‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 111 sur 178 · Lesloile, p · texte numérisé non relu

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les avouer, fût-ce dans l'ombre, fût-ce à voix basse, dès le premier jour. Que serait-ce, lorsque le temps aurait confondu ses intérêts nvec les leurs, lorsque des rapports continuels lui auraient appris à en partager, ou tout au moins à en ménager les idées, les doctrines, les préjugés, les passions *? »

Servin était toujours là d'ailleurs, prêt à donner l'assaut au parti ullramontain. Si le découragement l'avait envahi un moment, son énergie naturelle et les conseils de la plupart de ses collègues l'avaient bientôt ramené à son poste de combat. Les Jésuites avaient beau faire : tant que Servin resterait debout, le Parlement n'abandonnerait pas les libertés gallicanes et ne sacrifierait pas l'Université. C'est ce qu'un avenir prochain allait se charger de démontrer.

La Compagnie de Jésus poursuivait dans l'ombre le projet d'ouvrir les classes du collège de Clermont, après les vacances de Tannée 1611. Elle savait à merveille que les lettres patentes obtenues à cet effet n'étant pas encore enregistrées, il lui était interdit de se livrer à l'enseignement dans la ville de Paris; mais elle avait imaginé de tourner les prescriptions légales, à l'aide d'un moyen, qu'elle a plus d'une fois mis en œuvre depuis lors. Les Pères recevaient des élèves en pension et leur faisaient enseigner la grammaire ou les humanités « par régents louez et gagez par eux et empruntez de toutes parts à l'Université - ».

Aux plaintes qui s'élevaient, ils répondaient par une équivoque. Il est vrai, disaient-ils, que les leçons publiques nous sont interdites; mais les leçons qui sont données dans noire collège ne sont pas publiques, puisque nous n'ouvrons pas nos portes pour recevoir des auditeurs venus du dehors. Il ne s'agit que de leçons privées, données privément par des maîtres étrangers, qui peuvent les donner dans des appartements du collège de Clormont, comme dans tout autre local pris à louage '.

Richer, qui ne voyait pas sans indignation les manœuvres astucieuses de ses constants adversaires, avait adressé, dès le mois d'août, un mémoire au Parlement, pour dénoncer celte

!. Perrons, loc. cit., p. :j:iO.

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