‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 115 sur 178 · DOL'ARCHE · texte numérisé non relu

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mier succès, ne dissimulèrent plus leur dessein de lui enlever le syndicat de la Faculté de théologie : ils provoquèrent une réunion de la Sorbonne, afin de l'obliger à se démettre de ses fonctions. L'intrépide syndic leur opposa une résistance opiniâtre; et, sentant son courage s'enflammer dans cette lutte inégale, il s'écria « qu'il méprisait les injures et les menaces des hommes ; que le roi et la reine avaient puissance sur sa vie, non pas sur son honneur; et qu'il était nécessaire que la postérité connût par quels moyens, sous la minorité de Louis XIII, on avait voulu en sa personne opprimer la vérité et intimider le monde ^ ».

Malgré cette protestation véhémente, inspirée par l'indignation d'une âme fîère et généreuse, quarante-cinq docteurs sur soixantedix, opinèrent contre Richer. La reine intervint d'ailleurs une fois de plus dans la querelle : elle jeta dans la balance le poids de son autorité, et ordonna à la Faculté dé théologie de procéder à l'élection d'un nouveau syndic (1" septembre 1612).

Richer rentra dans l'ombre et ne conserva plus que la charge de grand maître du collège du Gardinal-Lemoine, que ses ennemis tentèrent en vain de lui enlever.

La défaite de Richer devait réduire pour longtemps la Sorbonne au silence. Les Jésuites s'en réjouirent, non sans raison, comme d'une victoire éclatante. Mais il leur était plus difficile de vaincre l'opposition de Servin et du Parlement, toujours disposés à saisir la première occasion de manifester leur hostilité. La Société de Jésus allait encore une fois en faire l'expérience.

Au cours de la lutte soutenue par le Saint-Siège contre Jacques I" d'Angleterre et au plus fort des polémiques engagées entre ce prince et les théologiens de l'Eglise romaine, Paul V avait invité le P. François Suarez à défendre la doctrine du pouvoir indirect de la papauté sur les royaumes. Ce grand docteur jésuite, issu d^une noble famille de Grenade (1548), était alors dans tout l'éclat de son talent : il avait occupé successivement les chaires de théologie de Valladolid, d'Alcala, de Salamanque et de Rome; on le considérait comme l'oracle de l'école et le plus bel ornement de son ordre, grâce à une immense érudition, à une

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