‹ L'Université de Paris et les Jesuites, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 121 sur 178 · Rapine, Continuation de la Relation, p · texte numérisé non relu

Rapine, Continuation de la Relation, p

2. Riclielieu, Mémoires, p. 79 et 80, édit. Michaud et Poujoulat.

querelle : il avait fait évoquer par le roi, « non à son Conseil seulement, mais à sa propre personne la connaissance de celte affaire * ». Il avait interdit en même temps au Parlement, aussi bien qu'aux États, de délibérer plus longtemps sur ce sujet.

Toutes ces discussions avaient démontré jusqu'à l'évidence que si l'Université pouvait compter sur les sympathies du Tiers État et du Parlement, elle n'avait, au contraire, aucun secours à attendre du clergé et de la noblesse, qui repoussaient avec tant de vigueur les maximes et les opinions qui lui étaient le plus chères. Les divers ordres allaient en effet, à n'en pas douter, examiner les Cahiers proposés par le recteur avec le même esprit et les mêmes sentiments qui avaient inspiré jusque-là la conduite et les actes de chacun d'entre eux.

On fut unanime cependant pour accueillir d'une manière favorable les vœux et les doléances, qui portaient sur la réforme de la discipline ou sur le redressement de certains abus. C'est ainsi que Richelieu, dans le Cahier général des remontrances, qu'il fut chargé de présenter à Louis XIII, au nom du clergé, demanda qu'il fût pris des mesures pour rendre à l'Université sa splendeur et sa prospérité d'autrefois. Il le fit en termes élevés, mais dans un esprit aristocratique bien fait pour nous surprendre et nous déconcerter aujourd'hui.

« Les empereurs et rois de France, vos prédécesseurs, fondant les Universités, ont sagement fait observer deux choses, disait l'évêque de Luçon : l'une, qu'il n'y a plus grand ornement en un État que celui des lettres; l'autre, que ce riche ornement, s'il passe indifféremment par toutes mains, non seulement s'abâtardit, mais encore, en peu de temps, remplit l'État de trop de gens de lettres, affaiblit la milice, détruit le commerce et les arts, dépeuple l'agriculture, remplit les palais d'ignorance, surcharge les princes et leurs Etats d'inventions pernicieuses, diminue les tailles, oppresse l'Eglise de simonie, l'État d'officiers supernuméraires, les finances de gages, pensions et dons, bref pervertit tout bon ordre. C'est pourquoi, voulant conserver un trésor si précieux comme est le savoir éminent, et en empêcher l'abus, ils ont renfermé les universités en une ou deux des meilleures villes

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