‹ L'université de Paris, 1200-1875Chapitre 33 sur 143 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Le violent agitateur Luther, le Saxon sanguin et trapu, aux joues épaisses, aux gros favoris, le Luther peint par Holbein, reconnaissait la supériorité ^ de l'Université de Paris. — C'est là, disait-il*, en )tFrance, que se trouve la plus célèbre et la plus ex- ^ cellente école. Il y a une foule d'étudiants, dans les vingt mille et au delà. — Les théologiens y ont, à eux, le lieu le plus agréable de la ville : une rue fermée de portes aux deux bouts ; on l'appelle la Sorbonne. — Peut-être, à ce que j'imagine'-^, tire-

1. Mémoires de Luther, traduits par Michelet. (Chamerol, éditeur à Paris.)

2. La Sorbonne, Luther le savait très-bien, tirait son nom de Robert de Sorbon, chapelain de saint Louis, qui en avait fondé l'église et le collège pour les pauvres écoliers en théologie. Là aussi fut établie, en France, par Friburger et Krautz, la première im-

t-elle son nom de ces fruits du Sorbier, qui viennent sur les bords de la mer Morte et qui présentent, au dehors, une agréable apparence; ouvrez-les, ce n'est que cendres au dedans. — Telle est l'Université de Paris; elle présente une grande foule, mais elle est la mère de bien des erreurs. S'ils se disputent, ils crient, comme des y paysans ivres, en latin, en français. Enfin, on '*' frappe du pied, pour les faire taire. Ils ne font pas de docteurs en théologie, avant qu'on n'étudie, pendant dix ans, dans leur sophistique et futile dialectique. Le candidat répondant doit siéger, un jour entier, et soutenir la dispute, contre tous venants, de ^ix heures du matin à six heures du soir. — A Bourges, dans les promotions pubhques de docteurs en théologie, qui se font dans l'église métropoHtaine, on leur donne à chacun un filet, apparemment pour qu'ils s'en servent à prendre les gens. — C'était donc une terre merveilleusement préparée pour y semer les disputes. — Les doctrines de Luther, de Calvin, de Ramus, furent accueillies par un violent enthousiasme, qui, comme

primerie. En 1G20, le grand cardinal de Richelieu y incorpora le collège Du Plessy.

En 1346, Jehan de Hubant, président aux enquêtes, donne les revenus nécessaires à l'entretien de six écoliers, d'un maître et d'un chapelain, dans la maison qu'il habile, cloître Sainle-Genevièvedu-Mont, à Paris.

toujours, se traduisit làpardes désordres. «Les escoliers, animez par le conseil de Ramus^ au susdict an 1548^ (en juillet), posent des placards aux carrefours, rues et portes des plus fameux collèges de l'Université, admonestant tous les escoliers de se trouver en bon équipage, et avec armes de défence, à leur pré, sur les deux heures après midy, comme ils firent. Leur premier assault fut contre le clos des moines, oii ils firent plusieurs brèches, rompirent les arbres fruitiers et les treilles qui estoient aux environs, et arrachèrent les ceps de vignes, ou partie des arbres rompus pour trophées de la victoire, et les bruslèrent devant Sainte-Geneviève-du-Mont , tanquàm gratum Deo sacrificium offer entes. J'en parle comme d'une personne qui y estoit, turbam ad malum sequutus. »

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