‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 110 sur 178 · Mémoires de Fontenaj-Mareuil, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Fontenaj-Mareuil, p

mière enti'evue avec le nonce du pape, le nouveau président sembla justifier pleinement la confiance que l'on avait mise en lui : il fit toutes les promesses qui lui furent demandées et déclara qu'il était redevable de sa nouvelle dignité à Dieu d'abord, à Sa Majesté ensuite, et en troisième lieu à Sa Béatitude, sans l'intervention de qui il n'ignorait pas qu'on lui eût préféré M. de Thou *. Si ces assurances étaient sincères, le Parlement allait être dirigé désormais suivant les désirs des Jésuites : de Thou resterait par dépit éloigné des audiences; l'humeur belliqueuse de Servin serait tenue en bride; les conseillers dévoués au Saint- Siège seraient encouragés à donner leur avis, que Verdun ferait ensuite prévaloir.

Mais, à l'insu d'Ubaldini, tandis que se succédaient les visites d'usage qu'il recevait à l'occasion de son installation, Verdun tenait un langage bien différent. C'est ainsi qu'il assura aux ministres réformés l'observance entière et inviolable de leur édit, ajoutant que sa porte ne serait pas plus fermée la nuit que le jour à leurs remontrances. De même il affirmait à M. de Villemereau, conseiller au Parlement, qu'on se trompait fort si l'on croyait le trouver favorable au concile de Trente; qu'avant d'y consentir il y laisserait et l'état et la vie -.

La Sorbonne vint, de son côté, saluer le premier président. Il lui fît, dit Lesloile, « un grand accueil et fort bon visage, leur promit à tous, et en général et en particulier, toute faveur et assistance, et pour le regard de leurs privilèges, qu'il les y maintiendrait et les défendrait envers tous et contre tous, même contre les Jésuites. »

Ce double jeu marquait sans doute plus d'habileté que de délicatesse; mais il était la preuve que les gallicans et les politiques étaient encore bien forts dans le Parlement, que leur concours n'était pas à dédaigner pour le chef de cette Compagnie et qu'il convenait de les ménager, au moins à l'égal de leurs adversaires. Il y avait, dans tous les cas, matière à réflexion, « quand on voyait un magistrat, nommé pour rompre en visière à toutes les traditions de la compagnie dont il devenait le chef, les subir et

1. Dépêche d'Ubaldini du 23 avril IGii, Bihliotlièque nationale, Fonds ital., 32, fol. 135.

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