Isambert, Anciennes lois françaises, t. XIV, p- S
raux de 1614. Ils avaient le secret espoir de les faire servir à l'avancement de leurs propres affaires et à la réouverture du collège de Clermont, dont ils caressaient toujours le projet.
On connaît le rùle effacé et la destinée obscure de ces filats, assemblés au milieu des discordes civiles et des désordres de toute nature suscités par la cupidité et la turbulence des grands du royaume. Le prince de Condé, jaloux de la faveur de Goncini, voulait mettre la main sur « le pouvoir chancelant que se disputaient, autour d'un roi à peine majeur, une reine sans intelligence, des conseillers sans chef et des courtisans se détestant entre eux ' ». Il avait quitté la cour avec les dues de Nevers, du Maine, de Longueville et de Bouillon, levant l'étendard de la révolte contre le faible gouvernement de la reine, qui prit peur et consentit à négocier avec les rebelles. La première clause du traité de Sainte-Menehould, signé entre les princes et Marie de Médicis, portait « que les États généraux seraient immédiatement convoqués, et qu'ils pourraient faire en liberté toutes les propositions et remontrances qu'ils jugeraient raisonnables et nécessaires pour le service du roi, afin qu'avec lavis des princes du sang et des grands du royaume on pût réprimer les désordres qui s'étaient introduits. »
Condé espérait se servir de cette assemblée au profit de ses ambitieux desseins. Mais son attente fut déçue. Les États généraux ne se prêtèrent à aucune intrigue et se montrèrent dévoués à la couronne. Toutefois ils ne surent ni établir, ni diriger dans l'intérêt du bien public l'autorité qui était en eux. « Dans un temps où tout le monde prenait sa part du pouvoir, ils ne parurent pas même se douter qu'il y en eût quelque chose à leur portée. Il n'y eut pas une idée, un sentiment, un intérêt, pas même une prévention, qui entrât à la fois dans toutes ces têtes et les fît mouvoir vers un but; d'inutiles disputes, de mesquines jalousies, d'étroites défiances les occupèrent uniquement -. »
L"Univer;ilé, toute déchue qu'elle était de sa splendeur passée, demanda que ses députés fussent admis dans les rangs des conseillers de la nation. Elle invoqua les précédents, qui étaient en sa faveur : quatre docteurs en théologie n'avaient-ils pas siégé