INTRODUCTION. XXI
d'un proscrit réfugié à Avignon, près de Clément V, qu'on appela le pape gascon, étudia la grammaire à Carpentras, puis le droit à Montr pellier, avant de connaître à Bologne le jurisconsulte Cino de Pistoie ^
L'influence de la France et de sa langue furent à ce point continuées que , même en Angleterre, trois siècles après la conquête de Guillaume, les enfants à l'école étaient forcés, d'après un auteur anglais du quatorzième siècle, de dire leurs leçons en français; ainsi l'avaient établi les Normands, depuis leur prcr mier débarquement dans la France.
La vieille et respectable Université de Paris, malgré sa célébrité incontestée , malgré le nombre prodigieux de ses élèves, se traîna parfois dans de stériles disputes de réalistes et de nominaux; elle fut, pour un temps, dépassée par l'Italie qui avait, d'une m^in pieuse et déli-
1. En général, les papes se montrèrent favorables à l'instruction par les prêlres. Toulefois, Grégoire le Grand (VI* siècle) écrivit à un de ses évêques, pour lui reprocher d'enseigner la grammaire, comme on disait alors pour parler des belles-lettres. Au treizième siècle, au contraire, le pape Honorius 111 déposa un évêque pour n'avoir pas étudié le grammairien Donat. Le Dante lui-même, maître du Paradis, du Purgatoire, de l'Enfer, révélant le nom do damnés, élait théologien, comme dit son épitaphe sur sa tombe, à Ravenne :
Theologus Vantes^ nullius dogmalis cxpcrs.