‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 11 sur 178 · Quiclierat, Histoire de Sainte-Iiarhe, t. I, p · texte numérisé non relu

Quiclierat, Histoire de Sainte-Iiarhe, t. I, p

2. Du Boulay, t. V, p. 377. — Grévier, Histoire de l'Université, t. IV, p. Hl.

ceux qui sont parvenus jusqu'à nous concernant l'Université '. Une rixe violente avait éclaté entre les écoliers et les bourgeois de Paris; le prévôt s'était mis à la tète des bourgeois, et, dans un combat sanglant, plusieurs étudiants avaient été tués. Les maîtres de l'Université demandèrent une réparation éclatante. Le roi, craignant de voir maîtres et écoliers déserter la ville de Paris et porter ailleurs la gloire des études, condamna le prévôt à une prison perpétuelle, défendit aux juges laïques d'instruire désormais aucun procès criminel contre les écoliers et ordonna qu'à l'avenir chaque nouveau prévôt jurerait de respecter leurs droits et immunités : jusqu'en 1592, les prévôts de Paris prêtèrent ce serment.

Ce fut surtout à la fin du treizième siècle et pendant le quatorzième, que les rois comprirent de quel secours pouvait leur être l'Université dans leurs luttes contre les papes et contre la féodalité. Ils lui prodiguèrent dès lors les encouragements et la comblèrent de privilèges en matière d'impôts. En vertu des ordonnances de 1293, 1297 et 1303, les membres de l'Université furent exempts de toute charge personnelle, comme taille et péage, à Paris, à l'aller et au retour. Leurs biens ne purent être saisis, ni leurs revenus arrêtés sous aucun prétexte ^ Un peu plus tard, une ordonnance du 2 mars 1338 attribua au prévôt de Paris la connaissance de toutes les causes civiles, où un membre de l'Université était intéressé contre un la'ique, soit comme demandeur, soit comme défendeur ^ Enfin grâce au privilège de non trahi extra, qui était accordé à toutes les grandes corporations, aucun maître, aucun étudiant de l'Université ne pouvait être obligé à plaider hors de Paris '\

Tel fut le prix dont Philippe le Bel et ses successeurs payèrent le concours que leur prêta l'Université dans les démêlés célèbres avec Boniface YIII et le Saint-Siège. Heureux de son triomphe sur la papauté allière des Grégoire et des Innocent,

1. L'original de celle pièce était considéré comme perdu. 11 a élé retrouvé aux Archives nationales M. 66', par le P. Henri Denifle. {Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris, t. X, p. 242.)

2. Du Boulay, t. III, p. 513 et suiv. — Crévier, t. II. p. 137 et suiv.

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