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imagine, en l’honneur de la Vierge, un psautier qui mérite d’être attribué au grand saint Anselme de Cantorbéry ‘. C’est sous la protection de ce même prélat que, dans son testament, le seigneur de Montpellier place sa famille ?. | |
Si Montpellier représentait l'extrémité de la France, la grande terre *,
Cherchat ai da Monspelier Trio’ la part la mar salada*,
c’est un chanoine de Maguelone qui a écrit l’un des romans les plus durables, les plus célèbres et qui a fait le tour du monde, comme le
chef-d'œuvre des trouvères et des troubadours, le Roman de Pierre
de Provence et de la belle Maguelone, dont nous avions déjà parlé, composition de Bernard de Tréviez, celui-làmême quia signé l'inscription sur le portail de la cathédrale 5. «Il y a, dit Fauriel, dans le ton général, dans le caractère, je dirais volontiers dans la substance même de cet ouvrage, quelque chose de si doux, de si suave, de si pur, un charme si vrai, qu'il est difficile de ne pas s'y prendre, pour peu que l’on ait de jeunesse et de fraîcheur d'imagination ‘... ‘Aujourd’hui encore, si altéré et si changé qu'il puisse être, cet ouvrage a conservé, en partie, sa vieille renommée. Il vit encore dans la littérature populaire de plusieurs nations, et n’a point cessé de faire les délices de‘beaucoup de bonnes âmes, par je ne sas quelle grâce et quelle suavité toute parüculière de ton et de manières» 7.
4 Hist. gén. de Languedoc, t. HI, p. 195; édit. Privat, t. VIII, p. 187. — Inter opera sancti Anselmi, pp.303-303.— Petit-Radel, Raymond de Montpellier; Hist. littéraire, t. X VII, pp. 140-143.
? Liber Instrumentorum, Cartulaire des Guillems, XCIX, p. 195.
3 Bertrand de Born: Sirvente Del panc rei de Terra major. — Sirvente Cortz et querra. (Édit. Thomas, p. 35).
# Bertrand de Born: Sirvente Geoffroy comte de Bretagne. (De Boysson, p. 177),
$ Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, Introduction, pp. LXVI-XCII; Ch, XXIV, p. 240. — Voir Renan, Averroës et l'Averroïsme, Ile partie, 2° édit. ch. 11, ps 202
6 Fauriel, Hist. de la Poésie provencale, t. IL, ch. xxvur, p. 182. — «Toutes ces raisons se réunissent pour faire du Roman de Pierre de Provence un ouvrage intéressant et digne d'occuper une place distinguée dans l'histoire de l’épopée provençale. Mon premier projet était donc d'en donner une notice détaillée». (Ibid., t. III, p. 483).
FTbid:; €N-CXLL D. 507:
Dans ce poème, le plan est indécis et la conception un peu maigre, la langue peut être hésitante et l’art fruste. En revanche, quel goût de race ! Le sentiment à la limpidité d’une source vivifiante; la pensée court à la surface comme les premiers rayons du matin; c’est l'éveil de l'imagination, la palpitation du cœur, l’éclosion du printemps. Peut-on s'étonner qu'il ait été traduit dans toutes les langues d'Europe ?
C'est un autre chanoine de Maguelone que le troubadour Deudes (Dieudonné), de Prades, bourg du Rouergue, à quatre kilomètres de Rodez. Très habile à trouver, il compose vingt-deux pièces dont neuf roulent sur l’amour!. Elles sont des plus légères sinon scandaleuses?. Nul ne se douterait' que le poète fût un ecclésiastique. On s’expliquerait. encore moins qu'il ait été maintenu dans le sacerdoce, à moins qu'il n’ait pas été prêtre et fût demeuré simple clerc? Ne savons-nous pas avec quelle énergie l’Église poursuivait la répression des mœurs relächées du clergé? Il est vrai qu’on lui fait un double grief des scandales dont elle n’était pas responsable et des réformes, comme celle de Grégoire VII, seules capables de remédier aux abus. Il faut donc supposer ou qu’on a eu tort d'attribuer ces chansons à un chanoine ou qu'il les avait écrites avant son entrée dans les ordres, comme Folquet de Marseille, troubadour lhicencieux qui devint, après sa conversion, l’édifiant archevêque de Toulouse. Ce qui autorise cette alternative, c’est ce passage de son biographe: Æ fei cansos per sen de trobar, mas no moman ben d'amor per que non avian sabor entre la gen, ni no foron cantada ni grazidas *. N'a-t-l pas composé un poème sur les quatre vertus cardinales, dédié à Esiève Dechalençon, évêque du Puy“?
{ Raynouard, Choix des Troubadours, t. HT, pp. 414-418. — Grundiss zur geschichte, n° 124, pp. 45-52, — Rochegude, Parnasse occitanien, p. 81. — Hist. gén. de Languedoc, t. II, p. 98; édit. Privat, t. VI, p. 166.
2 Raynouard, ibid., t. III, p. 416. — Mss. de la Bibl. nat., n° 2701, ch. 257. — Parnasse occilanien, p. 86. — Émerie David, Deudes de Prades, Hist. littéraire, t, XVII, p. 558-560,
3 Millot, Le Parnasse occitanien, p. 86.
#“ Thustin Stickwey, The Romance of Daude de Pradas on the four cardinal virtues. Florence, 4879. — «Des juges modernes, dit Fauriel, seraient tentés de placer ces poésies parmi les plus agréables». (Fauriel, Hist. de la Poësie provençale, t. I, ch. xvur, p. 40). — «Deudes de Prades, Hugues de Saint-Cyr, Gaucelm Faydit auraient manqué de la première condition requise dans un
CARMEN AP EMTA
L'œuvre capitale de Deudes de Prades est un roman sur les oiseaux voyageurs, Delz auzels cassadors, poème de 5,600 vers de huit syllabes, sur l’art de nourrir, d'élever et de soigner les oiseaux de chasse. Il traite ce sujet en maître qui connaît les moindres espèces, du vautour à l'épervier, de l’émerillon au faucon. Il distingue sept variétés de ce. dernier volatile et compare notamment le faucon de Barbarie, surpunic, à l'aigle blanc par le plumage, au gerfaut par l'œil et les ailes, le bec et l’œil superbe qui fait trembler les autres oiseaux, Auze/s quel ve de puor trembla. Le faucon britannique, le prince des faucons, est un grand potentat qui fait les délices du seigneur et est le maître des autres oiseaux, De tot auzels es lo maiïstre!.
Bien que froid de sentiment, ce troubadour a le style vif, de la finesse dans l'esprit, de l’enjouement dans le récit; il se complaît dans les. descriptions et se révèle un aviculteur émérite. Ainsi le voyons-nous recherché dans les châteaux, fêté par Guillem d'Anduze ?, Guillaume 1V d'Orange et Gui d’Uissel. La mort de celui-ci entre 1222 et 1230, et, l'épiscopat d’un autre contemporain, Estève de Puy, également de 1222-1230, permettent de fixer à ces mêmes dates le décès de Deudes de Prades.
Aux portes de Montpellier, Folquet de Lunel eut une carrière moins brillante et plus calme. Né en 1244 dans cette ville qu'il ne paraît
poète pour chanter avec succès et pour être sûr de plaire à ses auditeurs: ils n'auraient pas été amoureux; ils auraient feint de l'être, et la fiction aurait été sentie par le public. Le jugement porté sur Deudes de Prades est surtout frappant. «Deudes de Prades, dit son vieux biographe, fit des chansons pour s'exercer à érouver; mais ces chansons ne mouvaient pas vraiment d'amour, c’est pour cela qu’elles ne plurent point au public et ne furent ni chantées ni agréées. Si le fait est vrai, ets’il dit bien ce qu'il semble dire, il est très remarquable et suppose dans les juges de Deudes de Prades une délicatesse de sentiments et une sagacité de critique dont nous ne pouvons guère aujourd'hui nous faire une idée. Il nous reste un assez grand nombre de pièces de ce troubadour, et, à juger de ces pièces d'après nos impressions et notre goût, il paraît impossible d'approuver et de concevoir l'opinion contemporaine. En effet, les pièces. dont il s’agit roulent sur les mêmes sentiments que la plupart des autres, et en surpassent un grand nombre par l'élégance et la grâce de l'exécution». (Fauriel, t. [EE ch. xxx1x, p. 273).
4 Grundiss zur geschichte, n° 203.
2 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, Introduction, t. |, pp. LXx-LxxI.
3 Grundiss zur geschichte, n° 194%. — Barbieri, Dell’ origine, 123.— Hist. littéraire, t. XVHX, p. 551. — Fauriel, Hist. de la Poésie provençale, t. IE, ch. xvir, p. #2.
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avoir quittée, il vécut jusqu’à la fin du siècle. Il est de ceux qui ont le mieux senti et fait valoir les beautés de la nature !. Sa première pièce connue date de 1257; il l’avait adressée par un jongleur au roi de Castille, Alphonse X, pour l’inviter à prendre possession de la couronne d'Allemagne, à laquelle venait de l'appeler un vote des électeurs de l'Empire, à la mort de Frédéric II ?. Ainsi que nous l'avons raconté, le long interrègne ne prit fin qu'après dix-neuf ans, et grâce à Fredol, chanoine de Maguelone, chapelain de Grégoire X et plus tard évêque d'Oviedo, qui eut le mérite de dissuader le prince espagnol de s'opposer à l'avènement de Rodolphe de Habsbourg. Il nous évita par là une conflagration qui certainement eût mis aux prises l'Allemagne, l'Italie,
VPEspagne, comme au xvu° siècle la guerre de la succession d'Espagne,
au xvuir celle d'Autriche, au x1x°, avec la candidature des Hohenzollern, celle d'Espagne *.
Dans Romans de mondana vida, composés en 1284, Folquet flagelle vertement empereurs, rois, ducs, comtes et barons refusant de se
ï E pren m'en cum al marinier, quant s’es empenhs en auta mar per esperansa de trobar lo temps que mais desir'e quier, e quant es en mar prionda, mals temps e braus sa nau sobronda tant quel perilh non pot gandir ni pot remaner ni fugir.....
Vermeilha cum flors de rozier
a sa color ses gienh e var
son vis, ab que sap esgardar
tan prim quel cor ans quel cors fier, don nays amors dezironda,
e non a voler, que s’esconda
del colp selh, quel pren; quar ferir sap tan gen, qu'om non vol guerir.
(Der troubadour Folquet de Lunel, Nach den Pariser Handschriften, Herausgegeben, von D: Franz Eichelkraut. Berlin, Verlag von W. Weber, 1872. 1, v. 9 à 16, 33 à 40, pp.13, 14). — Sur Folquet de Lunel, voir Hist. gén. de Languedoc, t. VIT, pp. 344, 345,
2 Pièce commençant par Al bon rey. — Bibl. nat., ms. 1226, f° 323, — Émeric David, Hist. littéraire, t. XX, pp. 556-558. — Raynouard, Choix des Poésies originales des Troubadours, t. IV, p.239. — Diez, Leben der Troubadours, p. 591.
3 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. II, ch. x1v, pp. 177-186,
croiser comme leurs ancêtres pour venger le Christ et reprendre le Saint-Sépulcre !.
En revanche, il ne permet même pas, au comte de Rodez, Henri IL son protecteur, de tourner en ridicule la sublime dame de ses pensées, sa gersen ?, la Vierge, type pour lui de toute douceur et de toute poésie,
dont il caresse en rêve l'image éthérée, à laquelle il consacre six pièces et voue une religieuse tendresse*, comme Folquet de Marseille à qui Dante fait dire à Béatrix dans le Paradis: L'amour qui règne sur la terre se change aux sphères célestes en amour divin.
Qui si rimira nell’ arte, ch’ adorna Contanto affeto, et discernesi ’i bene, Perchè ‘1 mondo di su quel di giü torna*.
4 Can vivion lur ancessor, qu'en la terra de Suria no s’en passesson li pluzor, per venjar la vilania qu'a dieu feron juzieu trachor.
E pus dieus ve, qu'a nos non cal de luy, vol penre venjansa de nos, que la guerra foral ab dolor e ab pesansa ten los reys, e non esta mal,
(Der troubadour Folquet de Lunel, Romans de mondana vida, vers 41-80, pp. 27-28). — Millot, Hist. des Troubadours, t. II, pp. 138, 146, — Hist. littéraire, t. XX, p. 556. — Grundiss zur geschichte, n° 154, p. 48. — Raynouard, Choix des Poésies RER des Troubadours, -t. IV, p.282. —Rochegude, Parnasse occitanien, p. 242. 2 Millot, 2bid., p. 138.
3 Maires de dieu, verges casta e pia, mans peccadors e mantas peccairis attendon joy, que luns temps no fallis per vosires precx sancta verges Maria.
Dompna, quan fo le nayssemens
del vostre car filh, res nous frays
plus que franh la veirial rays
del solelh, qu'es dins resplandens,; per qu'es folhs selh qu'a vos non s'umilia, quel plus belh frug el plus noble noyris qu'anc fose, per que mant'arma reculhis per vostre precx, sancta verges Maria.
(Der troubadour Folquet de Lunel, NII, v. 5 à 8, 25 à 32, pp. 24, 25). &# Dante, Le Paradis, ch. IX, vers 106-108.
Le propre de la prosodie de Folquet de Lunel est de ramener les mêmes consonances. Ainsi n'emploie-t-il que quatre rimes pour sept strophes de huit vers et, dans deux tensons de quatre Ra il n’y a que quatre rimes pour quarante-huit vers.
Le gendre de Guillem VIII, Pierre II d'Aragon, qui devait périr à la bataille de Muret, était fils du roi Alphonse II, comte de Provence, un troubadour, dont nous ne connaissons qu’une seule chanson où, du moins, il fait valoir les vergers et les prairies, les feuilles et les fleurs, le soleil et le ciel bleu, le printemps et les oiseaux ?. Pierre IT était ami de Raymond de Miraval, connu par ses aventures galantes®, et qui l'avait excité précisément à secourir Raymond VI de Toulouse, car «la paix est pour les vieillards, et un jeune roi doit faire trembler ses ennemis» t. [| passait lui-même pour un «des plus célèbres poètes de son temps» * et 1l aurait été l’auteur d’une tenson Bem plairia senhor reis, pièce dialoguée, où Giraud de Borneilh pose la question dont le roi fait la contre-partie 5. Ce poète d'ailleurs couvre d’éloges son souverain dans le roman de Jauffre ou Geoffroi et Brunissende de Montbrun ”. Roger d'Andelis, au commencement du xm° siècle, parle encore d'un jeu pari français, que le prince aurait préparé à un certain André.
1 Rochegude, Parnasse occitanien, p. 155.
2 Hist. gén. de Languedoc, t. IN, p. 253; édit. Privat, t. VI, p. 429. — Grundiss zur geschichte,
n° 93, 24. — Bastero crusca provinciale, Roma, 1724, p. 72. — Mila, De los Trovadores en Espana, par D. Manuel y Mila y Fontanels, Barcelone, 1861. — Chabaneau, Note sur quelques manuscrits provençaux perdus ou égarés, Paris, 1885. — Revue des Langues romanes,
t. XXII, note 2. — De Boysson, Études sur Bertrand de Born, ch. xu, p. 23. ;
3 Miraval-Cabardès (arrondissement de Carcassonne). Grundiss zur geschichte, n° 406, p. 41. — Barbieri, Dell origine, p.64, 116. — Hist. littéraire, t. XNII, p. 456. — Antoine-Thomas- Francesco de Barberino et la Littérature provençale en Italie au Moyen âge, Paris, 1883, p.116. — Voir La Vieet l'Œuvre de Raymond de Miraval par Audrand, Privat, Toulouse, in-8° de vi-279 pages.
4 Ms du Vatican, n° 3232. — Émeric David, Raymond de Miraval, Hist. littéraire, t. XVII, pp. 462-463. — Hist. gén. de Lañguedoc, t, II, p. 253; édit. Privat, t. VI, p. 429.
5 Raynouard, Choix des Poésies originales des Troubadours, t. V, pp. 160 et 290. — Cf. Émeric David, Pierre IL, roi d'Aragon, Hist. littéraire, t. XVI, p. 444. — Grundiss zur geschichte, n°s 322-395, — Chabaneau, ibid.
6 Fauriel, Hist. de la Poésie provençale, t. II, ch. xxxIv, p. 96.
1 Collection de Mouchet, 8, f° 102. — Paulin Paris, Trouvères, Chansonniers, Hist. littéraire, t. XXII, p. 7175. — Fauriel, ibid., t. I, pp. 85, 125, 186. — Mila, ibid.
8 Brial, Saint Guillaume, abbé du Paraclet, Hist. littéraire, t. XVI, p. 461.
Le fils de Marie de Montpellier et de Pierre d'Aragon, Jayme [°', l'un des grands capitaines du siècle, laisse, de son côté, d’intéressants mémoires qui témoignent de sa haute culture intellectuelle‘. Son petit-fils, Jayme I[, successivement roi de Sicile et d'Aragon, compose
en vers provençaux une prière à la Vierge que commente en latin
Arnaud de Villeneuve, médecin à Montpellier ?. Son arrière-petit-fils, l'infant Pierre, est également poète, mais on ignore s’il versifia en catalan ou en provençal ÿ.
Ne pouvons-nous pas considérer comme de la même famille des Guillems, Rambaud d'Orange, de la branche d'Omelas, berceau de toutes les dynasties royales et impériales d'Europe?
Le fils puiné de Guillem V, en effet, Guillem d'Omelas, frère cadet de Guillem VIet fondateur de l'abbaye de Valmagneÿ,avait épousé, en 1180, Tiburge I, fille et héritière de Rambaud IT, comte d'Orange, qui ne revint pas de la première croisade. Il mourait lui-même, en 1157, et était enterré à quelques kilomètres de son manoir féodal, dans l'église abbatiale d’Aniane. Il laissait plusieurs enfants: Rambaud III et deux filles, Tiburge IT et Tiburge III, mariées, l’une à Amauri de Murviel, au diocèse de Béziersÿ, l’autre, en premières noces, à Geoffroy de Mornas, en secondes, à Bertrand des Baux, que nous avons vu périr en 1181,dans une embuscade tendue, aux environs de Montpellier, par Adémar, fils de Sicard, seigneur de Murviel, allié du comte Raymond V de Toulouse 7. |
Rambaud [Il vécut jusqu'en 1173 et fut un de nos principaux troubadours, échangeant des tensons avec Rambaud d'Orange et
1 Hist. gén. de Languedoc, t. I, p. 255; édit. Privat, t. VE, p. 432.
? Arnaldo de Vilanova... ensayo historico por el doctor D. Menendez Pelayo. {Hist. gén. de Languedoc, édit. Privat, t. X, p. 360. Note Chabaneau).
? Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. I, ch. vurx, p. 2584
4 14., ibid.
> Hist. gén. de Languedoc, t. Il, Preuves, 558; édit. Privat, t. IV, note xxxvrr, n° 40.
6 Dans une entrevue à Maguelone entre le seigneur de Montpellier, Guillem VIII, et Aymar de Murviel, aïeul et tuteur de Tiburge, il fut question de marier Tiburge avec Guillem IX, fils de Guillem VIH et d'Agnès de Castille, projet abandonné à cause de leur parenté. (Voir
ci-dessus, tbid., t. I, ch. vin, p. 329).
7 Voir ci-dessus, 1bid., p. 340.
Rambaud de Vacquières, Gui de Cavaillon et Hugues de Saint-Cyr !. Il nous reste de lui une quarantaine de pièces lyriques d’une facture un peu rude, d’une légèreté qui accuse la jeunesse et trahit l'influence du roman de Tristan, déjà traduit en provençal et auquel il fait allusion ?.
Était-ce à lui qu'étaient destinées les strophes passionnées de la comtesse de Die, la Sapho provençale, qui devait mourir religieuse à Saint-Honoré de Tarascon? ? Y eut-il deux comtesses de Die, comme deux Rambaud, Rambaud III, l'oncle, Rambaud IV, le neveu, époux de Douce de Moustiers #? Celui-ci tombé malade à Montpellier, y mourait le 29 mai 1218, dans la maison des frères Hospitaliers, ayant manifesté l'intention de faire partie de leur ordre et obtenu-d’eux la promesse d’être enterré à Gap, dans un champ de la commanderie de Saint-Jean de Jérusalem, où l’on mit au jour, au xvin° siècle, «tant de tombeaux de tuf» 5.
Rambaud d'Orange ayant été l’ami de Rambaud de Vacquières, mort en 1226, on s’est même demandé si le second troubadour n'était pas le petit-neveu plutôtque le neveu du premier‘? Cettehypothèse ne justifierait pas davantage l’assertion de Nostradamus, que, pour l'éducation de ses enfants, Marguerite de Provence aurait consulté un Rambaud et reçu
l'hommage du Breviari d'amor; elle n’épousa en effet saint Louis qu’en
{ Raynouard, Choix des Poésies originales des Troubadours, t, V, p. 185, — Grundiss zur geschichte, n° 209. — Hist. iittéraire, t. XX VI, pp. 483, 484, 497, 521; t. XVII, p. 483. — Paul Meyer, Chanson des Albigeois, t, LU, p. 238. — Hist. gén. de Languedoc, édit. Privat, t. X, p. 53. hote Chabaneau,
2 Fauriel, Hist. de la Poésie provençale, t. LL, ch. xzr, Appendice, p. 485. — Nostradamus, Poètes provençaux, p. 95.— César de Nostradamus, Hist, de Provence, pp. 183-193. — Ginguené, Rambaud d'Orange, ‘Hist. littéraire, t. WU, p. 412. — De Pastoret, Raymond V, comte de Toulouse, Hist, littéraire, t. XV, pp. 59, 68. — Victor Le Clerc, Notices, Supplément; ibid., t. XII, p. 420; t. XXI, p. 829. — Grundiss zur geschichte, n° 389. — Constans, Les Manuscrits provençaux de Chaltenham, p. 16. — Barbieri, Dell’ origine, p. 111. — Arch. für das Studium der neueren sprachen und literaturen Her. V. L. Herrig Brauschweig, t, LI, p. 137. — Hist, gén. de Languedoc, édit. Privat, t. X, p. 316. Note Chabaneau.
3 Chabaneau, ibid., p. 316. — Revue des Langues romanes, t. XX, p. 23.
4 Hist, gén. de Languedoc, édit. Privat, t. VI, p.522. — Nicollet, Les derniers membres de la Famille d'Orange-Montpellier. (Extrait des Annales des Alpes, 1e livraison, p. 13).
5 Abbé Guillaume, Origine des Chevaliers de Malte, p. 1.
6 Nicollet, ibid., p. 16.
Du fait de la mort de Rambaud III et de l'assassinat de son beau-frère, Bertrand de Baux, la principauté échut à son neveu Guillaume d'Orange que nous avons déjà rencontré, le 12 juin 1204, comme témoin du serment de fidélité de Pierre IT d'Aragon à l'évêque de Maguelone ‘. Ridiculisé par l’empereur Frédéric IT qui l'investit, en 1214, du vain titre de roi d'Arles, il succombera, en 1258, d’une fin tragique, au cours d’une guerre avec la ville d'Avignon, écorché et dépecé en vengeance de ses exactions ?.
Quand l’hérésie albigeoise déchaîne sur le Midi la plus cruelle des guerres civiles, l'antagonisme du Nord vient surexciter le fanatisme sectaire. Innocent III, dont la correspondance, nouvellement éditée, fait éclater l'âme pleine de mansuétude et de tolérance, Misericordia superexaltatur judicio, défend l'Église contre le Manichéisme, négation de toute morale et de la propriété*. Les troubadours prennent, en général, le parti des châteaux dont ils sont les tributaires, tout en restant d’un mutisme significatif sur les événements qu'ils ne semblent pas vouloir incriminer #, sauf le plus spirituel d’entre eux,le féodal et satirique Pierre Cardinal, qui, sous l’obsession de son aristocratique mélancolie, darde de traits acérés et venimeux le clergé, en dénonçant, avec une verve diabolique et dans des images enflammées, ses abus et ses scandales.
La crise albigéoise passée, quand le Midi n'aspire qu'à la paix religieuse, un troubadour, Guillaume de Figuières, essaie, mais vainement, de la troubler de nouveau en exhalant sa haine contre «Rome fallacieuse, de tout mal le chef, le sommet et la racine. Rome menteuse et perfide, en vous se rassemble, s'abaisse et se confond toute la fourberie de ce monde, tant vous faites injustice au comte Raymond» 5.
1 Voir ci-dessus, Hist. de Maguelone, t. [, ch. vin, p. 331.
.? De Smedt, Les Sources dé l'histoire de la Croisade contre les Albigeois, Revue des Questions historiques, t. XVI, pp. 433-482. — Douais, Source de l'histoire de l'Inquisition aux xun° et xive siècles, ibid., &. XXX, pp. 383-459 — Luchaire, Innocent III, Rome et l'Italie. — La Croisade contre les Albigeois. ;
3 Jeanroy, La Poésie provençale du Moyen âge, Revue des Deux-Mondes, t. CLI, p. 379.
4 Fauriel, Hist. de la Poésie provençale, t. I, ch. xx11, p. 2144. 5 Mss de la Bibliothèque nationale, 2104, fe 18, chans. 184, p. 658. — Ibid, 94, chans. 750.
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