CHAPITRE XIV
L'Université n'est pas admise à se faire représenter par des députés aux Etats généraux de 1614. — Georges Turgot, professeur au collège d'Harcourt, rédige les Cahiers de l'Université. — De funestes divisions se glissent entre les diverses Facultés et les réduisent à l'impuissance. — Le Tiers Etat est seul disposé à soutenir l'Université. — Le clergé et la noblesse demandent le rétablissement des Jésuites dans toutes les villes de France et la réouverture du collège de Clermont. — Les protestations de l'Université ne parviennent qu'à relarder sa défaite.
Admonestés et humiliés devant le Parlement, les Jésuites ne s'abandonnèrent pas eux-mêmes. Ils étaient d'ailleurs assurés du crédit de la noblesse catholique, de l'appui des ministres et de la faveur de la cour, aussi bien que du dévouement des cardinaux et du clergé tout entier.
La majorité de Louis XIII n'était point faite pour changer quoi que ce soit à cette situation. En effet, à peine le jeune roi avait-il pris possession du pouvoir, qu'il priait sa mère de gouverner et commander comme elle avait fait par ci-devant. — « Je veux et j'entends, lui disait-il, que vous soyez obéie en tout et partout et qu'après moi vous soyez chef de mon conseil* ». Avec Marie de Médicis, Concini, devenu le maréchal d'Ancre, Villeroy, Sillery et Jeannin allaient continuer leurs bons offices à la Compagnie, tandis que le P. Colon conservait son poste si justement envié de confesseur et prédicateur du roi.
C'est ce qui fit que les Jésuites et leurs partisans envisagèrent tout d'abord avec confiance la prochaine réunion des États géné-