PÉTER
botte liberté est de nouveau menacée , el catholiques et libéraux nine depuis un siècle contre le monopole qui révolte les âmes indépendantes et fières, mais nous à valu d'entendre retentir la chaire et la tribune des plus nobles accents en faveur des droits de l’homme, du citoven et du chrétien.
Et ce n'est plus seulement la liberté d'enseignement qu’on veut supprimer, c’est la libre pensée sur les ouvrages d'enseignement, c'est le droit primordial de la critique et de la vérité historiques ?.
« Ce que la Révolution à fait de plus grand, de plus libérateur, — s’écriait, le 25 juin 1891, à la Chambre des députés, notre éminent ami,
l’académicien Étienne Lamy —, c’est de reconnaître les droits de l’homme. Elle a compris que la majorité, comme les individus, pouvait opprimer. Elle a senti qu'il y avait dans l’homme les facultés de pensée, de conscience, de liberté, qu'il n’était possible ni à une majorité ni à une minorité de briser. De même que, dans l’ancienne France, nul ne mettait le pied sur le sol français sans devenir libre, de même, dans la société moderne, la pensée d'aucun homme n’a pu être asservie » ?.
C'est cette éloquente dialectique qui, le 26 juin 1891, fit échouer les projets scolaires déposés par Jules Ferry.
1 En 1910, à l’occasion de la création d'un collège en Normandie, un des hauts fonctionnaires de la République française, M. Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, puis à Berlin, montrait à quel point l'Université est incapable de réformes: « Parce que l'Université est une institution d'État, une institution ancienne, organisée, inventée par des lois et des règlements sans nombre, parce qu'on ne peut pas y toucher sans mettre en mouvement toute la machine législative, parce que son budget fait partie du budget de l'État, parce qu'elle n’a pas le droit de se livrer à des expériences intenses et qui peuvent échouer, parce qu'elle ne veut rien risquer et que, dans toute entreprise nouvelle, il y a une part de risque, et il faut, de toute nécessité, que l'initiative vienne du dehors ».
? La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse avait supprimé les délits do Or, le 4 janvier 1910, la Cour de Paris condamnait des évêques pour avoir révélé les grossières erreurs de manuels scolaires. Que des juifs et des protestants, des athées et des pornographes faussent l'esprit et corrompent le cœur de la jeunesse; les prêtres de la laïque sont réputés plus infaillibles que le Pape, plus autorisés que toutes les académies. Au contraire, qu'un vénérable prélat, comme le cardinal Luçon, archevêque de Reims, prouve par des textes indiscutables les calomnies et les outrages des méchants historiens qui font commerce du mensonge et de la diffamation, ils sont condamnés à l'amende, en attendant la prison. Cette haute justice de l'État sur les idées et les doctrines n'est-elle pas la négation formelle et la violation flagrante des droits de l’homme, base de notre, constitution?
cipes de 1789 et s’acharnent à ne ie laisser aux oué aucune liberté, qu’il nous soit permis, à nous qui ne cessâmes de défendre la ’ liberté, non la liberté de scandale, la seule pr otégée par les régimes des- \
potiques parce que, en corrompant les âmes elle abâtardit les caractères, :
. mais cette noble liberté qui respecte dans les divergences d' opinions les droits sacrés de la raison, de la conscience et de la volonté, nous qui eûmes le privilège d’être le disciple, l’ami, le confident des plus ee Ù “héros de la liberté religieuse à notre époque, et de réchauffer notre ardeur - < au contact de ces âmes, vaillantes et généreuses entre Loutes " dont | se
| l'éloquence avait enchanté et enflammé notre jeunesse, qu'il nous soit | He] sr =: permis de rappeler, encore une fois, que l'Église de Maguelone fat, Fe : entre toutes, le sanctuaire et le foyer de la liberté. Ne
Sous la féodalité, seule en France, parce qu'elle était un fief
pontifical, elle ne connut pas Île nice sous Philippe le Ba
4 Au mois d'août 1911, le vice-recteur de l'Universilé de Paris, ancien directeur de l'enseigne- EL. FR ment supérieur, refusait à M. l'abbé Bouteyre, diplômé de l'École des Charles, le droit de concourir à l'agrégation d'histoire, parce qu'il était prêtre, ce qui n'empéchait pas le ministre, 4
de la guerre de l'appeler, comme citoyen, sous les drapeaux. Si la loi de séparation de Herr l'Église et de l'État ignore le clergé, elle le reconnaît pour lui appliquer les lois d'exception che de persécution. Le fils d'un prussien (Dictionnaire Larousse, verbo Steeg) peut, en France, | 2 être ministre de l'Instruction publique; un fines qui a fait ses preuves de teste n ‘est pas No
admissible au Dot concours. :
# À “ avait pas de ot dans le one de Ms euelonoe fief de Saint- Siège. nous appuyant sur le DTA silence de 3,629 documents : 2,207 du Cartulaire de Maguelone, 302 de celui d'Aniane, 550 de celui de Gellone, 510 du Liber Instrumentorum (celui des Guillems de Montpellier). D'éminents juristes ont eu à consulter ces recueils, et quelque extraordinaire qu’ait paru notre RADIOS se ils en ont reconnu la parfaite exactitude. CR Notre savant ami, le directeur de la Revue historique du diocèse de Montpellier, N M. l'abbé è Rouquette, a cru devoir nous signaler un acte du 4 mars 1082 (Cartulaire de Maguelone, reg. E, f° 1100) par lequel le comte Pierre et sa femme Almodis donnent à l'Ég glise fo À . Maguelone une famille avec ses biens. Observons d'abord qu'il n'est même pas fait mention de serfs, que la cession à saint Pierre était en réalité l'affranchissement d’un maître, enfin que l'acte ne z e de 1081, alors que MASSURNO du comté à la Papauté est de 1085. Ajoutons d'ailleurs que PA
| ao HA, je pape PRE IL, nue là même qui vint deux fois dans
D île et consacra le maître-autel de la cathédrale, écrivait à l’ archevêque de Reims : «I doit être libre à chacun de prodiguer gratuitement et à “qui il veut, son savoir: Cuique talentum gratis cui voluerit erogare?.
C'est en conformité de ces principes que le seigneur de Montpellier, Guillem VIH, orthodoxe entre tous les princes, taxait d’iniquité et
d’impiété loue atteinte à la liberté d'enseignement médical: Contra [as el pium concedere monopolium ?.
Un siècle plus tard, en 13389, les statuls de la Faculté de droit rédigés par ordre et sous l’inspiration du pape Benoît XIE, protestaient également contre toute exclusion d’aucun docteur des chaires de l’Université : Llud autem districtius inhibimus quod nulli in studio Montispessulani vel als generalibus studis quibuslibet doctorati prohiberi possint legere decretum, decretales et leges ordinarie et extraordinarie*.…
Cette doctrine si large, si libérale n'était d’ailleurs que la traduction des canons des conciles et des décisions pontificales: Fraternitati tuæ per apostolica scripta mandamus , quatenus tam abbati quam magistro scholarum præcipias, ne aliquem probum et lilteratum virum regere scholas in civitate vel suburbiis, ubi voluerit, aliqua ratione prohibeant 5. = Devant l'évidence des faits et l’éloquence des textes, ne serait-on
la territorialité du système féodal entrainait la cession des habitants au même titre que nos traités internationaux la cession des sujets d'une province (voir notamment ci-dessus, t. I, ch. x, p. 493, note 2). Nous nous félicitons de cette remarque, car elle nous permet de signaler l'œuvre magnifique du Bullaire de Maguelone, entreprise par les abbés J. Rouquette et DT e Villemagne. Cette précieuse collection, dont le premier volume (t. 1, mcm xi) est terminé, | en comportera plusieurs autres.
A Hist. de Maguelone, t. I, ch. xvit, pp. 430-440. 2 Id., t. HE, ch. xxvinr, p. 532, à 8 Cartulaire de l’Université de Montpellier, t. 1, n° 4. p. 4179. — Voir ci-dessus, ibid., t. I ch. vit, p. 304. — Signalons un article de M. J. Laurent, qui essaie d'induire du silence des auteurs orientaux, qu'Eudoxie Comnène, femme de Guillem VIII, pourrait bien avoir été la fille d’Isaac Comnène, non de l'empereur Manuel, son frère. (A propos de l’Impératrice de Montpellier; Annales du Midi, 23° année, pp. 333-338). : 4 Cartulaire de l’Université de Montpellier, n° 65, $ xt, t. [, p. 296. Le Lettre d'Alexandre III, voir ci-dessus, t. If, ch. xxvurt, p. 552.
populaires, lan par excellence. |
Au midi de la cathédrale de Maguelone, au pied de la lour a bei nous avonsrelrouvé, enfouie dans la terre, la table d'autel de ele Saint-Jean, avant-corps à droite du portail, qu'avail élevée et où voulut * être inhumé l'évêque Jean de Montlaur I°?, petit-fils de Bernard de à Vailhauquès qui, à la première croisade , fut, avec notre Guillem V,
le compagnon du comte Raymond de Toulouse*. Ce grand prélat, dont 5 ne
la famille avait d'immenses domaines de Castries à Poussan, et de
Ganges à la mer, avait élé mêlé, durant trente ans d’épiscopat, aux
principaux événements de l'Église: il reçut par deux fois, dans son île, l'illustre Alexandre III; le roi Louis VIT lui écrivit comme à l’évêque
le plus autorisé, pour faire triompher la légitimité du vrai Pape; il
prit part à plusieurs conciles, ouvrit dans sa ville épiscopale une des
premières maisons de Saint-Jean de Jérusalem, et vit le saint Vincent
de Paul du xu° siècle, Gui de Montpellier, pour recueillir l'enfance et abriter l'innocence, pour assister les pauvres et soigner les malades, créer dans sa cité le premier hôpital de l'Ordre du Saint-Esprit. De ce : grand personnage, qui bâtit de ses deniers la nef de la cathédrale, et ne craignit pas de dénoncer l’adultère de son propre seigneur, sous qui Placentin établit l'École de droit, et Guillem VIII promulgua la pleine liberté de l’enseignement de la médecine, de sa longue et brillante
1 Comme l'a dit, en effet, Ledru-Rollin, le père du suffrage universel: « Existe-t-il une. souffrance plus grande pour l'individu que l'oppression de sa conscience, que la déportation de ses fils dans des.écoles qu'il regarde comme des lieux de perdition, que cette conscription de l'enfance traînée violemment dans un camp ennemi et pour servir l'ennemi ? » |
2 Voir dans le tome IV, notre chapitre sur les tombeaux des évêques.
3 Patrem habuiît Guillelmum, avum Pontium Maulaureum avunculum Bernardum | a Vailhauqueria, qui cum Raimundo Tolosano comite et Guillelmo Monspelii domino Monspelii domino Hierosolymitano expeditionem inierunt. (Gariel, Series, t. F, p.201). — «Je crois pouvoir
observer pour la satisfaction du lecteur que cette maison est celle qui vient de finir par la Es
mort du dernier seigneur de Murles. » (De Grefeuille, Hist. de Montpellier, t. I, D: 50)
#à da contraste entre celle as et les qualifications superbes de l'ancien régime! Au déclin du Moyen âge, quand la féodalité perd # var toute puissance réelle, elle essaie de dissimuler son ämoindrissement par rai redondance et la mulliplicité de titres pompeux. L° Église n'échappe |: pas à celte contagion du monde; les prélats eux-mêmes sont dès lors ms monseigneurisés ; les épithètes laudatifs deviennent des substantifs dont les Italiens font des superlatifs, oubliant que le Pape ne prend d'autre qualification que celle de serviteur des serviteurs de Dieu.
__ En même temps que les évèques se dévouaient à la fondation des écoles pour les pauvres, le chapitre de Maguelone ouvrait largement les portes de l’aumônerie insulaire à tout venant, sans distinction d'origine , de race, de religion, et, ainsi que nous l’apprennent les
statuts de 1331, même aux Juifs et aux Sarrasins: EUR Judæis et
“a … Sarracenis ?.
A l'heure où ces lignes s’imprimaient en France, nous étions à Marbourg, près Cassel, sur la route de Francfort à Leipsig. Au centre de la riante vallée de la Lahn, qu'encadrent des forêts séculaires, au
se pied de la Wartbourg, vieux manoir des landgraves de Thuringe et de
4 Sur Jean de Montlaur, voir ci-dessus, t. [, ch. vit, pp. 211-294; Ch. vint, pp. 295-309; t. IN,
m7 “ch. xxvT, pp. 429-445. — Bullaire de l'Église de Maguelone, Memxt, pp. 96-160. — Nous revien-
FOUT ER drons sur cette inscription, quand nous parlerons des tombeaux des évêques. — Le 19 septembre
4831, lors du procès intenté à Montalembert pour ouverture d’une école libre, le noble pair,
‘interrogé sur sa profession, répondit: « Maître d'école ». Le Père Lacordaire, inculpé dans les
mêmes poursuites, devait fonder le collège de Sorèze, où sa dépouille repose, dans le chœur,
et, sur la dalle sépulerale, trois mots seulement, comme épitaphe de l'illustre prédicateur de Notre- -Dame, restaurateur, en France, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, membre de l'Académie
n ne Hujus scolæ rector. e
? Statuts de Maguelone de 1331. — Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, Ch. 1v, p. 132.
ue luthérienne dépuis la A Acdie toujours à à « da chi sainte Élisabeth », ainsi que la fidélité populaire continue à désigner la . fille d’ André IT, roi de Hongrie, petite -fille, par sa mère, du roi de France Louis VIT, et femme du due de Thuringe, au xrn° siècle. Veuve à vingt ans, elle refusa de se remarier avec l'empereur Frédéric Il, <ebà renonçant au monde, elle distribua sa dot aux pauvres, pour ré d Le a le costume et suivre la règle de Saint-François, se dévouant surtout aux =: Û lépreux, dans l'hôpital qu'elle avait édifié sous le vocable du pauvre d'Assise. Tel fut le prestige de sa touchante beauté et de ses vertus surnaturelles, que son culte donna naissance en Allemagne, comme en si Italie le souvenir de la Béatrix de Dante, à un véritable cycle épique et : artistique. Innombrables sont les œuvres de tout genre, poésies de Minnesingers, comme le Tüturel et le Parcifal, statues et toiles de maîtres des meilleures écoles, poèmes et compositions musicales. Sa vie écrite par le comte de Montalembert, quand il était pair de France, est un des chefs-d'œuvre de la littérature française au xix° siècle.
. La basilique de Marbourg,.unique par la simplicité et la pureté des lignes, par les justes proportions et l'harmonie de l’ensemble, fut la première, au delà du Rhin, où, en s’élançant vers le ciel, l’arc roman perça
le plein cintre et forma l'ogive?. C’est encore à la même «chère sainte
1 C'est par cet épisode que s'ouvre la vie de sainte Élisabeth par Montalembert (ch. D. Ce F EAP . même sujet a servi de thème à Wagner pour son opéra de Lohengrin. Le roi André III de
Hongrie avait épousé Marie de France, que dut populariser la langue française en Hongrie, comme il appert de la mode des cours seigneuriales au xrre siècle.
Tout droit à celui tems que ci je vous deois, Avoit une coutume eus el Tyois paiïs Que tout li grand seignor, li conte et li marchis, Avoient eus, gent françoise tourdis Pour apprendre françois leurs filles et leurs fils, Li rois et la revne Berte o le cler vis Sorent pris daussi bien le françois de Paris Comme se ils fussent nés el bour a Sainet Denis. (Berthe aux grands Pieds).
? Moller, Die kirche der heilige Elisabeth zu Marburg, in-f°, Darmstadt, 1873, avec 18 pr. — Montalembert, Vie de sainte Élisabeth de Hongrie, ch. xxxIv. a