Le dernier grand Landit fut célébré en
vais, où il avait étudié , s'entendait souhaiter la bienvenue dans les mètres d'Horace, — lui qui avait fait une vive satire contre l'abus des vers latins. Les maîtres étaient tenus de donner des corrigés, de là ces recueils qu'on faisait pour l'ingrate postérité; mais, sur ce point encore, combien l'Université ne le cédait-elle pas déjà aux Jésuites !
En 1727, elle publiait un petit volume in-18, contenant des vers, enfantés par dix de ses professeurs, entre autres Hersan, Rollin, Coffm, Grenau, la quintessence, en un mot, de cinquante ans de poésie. Les Jésuites répondirent à cette provocation modeste, en éditant deux gros volumes in-4*', produits par le R. P.Lejaysew/, comme l'annonçaient orgueilleusement les mémoires de Trévoux, organe officiel de la compagnie.
Le collège Louis-le-Grand fut ouvert, en 1564, par les Jésuites qui, en l'honneur deDuprat, évêque de Clermont, l'appelèrent Collège de Clermont de la Compagnie de Jésus ^ .
1. C'est dans celte maison, dont je suis l'humble et bien reconnaissant élève, que je suis entré, en venant du collège de Saint- Quentin (1834). Le proviseur était M. Pierrot de Seilligny ; le censeur, M. Roger ; mes maîtres vénérés : M. Roberge, M. Chardin, M. Desforges et M. Loudière, en rhétorique; MM. Gaillardin et Du Rozoir, pour l'histoire; MM. Bigourdan, LaProvostay, Thillaye, pour la physique et la chimie; Liouville, pour la géométrie. L'infirmerie était desservie par les admirables et saintes sœurs Bathilde et Adrien : celle-ci seule a survécu.
En 1674, les Jésuites ayant invité Louis XIV à applaudir une tragédie représentée par leurs élèves, le grand roi, satisfait du jeu des écoliers, s'écria avec enthousiasme : Faut-il s'en étonner? c'est mon collège.
Le recteur n'eut garde de laisser tomber ces paroles, et, dès la nuit suivante, il fit enlever du fronton de la porte d'entrée cette inscription : Collegium ClaromontanumsocietatisJesu^ et mettre àla place: Collegium Ludovici Magni, Les succès du collège, qui avait pour professeurs des hommes du plus grand talent, allèrent toujours en croissant, jusqu'à l'expulsion des Jésuites (1762), époque où leur lycée fut fermé. Après cet événement, l'Université de Paris choisit le collège Louis-le-Grand pour son chef-lieu. C'est là que siégea le Conseil académique , qu'on transporta les archives des collèges, la bibliothèque de l'Université et la halle au parchemin, dont il se faisait encore alors une grande consommation.
En 1598 , furent promulgués les statuts d'une importante réformation de l'Université, qui devait, on l'espérait du moins, régénérer complètement les études. — Etienne Pasquier admire, dans ces règles, l'exquise latinité de la forme et la haute sagesse des dispositions sur la discipUne; toutefois, continue-t-il, « soit qu'en l'ancienneté de mon âge, par un jugement chagrin du vieillard, toutes choses du temps
présent me déplaisent pour extoller celles du passé, ou que, sous cette grande voûte du ciel, il n'y ait rien, lequel, venu à sa perfection, ne décline naturellement jusqu'à son dernier période, je trouve bien quelques flammèches, mais non cette grande splendeur d'études, qui reluisait pendant ma jeunesse, et, — à peu dire, — je cherche l'Université dedans l'Université, sans la retrouver ^ pour le moins celle qui estoit sous les règnes de François P'" et de Henri II. » — Le judicieux Pasquier disait vrai, les splendeurs et les privilèges de l'Université de Paris s'étaient effacés, sous la volonté résolue des rois et des parlements, jaloux de la liberté des maîtres et des écoliers. On pouvait dire d'elle qu'elle avait vécu !
l. Recherches de la France, livre IX, chapitre xxv.