Somme, si bien qu’à la mort de Grégoire X, c'est à l'unanimité que le conclave exalte l? ordre dé saint Dominique et élève sur le trône pontifical un de ses fils, Pierre de Tarentaise, qui prend le nom d'Innocent V5. Il meurt au bout de six semaines 5, et on lui donne pour successeur le portugais, Pierre Juliani, cardinal, évêque de Frascati, celui-là même que nous avons cité comme docteur de l’École

1 S. Thomas d'Aquin, Opp., p. coxxIx, éd. Léonina. — Mortier, Hist. des Maîtres généraux des Frères Précheurs, t. II, p. 195.

2 Monemus studentes quod -studio a minus intendant et in as theologie se exerceant diligenter. (Acta capitul., 1, p. 159).

3 Injungimus districte fratri Raymundo de Medullione et fratri ne Vigoros, lectori Montispessulani, quod cum festinacione vadant in Angliam inquisituri diligenter super facto fratrum qui in scandalum ordinis detraxerunt de scriptis venerabilis fratris Thome de Aquino. (Acta capitul., I, p. 199. — Mortier, ibid., t. II, p. 138).

4 Injungimus quod si quos invenerint -excedentes in predictis punire non Doéttonant, (Acta capitul., p. 204. Chapitre de Paris, 1279). — Douaïis, Essai sur l'Organisation des Études pp. 97 et suiv. —-Mandonnet, S. Gen. de Brabant, pp. 251, 252. — Denifle, Chartul. Univ. Paris., I, p. 560, note.

ÿ Ciaconius, Vitæ et regesta Pontificum Romanorum, p. 601,

6 Bernard Gui, cité par Quétif et Échard, Script. Ord. Prædicat., t. 1, p. 352. — Mortier, ibid., t. IT, p. 145. l

dans cette dernière ville,

de médecine de Montpellier, Jean XXI # 11 devait bientôt succomber,

Nr d’un accident. Un des faits les plus mémorables de son règne avait été. grâce à l'intervention de Jean de Verceil, des Frères Prêcheurs, et de Jérôme d’Ascoli, des Mineurs, le maintien de la paix

| entre le roi de France, Philippe-le-Hardi, et Alphonse X, roi de Castille,

dont le fils cadet avait été appelé au trône, au préjudice des enfants de

l'aîné, Ferdinand de la Cerda, deux petits-fils de saint Louis?.

On conçoit que les ordres religieux aient tenu à fixer le foyer des études générales, autant que possible , près des Universités, sauf en Allemagne où il n’en existait encore aucune. Or, en la seule année 1248,

les Frères Prêcheurs fondent quatre grands centres intellectuels, à

Cologne et à Bologne, à Montpellier et à Oxford. C’est ce qui permet

de dire que, bien avant 1289, Montpellier était une Université per | consuetudinem.

Le chapitre général de Narbonne, en 1250, vote l'envoi de subsides à la Noël#; celui de Montpellier, en 1254, raüfie cette décision; celui de Toulouse fixe à Pâques le terme du paiement 5. |

En 1252, les Cisterciens, à leur tour, érigent à Montpellier, dans le faubourg Saint-Guilhem, et sur le modèle de leur maison de Paris', le collège de Valmagne, que le roi d'Aragon enrichit, en 1263, de ses bienfaits”, auquel le pape Clément IV accorde les mêmes privilèges

u’aux religieux de Paris8.

FA

4 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. IL, ch. xxv, p. 316.

? Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, eh. xxvit, p. 532.

3 Douais, Essai sur l'Organisation des études dans l'Ordre des Frères Précheurs, p. 93. 4 Denifle, Die Universitäten, p. 349.

. 5 Cod. Tolos. n. 275, BL. 285 b. 287a. (Id., ibid.). 6 Siche den Capitelsbeschluss., ap. Martène, Thes. nov. anecd. t. LV, p. 1398. (Id., ibid.).

Sa Cartulaire de l’Université de Montpellier, n° 10, t. I, p. 197. — De Grefeuille, Hist. de

Montpellier, t. Il, p. 400. — Germain, Hist. de la Commune de Montpellier, t. IF, p. 413.

8 .… Quod in quadam domo vestra de Montepessulano, Magalonensis diocesis, ubi viget studium scientie litteralis, nonnulli monachi predicti ordinis vestri, prout asseritis, studio facultatis Theologice deputati esse noscuntur,.… vobis et eisdem monachis indulgemus, ut

ipsi et alii, qui eis in domo ipsa fuerint substiluti, illis libertatibus et immunitatibus ac indulgentiis et privilegiis, que fratribus predicti CRE vestri Parisius studio facultatis…

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