‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 119 sur 178 · Bazin, Histoire de France sous Louis XIII · texte numérisé non relu

Bazin, Histoire de France sous Louis XIII

aux États de Blois en 1576? et n'avait-elle pas été représentée par deux députés aux t]tats de 1588? Il n'y avait aucune raison sérieuse de l'exclure aujourd'hui, alors qu'elle avait à défendre de graves intérêts, les siens propres et en même temps ceux de toutes les Universités du royaume en matière d'enseignement.

Le chancelier Sillery ne se laissa pas toucher par les nombreuses et pressantes démarches du recteur; il se borna à lui donner l'assurance que la république des lettres ne souffrirait aucun dommage. Des délégués furent envoyés à de puissants personnages, qui, oubliant qu'ils devaient à l'Université tout ce qu'ils étaient, refusèrent même de les recevoir. Le roi se montra plus bienveillant envers sa fille aînée : il consentit à entendre une supplique du recteur ; mais il ne lui fit aucune réponse. Il fut cependant permis à l'Université de communiquer ses plaintes à l'ordre du clergé.

C'était là une bien mince faveur, si l'on songe que toutes les sympathies du clergé étaient acquises aux Jésuites. L'Université savait, à n'en pas douter, qu'elle n'avait rien à attendre du cardinal du Perron, qui allait devenir le principal orateur, l'inspirateur et l'âme même de la Chambre ecclésiastique. Elle ne pouvait pas compter davantage sur l'appui des cardinaux de Joyeuse, de La Rochefoucauld et de Sourdis. Ils inclinaient tous, avec plus ou moins d'ardeur, vers les opinions romaines, de même que la plupart des évêques, parmi lesquels on distinguait le jeune évêque de Luçon, Armand-Jean du Plessis de Richelieu, marqué de la main de Dieu, suivant l'expression de M. Guizot, pour porter, après le puissant règne de Henri IV et l'incapable régence de Marie de Médicis, le poids du gouvernement de la France.

Quoi qu'il en soit, l'Université ne songea plus qu'à rédiger les Cahiers où devaient être consignés ses vœux et ses doléances. Le travail préparatoire fut confié au proviseur du collège d'Harcourt, Georges Turgot, « l'un des maîtres les plus recommandables de l'Université par ses longs services, mais aussi l'un des plus hostiles aux Jésuites, et l'un des plus engagés dans les querelles du temps * ».

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